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Dreaming my life
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moi
12 avril 2010

Silence programmé II

mafalda

     J'ai lu un nombre incalculable de livres dans mon enfance et à une vitesse dont je serais incapable aujourd'hui. Je me souviens d'avoir dévoré une grande partie des Jules Verne, très jeune. J'aimais énormément les contes aussi et à travers eux l'éveil à une certaine forme de sensualité par le biais de choses finalement très cruelles... Même si elles finissaient par le fameux "il se marièrent et blabla". Grimm, Perrault, Andersen, les histoires de génie de la lampe... Et toujours le fameux pouvoir des mots.

     Je me souviens en particulier d'un soir d'été, où la fenêtre du salon était entrouverte pour laisser entrer un très doux courant d'air qui me caressait les cheveux et le visage. J'étais allongée dans le canapé et je lisais le Dracula de Bram Stoker. Il y avait quelque chose de terriblement délicieux dans ce mélange de sensations intérieures et extérieures.

     A l'école aussi, j'adorais découvrir des textes, des auteurs. Depuis toujours. Je me souviens des premiers Desnos et des Verlaine, des Anna de Noailles et Supervielle. Je crois que les poèmes, c'est ce que je préférais par dessus tout. Rencontre de la beauté de forme, de musique et de sens. Ou l'opposé.

     Plus tard il y a eu Baudelaire, Apollinaire et beaucoup d'autres.

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7 avril 2010

Silence programmé

     Je peux être parfois assez silencieuse. Dans les soirées, quand on se divise en petits groupes, je suis souvent celle qui écoute beaucoup. Il faut dire que ça donne un certain équilibre car il y a énormément de gens qui aiment beaucoup parler et parler beaucoup et qui, quand je tente une réaction à l'un de leurs propos me coupent la parole pour rebondir eux-mêmes sur ce qu'ils disent. Ça ne me dérange pas, ou plutôt ça ne me dérange plus puisque j'arrive toujours à me faire entendre quand je le veux vraiment, et puis ça satisfait ma curiosité sans bornes en ce qui concerne "autrui". (L'autre moi mais qui n'est pas moi)

     Ce qui est surprenant, c'est que je peux aussi être assez silencieuse dans des conversations à deux. Ce qui ne signifie pas forcément que je n'ai rien à répondre à la personne en face de moi, ou que je n'ai pas d'intérêt pour ce qu'elle me dit. Mais j'ai souvent besoin de peser mes mots. J'ai toujours envie de dire la phrase juste, ou à défaut, la phrase la plus juste possible. Ce n'est pas évident quand on regarde toute la subtilité, toutes les nuances qu'il peut exister dans un seul mot. Ce n'est pas évident quand on regarde toute la subtilité, toutes les nuances qu'il peut exister dans un sentiment humain. L'un dans l'autre, j'ai l'impression quelquefois que rien de ce qui peut être dit ne sera approprié. Dans ces cas là, je préfère ne rien dire, quitte à revenir sur le sujet plus tard.

     La parole est précieuse, car elle est ce qui va transmettre mon émotion du moment, mes sentiments. Elle est précieuse pour tout ce qu'elle dit mais aussi pour ce qu'elle ne dit pas. J'aime le langage silencieux, le non verbal, l'implicite. J'aime dire quelques mots et les enrober d'un voile de silence.

     Petite, je vivais au cinquième étage d'un immeuble glauque. Enfin, personnellement, je ne le trouvais pas si glauque, je n'en avais jamais connu d'autre. Je l'aimais bien même. Il faisait partie d'un grand bloc d'immeubles formant un long L. Proche de l'angle, je pouvais voir mes petits camarades en diagonale, par la fenêtre.

     Mon père avait un travail de nuit. Alors il était très décalé par rapport à moi et à ma mère. Il rentrait le matin, mangeait un peu puis se couchait, dormait toute la journée, se levait pour se préparer, manger et repartir travailler.

     A la maison, il ne fallait pas faire de bruit, pour ne pas le réveiller. Nous parlions doucement. Je n'ai pas eu les joies d'être une enfant bruyante. Déja que ça ne devait pas être dans ma nature... Pas de jouets ou de jeux bruyants, pas de courses dans l'appartement, pas de crises de larmes ou de cris... Et pas de petits copains et copines à la maison (pour cette raison mais pas seulement).

     Les jours sans classe, je pouvais voir les autres enfants jouer sur la place: des fillettes de mon école sautant à corde ou jouant avec leurs dînettes, puis, plus tard, avec les garçons à des jeux tels que "action ou vérité". Je n'étais jamais parmi eux. Ma mère, venant d'un autre continent, et n'ayant pas choisi d'être là me protégeait affreusement du reste du monde. Elle avait laissé sa famille loin, se sentait sans doute très seule, ne parlait pas français. Elle n'avait à proximité que mon père et moi. Et de vraiment important elle n'avait que moi (au moins avant la naissance de mes frères).

     Je ne saurais dire ce qu'il se passait dans sa tête. Peur qu'on me fasse du mal, qu'on me blesse? Peut-être. Peur que je me mélange à des personnes qui n'étaient pas "à ma hauteur"? Sans doute. Nous vivions dans un quartier peu reluisant et ma mère a toujours été quelqu'un de très fier. "Ne pas fréquenter n'importe qui", "bien choisir ses amis"... des mots entendus mille fois dans mon enfance. C'est insensé.

     Mes amies étaient toutes d'origine étrangère. Asiatique, pour la plupart. C'est fou ce qu'il y a comme points communs entre l'Asie et l'Amérique du Sud quand on y pense. Beaucoup plus que ce qu'on peut croire dans une première approche. Elles étaient vives et intelligentes, ayant évolués elles aussi dans ce mélange culturel (Ça passe ou ça casse, non?). Elles étaient aussi beaucoup plus libres et faisaient tellement plus de choses que moi.

     Je lisais énormément.  Je n'en avais jamais assez. Des mots à m'en faire tourner la tête.

(...)

27 mars 2010

Yann Le Breton III

Le champagne fait son effet aussi.

Je lui demande: "Qui es tu?"
Il rit et me répond simplement:
"Je suis moi... Yann.
- Pourquoi je t'ai suivi?
- ça, c'est à toi qu'il faut le demander"

Moi ne me donne pas de réponse.

C'est bizarre cette proximité soudaine avec ce corps inconnu, d'une personne que je n'ai pas eu le temps de désirer. Qui plus est, je suis refroidie par le lieu. Yann revient de vacances et l'appartement n'est pas chauffé depuis quinze jours. On est tout de même au mois de décembre et l'air est glacial. Et puis, l'endroit n'est pas familier, je ne m'y sens pas à l'aise.

Quoiqu'il en soit, nous nous rapprochons de plus en plus. Mais au moment de passer au choses sérieuses nous nous apercevons d'une erreur dans la logistique, d'un problème de gestion des stocks. Yann n'a plus de préservatifs dans son tiroir. Et moi (erreur de débutante) je n'en avais pas pris non plus.

Je décide de reprendre les choses en main parce que vraiment, tout part de travers et j'ai de plus en plus froid, étant donné que je suis à moitié, non, au deux tiers complètement nue. Je lui propose alors de partir vers chez moi, étant donné que j'ai ce qu'il faut à la maison. Donc on se rhabille et hop! à cette heure où la nuit recommence à s'éclaircir, nous reprenons la route.

 

 

 

 

18 mars 2010

Yann Le Breton II //

Je ne sais pas de quoi nous avons parlé dans la voiture. Il a joué les guides touristiques, je crois, nous nous sommes amusés. Il me dit de nouveau qu’il se trouve en charmante compagnie, et bien sûr, cela me flatte. Nous arrivons chez lui. Il me drague encore, en me disant qu’il me proposerait bien de monter prendre un verre mais que chez lui, c’est le désordre absolu. Je me sens toujours aussi légère et me laisse guider par le désir de ne pas mettre fin à cette rencontre. Je lui promets de fermer les yeux.

Il vit près de la gare Montparnasse, dans le quatorzième arrondissement Son appartement est un studio assez petit. On dirait un logement d’étudiant. Son lit est un canapé dépliant, et il est ouvert. Il occupe pratiquement tout l’espace.

Il m’invite à m’y asseoir. Prétextant de regarder mes bagues, puis mon bracelet brésilien, il noue le contact physique.

Je suis surprise. Je ne pensais pas pouvoir lui plaire "tout de suite". J'avais toujours conçu la séduction comme quelque chose qui s'inscrit dans la durée. Et lui, il vient vers moi sans attendre. Mon esprit est un peu confus à ce moment là. Je me demande où je vais. C'est vrai qu'il n'a plus l'air d'être le jeune homme timide et réservé de la soirée.

Je me sens toujours un peu légère, mais un peu grave en même temps.

 

15 mars 2010

Yann Le Breton II

Il accepte ma proposition.

La découverte se poursuit dans la voiture. Je le trouve amusant, sympathique, léger. Je n'ai qu'un regret, c'est de voir l'heure de la séparation approcher à grands pas. Cette rencontre avait quelque chose de magique pour moi.

Arrivés devant chez lui, je m'apprête à lui dire "au revoir" mais l'invitation inattendue tombe. Inattendue mais coulant de source en même temps. "Tu veux monter prendre un verre?". C'est presque drôle, c'est cliché, c'est codé (même vu du haut de mon immense naïveté.... comment ça, vous n'y croyez pas?). Je n'ai pas envie de me prendre la tête. Je suis étonnée que ce soit en train de m'arriver car le jeune homme frôle la perfection en apparence, et oui, je trouve cette fin de soirée magique. Alors j'accepte.

 

 

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12 mars 2010

Yann Le Breton I

Il y a quelques années, peu de temps après ma rupture avec le Docteur, j'étais invitée par l'amie d'un ami (et donc avec qui j'étais aussi un peu amie mais pas proche) à sa soirée d'anniversaire. Je m'y rends seule et je me retrouve parmi des personnes inconnues à part elle et deux amis.

Je ne suis pas quelqu'un de sociable mais j'ai un bon souvenir de la soirée. Je discute avec mes amis et je fais connaissance avec quelques autres. Il y a en un que je remarque tout de suite parce qu'il est très beau. Je me souviens d'avoir pensé quelque chose du genre "trop beau pour toi". Je me dis qu'il doit être du genre à pouvoir sortir avec les plus belles filles et qu'il ne fera pas du tout attention à moi. Alors je me préserve et après l'avoir salué, je reste loin de lui pendant pratiquement toute la soirée. Après avoir discuté, mangé, dansé, je me pose sur un coin de canapé pas loin de lui. Il vient vers moi et me parle. Je suis agréablement surprise car il est amical, sympathique et intéressant. Il me parle de musique, de choses que je ne connais pas. Je lui trouve beaucoup de charme, il me plaît.

Puis les gens partent un par un. Avec mes amis nous aidons à ranger avant de partir aussi. Je me souviens d'un détail complètement insignifiant... Yann avait une valise dans un coin car il arrivait de je ne sais où. Nous prenons l'ascenseur tous les deux et je lui demande où il habite. Il est tard, même pour un samedi soir et il se trouve que son quartier est sur mon trajet. Etant en voiture, je lui propose de le ramener.

 

2 novembre 2009

Nos destins sont liés.

Nos destins sont liés.

28 juin 2009

Guess what?

Ce soir, coup de fil de mon meilleur ami. C'est rare qu'il m'appelle pour me donner des nouvelles un dimanche soir comme ça. On s'appelle de plus en plus rarement en fait. Les prises de rendez-vous pour se voir se font le plus en plus par e-mail.
Il m'annonce une nouvelle. Un heureux évènement, dit-il. Bien sûr je suis contente pour lui et pour sa chérie. Pourtant quelque part ça me... Je ne sais pa comment définir... Il était le dernier copain de fac à "faire de la résistance" avec moi. Pourtant nous n'avons plus vingt ans depuis un moment, mais je ne peux m'empêcher de me dire "Déja!".
C'est dans l'ordre des choses on va dire. Une copine, un appart, un bébé... Sûrement très planifié tout ça, connaissant son caractère.
Egoïstement, je me dis "Et moi?". Que vais-je faire? Je n'ai pas envie de rentrer dans l'ordre des choses. Dans ce réseau là, celui des anciens copains de fac, je vais être la seule. On va me charrier, gentiment, me demander quand est-ce que je me lance. Je n'aime pas ça. Je trouve ça horriblement indiscret. Et puis expliquer mon choix de vie à ces amis qui en on fait un autre. Ils ne me comprendront pas? Me trouveront bizarre? J'ai l'habitude mais ce n'est pas toujours plaisant.
Dans un autre groupe, j'ai des amis qui me comprendraient plus volontiers. Ils sont plus jeunes, n'ont pas fait les mêmes études... mes chers excentriques.
J'en ai parlé une fois, une seule fois, avec une de mes collègues car je savais qu'elle me comprendrait. Et elle m'a comprise car elle pense comme moi.

17 octobre 2007

Ma petite collègue

 

Au boulot il y a des gens que j'aime bien quand même.

Il y a ma petite collègue chinoise. Nous avons été dans la même équipe il y a trois ans mais plus maintenant. Nous déjeunons ensemble presque tous les jours, et pourtant tous les midis, on s'envoie un petit message où on se demande "tu déjeunes avec moi ce midi ?". Et la réponse est presque tous les jours oui, mais chose amusante, ce oui me fait toujours autant plaisir. Cette question montre aussi que chacune respecte l'indépendance de l'autre, c'est le contraire d'une amitié possessive (ce que je n'aime pas dans les amitiés entre nanas).
Elle est très différente de moi. Elle est plus jeune. Elle ne connait pas Lou Reed, ni Bowie. Elle aime les petits trucs kawaï qui ne servent à rien mais elle n'est pas du genre Barbie pour autant. Elle est djeuns et la phrase qu'elle dit le plus tous les jours est "C'est mortel !".
Je me demande... si on s'était connues en dehors du boulot, on ne serait sans doute pas aussi proches. Mais je l'aime beaucoup, je me sentirais moins bien sans elle. Parfois quand elle circule dans les allées de l'open space, je peux juste voir, par dessus une cloison, sa queue de cheval qui se balance sur sa tête au rythme de ses pas.  Cette vision me fait chaud au coeur, car je sais qu'elle n'est pas loin.

 

 

9 octobre 2007

J'ai perdu mes mots

Qui suis-je ?
Je suis ___, je suis ___ aux yeux ___  je mesure 1m_ et je pese __kg
Tu me définis, tu me renies.

(1) Bébé insouciant, enfant soucieuse et effrayée, adolescente, pas vraiment. Adulte toujours.
J'ai aimé l'amour premier et eternel, eternel mais passé (de mode)
Je me suis cassé, j'ai batifolé, à droite à gauche, en haut en bas, j'ai eu des histoires sérieusement légères, douloureusement éphémères.

Les mecs sont bizarres, non ?

Ouais moi aussi,
Deuxième chance
Je t'aimais toi mais pourquoi j'ai rompu bordel, parce que t'étais plus fort que moi, plus sensible plus intelligent plus tout, punaise j'avais la trouille de vivre !
J'ai toujours eu la trouille de vivre, d'être heureuse, d'avoir mal, de parler, de respirer. Retour au point (1)

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Tu es lisse tu es beau tu es gentil
Et ma vie
Elle est belle elle est lisse elle est gentille





Je ne suis pas comme ça
Je suis en colère
Quand je me lève le matin, je suis fatiguée

d'avance

Quand je pars bosser je suis un zombie
Mon coeur vibre mais c'est la résonance avec Marc, avec Lou, avec David. Avec Thom et PJ aussi. Parce qu'en vrai j'ai plus trop de batteries. La route défile. Vertige horizontal.
J'arrive.
Bonjour X, bonjour Y (je t'aime pas), bonjour Z, bonjour Michelle, bonjour JM (je t'aime pas non plus)
J'aimerais ne voir aucun d'entre vous mais vous êtes tous là. Et ça commence.

STRESS

Plus vite, plus fort, plus d'argent, moins de gens, moins de coeur, plus de tête
Money money money
On nous presse on nous stresse (Meg c'est pas terrible en fait)
J'en viens à détester tout le monde. Mon voisin de bureau de droite, mon voisin de bureau de gauche, mon voisin de cloison d'en face etc.

On est tous des gens.

Tous les jours, même refrain. Je me pose sur ma chaise et trente minutes après au plus tard, il y a quelque chose, un échange d'e-mails, de chuchotements, un coup de fil qui fait monter ma colère.
Tous les jours je ressens de la colère, de la rancune, du mépris. Mais je ne suis pas comme ça. Je suis devenue une autre.

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