Ecrire, pourquoi ?

Pour se souvenir, pour réfléchir, pour se regarder dans un miroir. Pour guérir peut-être un peu, ouvrir les valises que l'on traine. Ou au moins avoir conscience de ses valises...

 

L'autre jour, je pensais à mes parents.  Je me demandais si, quand mon père mourra, j'aurais de la peine. Difficile à dire. Je me demande ce que je ressentais pour lui, si j'éprouvais une quelconque forme d'amour filial. Je crois que la réponse est non. Beaucoup de choses se sont effacées, ternies mais elles ont quand même existé. J'ai sans doute porté ses valises, celles de ma mère aussi, celles de leur relation, qui, par miracle, dure jusqu'à aujourd'hui. J'en ai pris conscience il y a quelque temps déjà. Mais c'est une prise de conscience qui n'en finit pas. Le poids se dégage petit à petit. Le jour de ma mort, serai-je légère ?

 

Il y a d'autres choses qui me pèsent, liées à ce que je suis. Je ne suis pas quelqu'un que j'aime aujourd'hui, même si je ne me dés-aime plus trop. Il y a des trucs à rectifier, des choix à faire, des décisions à prendre. Quelles qu'elles soient, elles feront mal, à d'autres, à moi aussi, malgré tout. C'est difficile, de donner un coup de pied dans la fourmilière... Faut prendre son courage à deux mains.