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Dreaming my life

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17 novembre 2025

Ecrire

Je suis incapable de dire si cette dépression est due à cette rupture. Ou si elle en est la cause.

Cela faisait deux ans que je flottais. Sans désir. Sans désir de toi peut-être, ou en tout cas, pas comme il aurait dû être. J'attendais tant de toi, et tant de choses sans réponse. Juste portée par une sorte de vie quotidienne, dans laquelle je tentais de donner le meilleur. Tentais de m'occuper des mes enfants. Mes grands enfants. Je n'étais plus trop centrée sur toi. Je n'étais plus centrée sur rien à vrai dire. Comme une manière de me punir, la vie m'a dit : "tiens, tu n'en voulais plus, une autre en veut". Mais je n'ai jamais imaginé ma vie sans toi, peuplée par ce silence absolu. Oui, je n'étais sans doute pas intéressante, un fantôme, une larve, une loque. Résultat aussi de mots d'amour restés sans réponse. Tu te recroquevilles, dis-tu quand tu penses que les gens te rejettent. Et moi donc ? Sauf à la fin, dans un ultime sursaut de survie.

Etait-ce une dépression latente que ton départ a fait exploser ? Tu m'as laissée sans désir. Sans désir de rien. Écrire même est un violence. Bon, c'est normal.   Sans souffrance pas d'expression. Pour moi.

J'ai envie de crever. Ce sera pas la première fois, ce sera pas la dernière.

Me détacher de toi. Il faut y parvenir. Pour ma survie. Tu écris sur "tes réseaux", "c'est fou ce que la vie nous offre quand on se donne la peine de l'écouter". Ou un truc comme ça. Oui, sauf que tu n'as plus voulu rien entendre de moi. Tu m'as reproché de ne plus te parler. Mais quand je te parlais tu étais sourd. Et muet. Et zut alors. J'avais tenu une semaine sans aller regarder. Parfois j'ai juste besoin de savoir que tu existes. Même si ça fait mal.

Mon compte en banque dégringole. Je m'en fous. J'ai encore de la marge. Je m'en fous.

Cette dépression, peut-être l'as-tu sentie sur ces années. Qui veut vivre avec quelqu'un sans désir ?

Personne.

Je vivais par toi.

Je vivais pour toi.

Il faut vivre pour soi, disent les coaches, les psy, les charlatans, les donneurs de leçon. Quelle idiotie. J'ai toujours vécu pour et par les autres. Parfois j'écris. Parfois je chante. Mais c'est quoi la vraie vie ? C'est vibrer avec l'autre. Quel qu'il soit. Toi, lui, elle. Benjamin Biolay.

Ecrire. Chanter. Composer. Faire du Gimp, traffiquer des photos à la con. Se dire que c'est beau. Ou pas. J'adore les couleurs saturées. J'ai envie de vomir. Mon coeur.

J'ai envie de vomir mon coeur. L'image, l'odeur, le goût de ta tendresse des débuts est encore bien présente. Leur fuite me procure une sensation de dégoût insaisissable. Une perte d'humanité. Une violence. Je ne peux pas mourir. Je suis une non personne.

 

PS : souvent je préfère me dire que tout est de ma faute. Même si j'ai le goût de la trahison dans la gorge. Mais si je me dis que c'est moi, la responsable, cela te lave de toute faute, c'est moins dur que de me dire que j'ai aimé la mauvaise personne.

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7 novembre 2025

"On ne va pas s'interdire de vivre des choses agréables".

 

De toutes les phrases que tu m'as dites en me quittant, celle-là résonne terriblement.

Tout comme "Tu n'es ni oubliable, ni remplaçable". Résonne d'autant plus que je n'ai plus un mot de toi aujourd'hui. Je veux dire, de mot qui signifie quelque chose.

12 juillet 2025

Si je ne te manque pas, sache que tu manques à chaque instant. Tu ME manques à chaque instant.
Tu manques au café du matin quand tu disais "je vais faire le café parce que ça, je sais faire."
Tu manques à la biocoop quand tu voulais le mélange étudiant et demandais "j'ai le droit de prendre ça ?"
Tu manques bien sûr, aux pieds dans l'eau sur les rochers et aux couchers de soleil.
Tu manques dans les rires et les silences.
Tu manques dans la chambre aux lits jumeaux.
Tu manques dans ma chair et dans mon sang.
27 juin 2025

Séduire

Séduire, c'est facile. Flirter, un jeu d'enfant.

Un prof de français, en conseil de classe. Je lui adresse quelques sourires, je le regarde dans les yeux. Après plusieurs années à se croiser, il me demande mon prénom et la matière que j'enseigne. Je sais, ça fonctionne. Simple, stupide basique. La séduction.

Un regard sur mon décolleté.

Je lui montre que j'ai un cerveau et une sensibilité. Je lui parle du thème de l'examen de français de l'année prochaine. Je lui dis que je suis en train de lire un livre en rapport avec le sujet. Les animaux dénaturés de Vercors. "Ah, c'est très beau, me dit-il, en extase, tu me diras si tu aimes, je vais le rajouter à ma liste d'oeuvres."

Oui, séduire, c'est facile.

L'amour, le vrai, c'est un roc, un mur, indestructible. Il se construit au fil des jours et est présent, peu importe les attaques, les distractions, les doutes. L'amour vrai défie le temps, n'est pas fait de mensonges et de cachoteries.... Cela te semble moralisateur, ce que je dis ? Ce n'est pas du tout ça. C'est spirituel.

25 juin 2025

Images

Il y a des images qui ne s'effacent jamais de nos mémoires.

Francky, assis par terre, ce samedi soir où nous fêtions son je ne sais quel anniversaire. La guitare à la main. Il m'envoie un baiser quand je me redresse, après lui avoir glissé à l'oreille : "je m'en vais", alors qu'il n'est même pas minuit. Ses yeux sont à moitié fermés. Il a bu et sans doute fumé de l'herbe, il plane un peu. Moi, je n'ai ni l'un ni l'autre. Il y avait une fille bizarre, assise sur un tabouret à sa fête. Elle semblait stone.

Francky m'aimait. Le savais-je ? Je suis repartie au bras de Franck, l'autre Franck, qui était mon copain de l'époque. Je suis partie tôt de la fête, parce que mes parents ne me laissaient pas faire ce que je voulais, même si j'étais déjà largement majeure, mais bon,  plus de vingts après la rencontre de l'ovule et du spermatozoïde, ils pensaient avoir encore tous les droits sur moi. Docile, j'ai laissé faire jusque tard.

Les choses n'ont pas changé. Certaines de mes étudiantes, majeures aussi, sont suivies à la trace par leurs mères. Les garçons ne sont pas non plus très autonomes.

Si j'avais été libre, j''aurais sans doute eu d'autres amours dans ma vie que ceux que j'ai eus. Je suis consciente de beaucoup de choses depuis toujours. La psychanalyse aide aussi à confirmer les mots et les idées qui sont déjà là.

Je n'ai jamais présenté à mes parents que des amoureux "agréés". C'est à dire, qui, je savais, allaient leur plaire.

Francky, je ne l'ai jamais présenté. Pourtant, à l'époque, il était ce qu'il y avait eu de plus proche de moi.

Mon guitariste, je ne l'ai pas assumé. Nous n'avons pas assumé notre relation, chacun de notre côté. Est-ce ce qui nous a détruit ? Pourtant, c'est celui que j'ai le plus aimé "pour moi", "pour lui". Il laisse cette plaie béante de son absence. Et pourtant il a été ma famille plus qu'aucun autre. Ma famille, plus que ma famille. Mon amoureux, mon amant fou, mon ami bizarre, mon âme, mon coeur.

 

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17 juin 2025

Vieille bourge

Peut-être faut-il pleurer une dernière fois ?

 

 

5 juin 2025

Yann me dit qu'il a besoin de silence.

J'ai une extinction de voix depuis deux jours.

Un ami m'écrit : "tu cherches ta voie ou tu cherches ta voix ?" Mes amis sont géniaux. Ils sont peu nombreux.

Je fais une pause avec la psy. Parce que ça douille et parce que je m'introspecte (ça se dit ?) moi-même en ce moment.

Yann, en fait, il est encore plus paumé que moi et souffre. Nous ne sommes que de misérables humains, avec de misérables vies, parfois avec de misérables choix.

J'écris.

Je lis.

Je retrouve des échanges de 2018, 2019. Les premiers hics dans la communication. Mais cela ne veut pas dire qu'on ne s'aime pas. Et même maintenant.

Il ne me laisse pas. Il finit toujours par me renvoyer un mot. Et il me dit aussi des choses qui me blessent. Certaines qui me soulagent.

"Tu te souviens, quand tu m'as dit que tu avais une réelle proximité physique avec elle ? Tu m'avais énormément blessée.

- Ah bon ? J'ai dit ça ? Pourtant ce n'est pas le cas. Tu es sure que j'ai dit ça?

- Sûre, car cela m'avait fait beaucoup de mal."

Comme quoi...

1 juin 2025

Clapton

Pour Noël, ou son anniversaire, je sais plus... Je lui ai offert deux places pour Clapton à Bercy hier.

J'aime pas Bercy.

Je sais, quand on est en train de rompre, ça sert à rien de couvrir celui qu'on aime de cadeaux, ça le fait pas revenir, ça l'empêche pas de partir. C'est dé-bi-le.

Mais t'as l'énergie sauvage du désespoir, alors tu tentes tout ce que tu pourrais tenter.

Clapton, c'est un truc parmi mille entre nous. On a bossé souvent des trucs de Clapton pendant ses cours "Wonderful tonight", "Tears in Heaven"... et puis on était allés voir le documentaire Tears in Heaven, dans une petite salle de cinéma à Paris, à sa sortir. On avait été touchés, tous les deux. J'étais dans ses bras, en regardant ce film. Et bien sûr, la guitare de Clapton... Il adore Clapton.

 

J'avais l'espoir que le 31 mai, hier, notre crise serait passée et nous pourrions aller voir ce concert comme un couple d'amoureux de nouveau. Accessoirement, j'ai payé 200€ chaque place. Ouais, on pourrait dire qu'on s'en fout, de l'argent mais ça ajoute à la suite.

 

Dans le mot qui accompagnait le cadeau, j'avais écrit un truc du genre "depuis des années, j'attendais que Clapton passe, pour pouvoir t'y emmener, cela me paraissait comme une évidence, que nous irions tous les deux, en amoureux... Voici les deux places, vas-y avec qui tu veux."

 

Depuis avril, nous ne nous sommes pas vus. Sa communication est toujours obscure, quand il y en a. Il a complètement changé ses comportements "en ligne". Cela ne ressemble pas du tout à qui il était "avant". Il a tellement changé, mais pas seulement envers moi. Envers tout le monde, depuis qu'il est avec cette femme.

J'ai demandé à le voir, pour discuter avec lui. Il m'a dit oui, pour le principe... Puis il a refusé une date, un autre... En me disant qu'il fallait qu'il soit moins "sous pression". Bien sûr, ,il ne pense qu'à lui. On ne s'est ni revus, ni appelés. Communiqué par e-mail et SMS uniquement.

Parfois, je lui envoie un mot, il me répond en m'envoyant une photo des groseilles de son jardin. Ce qui me fait vriller. J'ai l'impression de devenir folle. Mais quasiment impossible de lui soutirer des mots, des pensées, des sentiments. Dans ma tête, c'est l'implosion.

 

Alors je me demandais, "que va-t-il faire des places de concert ? L'emmener elle ? (ce serait hyper odieux) Emmener un ami ? (ce serait moins pire, mais quand même dégueulasse pour moi) Ne pas y aller du tout ? ((le mépris pour mon cadeau)"

C'était un week-end de 4 jours et je ne savais pas s'il serait là ou pas.

Je ne pensais pas le relancer, mais tu sais, quand on est débile comme je le suis en ce moment, on fait n'importe quoi.

Alors vendredi, je lui ai envoyé un mot : "Tu ne comptes pas me proposer d'aller voir Clapton avec toi ?"

Il me répond : "Je n'y serais pas allé sans toi. Mais j'étais pas sûre que tu voudrais y aller, vu le contexte."

Moi : "Donc, si je ne t'avais pas posé la question, tu aurais juste laissé perdre les places ?"

Lui : "Je ne pense pas. Tu veux y aller seule, ou avec quelqu'un d'autre ?"

Moi : "Avec toi."

Lui :"Je ne suis pas sûr d'être rentré mais je te fais signe, si je suis là à temps ? C'est à quelle heure ?"

Moi : "Connaissant Bercy, ce ne sera pas avant 21h"

Lui : Il y a 90% de chances que je puisse être là. C'est bien dimanche ?

Moi : ...

Il n'a même pas noté la date... Il a les billets depuis six mois... :(

Moi : C'est samedi.

Lui, Quel crétin ! Je fais connerie sur connerie en ce moment (je confirme d'après d'autres anecdotes). Alors ça fait 50% de chances que je sois rentré.

Je ne saurais trop dire, ce qui m'est passé par la tête à ces instant. Trop de choses sans doute.

Moi : J'en ai rien à foutre des chances. Je ne suis pas un pion. Je ne joue pas au loto. Arrête maintenant de m'écrire, de m'envoyer des photos (oui, il m'envoie toujours des photos, même quand je ne le sollicite pas en premier) ou même, ce que tu n'as pas fait depuis longtemps, de m'appeler.

Je lui ai dit Adieu.

Je ne sais pas, si j'ai mérité un traitement aussi désinvolte et irrespectueux de sa part. J'aurais tendance à dire que non. Mais peut-être que je suis une connasse. Va savoir. Est-ce qu'il y peut quelque chose ? J'en sais rien. J'ai l'impression de n'avoir jamais compris qu'il était. J'ai toujours crû en sa sincérité, et sa loyauté.

Et j'ai vu Clapton, seule (vive les billets numériques). Un concert à 400 boules, seule. Est-ce que c'était bien ? Bof, le son de Bercy, la taille de la salle. J'avais un fauteuil vide à ma gauche et un autre à ma droite, des connards qui n'ont pas cessé de discuter derrière moi pendant tout le concert. Le groupe était bon.

 

 

 

13 mai 2025

Struggle

To struggle.

 

Jung il disait qu'il fallait écrire pour pas devenir dingo. Ou autre chose. Je sais pas ce qu'il disait, vu que j'ai fait qu'écouter des trucs rapportés.

To struggle.

Etre comme un poisson échoué sur un banc de sable.

To struggle.

J'ai envie d'appeler Yann, de lui dire "mais dis-moi que tu veux plus du tout de moi". En mode "achève-moi, même crever c'est plus doux que cette torture. Mais quand je lui demande "on n'ira plus jamais ensemble chez notre luthier et ami ?", il me répond "je sais pas".

Quand je lui demande : 'mais on n'ira plus jamais dans notre gîte en Bretagne, on n'aura pas une maison ensemble ?", il me répond : "je sais pas".

Quand je lui demande : "mais tu crois pas que toi et moi, on vivra ensemble un jour ?" il me répond "au vu du lien qu'il y a entre nous, ce serait pas complètement aberrant".

Comment ne pas devenir dingue ?

To struggle.

J'ai écrit une chanson, ça s'appelle Plumes.

 

 

 

13 mai 2025

J'ai envie de me rouler en boule, encore une fois.

Comment quelqu'un qui me répondait toujours à tout, au moindre message, laisse maintenant mes questions sans réponse. Il me balance quelques boutades puis me laisse dans un silence assourdissant.

J'ai mal.

Je discute avec une psychanalyste et avec une psychologue. Je dépense des tunes là dedans, mais je ne vais pas mieux.

J'écoute des trucs sur Freud, sur Jung. Au début, tu te dis, ah oui, ça m'aide, puis ça finit par atteindre ses limites, et écouter ça te rend marteau. Parce que même si tu comprends ou tu crois comprendre l'autre et toi même, tu ne peux rien faire, tu n'as pas le pouvoir, tu peux rien changer. L'autre est libre. Mais il est libre d'être dans sa prison, en réalité, libre d'être prisonnier de ses blocages, de ses dysfonctionnements. Il est dans une relation qui l'angoisse, et il t'a rejetée pour ça.

Et moi, j'ai envie de me rouler en boule et de hurler.

L'autre jour, je me suis vraiment roulée par terre. J'étais au sol et je pleurais. Pleurais.

Est-ce que le manque, c'est de l'amour ?

La psy dit, il y a l'état amoureux, ça c'est le truc du début.

Il y a l'amour, le vrai, celui qui vient quand on s'est délesté du sentiment amoureux.

Et il y a l'attachement, celui qui fait écho à l'attachement qu'on avait à la mère, enfant et qui est vital.

Alors, j'ai quoi ?

Je ne sais pas, mais je ne suis bonne à rien. Je suis censée corriger des copies d'examen, là, et j'y arrive pas. Je suis une loque, un sous-humain, je ne suis rien.

Et ce n'est pas un manque de confiance en moi, comme veulent l'entendre les autres.

Mais ça sert à quoi, que le soleil soit doux, que les fleurs soient belles, si la personne que tu aimes n'est pas avec toi ? Si elle est malade de quelque chose, et que tu ne peux rien faire, car c'est ce quelque chose, qui t'a mis à distance ?

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