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Dreaming my life
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moi
18 octobre 2010

Sam me dit aussi (II)

Mais pourquoi me font-ils réagir ainsi ?

Certaines réagiraient peut-être de cette manière si on leur présentait un chirurgien, le directeur d'une société, un pompier...

Mon ami m'apprend qu'il est violoniste. Cela lui confère d'office une aura toute particulière. Il est musicien, et cela influence le regard que je vais porter sur lui, de manière plus ou moins inconsciente.

Quand il arrive, il est très souriant. Il a beaucoup de charme. Il regarde les guitares qui sont posées dans un coin - dont la mienne - et fait un commentaire. Au cours de la soirée il dit des choses amusantes. Je le trouve vif et intelligent. Je l'imagine aussi distrait et rêveur. Il a une coiffure un peu floue et décidemment, j'aime beaucoup son sourire. Il a un corps tout fin et des yeux pétillants. J'aime ce qu'il exprime, par ses paroles et par ses gestes.

En fin de soirée, les gens s'en vont et nous avons l'occasion de discuter davantage ensemble. Le courant passe bien.

Nous sommes les derniers à partir et descendons en même temps. Nous nous disons au revoir dans la rue après avoir discuté encore un peu. Implicitement nous exprimons le plaisir de nous être rencontrés.

Quand même, en le regardant une dernière fois, j'ai un doute... Je crois que nous nous étions déja vus, chez ce même ami, lors d'une autre soirée.

En rentrant je vérifie dans mes vieux e-mails. En effet, nous nous étions rencontrés une première fois en septembre 2008.

Je suis perplexe de constater le décalage entre les deux rencontres. La première fois je ne l'avais pas remarqué puisque je ne m'en suis pas souvenu. La deuxième fois, j'avais l'impression de ne voir que lui.

 

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10 octobre 2010

He is an angel.

Je l'ai revu. Cela devait bien faire plus de 8 ans que je ne l'avais vu. J'ai fait connaissance avec sa femme et sa fille. Il est toujours aussi beau et attirant. Sa femme est belle. Leur fille est très jolie aussi. Ils sont tous les trois très doux, calmes et gentils.

Quand sa femme me demande comment nous nous sommes connus, je lui dis simplement que nous étions des camarades de transports en commun.

Je ne me lasse pas de le regarder en fait mais je suis discrète tout de même. Il est un peu un idéal inaccessible. Mais son existence me fait simplement du bien. Le voir me donne l'impression de pouvoir me représenter l'Harmonie. Et je ne suis pas jalouse de cette petite famille. Je sais qu'un homme tel que lui ne serait pas pour moi. Cela ne collerait pas. Il est bien trop proche de la perfection.

Quand j'y pense... Il est apparu dans ma vie comme un ange. Nous avons vécu quelques minutes par jour ensemble pendant une courte période, à un moment où j'avais besoin de beauté. Nous nous sommes revus une fois pour une balade. Depuis nous échangeons un couple d'e-mails une fois par an en moyenne. Nos vies ont des points de contact très éphémères et pourtant nous nous aimons d'une certaine manière puisque le temps et la durée n'a aucune importance. C'est vraiment ça. Il est un ange.

 

30 septembre 2010

Oh, toi.

Nous nous étions retrouvés depuis peu. Tu avais croisé une amie et ancienne camarade de fac dans le métro. Tu lui avais demandé de mes nouvelles et donné ton numéro pour que nous reprenions contact.

Je t'avais appelé et nous nous étions revus. Rendez-vous près de cette fontaine aux Halles, café dans cet endroit charmant et puis dîner là. Oui, je m'en souviens très bien. Toi toujours égal à toi même. Toujours impressionnant.

Ensuite tu m'as rappelée un soir de semaine. J'étais déja couchée et je t'ai répondu depuis mon lit. Oui, je m'en souviens très bien aussi. Je m'abandonnais au doux son de ta voix. Tu t'es mis à me raconter ton après-midi, de manière anodine, traîtreusement.

" Je suis allé dans un magasin, chercher un cadeau pour l'anniversaire de ma mère.
- Un magasin de quoi ?
- De bijoux. Et la vendeuse n'a pas arrêté de me draguer et de me faire du charme. Tu en penses quoi ? J'aurais dû lui répondre ?
- Je ne sais pas. "

Je feignais l'indifférence alors que tout mon corps avait déja réagi. Je m'étais raidie et mon visage s'était figé. Jalousie. Et toi à l'autre bout du fil, tu souriais. Tu savais bien que tu me maîtrisais déja.

" Qu'est-ce que tu me conseilles ? Je peux y retourner demain.
- Non. Ne fais pas ça. "

19 août 2010

Silence programmé IV

C'est une partie secrète de moi, peut-être un peu honteuse, celle qui parle.

19 août 2010

Question

Ouvrir les yeux et observer.

J'ai rencontré un clown.

Mais qui suis-je au juste?

 

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8 juillet 2010

Le bonheur c'est...

Et nous avions vingt ans

 

Nous marchions en pleine nuit dans cette rue désertée par tout le monde à part nous. Tu étais le plus beau du monde et cette rue, c'était la plus belle aussi.
L'instant frôlait la perfection et je t'ai demandé mi-taquine, mi-curieuse:
"Es-tu amoureux de quelqu'un?"

Dans cet instant fait de beauté, de jeunesse et de magie, je n'avais pas besoin de réponse.
Toi, timide, réservé, discret, secret et que sais-je encore, tu m'as répondu:
"Oui... enfin... disons que j'aime une femme imaginaire."

Cette réponse m'a rendue heureuse et j'ai souri.
"Et cette femme imaginaire, elle a le visage de quelqu'un que tu connais?"

Tu as dit... "Oui".

21 juin 2010

(co)locataires XI

Pour vivre heureux, vivons cachés?

Je n'ai pas crié mon bonheur à la face du monde.
Je ne l'ai même pas soufflé, même pas murmuré.

Je ne savais pas comment nous allions nous comporter l'un vis-à-vis de l'autre dans cet "après".

Quand il est arrivé, il est venu vers moi et m'a serré la main, comme tous les jours. Ni plus froidement ni plus chaleureusement que les autres jours. Sa poignée de main n'était ni plus serrée ni plus lâche. Pas un sourire particulier, pas un clin d'oeil... Aucun signe de reconnaissance. Rien.

Cela a suffit à me faire passer d'un état d'euphorie intense à l'abattement le plus extrême. Incompréhension...

Quel est le sens pour lui des moments que nous avons passé ensemble? Quelle sera la suite si suite il y a?

Est-ce qu'il renie, est-ce qu'il regrette?

J'en passerai des moments, par la suite, à me tourmenter de questions, d'angoisses.

Nous continuerons à nous voir, et suite il y aura. Mais nous ne laisserons rien paraître. Je trouve cetta attitude puérile, de vouloir se cacher aux yeux des collègues de travail. Il y en a, des couples, dans notre environnement de travail, tout le monde le sait et ça ne dérange personne. Lui ne veut pas que cela se sache. Disons que je peux le concevoir en me faisant violence. Bien sûr qu'il faut être discrets mais dissimuler?

Ce qui me rend encore plus perplexe est que je me rends compte très vite qu'il ne souhaite pas non plus que nos amis communs le sachent. Pourquoi?

Cela me met mal à l'aise vis-à-vis d'eux. D'autant plus que je ne comprends pas la raison. La seule explication que je vois est qu'il n'assume pas notre relation, qu'il ne me trouve pas "assez bien" pour se montrer avec moi. Mon amour propre en prend un coup et j'en souffre.

16 juin 2010

(co)locataires X

Quand il me quitte dans la nuit pour rentrer chez lui (il est très tard et nous travaillons le lendemain), je me sens heureuse. Je ne me rappelle pas de tout dans les détails, le temps a fait son oeuvre, mais je me souviens que j'étais heureuse. Heureuse du moment de douceur que nous venions de partager ensemble, heureuse de ne pas lui être indifférente en fin de compte. Heureuse qu'il ait fait le geste pour venir vers moi.

Il y a aussi quelque chose de "guerrier". J'ai l'impression d'avoir atteint une victoire, un sentiment peut-être assez masculin et dont l'expression pourrait se résumer à travers la phrase "j'ai enfin réussi à l'avoir !"

Je pense à mes amis qui croyaient que je n'y arriverai pas. Et je pense à lui. J'ai l'impression d'avoir gravi un sommet, une montée pénible et laborieuse, et tout en haut, la découverte de la beauté, le repos, l'apaisement et la sensation de respirer un air frais et léger.

C'est dans cet état d'esprit que je m'endors et c'est dans cet état d'esprit que je me réveille le lendemain, avec une énergie incroyable malgré le peu d'heures de sommeil. Je pars travailler le sourire au lèvres. J'ai envie de dire (de crier) au monde entier: "nous sommes ensemble!".

14 juin 2010

(co)locataires IX

Il y a une chose que je n'avais pas écrite mais qui m'avait laissée perplexe au point que je m'en souviens bien des années après.

Nous avions fait l'amour, par terre dans mon salon puis avions regagné mon lit. Et je le revois, comme si c'était hier, une des premières phrases qu'il m'a dite après a été: "Et Yann le Breton ?" Sa voix portait une interrogation réelle, une pointe d'inquiétude aussi, mais à peine perceptible. J'avais déja tiré un trait sur mon histoire avec Yann mais je ne l'avais pas dit de manière explicite à Chaton (je lui avais raconté pourtant que tout n'allait pas si bien), sans doute parce qu'il est plus facile de mettre des mots sur une réussite que sur un échec.

Cette question portait tant de sens ! Elle me révélait d'une certaine manière qu'il tenait à moi, peut-être qu'il avait eu peur de me perdre avec l'arrivée de Yann qui le mettait en danger (enfin, qui ébranlait mon intérêt pour lui). Elle me révélait que tout ce que j'avais pu mettre en oeuvre pour le séduire, toutes les choses que j'avais pu lui dire, tous les regards, tous les sourires, toutes les propositions directes, pudiques ou agressives, tout cela n'avait aucun poids comparé à cette alliée à laquelle je n'avais jamais pensé: la jalousie. Alliée et ennemie, puisque j'en avais souffert aussi.

C'est fou comme la jalousie rend encore plus attirant ce que nous désirons, quand nous pensons qu'un autre l'atteindra avant nous. C'est fou comme la jalousie donne un nouvel éclat à ce que nous ne désirions plus et nous fait y revenir à grands pas.

S'il n'y avais pas eu Yann, cette soirée là n'aurais sans doute jamais existé.

Nous venions de faire l'amour, j'avais des pensées plein la tête et une confusion de sentiments en moi. Mais il y avait une évidence.

"Yann n'existe plus" lui ai-je répondu.

 


9 juin 2010

(co)locataires V

Ses refus sont vexants. Il y a des jours où ils me font très mal même. Ils sont en contradiction avec le fait qu'on est quand même assez complices au bureau. Peut-être est-ce ce qui me trouble.

Je suis d'un naturel assez fier. Et pourtant, je recommence.

On fini par se voir quand même un peu en dehors, avec nos amis communs, seuls parfois, mais très rarement  Quand on organise des sorties entre collègues aussi..
J'ai l'impression que je passe ma vie à l'attendre. Le matin j'attends qu'il arrive au bureau. Ensuite j'attends qu'il m'envoie des signes. Quand je lui propose des sorties, j'attends qu'il me réponde. Il ne se presse jamais pour ça. Quand il a accepté, je l'attends encore. Je me souviens d'une attente interminable devant la Fontaine St-Michel. Je me décomposais en regardant l'heure tourner, finissant par croire qu'il me posait un lapin. Mais non, il était juste très très très en retard. Un soir on avait rendez-vous chez moi, et  l'attente a été si longue que j'ai fini par ne plus la supporter et je suis partie. Le soir, les week-ends, j'attends ses coups de fils, ses messages qui sont pourtant rares. Je suis un peu pathétique et j'en ai conscience.

Pourquoi j'agis de cette manière? Je n'en ai aucune idée. Peut-être que la proximité physique aide a entretenir une forme de dépendance. Et il y a quelque chose de complètement irraisonné dans mon comportement. Il m'attire. Il est beau, mais pas exceptionnel, mais il a quelque chose dans son regard, dans son sourire... un air malicieux. Et il ne se livre pas sur tout ce qui est intime, bien que je sois la personne à qui il se confie le plus. Il reste un mystère et je voudrais faire tomber les barrières.

Pourtant, au fil des mois,  je me fatigue... Je continue à le draguer mais ça devient comme un jeu, une habitude. Un jeu quand même douloureux parfois quand se ranime une bribe d'espoir. Nous nous confions l'un à l'autre, quand nos collègues nous exaspèrent, quand nous avons telle ou telle tâche à faire. Nous nous donnons des conseils pour progresser dans nos activités, autour de nos relations avec nos chefs, nos collègues. Nous nous soutenons mutuellement dans notre environnement de travail.

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