22 février 2019

Veille de vacances scolaires, ma vie est devenue aussi passionnante qu'un encéphalogramme plat.

Je lis Un sac de billes et je réécoute des vieux titres de Bowie. J'apprends des trucs de représentation cinématique. C'est marrant.

Bon. Au moins, avoir un boulot me permet de m'acheter tous les livres que je veux. Je renoue avec la littérature. Sinon c'est tout. Je ne consomme pas plus qu'avant. Consommer m'ennuie et puis j'ai plus le temps. Quand mes heures de classe sont finies, j'ai hâte de retourner dans ma grotte, dans le silence, sans gamins qui foutent le bazar et s'écrient "c'est pas moi madame !" sur un ton de drama queen quand tu leur adresse une remarque. C'est la comédie humaine, une salle de classe. Bref. Demain à 17h25, dehors les morveux. Vive la solitude, vive moi.

 

Coucou toi.

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14 février 2019

Hier matin

Hier matin, en première heure, je vois un gamin lire en douce sous sa table. Je me dis que c'est bien. Je regarde : Les fleurs du mal, de Baudelaire. Ah. Plus loin, un autre, lit la même oeuvre. Ils avaient interro de français dans la journée et bien sûr, ils n'avaient pas lu le livre en temps et en heure. Lire à l'arrache pendant un autre cours, je me demande à quel point ce n'est pas profitable. Ce n'est pas sans un sourire en coin que je leur demande de ranger leurs bouquins.

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09 février 2019

Facepalm.

Je colle un contrôle aux gosses de première. Consigne : calculette interdite. Ils sont stupéfaits. Hurlent à la torture. Disent que c'est impossible. Y a une p*tain de multiplication ou deux à faire pour tracer une droite. Avec des nombres à trois chiffres certes. Mais une multiplication quoi. Ils me demandent si moi même je saurais la faire. Ben oui, je sais compter. Ils ne savent même pas la différence entre "faire de tête" et "poser un opération". Je me tape la tête contre les murs mais ne cède pas.

Plus tard, je croise les terminales de la même section. Je leur demande :"Rassurez-moi. Vous savez faire une multiplication ?". Ils me regardent. "Sans calculatrice ? Pas sûr, on ne se souvient plus."

 

C'est moi ou le monde va mal et ça ne risque pas de s'améliorer ?

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03 février 2019

Il paraît qu'on est au milieu de l'année scolaire. Encore la même chose à tirer, donc.

Je m'habitue à me lever plus tôt. Je m'habitue aux demi-groupes, je galère toujours en classe entière (35 ou 30 élèves qui ne sont pas intéressés ou n'écoutent rien pour la plupart).

J'ai l'impression d'être tout le temps fatiguée. Je regardais une photo de zombies l'autre jour. Pas étonnant que les premiers aient été inspirés des gens qui travaillaient en semaine et zonaient dans les centres commerciaux le week-end. Sauf que je zone pas dans les centres commerciaux le week-end. Mais en gros j'ai l'impression de marcher comme ça, les épaules basses, les pieds qui trainent.

Rien ne motive vraiment dans le fait d'être prof, à part une poignée d'élèves qui veulent apprendre. Les horaires, bof. C'est vrai, le nombre d'heures "face élève" est d'une vingtaine, mais souvent, le week-end je le passe à plancher sur des copies ou des cours. Le soir aussi normalement, sauf que maintenant, je suis trop claquée, je préfère encore pourrir mon week-end à mes soirées. Pendant les vacances, c'est pareil, il y a toujours des trucs à faire. Une amie, ex prof m'a conseillé de toujours garder une des deux semaines pour me reposer. Question de survie.

Le salaire n'est pas terrible. Je m'en fous, j'ai peu de besoins. Mais je plains le paquet de profs qui galèrent avec si peu, ceux qui ont des gosses, des emprunts à rembourser. C'est pas super motivant non plus.

Les collègues, je ne m'y suis pas spécialement lié, à part l'une d'elles. Je ne suis pas sociable.

Certains élèves sont particulièrement usants. Ils refusent les consignes. Raisonnent sans fin à ce que tu leur dis. J'apprécie l'esprit critique mais la rebellion à deux balles en mode "je fais ce que je veux", ça va bien deux secondes. Je ne suis pas autoritaire, je ne sais pas faire. Je n'ai pas su mettre une seule heure de colle depuis le début. Il me crame les mains, le carnet, quand je le prends pour coller. La punition que je "sais" appliquer, c'est ajouter un devoir pénible, ou relever des notes ou des exercices, ce qui oblige le cancre à se concentrer un peu. En fait, le pouvoir, ça m'emmerde, même sur des gamins de 16-17 ans. L'autorité, ça m'emmerde. J'aimerais qu'ils soient intéressés par la connaissance mais ils n'ont que les jeux vidéos dans leurs crânes. Ah si, N*tfl*x aussi. A qui tendre la main, dans une foule de 35 ? "Sauver" ceux qui veulent l'être ? Ceux qui peuvent l'être ? Ils auront tous leur bac l'année prochaine, de toutes manières.

 

Posté par _An_ à 17:29 - - Commentaires [3] - Permalien [#]