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Dreaming my life

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7 novembre 2024

Dire à quelqu'un qu'on l'aimait n'a jamais empêché les choses d'arriver.

Mon premier mec, quand on se séparait, je lui ai dit pathétiquement :

"Peut-être que je ne t'ai pas assez dit que je t'aimais ?

- Oh, si, ça, j'ai toujours su."

 

 

Voilà. Je suis dévastée.

 

Mon premier mec aussi, un jour, on baisait. Et il y a eu un je ne sais quoi de brutal dans sa "prise" (désolée, le mot est brutal aussi, je n'en trouve pas d'autre). Et je me suis retournée, et je lui ai demandé "qu'est-ce qu'il y a ?" Et je ne sais pourquoi, après nos 5 ans de relations, out of the blue, je lui ai sorti, comme ça alors que nous étions à quatre pattes "il y a quelqu'un d'autre ?" Quelles connexions ont dû se faire dans mon cerveau pour que ça sorte, là, à ce moment là ? Je l'ignore. Nous savons, nous portons des choses que nous ignorons en surface.

Je n'étais pas prête à entendre la réponse. J'ai été dévastée. Pendant des mois, j'ai été au cinquantième sous-sol.

 

J'ai appris, peut-être, depuis, à ne pas poser de question dont je n'étais pas prête à recevoir la réponse.

Aujourd'hui, j'ai posé la question.

"Tu savais que ce poème était un poème d'amour pour toi ? Pourquoi tu ne m'en as rien dit ? Parce que tu ne m'aimes plus en retour ?"

 

Je suis dévastée. Pas comme ce jour de mes 25 ans où je me suis noyée dans des torrents de désespoir. C'est une tristesse profonde, infinie. Une barre dans le ventre, une dans le cœur. Je suis dévastée mais je sais qu'on se relève de tout et que la vie continue et qu'on continue cette vie en attendant la mort (qui nous délivre).

"Je crois que je suis peut-être un peu amoureux d'une autre personne."

 

Apprends-moi des choses que je ne sais déjà. Quand on aime quelqu'un comme je t'aime toi, je connais le sens de chacun de tes mots, des tes gestes, de tes froncements de sourcil.

 

Je suis dévastée mais je savais.

Je n'ai presque pas dormi de la nuit. Je suis partie bosser l'estomac presque vide.

Nous avons parlé longtemps.

Je n'ai personne à qui me confier, alors je me confie à moi-même. Ce blog c'est moi, parlant à un miroir, parlant à personne. J'ai l'habitude. Et en fait, je ne veux parler à personne.

 

 

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5 novembre 2024

Mon premier mec avait un carnet. Il y gribouillait des poèmes, des pensées, des dessins. Il l'avait toujours sur lui. Il ne me cachait rien. Un jour, il traînait dans sa chambre et j'ai fait mine de lui piquer pour l'embêter. Il a fait "Non, non !" Mon sourire s'est figé et en même temps je l'ai ouvert à une page au hasard. Pas pour le contredire mais c'est parce que j'étais déjà dans la dynamique du mouvement et d'habitude il me laissait le lire. J'ai vu les gribouillis habituels, illisibles, surtout que j'ai pas cherché à lire. J'étais interloquée et lui ai rendu. Mais je ne me suis doutée de rien, qu'à cette époque là, il avait commencé à me cacher des choses et à me mentir. C'est beau l'amour, quand tu ne penses pas que l'autre puisse te mentir. Une fois ce stade passé, tu ne redeviens plus jamais comme avant.

 

4 novembre 2024

Once again

J'ai rêvé de Francky cette nuit. Once again.

 

Je rentrais dans une salle de TP pour mes étudiants. Je n'avais pas bien préparé. Je me suis dit "je vais faire un TP avec réflectomètres". En fait je suis juste une sorte de chargée de TP, le prof principal de la matière est dans le coin. Devant la salle, il y a Francky. Je me rends compte qu'il va assister à mon cours. Je me dis "zut, je ne vais pas être à la hauteur". Francky est sans doute la personne la plus intelligente que j'ai connu. Déjà à la fac, c'était une tête. Il comprenait tout, et moi je pigeais rien. Là, il bosse dans une boîte énorme sur des nanotechnologies. Je suis fière de lui et je me dis toujours que j'aurais dû rester avec lui.

 

Donc dans mon rêve, je fais entrer tous mes étudiants dans la salle, et je commence à regarder le matériel. Mais je me rends compte qu'il n'y a pas assez d'appareil. En fait il n'y en a pas. Un autre prof avait pris le matos parce que j'avais pas réservé pour ce que je voulais faire. Je ressors en galère, et me demande ce que je vais faire pendant ce cours, je réfléchis à mes sujets de TP et TD disponibles. Je retourne dans la salle et je vois le prof "principal" qui me montre des réflectomètres dans un autre coin de la salle. Ouf, je peux faire le TP. Mais le fait que cet autre prof prenne la main me décrédibilise dans ma tête. Je me dis "Francky va se rendre compte que je suis nulle, il le sent sans doute déjà". Le prof se met à côté de lui et regarde comment il manipule l'appareil. Sa main frôle Francky. Il porte un pull vert pomme vif (j'en ai un de la même couleur). Francky tourne sa tête sur moi. Je fais signe que c'est pas moi qui l'ai touché. Il se tourne vers l'autre prof et lui fait un signe qui veut dire "ne me touche pas". Je redis au prof "il faut pas toucher les gens".

 

C'est tout ce dont je me souviens.

 

Ce qui me rappelle un truc qui s'est passé avant les vacances.

 

J'ai un étudiant un peu spécial. Il parle beaucoup et demande de l'attention. Parfois il me met mal à l'aise. Au dernier cours, il est venu me dire au revoir et m'a tendu la main. Je lui ai simplement dit "je ne serre pas la main aux étudiants". Il m'a répondu "pourquoi ? On est des adultes." J'ai simplement ajouté "je ne touche pas mes élèves".

 

Cette "règle" fait partie des consignes pour ne pas avoir de problèmes, dans une liste qu'on nous donne dans l'établissement. Mais pour moi c'est du bon sens. Mais surtout, je déteste le contact physique dans le cadre du travail. Je n'aime pas quand mes collègues veulent taper la bise (ce qui arrive très peu, heureusement), ou même serrer la main, ou faire un "check" (ce que je trouve débile). Bref.

 

Mon rêve de Francky, un de plus. C'est lui qui arrive le plus souvent dans mes rêves. Il vit avec moi, dans moi. Loin des yeux, pas loin du cœur et pas loin des souvenirs.

 

T'as vu, j'ai mis de gros caractères. Vive la presbytie.

 

14 octobre 2024

Tu as tellement raison sur tout, mon ami.

17 septembre 2024

Plume

Que ma main soit chaude et légère
Pour t'effleurer de douceurs éphémères

Café.
"Tu m'as beaucoup frotté hier.
- Oh ?
-
- Tu appelles ça "frotter" ?
- Oui, pourquoi ? C'était quoi ?
- "Caresser". C'était désagréable ?
- Ben, ça frotte, quoi.
- D'accord. Je ne le ferai plus."

Légère
Légère
Légère
Que ma peine soit légère
Et passe par dessus
Les étagères.
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16 septembre 2024

À m'asseoir sur un banc, cinq minutes, avec toi
Et regarder les gens, tant qu'y en a

J'en ai passé du temps, dans les cimetières cet été. Ce sont des endroits paisibles. Ils ne sont pas tous peuplés de la même façon.

Tiens, le cimetière de ma grand-mère, il ne s'appelle pas cimetière mais "parc mémorial". C'est une grande étendue plane, avec du gazon. Aucun monument, aucune stèle, aucune statue. Tout le monde a un petit rectangle avec son nom et ses dates à plat dans le sol. Il y a quelques fleurs mais le ménage est fait régulièrement, donc ça reste le plus plat possible. On peut s'asseoir sur des bancs. Certains pique-niquent sur  place. Il y a des oiseaux super jolis dans les quelques arbres. Des noirs avec la queue jaune, des pics, des perroquets. Les plantes mises dans le petit jardin ornemental du fond sont belles, de toutes les couleurs. C'est tranquille. On peut y passer du temps, loin de la civilisation et oublier le temps qui passe, et s'en souvenir.

On en a vu d'autres aussi, où les arbres détruisaient toutes les niches funéraires, transperçaient les murs. La nature gagne toujours, même sur le béton, qu'est-ce que tu crois.

Comme c'est facile d'écrire sur les cimetières, sur les arbres et les oiseaux, alors que j'ai une p*tain de lettre administrative à écrire, pour contester un p*tain de bulletin de salaire.

J'ai vu un tout petit cimetière aussi, très bien entretenu mais où il faut tirer sur une cloche pour qu'on nous ouvre. Ding dong. Il y avait des bougainvilliers, beaucoup de marguerites. Il était vraiment beau.

Et nous retournerons à la poussière. Rien ne sera plus important. Ni Arthur, ni Benoît, ni Franck, ni personne. Ni ce p*tain de courrier que j'aurais fini d'écrire. Ni nos douleurs, ni nos amours passés. Je pense que je finirai dans une cruche, ou dispersée. Mais si je finis dans un cimetière, peut-être que quelqu'un passera, s'assiéra devant moi, me fera un brin de causette que je n'entendrais pas. Juste quelqu'un qui aime passer dans les cimetières et qui sait que ce n'est pas triste, mais c'est la mémoire, c'est la vie, c'est le calme, c'est les chats libres d'aller et venir et dormir sur les tombes. Peut-être.

15 septembre 2024

Je me demande où est passé Arthur.

Je me demande où est passé Benoît.

Je me demande comment va Jonny.

J'espère qu'ils vont bien.

9 septembre 2024

Air de.

Les gens ne sont pas toujours ce qu'ils montrent.

Les gens ne sont pas toujours ce qu'ils monstres.

9 septembre 2024

Se sentir étrangère dans sa propre maison

Ici, là-bas.

Ciel enfumé. Pluie à l'arrivée.

Au revoir l'été.

2 août 2024

Drops and feathers

Il a disparu brusquement. En quelques minutes, secondes.

Je ne le connaissais même pas.

Cela ne devait pas être, pas encore, pas déjà.

Drops for you.

And you.

 

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