16 janvier 2018

 

Je serais amoureuse, s'il me le permet.

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14 janvier 2018

Être une femme (I)

Quand j'avais autour de vingt ans, j'étais encore dans un âge naîf... pas déniaisée totalement, on va dire. J'avais un job le week-end, dans un magasin qui vendait des trucs de bricolage. J'y bossais tous les dimanches, plus rarement les samedis et pendant les vacances scolaires, puisque j'étais étudiante à la fac.

L'ambiance était plutôt sympa, donc j'étais copine avec à peu près tout le monde parmi mes collègues, qu'ils soient vendeurs, caissiers, magasiniers, vigiles, responsables...

Un jour, je sais plus pourquoi, je devais être en train de chercher le prix d'un article ou un truc similaire, j'étais accroupie et je regardais le rayon du bas d'une étagère du magasin. A ce moment, il est arrivé dans mon dos, un des vigiles. Simon, je crois qu'il s'appelait. Il s'est penché, m'a entourée de ses deux bras et a attrapé mes seins, chacun dans une main et les a pressés. J'ai failli perdre l'équilibre. Par réflèxe, j'ai jeté mon coude en arrière pour me dégager de lui et je me suis relevée en même temps en essayant de ne pas me casser la gueule. Je n'ai pas chuchoté, je n'ai pas crié, mais je lui ai signifié "Arrête !", bien clairement. Il m'a répondu une connerie "Ah bon, tu n'aimes pas. Normalement, les femmes aiment bien ça." Je me suis barrée. Je devais retourner en caisse avec le prix de mon article. Ce qui avait le dessus à ce moment était la mission à accomplir pour mon boulot. Je n'ai rien répondu de plus.

De retour à ma caisse, je cogitais, j'ai cogité tout l'après-midi. Pourquoi ne l'avais-je pas pourri, insulté ? La colère est montée en moi après coup. Au moment même, ce qui m'avait saisie, c'était la surprise, plus la position inconfortable (ne pas perdre l'équilibre). Est-ce qu'on s'attend, quand on est en train de faire son boulot, concentrée et consciencieuse, à se faire attraper ainsi ? Par quelqu'un qu'on connait, avec qui on entretient non pas une relation amicale, mais au moins cordiale ? Non bien sûr. Premier réflexe, se dégager. Deuxièmé réflèxe retourner bosser. La colère vient après. Après avoir réalisé. Je n'avais pas peur de Simon. Il était bien plus grand et plus costaud que moi. Mais je n'avais pas peur, on était dans le magasin, et même si le rayon où j'étais semblait vide, il y a avait du monde pas loin. Pourquoi ne lui avais-je pas mis une mandale dans la gueule ? C'est ce que j'ai regretté de ne pas avoir fait. Mais par défaut, je n'ai pas eu de réaction violente, ce n'est pas dans ma nature. Et la colère n'est venue qu'ensuite.

Et après ? Après rien... Je pense qu'aujourd'hui le choses se passeraient différemment. A l'époque j'étais une gamine. Retourner lui parler après coup me semblait une perspective inutile et désagréable. Se plaindre ? A qui ? De quoi ? "Il m'a tripoté les nichons". Bof. Je n'avais pas mal, je n'avais pas de traces. Le témoignage aurait semblé ridicule ou au moins anodin. Cela aurait servi à quoi ? Aujourd'hui je mettrais les mots dessus : agression sexuelle. Pourquoi étais-je en colère ? Parce que ce connard avait crû que j'étais open bar. Parce que cet abruti avait pensé à moi comme à moins qu'une personne, qu'on pouvait se passer de me demander et d'obtenir mon consentement pour toucher à mon être, à mon corps. Une femme, quoi.

Bien entendu, j'ai été prise d'une aversion profonde pour cet individu. Je ne lui ai plus adressé la parole. Un matin, il est venu me saluer, et je l'ai regardé avec mépris. "Pourquoi es-tu comme ça avec moi ? m'a-t-il demandé. Qu'est-ce que je t'ai fait ?". Des années après, j'hallucine encore. Je lui ai répondu avec le même silence et le même mépris. J'aurais peut-être dû lui répondre quelque chose. Lui expliquer ? L'éduquer ? J'ai des doutes sur l'utilité de la chose et à l'époque, c'était la seule manière que j'ai trouvé de réagir. Après, il m'a foutu la paix. Mais je suis restée mal à l'aise de travailler sur le même lieu que lui. Il ne me faisait pas peur, mais sa présence suscitait en moi une réelle aversion. Heureusement, il n'était pas là tout le temps, ils étaient plusieurs dans son équipe à tourner sur plusieurs sites. Le croiser restait cependant fort désagréable et je l'évitais le plus possible.

 

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26 décembre 2017

La vie passe.

A l'occasion des fêtes, mes vieux aiment à se souvenir, de tel et tel truc de leur jeunesse, de leur enfance. Se rendent compte que certains souvenirs leur échappent.

J'ai 45 ans en janvier. Et, si tout le monde refuse de vieillir, dire qu'il se sent vieillir, moi, je le dis et l'affirme, ma vie a bel et bien coulé. Ma mère aime à dire en riant "nous sommes sur la dernière ligne droite". Mais oui, j'y suis aussi. Et c'est une sorte de soulagement. Il y a bien des gens avec moi. Des semblants d'attaches, une histoire à laquelle j'aurais pu croire - je pourrais encore faire semblant d'ailleurs - mais non.

Si tu es loin de moi, je suis loin aussi. Tu riais de moi quand je te disais ma hâte de te retrouver : "tu as hâte de tout, t'es marrante". Et toi ? "Moi, je suis content quand je suis avec toi, mais je n'ai hâte de rien, je ne suis pas impatient." Comment pourrais-tu me comprendre, me connaître ? Comment peux-tu savoir qui je suis, si la musique ne t'a jamais fait pleurer... Bien que tu sois musicien ? Comment peux-tu me lire, me déchiffrer ? Tu ne peux pas. J'ai hâte que la vie passe, car tu n'es pas encore celui-là. Sans doute qu'il n'existe pas. Dans cette vie présente.

C'est marrant l'écriture. Tu pars d'un point et tu ne sais pas où les lettres te conduisent. Et tu regardes le tableau final en t'éloignant, un peu comme tu le ferais avec une toile.

A plus tard, les amis. Merci de passer un bout de vie avec moi.

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21 décembre 2017

Détachement

Le matin, pas de ressort pour me pousser à me lever. Pas d'envie, rien. Il y en a eu une qui a duré moins d'une année. Mon envie vivait dans ton envie. Ton envie s'est détachée de la mienne. Tu es redevenu un, à part entière. La notion de couple, tu n'y crois pas.

Se fondre dans l'autre. Je ne suis pas entière, j'ai une plaie non refermée, non recouverte, non complétée. Ma souffrance est rouge, comme ce bout de chair, comme ce flot de sang

Je ne suis pas entière, je ne suis rien. Rien qui manquerait à quelqu'un, si je n'étais pas là. Rien qui serait irremplaçable.

J'ai vécu un moment de douceur cette semaine. J'ai joué devant des gens. Cinq morceaux de musique, en duo acoustique. Un monsieur un peu âgé, m"écoutait, me regardait, une étincelle dans l'oeil. Une fillette chantonnait avec nous, un air dont elle ne pouvait connaître les paroles. En dehors de ça, je ne sers à rien. Je ne suis rien.

 

 

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A qui je sers ?

 

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18 décembre 2017

 

L'un est fou, et l'autre aussi !

 

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17 décembre 2017

 

J'aime les gens qui n'aiment pas l'argent.

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17 novembre 2017

 

C'est marrant, comme les choses changent.

Les choses que tu ne pensais plus aimer, tu les aimes encore peut-être un peu. Tant qu'elles sont là.

Qui suis-je ? Qu'est-ce que je désire ? Où serai-je dans un an ? Des question auxquelles tu pensais - à tort - qu'il serait plus facile de répondre en prenant de l'âge. Que nenni. C'est peut-être même plus difficile.

 

J'ai empoté quelques boutures aujourd'hui. Le résultat est joli.

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12 novembre 2017

 

Vers qui se tourner quand les personne qu'on pensait bienveillantes à notre égard se protègent de nous ? (de nos souffrances)

Sur qui se reposer, quand l'épaule qui nous semblait offerte, est en réalité recouverte d'une carapace ? (alors qu'ils auraient pu, qu'ils sont seuls capables de les soulager !)

Quel coeur toucher ? Quelle langue délier pour pouvoir nous sauver ?

Personne.

Personne.

Personne.

J'implore et c'est l'écho qui me répond. La vie, la vie... Y a-t-il vraiment des gens qui la trouvent douce ? Il m'est arrivé de le penser dans des moments, trop éphémères...

La famille est une plaie.

L'amour est une douleur.

Le désir est insatiable.

L'amitié ne suffit pas.

La création est inutile.

 

Nos souffrances éloignent les gens, elles leur font peur. On souffre encore des souffrances qu'on traîne depuis toujours. C'est sans fin, c'est injuste.

Vite, qu'il ne reste rien de moi.

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09 novembre 2017

 

Tout finit par avoir un goût de tristesse. L'écriture même parvenait à me faire pleurer.

Posté par _An_ à 14:21 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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