Dire à quelqu'un qu'on l'aimait n'a jamais empêché les choses d'arriver.
Mon premier mec, quand on se séparait, je lui ai dit pathétiquement :
"Peut-être que je ne t'ai pas assez dit que je t'aimais ?
- Oh, si, ça, j'ai toujours su."
Voilà. Je suis dévastée.
Mon premier mec aussi, un jour, on baisait. Et il y a eu un je ne sais quoi de brutal dans sa "prise" (désolée, le mot est brutal aussi, je n'en trouve pas d'autre). Et je me suis retournée, et je lui ai demandé "qu'est-ce qu'il y a ?" Et je ne sais pourquoi, après nos 5 ans de relations, out of the blue, je lui ai sorti, comme ça alors que nous étions à quatre pattes "il y a quelqu'un d'autre ?" Quelles connexions ont dû se faire dans mon cerveau pour que ça sorte, là, à ce moment là ? Je l'ignore. Nous savons, nous portons des choses que nous ignorons en surface.
Je n'étais pas prête à entendre la réponse. J'ai été dévastée. Pendant des mois, j'ai été au cinquantième sous-sol.
J'ai appris, peut-être, depuis, à ne pas poser de question dont je n'étais pas prête à recevoir la réponse.
Aujourd'hui, j'ai posé la question.
"Tu savais que ce poème était un poème d'amour pour toi ? Pourquoi tu ne m'en as rien dit ? Parce que tu ne m'aimes plus en retour ?"
Je suis dévastée. Pas comme ce jour de mes 25 ans où je me suis noyée dans des torrents de désespoir. C'est une tristesse profonde, infinie. Une barre dans le ventre, une dans le cœur. Je suis dévastée mais je sais qu'on se relève de tout et que la vie continue et qu'on continue cette vie en attendant la mort (qui nous délivre).
"Je crois que je suis peut-être un peu amoureux d'une autre personne."
Apprends-moi des choses que je ne sais déjà. Quand on aime quelqu'un comme je t'aime toi, je connais le sens de chacun de tes mots, des tes gestes, de tes froncements de sourcil.
Je suis dévastée mais je savais.
Je n'ai presque pas dormi de la nuit. Je suis partie bosser l'estomac presque vide.
Nous avons parlé longtemps.
Je n'ai personne à qui me confier, alors je me confie à moi-même. Ce blog c'est moi, parlant à un miroir, parlant à personne. J'ai l'habitude. Et en fait, je ne veux parler à personne.