La vie passe.

A l'occasion des fêtes, mes vieux aiment à se souvenir, de tel et tel truc de leur jeunesse, de leur enfance. Se rendent compte que certains souvenirs leur échappent.

J'ai 45 ans en janvier. Et, si tout le monde refuse de vieillir, dire qu'il se sent vieillir, moi, je le dis et l'affirme, ma vie a bel et bien coulé. Ma mère aime à dire en riant "nous sommes sur la dernière ligne droite". Mais oui, j'y suis aussi. Et c'est une sorte de soulagement. Il y a bien des gens avec moi. Des semblants d'attaches, une histoire à laquelle j'aurais pu croire - je pourrais encore faire semblant d'ailleurs - mais non.

Si tu es loin de moi, je suis loin aussi. Tu riais de moi quand je te disais ma hâte de te retrouver : "tu as hâte de tout, t'es marrante". Et toi ? "Moi, je suis content quand je suis avec toi, mais je n'ai hâte de rien, je ne suis pas impatient." Comment pourrais-tu me comprendre, me connaître ? Comment peux-tu savoir qui je suis, si la musique ne t'a jamais fait pleurer... Bien que tu sois musicien ? Comment peux-tu me lire, me déchiffrer ? Tu ne peux pas. J'ai hâte que la vie passe, car tu n'es pas encore celui-là. Sans doute qu'il n'existe pas. Dans cette vie présente.

C'est marrant l'écriture. Tu pars d'un point et tu ne sais pas où les lettres te conduisent. Et tu regardes le tableau final en t'éloignant, un peu comme tu le ferais avec une toile.

A plus tard, les amis. Merci de passer un bout de vie avec moi.