Sonia,
J'ai crû que j'allais t'écrire une lettre d'insultes, ou une lettre de prières, ou une lettre de désespoir.
En fait, Sonia, je vais te dire merci.
Merci car, tu m'as pris ce que j'avais de plus cher et plus précieux et en fait, je ne me rendais pas compte que tout ça était un mensonge.
Merci parce que tu m'as pris celui à qui je pensais tous les matins en me réveillant et tous les soir en m'endormant. Merci parce que tu m'as pris, celui que je respirais, celui que je vénérais, celui que j'adorais. Merci de m'avoir montré comme il était facile pour lui de passer à autre chose, après nos huit ans passés ensemble, avec des moments pas toujours constants dans l'intensité du bonheur, mais quels humains sont capables de planer en permanence 50 pieds au dessus du sol ?
Merci de m'avoir montré que le dévouement et l'attachement que j'avais envers lui ne pesaient pas grand chose, et que du jour au lendemain, je n'aurais plus le droit de mettre sa main dans la mienne, mes lèvres sur les siennes et que mes caresses dans ses cheveux le rendraient indifférent.
Merci de m'avoir montré que je n'étais rien. Je sais, c'est pas de ta faute. Quand quelqu'un nous plaît, on attaque, enfin, je crois. C'est lui, le seul responsable, parce qu'il a saisi tes perches, comme si se laisser séduire était inévitable et immaîtrisable (ça se dit ?)
Merci de me faire me rendre compte, qu'il n'a jamais essayé , si certaines choses n'allaient pas entre nous, de me parler, de me le dire, parce qu'il avait si peu confiance en notre amour.
Merci Sonia, de me faire mal, si mal. Merci de me montrer qu'il pouvait me faire mal, si mal.
Merci de me montrer que je ne suis rien aujourd'hui, en face de toi. Et que donc, je n'étais jamais rien, que j'étais toujours en sursis, depuis le début.
Merci d'avoir tissé ta toile, sur toutes ces années, tu as bien trouvé le bon moment, pour t'immiscer. Merci de l'avoir poussé à me dire que, malgré que j'étais la relation qui avait eu le plus de sens pour lui, il s'éloignait de moi, car il ressentait une réelle proximité avec toi.
Merci Sonia de me détruire et de me faire pleurer ce soir, car mon coeur est en miettes.
Merci d'avoir éloigné de moi celui auprès de qui je pensais être enterrée un jour. Tu m'as rappelé que quand je lui ai dit ça, un jour, il ne m'a rien répondu.
Merci de m'avoir fait voir tant de vérités en face. Car rien ne vaut la vérité.
La vérité c'est que je l'aimais, que je l'aime encore et que lui ne m'aimait pas.
Sonia, merci.
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