18 avril 2019

Y a un gamin dans ma classe de terminale, pas très studieux, avec qui nous avons eu un "incident". Depuis, il a présenté ses excuses et est très gentil avec nous.

Un jour, je l'ai vu avec "Le portrait de Dorian Gray". J'ai commencé à discuter avec lui du roman et de Wilde. Il m'a posé des questions, m'a dit qu'il était inculte.

Depuis il y a eu ParcoursSup et j'ai eu la confirmation, par ses voeux, qu'il ne se plaisait pas du tout dans sa filière.

Samedi, je lui ai reparlé du portrait, lui demandant s'il avait fini de le lire. Il m'a dit oui et m'a dit qu'il avait commencé un bouquin de Sartre, je crois, qui lui plaisait mais en étant totalement différent. Il m'a parlé de Camus aussi.Je ne connais que "Huis clos" de Sartre et rien, jil me semble, de Camus. Mais en tout cas, c'était plaisant de le voir manifester de l'envie pour quelque chose.

Puis il m'a dit  : "Le portrait de Dorian Gray, c'est le premier roman que je lis. Je n'ai jamais rien lu avant. Toute mon éducation (littéraire) est à faire."

J'ai été choquée. Et bouleversée aussi.

J'ai eu une pensée fugace pour les romans de mon enfance. Les aventures de Pinoccio (combien de fois l'ai-je lu, celui-là!) , Aladin ou la lampe merveilleuse, Sans famille, Les aventures de Gulliver, le Prince et le pauvre, Robin des bois, le petit Nicolas et Le Petit Prince....Même si on peut relire tous ces livres une fois adulte, il me semble qu'ils n'auront pas la même saveur... Et comment s'évadent les gamins, de nos jours ? S'évadent-ils quelque part, dans leur tête ? D'une certaine manière, ça m'a fait de la peine. Mais ce fût bref et j'ai plutôt décidé de m'attarder sur la joie de tout ce qu'il lui restait à découvrir (comme à moi d'ailleurs et pour toujours). Surtout qu'il m'a demandé de lui donner des conseils de lecture !

Posté par _An_ à 13:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 avril 2019

Boulimie

Tu sais, la boulimie, c'est se gaver jusqu'à ne plus pouvoir. Enfin, je crois. J'en sais rien, en fait.

Bref, quand je coule, je prends un titre qui pourrait me réparer. Là par exemple j'écoute Paradise de Coldplay, je ne sais pas combien de fois. Il s'arrête et je relance. Ce qui fait un peu de bien, tout en étant écoeurant. Ouais, je sais pas pourquoi, ça fait un peu de bien, même si j'ai l'estomac toujours un peu noué. Et puis, je regarde pas la vidéo, mais quand je passe sur l'onglet, c'est tellement débile cet espèce d'éléphant dans le clip...

Posté par _An_ à 23:14 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

Printemps 2019

Toutes les années, au printemps, c'est la même rengaine. Et donc je vous ressers la même salade.

Je ne sais pas pourquoi, le soleil, les arbres en fleurs, l'air plus léger reviennent et j'ai envie de mourir. Pas de me buter, car ce serait un brin trop violent et peut-être inélégant pour moi. Mais j'ai envie de ne plus exister, de m'enterrer profond sous terre, de ne plus me réveiller.

Et ce "spleen" revient tous les ans avec une ponctualité effrayante. L'impression de n'être rien, de ne compter pour personne ou pas assez, que tout le monde pourrait tourner aussi bien sans moi - ce qui est vrai.

D'où vient cette douleur ?

Tout à l'heure, pendant ma séance de yoga, nous faisions une série de mouvements, allongées sur les tapis. Mes larmes se sont mises à couler sur les côtés, sans raison. Pourquoi ?

Je me demande si d'autres personnes connaissent ça.

Du coup je chante des chansons joyeuses, comme la chanson du film de Ruffin "J'veux du soleil". La mineur, Mi septième, La mineur, Ré mineur... En boucle. Mais c'est idiot, les chanter me rend encore plus triste.

Posté par _An_ à 14:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
10 avril 2019

Quand je regarde les photos de Bowie, à n'importe quelle époque, je ne peux que le trouver parfait, dans son imperfection. Je sens son aura, par objectif interposé.

Et quand j'écoute ses chansons, je ne peux que ressentir le génie. Tout est si parfait, dans les sons, dans les sens. Même dans son Never let me down, il y a des bijoux...

Et moi, incapable de produire une poussière de ce qu'il a fait, j'aurai pas composé une simple chanson de ma vie, rien de valable...

Mais, diable, je ne me sens jamais autant en vie que quand j'écoute une de ses chansons.

Posté par _An_ à 01:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Time will flow

Les texte sauvegardés, c'est comme autant de machines à remonter dans le temps. Sauf que c'est pas des machines et que le temps coule dans le même sens inexorablement.

 

 

Posté par _An_ à 01:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
05 avril 2019

Paroles, paroles...

Quand j'ai commencé à bosser au lycée, j'ai eu à subir un jour un collègue à la cantine. Subir, parce que je ne l'apprécie pas trop pour des histoires que je raconterai peut-être plus tard. Appelons le G..

Donc G. nous demande, à mon autre collègue débutante et moi :

"Vous avez choisi d'enseigner par passion ou pour l'argent ?"

En moi-même j'ai fait : "????". Sachant que le salaire de prof n'est pas vraiment terrible (bon, je ne me plains pas, il y a pire etc.) et je ne vois pas ce qu'il y a de passionnant à s'agiter devant 35 gus qui ne t'écoutent pas, à corriger des copies et préparer des cours jusqu'à deux heures du matin le dimanche... (Je caricature, hein, on se calme... Mais pas beaucoup. :) )

Donc je lui ai répondu : "Ni l'un, ni l'autre. J'ai choisi d'enseigner parce que j'aime l'aventure.". Il m' a regardé comme ça : "???" (Tu visualises la tête ? ).  Ah ah.

Bref. C'est cool d'être en week-end !

Bisous les amis, aérez-vous bien les neurones.

 

Posté par _An_ à 18:28 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

Le désir

Les plus grands de mes élèves sont des jeunes hommes.

J'ai rêvé de l'un d'eux cette nuit.

C'est pas le plus beau de sa classe, mais l'un des plus intelligents. Et il a une voix rocailleuse assez particulière.

Dans la journée, j'ai pris un verre avec un bon ami. Il portait une chemise façon jean's bleu clair. Le café où on s'est retrouvés avait des chaises bleues. Quand je suis entrée et l'ai vu assis dans la salle vide (tout le monde était en terrasse mais il ne voulait pas s'embrumer dans la fumée de clope et il avait bien raison), je me suis écriée : "Que c'est bleu ici !"

Oui. Ses yeux sont bleus aussi, clairs. Ils s'accordaient parfaitement avec sa chemise. Quelques éclats gris commencent à éclairer sa chevelure chataignasse... J'ai regardé ses quelques rides. Ai constaté qu'elles donnaient beaucoup de caractère à sa tronche. Je me suis dit qu'il était beau, pendant qu'il me racontait que sa femme était en télétravail et qu'elle nous aurait dérangés avec ses conversations téléphoniques, si on avait pris le café chez eux.

On a parlé musique et bouquins... Des auteurs qu'on n'a jamais eu le temps de lire. On n'aura jamais le temps de tout lire dans cette vie, m'a-t'il dit. J'ai acquiescé. Il a cité Colette, qui était bisexuelle et avait même couché avec - au moins - un gars beaucoup plus jeune qu'elle. Je l'ai fait aussi d'ailleurs, mais ils étaient largement majeurs.

Du coup j'ai repensé à mon rêve.

Le désir des femmes semble toujours plus choquant que celui des hommes pas vrai ? Bon, dans mon rêve il ne s'est rien passé. Seulement du désir. Que je ne ressens pas dans la réalité d'ailleurs. C'est perturbant.

Posté par _An_ à 00:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]