14 octobre 2019

Prendre ce que nous pouvons avant de mourir.

Ton regard, ton sourire. Ta tendresse quand elle ne disparait pas. Ton désir quand il pointe.

Exister, à des moments donnés, en pointillés.

T'aimer peut-être ou peut-être plus.

Se perdre. Se dire qu'on s'en fout de nos envies d'asbolu passées. Que ça n'existe pas. Que rien n'est grand en ce bas monde. Pas même l'amitié

Te voir partir et revenir. Souffrir. Mais pas tant que ça. Sourire faux parce que t'as donné des trucs à une autre et que je te voulais uniquement pour moi.

Cent pour cent. C'est ce que je te donne, pas ce que je reçois On s'en fout. Aime tout le monde. Je m'en fous. Elle glisse, la vie. Sur moi.

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13 octobre 2019

Débuts

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05 octobre 2019

Nous toutes.

Le premier mec avec qui j'ai baisé était un tocard.

J'avais déjà 18 ans, j'étais à la fac et je bossais les dimanches dans une enseigne de bricolage.

Lui c'était le mec de l'informatique. Il draguait tout ce qui bouge. Je m'en rendais pas compte. Je m'en foutais. J'étais naïve. J'étais conne. Ah oui. Il avait au moins deux fois mon âge. Il s'appelait Michel, c'est pour dire.

Je le trouvais charmant. Il était toujours tout sourire quand il me saluait. Un jour il vient me voir en me disant "Tu veux que je te montre la salle informatique, avec de très gros ordinateurs qui gèrent les prix de toutes les boutiques de l'enseigne ?" La salle serveur était dans un pavillon, sur le parking. Hors des murs du centre commercial. Je dis "Ok, cool." Il me plaît un peu.

J'ai quinze minutes de pause à la caisse. Oui, j'étais caissière.

Il me montre la salle des machines, puis me montre son bureau à l'étage. Il ferme la porte. Me défroque, se défroque. Je ressens un peu de désir mais il me fait mal alors je dis "non". Il s'en fout, il continue. C'est quoi, la parole d'une femme ?

Visite de la salle serveurs, acte consommé, retour en caisse : moins de quinze minutes. Tendresse : zéro, plaisir :zéro.

La chef caissière me voit arriver et me demande : "t'étais où avec X ?" (elle l'appelle par son nom). Je lui réponds qu'on était à la salle informatique. Elle prend un air mécontent.

Après il m'a filé son numéro. On se donnait des rendez-vous. Il venait me chercher à la fac quand j'avais deux-trois heures de libres et on allait baiser dans un hôtel. J'en avais rien à foutre de lui. Je me disais que j'avais un amant. Je n'avais pas envie d'autre chose avec lui, ça n'a pas duré très longtemps d'ailleurs. Et un jour j'ai arrêté de l'appeler.

Quelques années après, je l'ai croisé dans un train. Il s'était fait retirer son permis. Il m'a demandé si ça me dirait qu'on se remette ça. Je lui ai répondu que j'avais un amoureux. Il m'a dit "ça n'empêche pas". Je me suis dit que c'était un tocard. Enfin, je le savais déjà.

 

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De facto

Certaines douleurs guérissent plus sûrement que des bonheurs.

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04 octobre 2019

We don't need no education

Cette année, j'ai vraiment l'impression de travailler dans une fabrique à crétins. C'est désolant. Pour moi, pour eux, pour le monde à venir. Putain.

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24 septembre 2019

J'écris tant que je n'ai qu'un seul pied dans la tombe (II)

Le premier mec que j'ai embrassé s'appelait Emmanuel.

C'était un grand dadais. Il était gentil mais un peu niais. J'étais en première (j'avais donc dix-septs ans). Je me souviens que tous ses "copains" se fichaient un peu de lui, faisaient mine de l'éviter quand il arrivait. Il ne s'en apercevait pas. J'étais gentille avec lui. Je n'avais aucune raison de ne pas l'être. Il était beaucoup plus grand que moi. Et il avait deux ans de plus, même s'il était aussi en première. Il était "juste" un copain, quelqu'un avec qui je trainais à la récré. Et puis j'étais amoureuse d'Arnaud.

Il traînait souvent avec moi et ma bonne copine de l'époque, Maryse. Elle se foutait de lui. Moi pas. J'ai pas l'habitude de traîner avec des gens et me foutre d'eux en même temps. Je le trouvais gentil. Bon.

Un midi, après la cantine, on était assis dans la cour, enfin sur le côté, le long du bâtiment. Il y avait un rebord, sur lequel on pouvait s'assoir. Devant moi, se trouvait une marche sur laquelle je pouvais poser mes pieds.

Emmanuel était très grand : au moins une tête de plus que moi. Davantage sans doute. Il m'a dit "Lève-toi". Je me suis levée. Il m'a dit "mets-toi là". Et il m'a dit de me mettre sur la marche. Ma tête était face à la sienne. Je me demandais ce qu'il fabriquait. Et il m'a embrassée. Je ne m'y attendais pas. Puis il m'a dit "je t'aime". Je ne m'y attendais pas plus. Et il a poursuivi par :"Et toi ?".

Je ne l'aimais pas. J'aimais Arnaud. Arnaud qui aimait Stéphanie. Et Stéphanie aimait Arnaud à ce moment là. Mais ça n'a joué aucun rôle. Seulement, le fait qu'Emmanuel m'embrasse et me parle dans l'oreille m'avait donné chaud. Et je n'ai pas réfléchi. C'est l'instinct qui a répondu. Un truc d'irraisonné, peut-être comme lié à l'instinct de survie de l'espèce ou un truc du genre, je sais pas. La curiosité peut-être... Ce que je veux dire, c'est que j'ai pas fait exprès et spontanément, j'ai répondu "oui".

Alors il m'a embrassée une fois encore, de manière plus prononcée, avec la langue. C'était bizarre, c'est grosse langue dans ma bouche, ça donnait chaud, un peu partout. Dans la cour, un groupe de ses soi-disant copains (hypocrites) a applaudi. Il leur a fait signe de la main. Puis, il m'a dit "Viens". Et il m'a entrainée dans le couloir des perms du rez-de-chaussée, là où allaient tous les amoureux pour se rouler des pelles, parce que c'était pas trop éclairé.

Bizarre, ce protocole des pelles dans le couloir, non ? En tout cas, à ce moment là, ça m'a fait bizarre d'en faire partie. Un peu comme si j'étais passé de l'autre côté d'un truc.

Bref, le premier mec que j'ai embrassé était un tocard, il s'appelait Emmanuel et quand il m'a larguée quelques semaines plus tard pour une copine de ma classe qu'il trouvait soudainement plus jolie et qui n'en avait rien à foutre de sa gueule et m'aimait bien, et bien j'ai chialé ma race. Je pensais que je pleurais d'amour mais en réalité, je pleurais une blessure d'amour propre. Je lui ai écrit une longue (très longue) lettre pour lui dire que je souffrais de la rupture. Tout ce qu'il a pu me dire a été "Il t'en a fallu du temps pour écrire tout ça". Crétin. :)

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Qui me lira demain ?

Qui me lira à ma mort ?

Pourquoi écrire ?

... pour me relire...

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L'amour de ma vie

La dernière fois que je suis allée à une conférence de lui et qu'il parlait d'une tombe d'amoureux, je me suis dit que j'aimerais bien, je crois, "reposer" à côté de toi. Et c'est "marrant" d'avoir eu cette pensée, parce que j'avais toujours imaginé ma mort "dématérialisée", être réduites en cendres et envolée. Mais j'ai visualisé nos deux noms accolés sur une pierre et pensé que j'aimerais bien, continuer à te tenir la main sous terre pour toujours. Enfin aussi longtemps qu'il est possible. Cela peut sembler bizarre ou morbide mais je trouve l'idée jolie et romantique. Sans doute bien plus qu'un mariage ou trucs de ce style.

 

Il m'a répondu à ce message trois jours après. Trois jours. Il me disait que c'était vraiment touchant. J'aurais préféré qu'il me réponde qu'il le voulait lui aussi. 

Comme j'aurais voulu qu'il réponde quelque chose à tous mes mots d'amour de cet été. Au moins quelque chose. Dans l'absolu, qu'il m'aime aussi. Il remonte à tellement de temps, son dernier "je t'adore", celui avec les yeux qui brillent et le sourire qui fait fondre. Et puis, qui suis-je pour espérer quelque chose ?

Il est toujours là et... J'ai l'impression qu'il pourrait être l'amour de ma vie, mais qu'il ne sera pas l'amour de ma mort. Mort qui se consumera certainement solitaire.

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17 septembre 2019

Hier, j'étais à bout.

Trop dur. Trop de résistance. Trop de monde.

L'enseignement, c'est pas pour moi, on dirait.

C'était ce que je voulais faire quand je serais grande, dans mon enfance. Mais ce que j'aime c'est savoir, apprendre, découvrir... J'aime définitivement pas les gens, quel que soit leur âge. Et l'effet groupe ne fait rien pour les rendre plus sympathiques. Y a toujours le mytho, l'egocentrique, le soit-disant surdoué, l'hyperactif, le bavard, le rien-à-foutre...

Non, j'ai pas envie de fréquenter ces gens là. Je me supporte déjà à peine moi-même.

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13 septembre 2019

Je bosse dans un lycée privé. Mais c'est pas un établissement élitiste. En gros, on peut accueillir des jeunes avec un niveau vraiment faible et puis pas faciles à appréhender. Les classes sont souvent turbulentes. Ils sont parfois insolents.

L'année dernière, un jour, ils m'ont vraiment poussé à bout (à 36, c'est pas dur, surtout quand chacun y met du sien). Bref, j'ai demandé une dizaine de carnets de correspondance et me suis dit que cette fois, c'était bon, j'allais foutre des heures de colle.

J'ai ouvert le premier carnet de correspondance. J'ai tourné les pages. Je me suis demandé comment marchait ce livret. Je suis tombée sur l'emploi du temps. J'ai vu qu'ils étaient tous blindés de 8h25 à 17h25. Mon énervement a commencé à redescendre. L'un d'eux est venu me casser les pieds pour me réclamer son carnet parce qu'il en avait besoin pour aller en récré. Je lui ai dit qu'il attende... Il a continué à me casser les pieds.

J'ai sorti mon stylo.

Et j'ai réalisé.

Que j'étais... incapable... de coller... un élève.

Mon corps s'y refusait.

Fuck l'autorité.

Je leur ai rendu leurs carnets.

Crédibilité auprès des élèves = 0

J'ai raconté à ma toute jeune collègue le lendemain. "J'ai pas réussi à mettre des heures de colle hier.

- Mais pourquoi ?

- Je sais pas. J'y arrive pas."

Elle a ri de moi.

Crédibilité auprès de ma collègue = 0

Fuck l'autorité. Ouais fuck.

 

 

Posté par _An_ à 23:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]