Nous portons la tristesse des jours qui s'accumule.
Beauté vs laideur
J'ai retrouvé ma pochette de partitions "de voyage". Il faut bien admettre que maintenant, je n'ai pas du tout envie de bosser les mêmes morceaux qu'en 2019. En ce moment, j'ai envie de bosser du Pink Floyd et les chansons de Lô et Doherty.
Pink Floyd, Is there anybody out there ?, un des premiers morceaux "cools" que j'ai appris, ces arpèges, le déroulé des doigts de la main droite, les accords à la main gauche. Appris avec mon ancien et premier prof et fini et joué en public en duo avec mon deuxième et, pour l'instant, dernier prof. Là, je bosse Hey you. Encore des sortes d'arpèges en vue. C'est joli, pas trop difficile. La beauté ne réside pas dans la difficulté, dirait-on. Ce qui est beau dans la musique, c'est l'Espace (tellement vrai chez Pink Floyd), ce sont les silences. D'ailleurs mon prof dit ne pas apprécier les guitaristes dont le sport préféré est de remplir le vide avec le plus de notes possibles, jouées très fort et très vite. Chacun ses goûts, hein, ça dépend du mood aussi. (T'as vu, je mets des mots anglais, c'est pas pour faire branché, c'est juste que j'aime bien le mot mood, avec son double O. Comme flood, comme wood, comme fool ou wool.... Vive le double O !)
Je me souviens de mes virées chez Gibert quand j'étais étudiante. C'était au sous-sol, la musique de sauvages. Il y avait souvent des promos, et je regardais toujours les albums des PF, mais eux, n'étaient jamais en promo. Et puis un jour, bing ! J'ai acheté The Wall, Dark Side et WYWH. Après, d'autres trucs, mais j'ai un peu moins aimé.
The wall, le film, c'est un souvenir aussi, escapade nocturne chez mon premier amoureux, ses parents n'étaient pas à la maison, on s'est matés The Wall.
L'Espace, les silences, les pédales, David Gilmour, la douceur, la folie, la violence, la pureté du son dans le silence...
Le monde est laid, ou plutôt, certains humains le sont. On peut surenchérir, c'est certain. Vomir des insultes à longueur de journées. Ou pas. N'oublions pas la beauté, et les silences. Cela ne veut pas dire qu'on oublie d'être lucides, mais qu'on se préserve un peu. Personne ne dira mieux qu'Oscar Wilde "il faut soigner l'âme par les sens et les sens par l'âme" (citation de mémoire et sans doute approximative).
And the sun is eclipsed by the moon...
Train of thoughts
Je repensais à Alain, je repensais à Francky. Peut-être un peu à Pascal aussi.
Parce que c'est ma vie.
Elle parlait du lâcher prise, Françoise.
Mon gravillon a l'air cool, dans cette émission de télévision. Quand je le vois, je me dis qu'on aurait pu jouer à danser, collés-serrés, lui et moi. Il a une belle peau. Je me souviens qu'il transpirait beaucoup. Sa voix était bien douce. Ses manières aussi. Le présentateur lui fait remarquer qu'il plaît aux femmes. Il répond malicieusement "ah bon, peut-être que je devrais en profiter alors". Bien sûr que tu plaisais. Sans doute que tu plais encore. Tu ME plaisais. J'aurais pu me laisser séduire. En fait j'étais déjà séduite. Malgré la distance, la douceur, le climat, il y avait je ne sais quoi. Il aurait été facile de tomber dans tes bras. Ils avaient l'air de miel, comme ta voix.
Tu as 69 aujourd'hui, si je compte bien. On regrette toujours ce qu'on ne fait pas, pas vrai ? Peut-être, peut-être pas. Tu restes un doux rêve, de l'autre côté de l'océan. Tes lèvres, je sais à quel point elles doivent être douces, comme si j'y avais vraiment goûté.
IRL
La vraie vie, c'est quand quelqu'un que tu aimes va mal et que tu t'inquiètes pour lui, et pries pour qu'il aille mieux (pas besoin de religion pour ça).
La vraie vie, c'est quand quelqu'un te manque et que tu te demandes s'il pense à toi.
La vraie vie c'est quand tu espères que jamais aucun taré ne leur fera de mal.
La vraie vie c'est aimer.
La vraie vie, c'est jouer aux tracteurs dans des tas de sable avec des moules en silicone. La vraie vie, c'est chanter des chansons.
La vraie vie, c'est faire pousser des plantes et les appeler par leurs prénoms. "Tu es jolie, Ipomée, tu sens bon, Mélilot. Qu'est-ce que tu fabriques, Cornichon ?"
La vraie vie, c'est rêver, apprendre à rêver. Rire aux éclats, parfois pleurer. La vraie vie, c'est aimer.
Hommes en costumes, avides d'argent et de pouvoir, vous n'êtes que des cadavres.
Mes derniers étudiants sont partis à 10h. J'ai rangé la salle, le matos que j'avais sorti. J'ai rangé mes affaires dans mon sac à dos. Le couloir était vide. J'ai descendu les stores, mis les tabourets sur les tables. J'ai regardé la salle vide, j'ai fermé à clef et je suis partie.
Les deuxième année sont devenus des stats pour la direction. Certains m'ont écrit un mot. Bon, un par classe, c'est pas beaucoup. Je reverrai ceux qui n'ont pas obtenu leur diplôme. J'ai encore une réunion en fin de semaine, puis c'est fini pour cette année.
Me revoilà au calme que j'aime mais qui me laisse aussi face à mon vide, faut un moment pour ré-équilibrer les émotions. Je me suis mise à suivre un cours d'harmonie musicale cet après-midi. J'aime bien. J'avais jamais pris le temps de faire ça. Et j'ai même pris ma guitare pour pratiquer en même temps, moi qui aime la théorie pure. Cela va peut-être m'ouvrir les oreilles. En tant qu'étudiante, je trouve que le meilleur moyen d'apprendre c'est d'être en demande. Maintenant est peut-être juste le bon moment, habituellement, je n'y comprenais rien à ces histoires, des dièses à la clef et tout ça. Je commence par les bases. Je me suis mise aussi à écouter des vieux trucs, pas très rock'n'roll. Philippe Chatel. Il avait une technique guitaristique bien à lui, il pratiquait le picking, pas trop de français le faisaient. Il m'arrive d'être nostalgique et même d'écouter des chansons pour enfants. Ah qu'est-ce qui pique, ce hérisson. Comme elle est triste sa chanson... ça swingue un peu.
A+
C'est devenu casse-pieds, l'authentification sur canalblog. Cliquez sur les feux, cliquez sur les bus, cliquez sur les motos, cliquez sur les vélos.
Bref, laissez-moi taper vite fait mes mots insignifiants SVP, j'en ai rien à secouer du reste.
Je crois que j'ai fait le tour d'internet. Il soûle.
Je crois que j'ai fait le tour de la vie. Elle soûle.
J'ai fait le tour des relations humaines (tu connais la suite), non, c'est pas vrai. Mais la plupart me saoulent aussi.
J'ai pas fait le tour de la musique. Je me suis mise à me passer des morceaux que j'aime bien, en m'asseyant à côté de la sortie du son avec ma guitare. Et je joue des notes dessus et je teste si ça sonne bien ensemble. Pas beaucoup, deux-trois notes, pour voir. Je suis timide, j'ose pas envahir la musique que j'aime. J'ai peur que ce soit pas bien. Et puis plink, plink, plink, ça commence à le faire. J'ai jamais vraiment tenté l'impro, même s'il y a des techniques pour que ça sonne pas délirant (fuck la technique, en fait les gens qui font des impros de ouf, c'est pas juste des impros de ouf, c'est juste qu'ils ont une technique de ouf, consciente ou pas, en réalité, ça s'appelle impro mais c'est pas vraiment de l'impro, c'est juste faire des phrases en maîtrisant complètement la langue, mais avant de parler, tu sais pas ce que tu vas dire). Ouais, la confiance. La peur de trahir peut-être. Mais là, c'est rigolo, les phrases mélodiques répondent un peu aux phrases de Peter Doherty, comme un lutin malin qui ferait de l'écho. Et... je sais pas, je sens qu'il y a des trucs à creuser en allant par là, pour moi. Peut-être qu'un jour je composerais une musique ou deux ? J'ai quelques textes en attente d'un air pour aller avec.
D'ailleurs j'en ai fait lire un. Mon lecteur m'a dit "c'est le texte de quelqu'un en colère !" Bah... Non. C'était un texte drôle en fait. Je suis incomprise. Bon, c'est juste une personne qui ne m'a pas vraiment capté. Retour à la phrase au dessus sur les relations humaines.
Refaire sa vie
Je lisais la biographie d'un mec. Je tombe sur l'expression "il refait sa vie avec XXX avec qui il s'installe en telle année, à tel endroit".
C'est étrange, dans le contexte "il refait sa vie", comme si ça vie avait été détruite, défaite, par une relation qui a certainement été belle, aurait pu être encore plus belle et dont il a certainement été le bourreau. Bon, je ne juge pas (trop) la relation ici, car je n'y étais pas, donc je n'en sais rien, je commente juste la formule utilisée dans cette "biographie". Comme si une vie pouvait être faite, défaite (échecs !) et refaite. La vie n'est pas un long fleuve tranquille, il y a des cassures et parfois on repart. Et puis comme dit Ricky Gervais "Life is a bitch and in the end, you die".
A penny for your thoughts
Va-t-on mourir ?
Oui.
En ce moment, je suis de jury d'examens. Je déteste ça. On va loin de chez soi. On arrive, on rencontre des collègues qu'on ne connaît pas. Des étudiants passent à la chaîne et présentent le projet sur lequel ils ont travaillé. T'es sensé les évaluer alors que tu ne les connais pas. Certains sont très nerveux. D'autres non. J'essaie toujours de trouver le meilleur dans ce qu'ils font. Certains collègues vont chercher la moindre petite bête et ne lâchent des points que péniblement. C'est pour cela qu'on est deux à évaluer, il paraît.
Ambiance de fin d'année. Musique. Soleil.
"Jardiner", c'est mon nouveau "hobby". J'aime peut-être plus que la guitare. Parce que les mains dans la terre, tu ne pense à rien. Ou en fait, si tu penses mais de manière apaisée. Ou presque. Toucher la terre, c'est agréable. J'achète pas de plante en pot. Je sème des graines. J'en achète, j'en vole dans la rue, je récupère des mes fruits et légumes. Quand je vois le petit point vert pointer hors du sol, je suis ravie. Quand elle grandit, grandit, grandit, je suis ravie. Je leur parle, je les déplace, je les arrose. Parfois j'oublie leurs prénoms. Tu étais Melon ou Pastèque, toi ? Es-tu Ipomée Rouge ou Ipomée Bleue ? Tu es jolie, je t'aime.
Je sais, c'est cruche ce que je raconte. Pendant ce temps, il y a des gens qui meurent.
Mais de mes pensées, tu n'as pas envie de connaître les autres.
Ma mère, au téléphone, ou en vrai, elle passe son
Ma mère, au téléphone, ou en vrai, elle passe son temps à me parler de ma soeur ou de mon frère. Elle parle, elle parle, elle parle... Parfois plusieurs fois la même histoire. J'écoute j'écoute, j'écoute. Le radotage, on va mettre ça sur le compte de l'âge. Parfois, ça commence par "je t'ai déjà raconté que.... ?" Je dis oui. Parfois j'essaie de raconter un truc sur moi, qui m'est arrivé ou autre. Elle fait "ah, c'est bien" et enchaîne sur autre chose. Ou alors, elle ne m'écoute pas et enchaîne sur autre chose. Son occupation préférée, c'est de se faire du souci, pour les uns ou pour les autres. Moi je me plains jamais à elle. Je vais pas ajouter du poids sur le poids. Et puis, que lui dirais-je en vrai ? Que je me fais un sang d'encre à vivre dans ce monde ? Que je suis souvent angoissée, morfondue (c'est rigolo, ce mot, t'as vu ?). Elle y ferait quoi, en vrai, cette petite bonne femme de 78 ans ? Pas plus qu'elle peut faire quoi que ce soit aux histoires de ma soeur, de mon frère. Je pense qu'ils serait temps, qu'on la lâche avec nos problèmes, qu'elle soit un peu légère.
Parfois, je déprime, j'ai l'impression de sombrer. Mais je ne lui dirai jamais. Alors elle pense que tout va bien, que ma vie est belle, que je nage dans le bonheur. Tout le monde doit le penser en fait. Ma vie, ça va, en vrai, j'ai tout ce dont j'ai besoin, sauf la paix intérieure, mais on va dire que c'est comme ça.
De toutes manières, si je voulais en parler, personne n'a la place pour ça. Il faut aimer vraiment pour accorder du temps et de l'espace. Je crois que personne ne m'aime autant et réciproquement (car il faut aussi de l'amour pour se confier). Un jour, j'ai dit à quelqu'un que j'aimais que je souffrais du manque. De lui, de sa présence, de ses mots, de ses manifestations de tendresse, et que je me sentais mal. Il m'a répondu en gros, qu'il ne pouvait rien y faire, car il avait déjà sa propre personne et sa santé mentale à gérer. Comme dans le mot anglais to struggle. Tu connais ? J'aime bien ce mot. Chacun est occupé dans son propre struggle. Voilà. Lui il se sent pas trop mal, il prend ses cachets et il est pas trop malheureux, enfin j'en sais rien. Il est parfois un peu con.
Enfin, lui, ma mère, ma soeur (elle aussi, elle est douée pour être centrée sur elle), l'espace, le temps, tu vois de quoi ça parle ici. Je me dis que si je disparaît, il y aura davantage de place pour la tristesse de ma mort, qu'il n'y en a jamais eu pour moi en vie. Keep struggling.
Bisou à toi qui me lis, qui me donnes du temps, qui me comprends peut-être. Tiens, je viens de voir une série qui s'appelle Normal people, et qui parle un peu de ça.
Amour etc.
Un jour, à la fac, on n'était plus dans la même classe, je crois, j'ai appelé Francky. Tu te souviens, à l'époque, on appelait sur les fixes, il n'y avait pas de portables. J'ai dû lui bredouiller deux-trois trucs, je voulais prendre de ses nouvelles. Puis, il m'a interrompu assez brusquement avec un "Pourquoi tu m'appelles ?" J'ai dû bredouiller un truc. Puis je ne l'ai plus jamais appelé.
Des années plus tard, alors que nous étions ensemble, je lui ai rappelé ce coup de fil et la brutalité ressentie. Il m'a dit : "J'étais amoureux de toi, tu étais avec quelqu'un d'autre et j'étais malheureux. Je préférais ne plus avoir de lien avec toi."
Sinon, j'ai écrit une chanson. Pour une fois, je la trouve assez jolie et aboutie, un peu délirante. Mais je ne sais pas composer de musique. J'aimerais bien que quelqu'un me pose des notes dessus mais je ne voudrais pas qu'elle m'échappe. Tu vois le truc ?
Sinon, c'est quand, la fin ?