Tu dis que tu ne m'abandonnes pas car tu n'abandonnes pas les gens.
Je te dis que je dérive et tu me réponds que ce n'est pas ce que tu veux, que je dérive.
Tout est vain.
Pourtant, tu as pris délibérément, un chemin, qui, tu le savais, me ferait souffrir. Malgré l'amour que je te porte. Malgré l'amour qu'on s'est portés. Tu as toujours été centré sur toi, tu n'as jamais pensé qu'on pouvait revenir. Moi j'avais jamais pensé qu'on était partis.
Et l'autre, là. Qui attend son tour depuis des années. C'est l'euphorie, avec elle ? C'est comme nous à nos débuts ? Sait-elle seulement qui tu es, qui tu es vraiment ? Sait-elle ce qu'elle me prend. Bon, je sais que ce n'est pas elle, c'est toi, toi qui part. Elle est insignifiante, elle n'existe pas. Elle n'existera plus, de toutes manières, après que tu te sois recentré sur ta guitare. Comme moi. Je m'en fous d'elle. C'est toi qui me brises. Je ne suis que poussière tellement tu m'as brisée menu.
Dire à l'autre qu'on l'aime ne l'a jamais empêché de partir. Se laisser mourir non plus.
Je suis pas allée bosser aujourd'hui. J'irai pas demain.
Je me sens comme si j'étais rien. A woman of no importance. Je me sens moche, je me sens conne, je me sens insipide, je me sens dérisoire, je me sens vide, je me sens peu attirante. Pourtant, t'as bandé, lundi quand je me suis entourée de tes bras. Je l'ai senti. Et tu t'es décollé vite fait, comme si tu avais peur de lui être infidèle alors qu'il y a quelques mois, tu étais tout pour moi.
Je l'ai pas senti venir, le truc. Je nous pensais au dessus de tout ça. Je me suis trompée. Toujours n'existe pas.
J'écris à ma copine : "il a passé le week-end avec elle". Je suis dévastée. Elle me répond : "Han, le train dans la face !". Elle est drôle, oui, je me suis pris un TGV dans la gueule. J'ai ri, j'ai ri. Et j'ai pleuré, en même temps.
Je n'ai goût à rien. Et je te regarde à longueur de journée, partout. Sur youtube, sur insta, sur twitter, sur facebook, partout. Et je deviens schizophrène car je suis aussi derrière tous ces comptes là, avec toi et sous ton nom. J'ai la tête qui vrille. Je regarde tes photos. Je regarde nos messages. Je regarde notre histoire et pourquoi. Pourquoi pourquoi pourquoi. Je pleure sur le carrelage de la cuisine. Je me souviens que tu aimais t'asseoir là, j'ai envie de lécher le sol. Je demande pardon. Je pleure, encore. J'ai peur de vriller.
Je t'ai vu mercredi. T'as une sale mine. Tu dois dormir mal. Tu as des rides. Tu es fatigué. Tu te remettras plus vite que moi. Ta culpabilité est plus légère que ma douleur. Tu regardes des vidéos sur commen être viril. Tu veux plaire à l'autre meuf. Tu manges des bananes. Tu veux être performant. J'ai envie de hurler.
Mes collègues me disent "ok, tu vas mal, pas de souci". Ils sont hyper gentils mais ne savent rien. Ils voient juste que je me décompose, je me décompose, je dérive, je perds pied.
Je pleure encore. Parfois, je gémis juste.
De toutes manières, même s'il revenait (ce qui n'arrivera pas), je suis brisée, il m'a brisée.
"Je prie tous les Dieux qui n'existent pas de te ramener vers moi". => Il met un coeur.
Un coeur, putain. Un putain de coeur. J'suis trop conne. Bon, allez.