Troisième séance de psy aujourd'hui.
J'ai pleuré en riant. J'ai ri en pleurant. J'ai pleuré plus qu'à la deuxième séance mais moins qu'à la première.
Je l'ai vu aujourd'hui.
Je lui ai parlé hier au téléphone, à 2h du matin. Je lui ai dit que je me sentais mal. Il m'a écoutée, m'a dit qu'il comprenait.
Je vais vriller. Je vais vriller, s'il est à la fois mon bourreau et mon ami. C'est juste pas possible. J'ai hyper mal dormi.
Ce matin, l'idée suivait son chemin. Chez la psy, j'ai formulé les choses. Avant d'y aller, j'ai sorti une de ses guitares de mon placard avec l'idée de lui rendre. Puis je l'ai remise. C'est au dessus de mes forces, de me défaire de lui.
Mais après, il est venu. On a déjeuné ensemble, comme "avant".
Je lui a dit :
"Je suis contente de te voir."
Je l'ai regardé, comme pour me remplir de lui. Il avait des cernes. J'ai continué :
"Je vais te laisser partir..."
Je vais le laisser partir... Il me dit qu'il est inquiet pour moi. Je lui réponds qu'il ne peut pas me frapper pour ensuite s'inquiéter si je vais bien... Il ne me serre plus dans ses bras. Son corps est étranger. Je ne veux pas de ça. Je ne veux pas d'un ami. Je le laisse partir et je pars vers un pays qui s'appelle Naufrage.
Je pars vers un pays qui s'appelle Naufrage
Je vais devoir m'armer de temps et de courage
Traverser les tempêtes, affronter les orages
Mes larmes et mes sanglots comme unique bagage
Je pars vers un pays qui s'appelle Naufrage
Le bateau que je prends s'appelle Amant Ravage
Il prend l'eau de partout, c'est son dernier voyage
Et ni la traversée, ni les beaux paysages
Ne f'ront perdre l'horizon de ton joli visage
(ô ton regard sauvage)
Le bateau que je prends s'appelle Amant Ravage
Il a pleuré. J'ai pleuré aussi. Il a pris des affaires à lui que j'avais mis dans un sac et qu'il n'avait pas voulu prendre la dernière fois. Dedans, il y trouvera aussi ses cadeaux de Noël. Je sais, Noël, c'est de droite.
Il m'a dit plein de trucs avant de partir. A certains, j'ai répondu "je m'en fous". Ma psy a dit qu'il fallait penser à moi avant tout. Je m'en fous aussi.
J'ai perdu je ne sais combien de kilos, ce mois-ci. Pourquoi faire un régime, quand une peine de cœur fait le boulot ?
Quand je suis partie de chez la psy, sa dernière phrase a été "on ne sait pas de quoi demain sera fait".
Et lui, un peu avant de partir, il m'a dit exactement la même fucking phrase. On ne sait pas de quoi demain sera fait. J'm'en fous. J'ai envie de crever la bouche ouverte. Lis pas ça. S'il-te-plaît. J'vais pas me flinguer, j'ai pas de flingue.
J'ai réservé un gîte pour y passer la semaine de Noël. Seule. J'ai même pas envie de voir ma famille. On ira à la mer tous les deux mais je serai toute seule. C'est un gîte où on est déjà allés ensemble. On ira sur les rochers où on avait l'habitude d'aller. J'irai au resto qu'on aimait bien visiter, s'il est ouvert l'hiver. Je marcherai le long de la côte seule avec lui. Je laisse partir en le gardant avec moi. Dans mes pensées, dans ma tête, dans mon cœur, sur mes lèvres. J'aurai un ami imaginaire. Je vais devenir folle. Celui qui était mon meilleur ami m'a trahie. Celui qui était mon amant en baise une autre, alors je peux bien sombrer dans la folie.