21 Novembre 2024
Plus de 15 jours après, j'ai enfin pleuré.
J'ai un un tel sentiment de gâchis parce que ce que nous avions était magnifique et je ne comprends pas que nous puissions le laisser partir sans nous "battre" pour essayer de le "sauver". Même ce que nous avons aujourd'hui est magnifique mais je me sens amputée d'une partie de moi.
Lundi quand tu m'as prise par la taille, j'avais tellement envie de m'enrouler en toi. Ce que nous avions était beau et intense et joyeux.
Je porte une grande culpabilité et un sentiment de défaite qui m'est insupportable. Je suis consciente que je me suis montrée froide souvent, distante. Pourquoi ? Ce n'est pas toi que je rejetais, mais la situation dans laquelle nous étions enfermés. Si j'avais été libre de toute entrave, nous aurions eu nos instants qui, dans le contexte, étaient trop éphémères, fugaces et ont fini par devenir dérisoires (alors que mes sentiments ne l'ont jamais été).
Mais ces entraves, nous les avons alimentées et aujourd'hui encore. Je suis habituée, en quelque sorte, des relations dans lesquelles je suis "prisonnière" et ce, depuis toujours, et toi aussi, à ta manière. Tout cela, lié au poids de nos familles, de nos mères (entre autres choses). Nous aurions dû nous libérer, ensemble, mais sommes restés dans nos cages respectives en nous touchant du bout des doigts.
J'ai un tel sentiment de gâchis à cause de tout ce que je n'ai pas fait, pas donné pour préserver notre lien. Et pourtant, je voulais tout te donner, et même maintenant. J'ai manqué de courage. Cette lâcheté si caractéristique de ma part, comme quand j'ai vu ma mère se faire tabasser sans rien faire. Je SUIS cette personne qui manque de courage, et même si tu penses que ça n'a rien à voir, j'ai choisi (mais c'était bien au dessus de moi) de rester prisonnière des apparences.
Pourtant, je regarde en arrière et je pense aussi, à combien de fois, il aurait suffit que tu dises un mot pour que je vienne te rejoindre, et je ne parle pas de ces plages isolées où tu partais dans le Finistère, ni à ces moments où c'était facile. Je parle des moments où il aurait fallu briser quelque chose pour permettre à notre relation de prendre sa place. Il aurait suffit de "viens" et je serais venue. Il y avait trop de "si tu veux", "si tu peux" et "si ça ne blesse ou gêne personne". Si ça ne se voit pas. Pendant le confinement, j'ai attendu que tu me dises "viens", même si c'était interdit et que tu étais seul. Je n'attendais que ça, de pendre ma voiture et te rejoindre.
Oui, je me sens responsable, coupable et fautive. Et pourtant, j'ai aussi l'impression que je suis restée très souvent sans réponse(s). Oscar Wilde dit, dans le Portrait : "Il n'y a rien de plus important que les mots". Tant de fois, je me suis dit "pourquoi, il ne me répond pas". Je sais que toi et moi n'aimons pas de la même manière, tu n'es qu'un Ourson Mignon, dis-tu. Même aujourd'hui, je ne comprends pas et j'attends ces réponses de ta part.
Au début tu m'avais dit que tu aimais cette relation qui te libère. Et oui, ensemble nous étions libres d'être nous mêmes et ENTIERS. Mais nous ne nous sommes pas libérés de la situation qui nous permettait de vivre cette liberté au quotidien.
Pour arriver à atteindre notre bonheur, il aurait fallu se donner mutuellement le courage de briser des choses. Mais ce sont ces choses qui nous ont brisés. Cette impression que tu m'as toujours vue comme la femme d'un autre, quand j'étais libre pour toi. Je voulais être ta femme à toi. Je suis ta femme, dans mon cœur, dans mon corps, dans ma tête, je t’appartiens. Parce que je suis LIBRE de t'appartenir.
Peut-être que tu as eu peur, peut être que ça fait peur, moi, mes idées d'élévation, mes hypothèses, mon amour trop grand. Alors qu'au final, mon bonheur est fort simple. Être dans une pièce avec toi et une ou deux guitares. Ça, et l'éternité. Pourquoi, j'ai laissé ce bonheur filer, alors que c'était si simple et que nous deux, c'était évident, et chargé de sens. Et c'est toujours évident. Et je le désire toujours ardemment. Une éternité à te tenir la main.
Liras-tu, tout ça ? Des mots, des mots, des mots, à n'en plus finir. Je t'attends.
La vie, la mort, la séparation. C'est dans l'ordre des choses. Rien n'est éternel et surtout pas l'amour.
J'ai fait la cynique. Et là, je sais pas, je donne le change. A un moment, je vais flancher, n'est-ce pas ? Qui va me ramasser à la petite cuillère, alors que sur les 8 années passées, il était mon confident, ma maison, ma boussole ? Qui va m'empêcher de perdre pied ?
ça y est, je sens que la douleur commence à poindre sous mon pull.
Je m'étais faite jolie, aujourd'hui, pensant qu'on tenterai de recoller les morceaux. Miséricorde.
Dieu, qui n'existe pas, aide-moi.
Ma vie n'a plus de sens. C'était lui, mon sens, ma direction. Comment cela s'est-il fini ? Si brusquement, sans préavis. A aucun moment, il ne m'a dit "ça ne va pas". Je ne comprends pas. Je ne peux pas comprendre. Je me sens vide. Et fatiguée aussi. Combien de temps me reste-t-il encore sur cette terre. Sûrement trop.
Nous nous sommes séparés autour de notre plat de pâtes du lundi. J'avais fait un tiramisu, avec un vague espoir de le reconquérir.
Il est parti et bien parti. Vivre autre chose avec une autre personne.
Je suis en vie, je suis débout. Pour l'instant, je ne me roule pas de douleur. Pour l'instant, je vis.
J'aurais ma première séance de psychanalyse de ma vie lundi prochain.