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Dreaming my life
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29 mai 2007

Conversation n°2

Lui: Tu m'aimes ?
Elle: Pourquoi tu demandes ça ?

Les Anges: Elle n'a pas envie de répondre. Elle détourne la question. Il ne pose jamais ces questions d'habitude. Et juste maintenant, il la pose alors qu'elle se détache de plus en plus de lui.

Lui: Pour savoir.
Elle: Et pourquoi tu me demandes ça maintenant ?
Lui: Je me disais qu'il fallait que je demande. Je ne le demande pas assez souvent.
Elle: Tu ne l'as jamais demandé jusqu'à présent... Alors tu demandes parce que tu ne l'as pas demandé assez souvent, pas parce que tu veux connaitre la réponse ?
Lui: Si, aussi.

- Silence -

Elle: Et toi, tu m'aimes ?
Lui: Oui

Les Anges: Elle est perplexe, elle ne sait quoi penser.

Elle: Et qu'est-ce qui t'a fait passer de "je ne sais pas si je t'aime" à "je t'aime" ?
Lui: Je ne sais pas, c'est comme ça.
Elle: C'est comme ça ? Mais qu'est-ce qui a changé ?
Lui: C'est parce que je l'ai décidé.
Elle: Ah. Tu l'as décidé.
Lui: Oui
Elle: Mais pourquoi ?
Lui: Parce que je me suis dit qu'il n'y avait aucune raison pour que je ne t'aime pas.

Les Anges: Elle se demande, mais pourquoi elle a souffert tant de fois et si fort, alors que tout à l'air si simple  dans le fond.

Elle: C'est logique.
Lui: Oui, c'est logique. Mais pas très romantique.

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27 mai 2007

Conversation n°1

Elle: Tu m'aimes ?
Lui: Je ne sais pas
Elle: Tu ne sais pas si tu m'aimes ?
Lui: Je ne sais pas comment c'est aimer. Alors je ne sais pas si ce que je ressens pour toi c'est de l'amour ou pas.
Elle: Mais quand tu aimes tu le sais. C'est quelque chose qui te serre le ventre, les tripes.
Lui: Je n'ai jamais ressenti ça.

22 décembre 2006

La Nintendo DS et la Wiiiiiiii sont en rupture de stock

Et ça nous fait une belle jambe.

Dans l'euphorie tourbillonnante de la ruée commerciale de Noël, je me suis rappelée que mon Docteur portait le parfum Jazz de YLS. Pas que j'avais oublié mais j'y ai juste pensé tout à l'heure. Je suis entrée dans une boutique de parfums et j'ai aspergé un bout de papier avec le testeur. J'ai fermé les yeux. C'était lui, sans être lui. Il était là sans être là. C'était le goût de nos baiser, la chaleur de sa peau.
J'ai continué mon shopping, ce papier à la main, en le respirant de temps en temps.

L'autre jour je vous ai dit que je ne regrettais rien. J'ai (un peu) menti. Et puis j'ai le droit de mariner dans un peu de regrets pour la fin 2006, avant d'énoncer mes résolutions 2007. Je ne suis pas maleureuse. Mais re-vivre c'est doux.

J'imagine que:

  1. j'achète un flacon de Jazz et je l'envoie aux US dans un colis Anonyme
  2. j'achète un flacon de Jazz et je le garde pour sentir de temps en temps cette douce odeur
  3. rien

Je ne ferais probablement aucun des trois.




10 septembre 2006

If I'm dreaming all my life?

Cette nuit j'ai fait un rêve.

Mon Docteur sonne à ma porte et me dit qu'il venait voir si j'allais bien. Il s'assoit sur mon canapé. J'entends son coeur qui bat fort. Il me dit qu'il vient prendre des nouvelles puis me raconte qu'il est parti faire un post-doc au Japon, je vois à son petit doigt gauche une alliance en or qui brille beaucoup (pourquoi pas à l'annulaire ?). On discute, il me raconte des choses qu'il a faites. Je pense "mais pourquoi ne me dit-il pas qu'il s'est marié ?"
Il me dit qu'il va aller bosser dans un labo à St Petersbourg. Je lui dit que cet endroit m'attire beaucoup et que j'aimerais le connaitre. Il me dit que je pourrais aller le voir. De son mariage, il ne parle toujours pas.
Je lui dit que j'aimerais beaucoup venir avec lui. Et la suite je ne m'en souviens pas. Je me rappelle juste que c'est un de ces rêves qui a l'air si réel que quand on se retrouve dans la réalité, on a l'impression que c'est le rêve.
Quand les rêves et les pensées sont si fortes, c'est qu'il se passe quelque chose. Je sais qu'en ce moment, il pense à moi.

20 août 2006

Dans la vrai vie

Je suis avachie sur mon canapé, le PC portable sur le ventre, je me dis que j'ai été bête de ne pas l'avoir retenu. Je pense à prendre l'avion pour Tokyo mais enfin ça ne se fait pas, c'est un homme marié maintenant et pour une jeune femme bien élevée comme moi ce genre de choses n'est pas concevable (rappelez vous ce que dit mama à Scarlett dans Autant en emporte le vent. "C'est inconvenant, très inconvenant"). Je me rappelle tous les bons moments et c'est vrai que la vie avec lui avait quelque chose de magique, de fou et d'amusant.
Il y a des raisons enfouies au fond de moi qui m'ont fait me séparer de lui. Certaines que j'ai enfouies plus profond que d'autres. Cette séparation ne me pesait pas autant il y a trois ans. Je voulais vivre d'autres choses. J'en ai vécu.
Je regarde des photos de nous deux ensemble. J'avais l'air si heureuse. Mais à un moment donné j'ai eu envie d'autre chose. Et aujourd'hui j'ai besoin encore d'autre chose.
Alors je vais continuer à chercher, continuer à me demander. Quelle est la vie que je veux ?

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20 août 2006

Dans un roman de Flaubert

Je me réveillerais un matin en me disant "je ne veux plus laisser passer ma chance".
Je m'habillerais lentement et filerais à l'aéroport Charles de Gaulle pour prendre le premier vol (anachronisme) en direction de Tokyo. Une fois arrivée j'irais l'attendre à la sortie de son labo et je lui dirais que je l'aime, que je n'ai jamais cessé de penser à lui et que j'avais été si bête d'avoir attendu trois ans avant d'être capable d'assumer cet amour.
Il me dirait que c'est trop tard, qu'il m'avait aimé si fort et si longtemps et que j'avais eu largement ma chance. Il me dirait qu'il avait rencontré une jolie japonaise à un moment où il touchait le fond et qu'ils avaient eu le coup de foudre. Ils s'étaient mariés depuis, et attendaient leur premier enfant. Il me dirait "Je ne veux plus te revoir, adieu".
Je rentrerais alors à Paris et m'enverrais un plein verre de vodka-arsenic pour quitter cette terre dans les convulsions les plus effrayantes.

20 août 2006

Dans une super-production hollywoodienne

Je me réveillerais un matin en me demandant "Mais qu'est ce que tu fous là ?"
Je m'habillerais en vitesse et filerais à l'aéroport Charles de Gaulle pour prendre le premier vol en direction de Tokyo. Une fois arrivée j'irais l'attendre à la sortie de son labo et je lui dirais que je l'aime, que je n'ai jamais cessé de penser à lui et que je suis désolée d'avoir attendu trois ans pour reprendre conscience.
Il me répondrait qu'il m'aime aussi, qu'il avait toujours espéré ce moment et qu'il avait fini par se marier pensant que ce moment n'arriverai jamais, parce qu'il voulait fonder une famille et que cette attente lui semblait inutile.
Il me dirait qu'il veut revenir avec moi. Que sa femme est un ange et qu'il lui a déja parlé de moi. Qu'elle comprendrait. Je dirais d'accord, ne perdons plus de temps, on en a assez perdu.
On s'embrasserait et ce serait la fin.

31 juillet 2006

Le passé me dévore III

J'aimais tout de lui. J'aimais sa bizarerie, j'aimais chaque mot qui sortait de sa bouche, j'aimais ses défauts. J'aimais le retrouver, j'aimais parler avec lui, j'aimais être avec lui.

Il écrivait des poêmes, il écrivait des chansons.
Tellement d'adolescents écrivent des poêmes. Mais les siens étaient beaux. J'étais son admiratrice muette, son amie la plus fidèle, son amoureuse secrète. Je le voyais évoluer, je le voyais grandir. Je l'ai vu tomber amoureux aussi et j'ai lu des poêmes qu'il écrivait pour une autre. Il y a eu des moments où j'ai eu le coeur en miettes.

Je n'attendais rien de lui. Je l'aimais c'est tout.

Nous trainions à trois Lui, Pierre et Moi, parfois chez lui, parfois chez Pierre, nous partagions notre amour pour la musique, ils jouaient de la guitare tous les deux. Nous nous promenions dans la forêt, pas loin de chez nous. Nous pouvions discuter de tellement de choses.

8 août 2005

Morning Bell

Ce matin le réveil est angoissé.
J'ai fait un mauvais rêve. La musique que j'ai programmée hier soir ne me plait plus.
A la place j'ai mis Amnesiac, l'album le plus triste de Radiohead et mon préféré aussi. La douceur de la voix de Thom Yorke a des vertus apaisantes.

I want you to know
He's not coming back
Look into my eyes
It's the only way you'll know I'm telling the truth
1 juin 2016

Ma vie tient parfois à un fil (III)

Comment savoir, comment être sûre, si on plaît à quelqu'un alors qu'on perçoit des signes, qui, peut-être, n'existent même pas ?

Comment savoir, si les étincelles dans ses yeux sont bien présentes quand nous sommes ensemble, ou s'il s'agit simplement de l'éclat naturel de son regard ?

Comment ne pas douter, devant la sincérité de ses sourires ?

Comment savoir ?

21 décembre 2017

Détachement

Le matin, pas de ressort pour me pousser à me lever. Pas d'envie, rien. Il y en a eu une qui a duré moins d'une année. Mon envie vivait dans ton envie. Ton envie s'est détachée de la mienne. Tu es redevenu un, à part entière. La notion de couple, tu n'y crois pas.

Se fondre dans l'autre. Je ne suis pas entière, j'ai une plaie non refermée, non recouverte, non complétée. Ma souffrance est rouge, comme ce bout de chair, comme ce flot de sang

Je ne suis pas entière, je ne suis rien. Rien qui manquerait à quelqu'un, si je n'étais pas là. Rien qui serait irremplaçable.

J'ai vécu un moment de douceur cette semaine. J'ai joué devant des gens. Cinq morceaux de musique, en duo acoustique. Un monsieur un peu âgé, m"écoutait, me regardait, une étincelle dans l'oeil. Une fillette chantonnait avec nous, un air dont elle ne pouvait connaître les paroles. En dehors de ça, je ne sers à rien. Je ne suis rien.

 

 

13 octobre 2014

Is there anybody out there ?

 

C'est vrai que je ne suis pas trop là en ce moment.

J'ai démarré une nouvelle activité, je dois vous dire. Une activité non rémunérée, je vous rassure. Ah ah. Elle ne m'empêche pas de psychoter, bien au contraire, mais je psychote sur d'autres sujets que mon nombril (mais toujours un peu sur mon nombril quand même).

Bref, on est quand même mal barrés sur cette planète.

Bises.

 

 

9 décembre 2012

Je vois, je vois...

Pendant le concert, Charlotte et Sam n'arrêtaient pas de s'embrasser. Comme ils étaient entre moi et la scène, je ne pouvais pas ne pas les voir. Je pensais être agacée par le manque de discrétion. Mais la vérité c'est que j'étais jalouse. J'aimerais avoir quelqu'un aussi qui n'aurait pas peur de montrer son amour à la face du monde, qui ne s'en cacherait pas et afficherait un sourire radieux en ma compagnie. J'aimerais avoir quelqu'un que j'aime sans avoir à me retenir. Quelqu'un qui serait heureux de me voir heureuse avec lui.


Dans le fond je suis triste. J'ai l'impression d'être née triste. Peut-être mourrai-je triste aussi.

8 septembre 2015

Question rhétorique

Quand tout s'en ira, que restera-t-il ?

 

Qui a couru sur cette plage ?
Elle a dû être très belle
Est-ce que son sable était blanc ?
Est-ce qu'il y avait des fleurs jaunes
Dans le creux de chaque dune ?
J'aurais bien aimé toucher du sable
Une seule fois entre mes doigts

Qui a nagé dans cette rivière ?
Vous prétendez qu'elle était fraîche
Et descendait de la montagne ?
Est-ce qu'il y avait des galets
Dans le creux de chaque cascade ?
J'aurais aimé plonger mon corps
Une seule fois dans une rivière

Dites, ne me racontez pas d'histoires !
Montrez-moi des photos pour voir
Si tout cela a vraiment existé

Vous m'affirmez
Qu'il y avait du sable
Et de l'herbe
Et des fleurs
Et de l'eau
Et des pierres
Et des arbres
Et des oiseaux ?
Allons, ne vous moquez pas de moi !

Qui a marché dans ce chemin ?
Vous dites qu'il menait à une maison
Et qu'il y avait des enfants qui jouaient autour ?
Vous êtes sûrs que la photo n'est pas truquée ?
Vous pouvez m'assurer que cela a vraiment existé ?
Dites-moi, allons, ne me racontez plus d'histoires !
J'ai besoin de toucher et de voir pour y croire

Vraiment, c'est vrai !
Le sable était blanc ?
Vraiment, c'est vrai !
Il y avait des enfants
Des rivières
Des chemins
Des cailloux
Des maisons ?
C'est vrai ?
Ça a vraiment existé ?
Ça a vraiment existé, vraiment...

21 août 2015

J'écris tant que je n'ai qu'un seul pied dans la tombe (I)

 

En première, j'avais une copine qui s'appelait Stéphanie. Nous n'étions pas dans la même classe mais, étant toutes les deux en S, nous suivions un cours de soutien de mathématiques ensemble entre midi et deux.

En première, j'étais amoureuse d'Arnaud, que j'avais rencontré l'année précédente. En seconde, nous partagions souvent nos repas à la cantine. Il était dans la meilleure classe, tu sais, celle qui fait allemand LV1 et latin. Il était aussi au club d'échec. Bref, tu vois, il me semblait beau et intelligent, il s'exprimait bien, à l'écrit comme à l'oral, était sûr de lui.

Un jour il y a eu un voyage organisé par le lycée. Je ne sais plus la destination ni le pourquoi. Ils y participaient tous les deux. Alors je les ai présentés, un jour, sous le préau. J'ai dit à Stéphanie qu'ils feraient le voyage ensemble et ai ajouté "Tu prendras soin de lui". Ce à quoi elle a répondu : "D'accord". Elle a tenu sa promesse. A leur retour, j'ai constaté qu'ils se plaisaient beaucoup. Plus tard dans l'année, ils sont sortis ensemble. Leur histoire n'a pas duré très longtemps, juste assez pour me briser le coeur.

Je me souviens d'un truc d'ailleurs. Avant qu'ils ne sortent ensemble, comme leur attirance me crevait les yeux, j'avais pris mon courage à deux mains pour parler à Stéphanie. Je me souviens que ça m'avait coûté. Je lui ai dit d'une voix hésitante "Tu sais, Arnaud... il me plaît..." Et elle m'avait répondu "Je ne peux pas parler de ça avec toi. Je ne parle de ces choses là qu'avec mes amies". C'était d'une logique irréfutable. Que répondre ? Rien.

 

10 août 2015

Combien de mois, d'années, que je n'écris plus

Combien de mois, d'années, que je n'écris plus ici, à part des salades de quelques mots, quelques lignes ?

Je n'ai jamais eu la paresse d'écrire, mais je n'ai plus rien à dire. Ce qui m'alimentait était les relations naissantes, mourantes, la recherche du pourquoi, du comment, les retours sur moi-même.

 

Les relations, il n'y en a plus vraiment. Je fréquente des gens, des nouvelles personnes même. Beaucoup sont intelligentes, nous partageons des idées, des buts communs. Rien de fort ne se crée cependant, malgré notre désir de changer ce monde. Il n'y a pas de sentiments entre nous, aucun lien ne se tisse, au sens où je l'entends. Les sentiments nous les portons à la Terre, aux arbres, aux animaux. Il y a parfois des béguins de passage, rien de plus fort qu'une petite étincelle, que je n'alimente même pas car je n'y vois aucun intérêt.

Je ne voyage plus (trop) dans mon passé. Qu'il s'éteigne, lui aussi, les amours qui faisaient mal, la violence de l'enfance. Que tout meure, ça m'est égal.

Il ne restera rien de moi de toutes manières, aucune descendance puisque c'est mon choix, quelques souvenirs peut-être chez ceux qui me survivront un peu, quelques mots sur des bouts de papiers, encre s'évanouissant avec le temps.

Tout m'indiffère en ce moment, et dans le fond, même les causes que je défends. Je ne sais pas pourquoi je suis devenue comme ça. Je passe le temps. Je me laisse capturer par des lectures un peu, beaucoup. Je finirai pas les oublier aussi.

Tout m'indiffère, tous m'indiffèrent. Tout le monde m'oublie et c'est tant mieux.

(Je fixe les arbres du jardin)

2 août 2014

Un scénario romantique par excellence : On se

 

Un scénario romantique par excellence :

On se retrouve chez lui, on discute, on joue de la guitare. On parle cuisine, voyages en regardant des photos. L'heure venue on saute sur la moto et on défile dans un paysage vert (et jaune et rose) pour aller dans ce resto à l'écart, en bordure de forêt. On discute encore, on s'amuse. Le patron est bourré, il dit n'importe quoi. On s'en fiche, on est bien.

Plus tard on repart. Il me montre des endroits où on pourrait aller cueillir des noisettes, des mûres quand la saison viendra; il me propose une pause pour me montrer une belle vue sur la vallée. C'est vrai qu'elle est magnifique cette vue. J'ai même pensé que c'était l'endroit idéal pour un premier baiser. Le soir tombe, on voit les lumières de la ville au loin, et un joli croissant de lune rousse. Dans un film, c'est clair que c'est l'endroit où le mec embrasse la nana. On s'assoit sur un muret, on se raconte des choses, on se confie un peu. La petite pause pour voir la vue dure peut-être une heure, plus longtemps probablement. Les étoiles se pointent et les bruits de la ville s'éteignent. Ces moments là ne devraient jamais mourir.

On repart pour le dernier morceau de route. Il fait froid. Normal, il est une heure du matin. C'est une excuse pour me coller davantage à lui. Je commence à connaître ce chemin.

Une fois arrivés à ma voiture, nous discutons encore un peu, puis on se sépare, il se penche pour me faire la bise et me souhaite une bonne nuit. Il ne remet pas son casque pour les quelques mètres qui le séparent de son parking, il part les cheveux au vent. Il est beau et a plutôt fière allure.

 

 

 

26 novembre 2022

Être jalouse. C'est bien, c'est mal. C'est. Te

Être jalouse. C'est bien, c'est mal.

C'est.

Te sentir dépossédé de l'autre.

L'autre n'est pas un objet.

L'autre ne t'appartient pas.

Peut-il passer du temps à échanger avec une autre ?

Peut-il passer du temps à rire avec une autre ? A faire des blagues sur sa bite ?

Dans l'absolu oui.

Dans la pratique ?

Je ne sais pas.

Être jalouse, c'est pas un truc qu'on maîtrise. C'est mal, sans doute, mais c'est.

Tiens, ami(e). Je t'en parle et ça passe un peu. Ce doit être vrai, ces conneries de psychothérapie. Qu'on guérit en parlant. Ou en écrivant, c'est pareil.

Non, je ne possède pas l'autre.

Je ne possède personne, je ne possède rien.

Je ne suis rien... Oui, tu sais, un roseau, le plus faible de la nature etc.

Qu'est-ce qui est intime ? Qu'est-ce qui est privé ? Qu'est-ce que tu dois (devoir, attend !? Mais quoi ?) "réserver" à celle que tu aimes, soit disant ?

Il est arrivé que mon père tabasse ma mère parce qu'il était jaloux. Ou qu'il l'emmerde parce que le voisin lui avait parlé sur la manière de tailler les rosiers. Le voisin lui avait parlé putain, il lui avait ***parlé*** des putains de rosiers...

Moi je tabasserai jamais personne. Mais dire : "éh, j'aime pas que t'ailles faire rigoler cette autre meuf, à chaque fois que tu peux"... c'est être jalouse aussi... C'est mal ? C'est mal.

Mal ou bien, c'est là, et ça fait pas de bien.

ça fait se sentir... pas unique... moins aimée...

C'est un problème d'amour propre ?

Je sais pas. L'amour, c'est grand ? L'amour c'est beau ?

L'amour c'est sale. C'est simple, là, ça me fout la gerbe... Mais je frapperai jamais personne. La douleur, elle est pour moi.

 

30 avril 2014

Mamita

 

Longtemps avant de mourir, ma grand-mère a été une jeune fille.

En regardant dans ses affaires, j'ai trouvé une nuisette. Elle est joliment désuète, d'un bleu ciel très tendre. Elle a une petite bordure en dentelle blanche autour du décolleté, jusque sur les épaules. Elle serait extrêmement pudique si elle n'était pas si délicieusement transparente.

Elle m'a fait un peu bizarre cette trouvaille, je n'arrive pas à imaginer ma grand-mère dedans, je l'ai toujours connue toute petite et ridée. J'ai décidé de la garder et de la porter en souvenir d'elle. Elle me va plutôt bien et me donne l'impression d'être une personnage des années cinquante.

 

 

 

 

17 mars 2014

Elle s'appelait Nathalie

Ce coup de fil, c'était un point d'arrêt dans le temps. L'avant, l'après. Et au milieu, ce point.

J'habitais chez mes parents et j'attendais mon amoureux qui allait arriver pour passer la soirée avec moi.

Le téléphone a sonné, je pensais que c'était lui. Je me souviens que j'étais heureuse. En décrochant, j'ai eu cette surprise, de découvrir une voix féminine, me demandant de parler à Franck. J'ai senti un froid dans mon corps, dans mon coeur, un point d'arrêt dans le temps. Qui était cette personne ? Pourquoi appelait-elle chez moi pour parler à Franck ? Il lui avait donné mon numéro de téléphone ? Pourquoi ? Elle l'avait trouvé autrement ? Pourquoi ?

Je ne sais ce qui s'est passé en moi en ces quelques secondes. Je n'étais pas jalouse, pas possessive, j'avais une confiance absolue et un respect total de sa liberté, mais le son de cette voix m'a glacée. Elle m'a changée. J'ai pris un ton très sec, je ne sais plus trop ce que j'ai répondu. "Il n'habite pas ici" ou  "il n'est pas encore là", je ne sais plus. Mais cette sensation, je m'en souviens très bien.

J'ai pris son nom. Elle s'appelait Nathalie.

12 avril 2023

Et rêves

Pas trop top mon rêve de cette nuit.

Il y avait mon premier mec et ses enfants. Et la meuf, petite, moche et idiote pour qui il m'a quittée (je suis aigrie, je dénigre si je veux, et puis en fait c'est pour rigoler parce que je m'autodérisionne).

Au début ça se passait pas trop mal. Et j'ai commencé à parler avec elle. Et je l'ai trouvé conne. Alors, je lui ai mis une baffe (moi qui ne frappe jamais personne ah ah...) Et elle a commencé à chouiner, a dit qu'elle porterait plainte contre moi. J'ai répondu que je ne risquais pas grand chose. Et son mec (mon ex, quoi, tu suis ?) a dit que si, si, je risquais je ne sais combien d'€uros d'amende et je ne sais combien de jours de vraie prison. Mais ce qui m'a vraiment fait mal, c'est qu'elle soit si idiote et qu'il prenne sa défense.

Je me suis réveillée en sale état. Pourquoi... ? Parce que déjà, cette histoire ancienne et oubliée, pourquoi ressort-elle comme ça, de nulle part, alors que franchement, c'était il y a 25 ans quoi... ? Et que j'en ai vu d'autres depuis mais qu'est-ce que j'en ai à foutre d'eux ??? Purée, les rêves, lâchez-moi quoi, faites-moi rêver de... je sais pas moi... Oriol Pla (ah ah, tu sais pas qui c'est), Madds Mikkelsen, Jonny Greenwood...

J'ai pleuré un peu, de malaise. Le malaise du rêve dont on ne veut pas. Bref, comme c'est mercredi et que je peux, je me suis rendormie pour défaire ce rêve.

7 août 2013

Ô bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits

 

J'ai toujours aimé la pluie et le joli clapotis de gouttes tombant par terre. Je trouve cette musique apaisante, j'aime la regarder tomber aussi. J'ai l'impression que rien de mauvais ne peut m'arriver les jours de pluie. Quant aux l'orages, je n'en ai jamais eu peur, même petite. Ils me fascinent, j'adore la lumière des éclairs déchirant le ciel, le son du tonnerre qui gronde.

 

30 mars 2023

Prof

Ce matin, je faisais un cours de physique.

En deuxième heure, la majorité des étudiants causaient. Causaient d'idioties sur TikTok et je ne sais quoi. Blablabla blablabla. Je parlais, ils parlaient en même temps que moi. J'ai arrêté de parler. Ils ont continué. Je me suis posée dans un coin de la salle. Ils ont continué leur conversation. Ce n'est pas la première fois que ça arrive avec cette classe. Ils passent leur examen dans deux mois.

J'en ai marre de leur dire de se taire, en fait. J'en ai marre d'essayer de parler plus fort qu'eux, ça casse la voix, ça fatigue pour rien.

D'habitude, quand je me tais, il faut juste le temps (5 min, 10 min ?) qu'ils se rendent compte, et ils se taisent, puis on reprend.

Là, j'ai regardé l'horloge au mur... J'ai attendu. Attendu. 10h...

J'ai attendu... Ils causaient toujours. Rien à foutre de moi, de mon cours... RAF. 10h05. Toujours RAF. J'ai éteint le projecteur. RAF. J'ai effacé le tableau. RAF. J'ai éteint l'ordi. RAF Je suis sortie dans le couloir. J'ai fermé la porte derrière moi. Je me suis adossée à un mur. Et j'ai attendu. Attendu. Je ne sais même pas si mon absence a été remarquée. Le plus marrant, c'est que je pense que non. RAF. Ils s'en foutent de la physique. Demain, il s'en foutront des maths. Ils ont un boulot à mi-temps avec leurs boîtes. Sont-ils irrespectueux comme ça avec leurs patrons ? Bah non, tu parles. Le pognon. Quelqu'un qui leur file du pognon, c'est mieux que quelqu'un qui leur enseigne des trucs. Leurs patrons qui ne payent rien pour les avoir, parce que l'état file du fric, du fric des impôts pour qu'ils aient du boulot et une formation. Ce qui est marrant, c'est qu'on faisait un cours sur le signal : l'information et le bruit, le rapport signal sur bruit. Ah ah.

Dans le couloir, j'ai attendu. C'est marrant, tu vois, parce que ces étudiants qui causent et ne suivent pas, ce sont précisément ceux qui se plaignent quand un (des) prof(s) sont absents. Moi je suis toujours là (sauf la fois où j'ai fait grève). Et hier soir encore, j'ai préparé, révisé mon cours pour eux et après, j'ai eu du mal à dormir toute la nuit. Mais je me suis levée, à 7h pour aller leur faire cours. Et pour qu'ils ne m'écoutent pas.

Je suis restée dans le couloir. 10h15, la sonnerie de la récré. J'ai ouvert la porte, suis rentrée dans la salle.

"Vous pouvez y aller." ai-je dit. Ils se sont levés, ils sont partis.

J'y retourne demain ? Plus ça va, et moins j'ai envie.

Parfois, dans ma tête, je me dis "je reviens plus". Et c'est pas que ça. J'en ai marre de bosser, de gagner un salaire, sur lequel on prélève des impôts pour esclaviser des jeunes tout en acceptant qu'ils ne s'instruisent pas. Qu'on prélève des impôts pour payer des gars, qui vont tabasser des gens en manif. Qu'on prélève des impôts qui n'iront pas à l'hôpital qui se meurt, à l'instruction qui se meurt, à l'entraide qui se meurt... Qu'on prélève des impôts pour payer des cabinets de conseils de merde qui écrivent des slides de merde pour justifier des décisions de merde pour rendre nos vies encore plus merdiques. J'ai pas envie de bosser pour ça. Qu'on prélève des impôts pour payer des députés de merde qui se la coulent douce à bouffer du homard et à écrire des bouquins de merde, se la jouer joutes verbales à l'assemblée "Ta, ta, ta, comment je l'ai laminé, l'autre là..." et... J'ai envie de vomir en fait, quand j'y pense. Et puis les gosses avec votre foot et vos TikToks et vos influenceurs... Ok, on s'en fout de la physique, on s'en fout des maths, on s'en fout de tout... Ce qui vous fait mal, c'est vos retenues sur salaire quand vous avez séché des cours...

J'ai pas envie de vivre cette vie, en fait.

15 février 2023

Ëtre prof, c'est le bonheur de franchir les

Ëtre prof, c'est le bonheur de franchir les portes de l'établissement, et de réaliser que ce jour encore, le mot que tu entendras le plus est "enculé".

"On s'est fait enculer".

"Ah ouais, il t'a enculé".

"J'vais t"enculer"

"Machin, c'est un enculé".

Ëtre prof, c'est le bonheur de passer à côté d'étudiants que tu as eu et qui ne te calculent même pas. Certains baissent les yeux ou tournent la tête pour ne pas te dire bonjour. Alors qu'a priori, tout se passait bien entre vous.

Et puis en sortant du campus, tu croises I. Il est grand, mince et se tient droit comme un I. Il te sourit, de ce sourire éclatant et plein de gentillesse. "Bonjour Madame, vous allez bien ?" Il prend 5 minutes pour te dire où il en est. Et tu dis, waow. Il a changé,, alors que je l'avais encore l'année dernière. Et il est content de poursuivre ses études.Et ça fait plaisir. Ëtre prof, c'est ça aussi. Et poursuivre son chemin en souriant.

 

2 janvier 2023

Au nom du père, du fils...

Janvier, c'est le mois de l'année où les humains s'encouragent mutuellement à tenir un an de vie supplémentaire.

Décembre, c'est celui où on doit supporter les autres qui ont un sang similaire au notre dans les veines. ADNement parlant. Bykhôze le sang, ça ressemble à du sang quoi.

Ah, les hommes.

Ah, les femmes.

Pourquoi on s'inflige ça, tous les ans ? J'en ai tellement marre. Je ne suis pas obligée. Personne n'est obligé en fait. Mais si t'y vas pas, c'est le prix de la culpabilité. Quoi ! Tu fêtes pas Noël en famille ? T'es pas une bonne fille, un bon fils, une bonne mère, un bon être humain...

Bon, nous, il y a pas trop d'orgie de bouffe, c'est un repas où on est tous ensemble, un truc que tout le monde aime et que la végétarienne que je suis peut accomoder. OK.

Y a un truc qui me gave de plus en plus. Ou une personne. Ou des personnes.

Y a ma mère qui est aux fourneaux. Tout le temps. Tout le monde commence à bouffer bien longtemps avant qu'elle s'asseye à table avec nous. Et puis elle se lève 50 fois parce qu'il manque un truc pour untel, unetelle.

J'en ai marre. J'en ai marre que ma mère fasse la bonniche pour tous. Moi je l'aide. Mais les mecs glissent tous les pieds sous la table et vissent leurs culs sur leurs chaises. Et j'en ai marre. Ma soeur fait pareil. Ma nouvelle belle soeur aussi, mais c'est normal, elle est toute nouvelle parmi nous, c'est l'invitée.

Donc pour les mecs, c'est cool. Je pousse mon frangin à faire des trucs mais bon, faut pas brusquer non plus parce que tu vois, c'est le fils. Le FILS.

Et quand il faut faire un truc, ma mère me demande à moi. Non mais je m'en fous d'aider. Au contraire. Ce qui me gave, c'est que ce soit le rôle naturel de la femme d'aider.

Un jour, j'ai proposé de cuisiner pour que ce soit plus cool pour elle. Elle m'a dit ok. Mais pendant que je préparais mon plat, elle s'est mis à préparer un AUTRE plat. Parce que son fils allait préférer ça. Non mais, j'étais gavée. Et idem, à chaque fois que je faisais un truc, elle repassait derrière pour SON FILS.

En préparant le déjeuner :

'Ton frère a pris quoi au petit déj ?

- J'en sais rien.

- Il a bu le jus d'orange que je lui ai pressé ?

- J'en sais rien.

- T'étais pas en bas ?

- Si, mais je surveille pas ce qu'il bouffe !"

NDLR : le fils a 45 balais.

Non mais la mère, le rôle de la mère. La mère doit souffrir, ce doit être écrit quelque part. Donc elle est bien avec mon frère et ma soeur.

Ma soeur passe son temps à l'appeler pour se plaindre de tout... Son travail, son mec, etc. Ma mère souffre de tout ce que lui raconte ma soeur, par procuration.

Ma mère a souffert que mon frère soit si longtemps sans se caser. Sans stabilité.

Donc quand je parle à ma mère, c'est "Ton frère, ton frère, ton frère... Ta soeur, ta soeur, ta soeur..."

Si vous pensez qu'elle parle de moi avec moults détails aux deux autres, la réponse est non. Je ne me plains jamais à elle, ni à ma soeur, ni à mon frère. Quand je vais mal, je préfère me rouler en boule et crever toute seule. Ou parler ici sur mon blog. Pour eux, je vais toujours bien.

Je ne suis pas jalouse des deux. C'est sans doute le contraire en fait. Ma soeur qui alimente ce lien, ce "cordon" de manière si fusionnelle. Mon frère qui porte le "poids" d'être le fils. Bon, cela le libère de beaucoup de choses, mais bon... Quand je vois le regard d'amour de ma mère sur lui, sans doute encore plus depuis qu'il est parti vivre en Angleterre, peut -être encore plus maintenant qu'il est avec sa copine.... Je ne peux pas m'empecher de me sentir mal. Mal à l'aise. Ce regard, elle ne l'a jamais pour ma soeur ou moi. Malaise.

Y a mon père aussi. Qui l'ouvre même pas pour dire "tu peux me passer le sel" ou le sucre, ou la théière... Parce que les autres devancent ses demandes. Moi, j'ai arrêté.

Non, tous les ans, pourquoi on s'inflige ça  ? J'étais à deux doigts de dire, j'en ai marre, je me casse. Pourtant cette année, c'était plutôt pas pire que les autres fois.

La culpabilité, oui.

Faut se défaire de l'idée qu'on est une famille, dans sa tête. C'est pas facile à désancrer.

Bon, je sais, dehors, il y a la guerre, les gens qui n'ont pas de toit. Mes problèmes n'en sont pas. C'est des trucs d'ego.

Je me relis pas, je laisse des erreurs dans le texte. A+

 

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