Le voyage réveille bien des choses.

Je suis pourtant dans un endroit qui ressemble au paradis. L'eau du Pacifique est bleue, tiède et claire. Je suis entourée d'oiseaux, poissons, mammifères marins, reptiles... Pas trop d'humains, et seulement à petites doses. Le soleil est tendre. Le jour, je souris, je ris.

C'est la nuit que tout revient. Oh, je vois déjà ton oeil accusateur me dire "Mais arrête donc de ressasser, profite de la vie, va de l'avant." Mais non ce n'est pas ma faute. C'est l'autre. Celle qui est loin, enfouie. Celle que je ne maîtrise pas.

C'est la nuit.

Je me réveille, les yeux humectés de larmes, quand les heures les plus sombres commencent à céder leur place au petit matin. A moitié consciente, je rappelle les images de mon rêve. Je veux savoir, me souvenir ce qui me fait pleurer. Et c'est lui, toujours lui, le premier amour, que j'interroge : 'Mais qu'as-tu fait de notre éternité ? Tu m'avais dit que tu trouvais ça horriblement banal, mais que tu ne trouvais rien de mieux à dire que Je t'aime. Pourquoi as-tu abandonné tout ça?". Et dans un demi-sommeil j'émets un gémissement plaintif: "Que c'est long de vivre..." Mais dans mon rêve, ce n'est pas à lui que je l'envoie... C'est à ma mère. Elle est debout devant un lavabo et ne me répond pas. Elle se (s'en?) lave les mains.