Je t'appelais "mon chéri", "mon amour", parfois "mon ange" ou "petit ange". J'avais toujours trouvé un peu grotesques les couples qui se donnaient des petits noms sirupeux. Mais l'amour que je te porte les faisait s'envoler tout seuls.
Voilà plus de trois mois que ma vie s'est écroulée. Rien ne bouge vraiment. Ce qui était vrai alors est vrai maintenant. Je pense à toi chaque seconde de ma vie. Je me réveille en détresse, je m'endors en priant de te rejoindre. Parfois je dors beaucoup mais je me réveille épuisée. Parfois, je n'arrive pas à fermer l’œil et les nuits sont blanches.
Quand, dans la nuit, je me réveille, le premier réflexe est de voir si j'ai un message de toi, quelque part. C'est mon premier réflexe depuis dix ans. Maintenant, mes espoirs se heurtent à du vide.
Tu dis que je suis assez intelligente pour savoir que peut-être, je me raconte des histoires, en disant que tu es l'homme de ma vie et que nous nous réunirons un jour. Je ne sais pas. Je ne vois pas de futur sans toi. Ni de présent d'ailleurs. Tu es en moi. Je te porte. Tu m'entoures.
La douleur est tellement intense, que, bien sûr, ma raison me dit que je dois, que je devrais te laisser partir... Je n'y arrive pas.
J'essaye de me faire violence, mais mon corps refuse. Et mon corps est plus fort que moi. Ce matin, j'ai pensé à abandonner l'idée d'être avec toi. J'ai été prise aussitôt de nausées horribles.. Mon corps ne veut pas. Comme mon corps se refuse à tout tant que tu n'es pas près de moi.
Je me rends compte que c'est bien plus que de l'amour que je te porte. C'est une passion dévorante et déchirante - en ce moment. Il est peut-être étrange pour un humain comme toi de s'entendre dire ces mots là. Mais ils sont vrais. Au delà des sentiments, au delà de la raison, mon corps entier t'aime et refuse de te perdre et il rejette cette alternative.
Tu es quelqu'un de très spécial. Tu es tellement et tant de choses indescriptibles. Les gens avec qui j'ai parlé de toi ne réalisent pas. Pour eux, ou pour la plupart, sans doute, tu es le mec un peu marrant, un peu bizarre, qui est génial dans un domaine. Mais tu es bien plus que ça. Sinon je ne ressentirais pas une telle détresse de te perdre.
Quand je regarde les vidéos de Yohann, je lis beaucoup de choses dans ta posture, sur ton visage, même quand tu portes des lunettes sombres. Tu dois trouver que c'est étrange, je ne te connaissais même pas à l'époque.
Ce que je sais, c'est que jamais - pour moi- quelqu'un n'égalera ta sensibilité, ton intelligence dans bien des domaines et ton ouverture d'esprit. Ni non plus dans l'affection et dans la tendresse que tu es capable de donner, quand tu as envie de donner,quand tu ne te bloques pas en raison de tes peurs, de tes fantômes. Cet amour dont tu es capable, il m'a comblé tant de fois, il m'a rendue si heureuse.
La psy me demande de faire des exercices de respiration, d'ancrage, pour "laisser partir". Même devant elle, mon corps se refuse. Je ne peux pas.
Je sais, tout ce que je dis est sans doute lamentable. En termes de stratégie de "reconquête", faire pitié n'est sans doute pas très brillant. Et puis, il y a la distance. Je ne t'ai pas vu depuis décembre. Pourtant, en t'écrivant, je sens cette sincérité de moi vers toi comme une force. Je te l'ai dit souvent, je n'ai pas peur de me dévoiler devant toi (ou peut-être un peu maintenant ?) et il n'y a rien de plus valorisant pour moi, quand toi, tu te dévoiles devant moi et me confies des choses que tu ne dis à personne d'autre.
Je me désespère et pourtant j'espère.
Je t'espère toujours.
Le temps me semble long sans toi.
Chaque seconde est une éternité.
Le vent souffle fort.
Je t'aime.