J'aimais tellement écrire. J'aime toujours. Mais les mots n'ont plus aucun sens. Je n'ai plus rien à dire. Dépitée de tout, je regarde la vie autour de moi. Que tout s'en aille. Rien ne mérite de rester, couché sur le clavier.

Je suis allée à une sorte de discussion-conférence avec Riad Sattouf cette semaine. J'adore ce type. Je le connais depuis La pauvre vie de Jérémie, trouvée par hasard dans la médiathèque de ma ville. J'adore son trait brut, sa manière de raconter des histoires en se plaçant en observateur mais sans jamais émettre de jugement. Il laisse ce plaisir au lecteur. C'était bien avant le succès de l'Arabe du Futur, succès amplement mérité. Je me suis fait dédicacer le volume quatre à cette occasion. Les dédicaces, c'est bizarre. Tu fais la queue pendant une heure et puis, arrivée devant l'auteur que j'aime bien, j'ai rien trouvé d'autre à lui dire que "Merci d'être venu nous voir". De toutes manières c'était l'usine, beaucoup de personnes attendaient encore. J'ai eu un merci avec des petits coeurs et sa signature. Bref, pas de lien créé par cette rencontre. C'est un peu triste, quelque part.

Pendant son intervention, il racontait que le dessin avait toujours été présent dans sa vie, depuis ses quatre ans, et qu'il l'avait accompagné toujours, pour différentes raisons. Et que même quand il ne gagnait pas bien sa vie, il n'imaginait pas faire autre chose que dessiner, dessiner encore.

J'ai, je crois, toujours écrit aussi. Mais le reste a tué ça. Enfant, j'aimais écrire. Ado, j'avais toujours mon petit carnet avec moi, ou même les marges de mes cahiers de classe. Adulte, pendant longtemps aussi. Tripoter les mots, c'est doux, c'est joli, c'est sensible; ça aide à avoir moins mal ou à ressentir plus fort la douleur.

Bosser, ça enlève toute la vie en toi. Vivre, ça enlève toute la vie en toi.

Là, j'ai repris le boulot et je suis face à des ados. En classe, la majorité semblent vides de tout. Mollassons par moments, surexcités à d'autres. Peu d'entre eux ont  cette envie d'apprendre que j'avais à leur âge pour certaines matières. Et pourtant la matière que j'enseigne est leur matière principale. Remarque c'est pareil. En première et terminale, les maths me soulaient et pourtant, j'étais en S. En revanche, ils sont super impertinents. Et nous n'étions pas comme ça.

J'ai pas vraiment envie d'écrire sur eux, sur l'enseignement, sur l'avenir de la nation, de l'humanité, tout ça. Je m'en fous un peu, même si certains trucs me mettent en colère. Après moi, le déluge. J'ai dû statistiquement écoper déjà de la moitié de ma peine. J'ai quarante cinq ans. (Tiens, ça me donne envie d'écouter The final countdown là. Ah ah).

Bisous, lecteurs, lectrices, s'il en reste. Sinon bah... clôture du monologue pour aujourd'hui.