Quand tu crois que le chagrin est fini, que les choses se tassent, que ça va mieux aller, la tristesse déferlante revient, intense, hurlante. C'est les vagues, violentes qui reviennent s'écraser sur les rochers. C'est la douleur dans le bide. C'est toi qui t'écrases par terre, larmes et face contre le sol. C'est les hoquets de désespoir. C'est Yann qui ne t'écrit plus ou qui te dit qu'il a besoin de silence pour y voir clair. C'est Yann qui ne vient plus jamais chez toi, t’embrasser et te prendre par la main. C'est Yann aussi qui ne veux pas te dire que c'est fini entre vous. C'est ce filet d'espoir dérisoire qui te fait te tordre avec une souffrance indicible.
Quand la tristesse et le désespoir diminuent, la déception s'insinue.
Déception que tu n'aies pas été meilleur que les autres. Je te savais étrange, je te croyais sincère et de bon coeur.
Déception que notre histoire ne te semble pas assez belle pour te battre pour elle. Pourtant...
Déception que mon amour ne t'ait pas assez porté pour que tu t'échappes de tes mécanismes destructeurs.
Déception que tu aies cédé à la facilité. Car oui, c'est facile.
Tu m'as déçue. Parce que t'es qu'une personne comme une autre.
Comme tout le monde dirait Sed.
Ouais. Décevant, comme tout le monde. J'espère ne plus jamais aimer personne. Vraiment. Quand je me serais remise de cet amour là.
Je regarde la setlist de l'audition de l'année dernière.
Je n'en ferai pas partie cette année. La première fois depuis... Si longtemps. J'étais toujours là. J'arrivais avant tout le monde, en même temps que lui, vers 15h. Je l'aidais à installer le matériel. Je l'aidais à faire les balances. Je me mettais dans la salle, disais si le son était bon. Et je répétais mes morceaux au fur et à mesure que les autres arrivaient. Ensuite, à 19h, on libérait la salle pour aller manger, et on revenait à 20h. Le directeur faisait son discours et l'audition démarrait. Les élèves passaient par 2, par 3, faisaient leurs morceaux. Des faciles, des moins faciles... Il y a de tout comme niveau. J'accompagnais des petits, des grands, suivant ce qu'il me demandait de faire. Parfois des morceaux faciles à quatre accords. Parfois je devais me fader une série d'accords "jazz" pour accompagner des plus avancés. J'ai toujours répondu présente. Et je restais toujours jusqu'à la fin de la fin. Quand tout était rangé, je ramenais tout avec lui à sa voiture, on remballait. Et il ose me dire qu'il pensait que je ne l'aimais plus. Qui ferait tout ça sans amour ?
Cette année, je ne serais pas là.
J'imagine Sylvie lui dire "elle ne vient pas jouer avec nous cette année ?"
J'imagine Christophe lui dire la même chose.
Et les gosses, pareil.
Et les autres, que je connais depuis longtemps et avec qui j'ai joué, quelques fois. Ils poseront la question aussi, je le sais. Il dira un truc du style "elle n'a pas pu venir cette année".
Bien sûr, il me l'a proposé. Et j'en crève d'envie. Mais pas dans ce contexte. Je ne serais jamais son amie.
Elle sert à quoi, au final, cette vie, si tous ceux que tu aimes et qui disent t'aimer finissent toujours par te faire mal ?
Quand tu es enfant,
Quand tu es adolescent,
Quand tu es adulte,
Quand tu es vieille.
Elle sert à quoi, cette vie, quand le sentiment qui devrait être le plus pur et le plus noble, se jette aux oubliettes comme un vieux sac de vomi rance ?
Elle sert à quoi, dis-moi ? Tu sais, toi ?
Borderline
Il faut écrire. Pour ne pas devenir folle, il faut écrire.
Je suis au bord de la folie. De plus en plus. J'étudie, je lis, je cherche, je cogite, je réfléchis. Comment il fonctionne ? Comment je fonctionne ? Qu'est-ce qui a disfonctionné ? Qu'est-ce qui peut le faire revenir ? Il m'envoie des signaux ambigus. Me dit que je dois avoir raison de ne pas douter. De mes sentiments. Et même des siens. Je suis au bord de l'implosion cérébrale. Je n'y comprends riens. Je touche à la folie. Je décèle des choses. De son côté, comme du mien.
Du sien :
- évitement. Ne jamais se confronter trop à ses propres sentiments ni à ceux des autres. Ne pas affronter les problèmes. Ne pas y faire face. Les fuir.
- immaturité affective et comportementale. Réactions enfantines.
- méfiance vis-à-vis des autres. Y compris ceux en qui il devrait pouvoir se reposer.
Sortir de ce cerveau. Se trépaner. Mourir. Ne pas voir demain. Ne pas voir un jour de plus sans lui. Réfléchir. Comment le faire revenir ? Comment ?
Revivre le passé. Dans une boucle infinie. Tourner. Comme dans un manège. Comme dans la foire des ténèbres. Sombrer. Ne pas boire d'alcool. Ne pas pleurer. Ne pas lui écrire. Ne pas le harceler. Ne pas le stalker. Ne pas attendre.
Comment le faire revenir ? Comment ? Comment ne pas devenir folle ? Comment remonter le temps et corriger ses erreurs ? Comment ? Comment ne pas perdre son amour ? Comment le détourner de la crise de la soixantaine ?
Comment ne plus rien sentir ? Comment ne plus réfléchir ? Comment ne plus être stupide et regretter quelqu'un qui ne veut plus de moi ?
Comment oublier qu'il m'a touchée mercredi 9 avril, à 3h du matin, mais que ses actes semblaient ne plus avoir la tendresse du passé ?
Comment ne pas sombrer, comment ne pas vriller ?
Ecrire, c'est la seule manière.
Je regarde les oeuvres que mon amour a déposées à la SACEM, il y en a, des titres bizarres, je connais la plupart, et je déroule la liste. Arrivée en bas, l'angoisse me reprend, celle d'avoir fini la liste et de ne plus lire son nom.
Je scrolle.
Je stalke.
Je cherche.
Il me manque il me manque il me manque.
Je l'ai vu mercredi. Je ne l'avais pas vu depuis décembre. On s'est touchés. On a discuté, jusqu'à 4h du matin.
Depuis il me remanque il me remanque il me remanque.
Je suis vide vide vide. Entends-tu l'écho qu'il y a en moi ?
Je suis livide livide livide. Mon teint est aussi froid que celui
d'un mort
d'une morte
Comme vivre sans toi sans toi sans toi. Le vide résonne en moi.
Je lis ton nom sur des pages sans fin.
Je vois des photos de moments que tu partages sans moi.
Je devine des chansons que tu écriras sans me dire sans me dire sans me dire. J'ai envie de....
Encore
J'étais avec une copine hier. Et je marchais dans la rue. Et paf, en face de moi, j'ai encore vu Sonia. Deux jours de suite. C'est incroyable. Nous sommes passées à des centimètres l'une de l'autre en nous ignorant royalement. C'est ça, être digne ? Dans mes rêves, je lui éclatais la tête. Mais j'ai dit à ma copine, "'c'est elle". Elle n'a pas fait vraiment attention. Mais elle m'a dit de ce qu'elle a perçu "non ???" Elle semble vraiment plus vieille. Je l'ai vue cernée. Et moche. Je me suis encore dit "elle est trop moche". Comment est-ce possible ? Et avec la complicité que nous avions. Je n'y comprends rien. Mais rien. Il est con, le gars, ou quoi ? :)
Oui. :)
Vomir
Je crois que j'ai croisé Sonia ce soir. Elle habite la même ville que moi. Je suis sûre à 99%, vu qu'elle a tourné un peu la tête en passant à côté de moi et qu'elle s'est dirigée vers la mairie, y est entrée, et je sais qu'elle travaille là.
Et bien, je ne l'ai jamais trouvée jolie, mais là, je me suis dit "mais elle est trop moche, en fait". Non, ce n'est pas par jalousie. C'est sincère. Elle a les cheveux tout gris. Je ne l'ai pas reconnue tout de suite, à cause de sa coupe un peu changée. Mais j'ai reconnu ses yeux de taupe. Elle est plus jeune que moi de deux ans mais fait plus vieille.
Et là, je me dis "tu m'as quittée pour ça ?"
Sans compter qu'elle ne me ressemble pas. Que vous ne devez pas avoir cette complicité enfantine qui nous était propre.
Vomir.
Est-ce donc vrai que les mecs te quittent toujours pour quelqu'un qui est moins bien que toi ?
C'est la deuxième fois que je me fais larguer pour une moche. Super l'estime de moi. Merci, bravo.
Et là, par un mec qui m'envoyait des salves de textos encore quelques semaines avant.. Qui ne m'a jamais dit que ça n'allait pas avec moi. Qui ne m'a jamais fait de reproches et ne m'a jamais demandé de changer quoi que ce soit.
Vomir.
Je me suis pris une grosse torgnole dans la face en croisant Sonia.
Oh, je sais qu'elle le travaillait depuis des années, lui faisait des allusions pour l'exciter. L'amour ne résiste pas à ça ? Je crois que si. Mais mon mec, il avait ses fantômes, ses traumas. Maintenant, c'est moi. Je ne m'en remettrai jamais.. Sera-t-il plus heureux ? Je ne crois pas. Il ne résoud pas les problèmes, il s'en défait. J'étais un problème, il s'est défait de moi. Il n'a pas essayé de nous réparer, si quelque chose était cassé. Il m'a jetée.
Vomir, j'ai envie de vomir.Cela fait 4 mois, presque 5 que je vomis tous les jours. J'ai tellement maigri. Je me sens faible. I feel stupid and contagious. Smells like teen spirit.
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