Sept heures depuis ton dernier message.

Deux mois depuis la dernière fois que tu m'as dit que tu m'adorais.

Vingt-quatre heures que je ne t'ai regardé dans les yeux.

Quatre jours que nous n'avons pas fait l'amour.

Au moins un an depuis nos dernières tendres obscénités.

Une heure que j'ai fini le dernier Foenkinos que j'ai acheté.

Quand j'étais gamine je lisais tellement. Pratiquement un bouquin par jour. Pour oublier que j'existais.

Je sais pas comment sont les autres femmes (est-ce important ?). Mon désir est toujours incomblé. Rien ne me satisfait jamais. Ou pendant un trop court instant. Tellement court, qu'il n'a presque pas existé.

Une heure depuis le dernier Foenkinos.

Un an au moins depuis les dernières lignes de notre fichier.

Quatre longs jours que nous n'avons pas fait l'amour. Et on aurait aussi bien pu ne pas le faire, puisque j'ai toujours et encore envie de baiser.

Vingt-quatre heures que nous ne nous sommes pas regardés dans les yeux. Le blanc te va bien, ça fait ressortir leur clarté.

Quelques secondes depuis ton dernier SMS, en réponse au mien qui te disait "Sept heures depuis ton dernier message." Mais tu aurais aussi bien pu ne pas l'écrire car tu n'écrivais rien. Rien qui ne signifiait vraiment quelque chose, quelque chose de palpable, pour répondre à ma détresse, ma détresse de ce désir incomblé, insatisfait, désir dont je ne suis meme plus sure qu'il soit le désir de toi.