Un des avantages indéniable du travail (et un des rares avantages, ai-je envie de dire), c'est qu'il t'empêche de psychoter. Dans la journée, t'es occupé. Et, quand t'es prof, t'es bien occupé, aucune planque possible devant ces paires d'yeux rivées sur toi (dans un état de conscience et d'éveil tout relatif, certes, mais rivés sur toi tout de même). Et le soir, t'es trop crevé pour réfléchir... Tu rentres, tu bouffes, tu zones un peu sur internet, tu lis quelques pages, peut-être et tu te couches. Cette année, j'ai même délaissé pas mal ma guitare. J'étais crevée tout le temps, je te dis.

Et ouais, j'ai moins psychoté. Normal, j'étais pas en vie.

Là, j'ai donné mes derniers cours la semaine dernière. J'ai du temps. Enfin, l'année n'est pas finie encore. J'ai des surveillances d'exam, des exams à corriger, des sessions de jury et autres deuxièmes tours, dans les semaines à venir. Mais le soir, j'ai plus de cours à préparer. J'ai plus de copies de mes classes à revoir.

L'année des activités se termine aussi. Le concert de guitare de fin d'année a eu lieu jeudi. C'était bizarre d'ailleurs, cette année. A la fin, tout le monde s'est barré vite fait, bien fait. On n'est même pas allés prendre un verre avec la bande de copains habituelle, tout le monde est rentré chez soi vite fait, bien fait.

Et comme tous les ans, je sens cette impression de vite. "Post coïtum, animal triste" comme disait Ruffin dans un de ses bulletins l'autre jour. Je déteste les fins d'années. Et je me reprends à psychoter. Le matin, je réveil sonne, et j'ai pas envie de décoller. J'ai cette vague déprime. Je me dis : "Si seulement je pouvais rester collée au matelas. Si seulement ça pouvait finir, juste comme ça."

Malheureusement, ça continue. Les jours se suivent et j'angoisse. For no reason, comme dirait l'autre. Vivre me tue. Comme tout le monde.