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Dreaming my life
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18 septembre 2016

J'attends le mot, qu'il n'écrira pas, le SMS

 

J'attends le mot, qu'il n'écrira pas, le SMS qu'il n'enverra pas, le coup de fil, qu'il ne passera pas.

Il me manque. Les fantasmes emplissent ma tête, se fixent sur ses mains, ses yeux, ses yeux, ses mains. Je pourrais ne plus le faire. C'est un fantasme que j'entretiens volontairement. Il est plus agréable que le vide, ce vide qui prend tellement d'espace. Alors, ses mains, ses yeux, son sourire. Musique.

 

 

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15 septembre 2016

Hier j'assistais à une répétition de musique.

 

Hier j'assistais à une répétition de musique. J'arrive sans faire de bruit, pour ne pas déranger car elle est déjà entamée.

A la pause, mon ami le guitariste descend de la scène et fait mine d'avancer sur moi avec les bras grands ouverts, comme s'il allait m'enlacer sauvagement, alors qu'il vient simplement me faire la bise. Je souris discrètement. Je rigole à l'intérieur. Je suis un peu fatiguée et je reste un peu distante même. J'aimerais bien avoir des gestes plus familiers avec lui, genre lui relever ces mèches qui masquent tout le temps ses beaux yeux bleus. Il les cache tout le temps ceux-là, derrière des lunettes, souvent teintées, voire noires.

Son style vestimentaire est assez folklorique. Il mange n'importe comment, ça commence à se voir avec sa petite brioche. C'est l'âge aussi. Je m'en fous. Quand il joue il est toujours beau, à sa manière. Et quand il fait l'andouille, il est touchant.

 

 

8 septembre 2016

S'envoler (II)

Phil et moi nous sommes envolés ensemble.

Puis entre la promenade et le repas, il avait prévu une visite d'appartement. Il m'a demandé de l'accompagner. J'ai trouvé le jeu amusant. Arriver comme un couple, visiter les pièces ensemble, poser plein de questions. Faire semblant pendant une heure, en dehors du temps. Se pencher sur la rembarde de la terrasse et observer le soleil se coucher. Rêver.

Nous sommes allés dîner ensuite, en debriefant sur la visite. Nous avons cette complicité, malgré tout toujours présente. Je sais que ça arrivera sans doute un jour. Mais je n'aimerais pas, oh non, je n'aimerais pas qu'il ait une amoureuse.

11 août 2016

Ma vie tient parfois à un fil (XI)

Hier la soirée au resto était sympathique. Face à Phil et à côté de l'autre Phil (que je vais nommer Phil2, pour qu'il n'y ait pas de confusion). Copine est en diagonale de moi. On se fait des clins d'oeils complices. Elle est toute jolie. C'est la deuxième fois qu'on voit Phil depuis le retour des vacances et qu'elle a sorti un rouge à lèvres flashy. Elle est joliment habillée aussi, et porte un chouette collier. Copine, je la connais bien. Je la vois au moins une fois par semaine. Et le rouge à lèvres flashy, elle le porte jamais quand je la vois. Je pense qu'elle tente de pécho Phil. Elle ne me l'a pas dit, mais je le sens.

Je suis arrivée au resto juste après Philippe. Sa beauté est toujours un plaisir pour les yeux. Et quand il parle, je comprends pourquoi je suis si facilement charmée à chaque fois. Tant de douceur et d'élégance. Ce type est un bonbon pour les yeux et les oreilles. Moi je me suis habillée jolie aussi mais simple comme à mon habitude. J'ai même arrêté de porter mes bagues dernièrement, suite au pétrissage presque quotidien de mes petits pains pita. J'oublie volontairement de les remettre. En somme j'aime la simplicité de la peau nue. Pas de rouge à lèvre flashy sur mes lèvres, juste le baume habituel pour garder les lèvres douces. Et puis j'ai un peu transpiré. Faut dire que j'ai choisi de marcher une heure plutôt que prendre le métro dix minutes. J'aime bien marcher.

Donc voilà, je pense que Copine veut pécho Philippe. Je me dis qu'au fond, ce serait cool. Je le pense sincèrement. Pendant la soirée, j'évite de regarder trop Phil, pour ne pas faire renaître ce désir purement physique. Il parle pas mal, beaucoup, il connait pas mal de choses. Mais les sujets qu'il aborde m'ennuient à mourir. Pendand deux minutes, je me dis que ce serait horrible d'être la femme qui partage sa vie. Ah ah. Phil2 est aussi cultivé mais beaucoup plus drôle.

Phil2 est presque mon voisin. Après le dîner, il me propose de me ramener en scooter et j'accepte. C'est cool et marrant. Mais pas aussi agréable que d'avoir la moto de Phil entre les jambes si je peux me permettre cette illustration quelque peu triviale.

Bisous chers lecteurs et lectrices.

10 août 2016

Ce qui est beau, c'est que même quand tu n'es pas

 

Ce qui est beau, c'est que même quand tu n'es pas là, tu m'accompagnes, avec cette douceur qui te caractérise. Franchement, je te préfère sensible à quand tu fais le clown, tout le temps, trop souvent.

 

Sinon je dîne avec Copine et Philippe ce soir, et un autre cop' à qui on va raconter nos aventures de vacances. En fait Phil m'a tapé de plus en plus sur les nerfs dernièrement, dans sa distance. Je n'aime pas les gens qui ne se dévoilent jamais. Il faut dire aussi que c'est avec tout un tas de manières qu'il a organisé la sortie de ce soir. Je crois qu'il m'a ôté toute l'envie d'y aller. Que les choses soient claires, je le fais uniquement pour Copine, qui elle est toujours sincère. On se parle toujours plusieurs fois par semaine avec elle, même quand on ne se voit pas.

L'attirance physique peut engendrer des comportements tout à fait irrationnels. Je me déçois parfois moi-même de ce côté un peu "animal" (bon, je suis pas experte dans la vie des animaux, mais j'utilise cette image juste pour illustrer). C'est ainsi qu'avec plusieurs semaines de distance, je finis toujours par réaliser que Phil est sans saveur, pas très intéressant. Et puis il a quelquefois ces petites remarques un peu macho qui me déplaisent profondément. Je ne sais pas pourquoi, j'appréhende un peu ce soir.

 

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7 août 2016

"Je vais devoir y aller, dit-il en finissant sa

 

"Je vais devoir y aller, dit-il en finissant sa mousse au chocolat, c'est pas que je suis pas bien ici, mais j'ai de la route à faire"

Et il était encore là une heure après avoir dit ces mots.

Il a pris ma guitare et m'a joué le morceau que j'aime bien. Je pense qu'il l'a fait exprès, pour me plaire, intentionnellement ou inconsciemment. Et il a eu raison.

Cela fait un peu plus de vingt-quatre heures que je l'ai vu et il me manque.

 

 

3 août 2016

Look into my eyes, what do you see ?

 

J'ai l'impression que je vais dire un truc vraiment bateau mais j'ai envie de le dire quand même.

J'ai toujours été impressionnée par le pouvoir du sourire, du regard dans les yeux. Tout à l'heure en passant faire une course rapide dans un supermarché (que j'évite de plus en plus, justement pour éviter son "inhumanité"). La caissière se comportait avec moi comme une automate, jusqu'au moment où elle a tourné la tête vers moi pour me rendre la monnaie, alors qu'elle évitait tout contact avec moi, en dehors de celui de la parole échangée. Plutôt que de lui retourner sa morosité, j'en au profité pour la regarder dans les yeux et lui adresser un sourire. Pas le sourire ultrabright mais un truc léger et sincère, juste histoire de dire : "je sais que tu n'es pas un robot".

Elle a saisi le message et son ton a changé, pendant les quelques secondes qu'il nous restait à partager, cet échange des plus anodins dans nos vies quotidiennes a pris une autre couleur.

Je sais, on ne peut pas sourire à tout le monde et tout le temps.

 

 

1 août 2016

J'ai été gâtée cette nuit, dans mon sommeil. J'ai

J'ai été gâtée cette nuit, dans mon sommeil. J'ai eu droit à deux baisers. Ils étaient jolis, sensuels, arrivés sur mes lèvres presques comme par inadvertance, sans que j'ai rien demandé.

Le premier est venu d'un camarade de lycée. Il était très doux et très gentil, pas très sûr de lui, et très amoureux d'une (fausse) blonde de la classe. Un des détails qui me revient quand je pense à lui, c'est cette fois, où il était passé au tableau, en cours de français. Nous devions, une semaine sur deux, apprendre un poème de notre choix et le réciter à la classe (Je n'ai jamais aimé cet exercice d'ailleurs. Apprendre par coeur ne me dérangeait pas, réciter devant la classe, se mettre à nu, je n'aimais pas).

Lui, avait récité ces vers de Verlaine :

J’ai peur d’un baiser
Comme d’une abeille.
Je souffre et je veille
Sans me reposer :
J’ai peur d’un baiser !

(...)

Et l'avait fort bien fait, sur un ton léger, avec une timidité tellement en cohérence avec ce qu'il disait, un bel éclat dans les yeux.

Le deuxième baiser (dans le même rêve) est venu d'une personne que je fréquente actuellement, une des personnes avec qui j'échange le plus peut-être. Sans doute qu'il m'attire, bien qu'étant aux antipodes de ce qui me plaît habituellement sous divers points de vue, aussi bien physiquement qu'intellectuellement. Mais il a du talent et de la sensibilité dans certains domaines qui ne sauraient me laisser de marbre. Son baiser était aussi doux et léger, un peu amusant aussi. Et j'ai pensé que je préférais celui-là au premier. En se détachant de moi, "il" m'a dit : "C'est compliqué, n'est-ce pas ?" puis il est parti.

Oui, c'est compliqué. Et je me suis réveillée avec le goût de deux baisers sucrés.

1 décembre 2013

Ricochets

 

Je t'écris quelques mots d'ailleurs à cause des ricochets.
L'hiver est retombé sur les sentiers isolés de la forêt. Les arbres rouge et or virent au marron foncé. Les feuilles ne s'envoleront plus.Le sol est trop gelé, l'air lourd et glacé. Mes soupirs s'évaporent en gros nuages blancs. Hiver et solitude.
Je te revois lançant tes pierres plates... Elles rebondissaient en trois, quatre, cinq ricochets...
Je te revois me guidant à travers la forêt, à travers le printemps, à travers l'été, à travers le rouge et le doré, à travers les sapins enneigés... Où nous nous sommes arrêtés...

 

20 septembre 2016

Nous savions que nous pouvions nous croiser ce

 

Nous savions que nous pouvions nous croiser ce soir. Je me suis quand même faite un peu jolie, pour cinq minutes de hasard. Et puis j'étais en retard.

J'arrive, je dis bonjour à l'accueil. Je suis euphorique. C'est me sentir un peu amoureuse qui fait cet effet. En arrivant dans le hall, je tourne la tête vers la droite pour regarder l'horloge au fond qui me confirme que je suis en retard. Il est en dessous, en train de se servir un café. Je file le saluer, en lui disant "je suis très en retard", j'ai un grand sourire et les yeux qui brillent. Il semble content de me voir aussi. Il s'est fait beau, il est tout frais rasé. Il me suit pour l'ascenseur que nous prenons pour un étage. Nous échangeons vite fait des histoires. Je descends, je trace, moi vers ma salle, lui vers la sienne. On ne se recroisera pas ce soir.

 

 

27 juin 2019

NSFW

Fait chaud, pas vrai ?

Je lis des trucs sur internet, des histoires de féministes. J'en suis, moi aussi. D'ailleurs je ne comprends pas qu'on puisse ne pas l'être, y compris les hommes.

Bref, je lis l'histoire d'une nana qui raconte une rencontre, un mec génial, de tous points de vue. Puis ils passent à l'acte et paf. La nana conclut par "c'est un mauvais coup". La raison : il a joui, puis il a tout arrêté et ne s'est pas occupé d'elle, qui elle, n'avait pas joui.

Avec cette définition, qui vaut ce qu'elle vaut... On va dire que 90% des mecs que j'ai connus sont (ou étaient, ou étaient avec moi) des mauvais coups. C'est une situation qui me semble ordinaire, et toute féministe que je suis elle ne m'a pas fait hurler. Je suis même surprise, dans le sens "sortie d'une certaine candeur" que la femme considère que ce n'est correct. Mais elle a raison. Combien de fois les choses se sont arrêtées pour moi, me laissant avec cet appétit toujours inassouvi ? L'envie de continuer, mais pour l'autre, c'est trop tard, ça redescend.

Quand je dis que 90% de mes mecs étaient de mauvais coups, je suis gentille, en plus. Tiens toi bien, dans ma vie, j'ai dû avoir, au maximum dix orgasmes. Et là plupart étaient, je ne sais pas trop comment qualifier... je dirais "accidentels". Genre, on est dans un contexte et ça part. Et je ne sais pas pourquoi cette fois là et pas les autres, alors que tout le reste est à peu près pareil. Bon, je me sens peut-être un peu plus en confiance dans ma tête, la température, la pression, tout ça...

Le seul mec que j'ai eu qui était un bon coup, au final, c'est celui qui s'occupait de moi, pour s'occuper de moi. Pas comme un outil qu'on chauffe, quoi, mais il voulait vraiment me donner du plaisir. Il m'observait, composait...

Alors, la comptabilité, c'est pas trop mon truc, il faut un partout, sinon ça marche pas. Mais la première fois que j'ai eu un orgasme, un vrai, je me suis demandée ce qui m'arrivait. C'est le lancement d'Ariane à Kourou, tu vois... Ton corps ne t'appartient plus. Après, je ne me vois pas exiger des trucs, ou même demander... Enfin, ça dépend à qui... Mais j'aimerais bien que ça arrive plus souvent, parce que c'est quand même drôlement agréable, cette intensité.

 

 

24 juin 2019

Cui cui

Je chante à tue-tête. J'ai chanté tout le week-end. Des chansons, en français, en anglais, en espagnol, des chansons tristes, des chansons gaies. En m'accompagnant de ma guitare, en solitaire. En m'occupant, en ne faisant rien.

"Quelle bonne humeur !" me direz-vous. Mais si je chante comme ça, c'est que je suis triste au fond de moi. J'ai le coeur énorme et pas envie de pleurer. J'ai mal à l'âme sans expliquer pourquoi.

16 juin 2019

Boulot

Un des avantages indéniable du travail (et un des rares avantages, ai-je envie de dire), c'est qu'il t'empêche de psychoter. Dans la journée, t'es occupé. Et, quand t'es prof, t'es bien occupé, aucune planque possible devant ces paires d'yeux rivées sur toi (dans un état de conscience et d'éveil tout relatif, certes, mais rivés sur toi tout de même). Et le soir, t'es trop crevé pour réfléchir... Tu rentres, tu bouffes, tu zones un peu sur internet, tu lis quelques pages, peut-être et tu te couches. Cette année, j'ai même délaissé pas mal ma guitare. J'étais crevée tout le temps, je te dis.

Et ouais, j'ai moins psychoté. Normal, j'étais pas en vie.

Là, j'ai donné mes derniers cours la semaine dernière. J'ai du temps. Enfin, l'année n'est pas finie encore. J'ai des surveillances d'exam, des exams à corriger, des sessions de jury et autres deuxièmes tours, dans les semaines à venir. Mais le soir, j'ai plus de cours à préparer. J'ai plus de copies de mes classes à revoir.

L'année des activités se termine aussi. Le concert de guitare de fin d'année a eu lieu jeudi. C'était bizarre d'ailleurs, cette année. A la fin, tout le monde s'est barré vite fait, bien fait. On n'est même pas allés prendre un verre avec la bande de copains habituelle, tout le monde est rentré chez soi vite fait, bien fait.

Et comme tous les ans, je sens cette impression de vite. "Post coïtum, animal triste" comme disait Ruffin dans un de ses bulletins l'autre jour. Je déteste les fins d'années. Et je me reprends à psychoter. Le matin, je réveil sonne, et j'ai pas envie de décoller. J'ai cette vague déprime. Je me dis : "Si seulement je pouvais rester collée au matelas. Si seulement ça pouvait finir, juste comme ça."

Malheureusement, ça continue. Les jours se suivent et j'angoisse. For no reason, comme dirait l'autre. Vivre me tue. Comme tout le monde.

30 mai 2019

Qui l'eut cru ?

Je n'aurai plus les terminales. Ils vont à présent entrer dans la phase de révisions intenses pour le BAC. En quittant la salle mercredi, l'un d'eux me dit qu'ils se sent un peu nostalgique. Il a les yeux marron-vert très clairs et est "beau gosse". C'est aussi un des meilleurs élèves de la classe. Un de mes deux préférés. Sans doute parce qu'il adore la musique et beaucoup de choses qui sortent de sa matière d'études. Il est toujours poli, courtois, travailleur et me demande régulièrement des conseils pour son CV, ses lettres de motivation et autres.

La nostalgie, je ne la ressens pas encore, mais je sais que je me suis attachée à certains d'entre eux. Ceux qui obtiendront leur BAC, je ne les reverrai probablement plus, ou très peu, alors que nous avons partagé dix heures par semaine en période scolaire, à une étape sans doute un peu décisive de leur vie (ou pas). C'est un peu étrange comme sentiment. Certain ne sont même pas venus en cours mercredi, ayant déjà soutenu dans ma matière. Dont l'autre de mes deux préférés.

C'est étrange cette séparation sans au-revoir. Je suppose qu'ils iront consulter les résultats de BAC au lycée qui les affiche et qui n'est pas celui où j'enseigne. Je les regarderai en ligne, probablement. J'enverrai un petit mot ensuite et puis... Voilà...

18 avril 2019

Y a un gamin dans ma classe de terminale, pas

Y a un gamin dans ma classe de terminale, pas très studieux, avec qui nous avons eu un "incident". Depuis, il a présenté ses excuses et est très gentil avec nous.

Un jour, je l'ai vu avec "Le portrait de Dorian Gray". J'ai commencé à discuter avec lui du roman et de Wilde. Il m'a posé des questions, m'a dit qu'il était inculte.

Depuis il y a eu ParcoursSup et j'ai eu la confirmation, par ses voeux, qu'il ne se plaisait pas du tout dans sa filière.

Samedi, je lui ai reparlé du portrait, lui demandant s'il avait fini de le lire. Il m'a dit oui et m'a dit qu'il avait commencé un bouquin de Sartre, je crois, qui lui plaisait mais en étant totalement différent. Il m'a parlé de Camus aussi.Je ne connais que "Huis clos" de Sartre et rien, jil me semble, de Camus. Mais en tout cas, c'était plaisant de le voir manifester de l'envie pour quelque chose.

Puis il m'a dit  : "Le portrait de Dorian Gray, c'est le premier roman que je lis. Je n'ai jamais rien lu avant. Toute mon éducation (littéraire) est à faire."

J'ai été choquée. Et bouleversée aussi.

J'ai eu une pensée fugace pour les romans de mon enfance. Les aventures de Pinoccio (combien de fois l'ai-je lu, celui-là!) , Aladin ou la lampe merveilleuse, Sans famille, Les aventures de Gulliver, le Prince et le pauvre, Robin des bois, le petit Nicolas et Le Petit Prince....Même si on peut relire tous ces livres une fois adulte, il me semble qu'ils n'auront pas la même saveur... Et comment s'évadent les gamins, de nos jours ? S'évadent-ils quelque part, dans leur tête ? D'une certaine manière, ça m'a fait de la peine. Mais ce fût bref et j'ai plutôt décidé de m'attarder sur la joie de tout ce qu'il lui restait à découvrir (comme à moi d'ailleurs et pour toujours). Surtout qu'il m'a demandé de lui donner des conseils de lecture !

11 avril 2019

Boulimie

Tu sais, la boulimie, c'est se gaver jusqu'à ne plus pouvoir. Enfin, je crois. J'en sais rien, en fait.

Bref, quand je coule, je prends un titre qui pourrait me réparer. Là par exemple j'écoute Paradise de Coldplay, je ne sais pas combien de fois. Il s'arrête et je relance. Ce qui fait un peu de bien, tout en étant écoeurant. Ouais, je sais pas pourquoi, ça fait un peu de bien, même si j'ai l'estomac toujours un peu noué. Et puis, je regarde pas la vidéo, mais quand je passe sur l'onglet, c'est tellement débile cet espèce d'éléphant dans le clip...

11 avril 2019

Printemps 2019

Toutes les années, au printemps, c'est la même rengaine. Et donc je vous ressers la même salade.

Je ne sais pas pourquoi, le soleil, les arbres en fleurs, l'air plus léger reviennent et j'ai envie de mourir. Pas de me buter, car ce serait un brin trop violent et peut-être inélégant pour moi. Mais j'ai envie de ne plus exister, de m'enterrer profond sous terre, de ne plus me réveiller.

Et ce "spleen" revient tous les ans avec une ponctualité effrayante. L'impression de n'être rien, de ne compter pour personne ou pas assez, que tout le monde pourrait tourner aussi bien sans moi - ce qui est vrai.

D'où vient cette douleur ?

Tout à l'heure, pendant ma séance de yoga, nous faisions une série de mouvements, allongées sur les tapis. Mes larmes se sont mises à couler sur les côtés, sans raison. Pourquoi ?

Je me demande si d'autres personnes connaissent ça.

Du coup je chante des chansons joyeuses, comme la chanson du film de Ruffin "J'veux du soleil". La mineur, Mi septième, La mineur, Ré mineur... En boucle. Mais c'est idiot, les chanter me rend encore plus triste.

10 avril 2019

Quand je regarde les photos de Bowie, à n'importe

Quand je regarde les photos de Bowie, à n'importe quelle époque, je ne peux que le trouver parfait, dans son imperfection. Je sens son aura, par objectif interposé.

Et quand j'écoute ses chansons, je ne peux que ressentir le génie. Tout est si parfait, dans les sons, dans les sens. Même dans son Never let me down, il y a des bijoux...

Et moi, incapable de produire une poussière de ce qu'il a fait, j'aurai pas composé une simple chanson de ma vie, rien de valable...

Mais, diable, je ne me sens jamais autant en vie que quand j'écoute une de ses chansons.

14 septembre 2016

S'envoler (IV)

 

Et puis quand j'étais à côté de lui, j'ai vu son bras. Il revenait de vacances, il faisait chaud, il portait une chemisette légère. Son bras était délicieusement doré. Et surtout, je me suis aperçue qu'il était vraiment recouvert de poils ce bras. Mais tout blonds, ils semblaient tout chauds, tout doux. Je me suis retenue de tendre la main et le caresser.

 

 

5 avril 2019

Paroles, paroles...

Quand j'ai commencé à bosser au lycée, j'ai eu à subir un jour un collègue à la cantine. Subir, parce que je ne l'apprécie pas trop pour des histoires que je raconterai peut-être plus tard. Appelons le G..

Donc G. nous demande, à mon autre collègue débutante et moi :

"Vous avez choisi d'enseigner par passion ou pour l'argent ?"

En moi-même j'ai fait : "????". Sachant que le salaire de prof n'est pas vraiment terrible (bon, je ne me plains pas, il y a pire etc.) et je ne vois pas ce qu'il y a de passionnant à s'agiter devant 35 gus qui ne t'écoutent pas, à corriger des copies et préparer des cours jusqu'à deux heures du matin le dimanche... (Je caricature, hein, on se calme... Mais pas beaucoup. :) )

Donc je lui ai répondu : "Ni l'un, ni l'autre. J'ai choisi d'enseigner parce que j'aime l'aventure.". Il m' a regardé comme ça : "???" (Tu visualises la tête ? ).  Ah ah.

Bref. C'est cool d'être en week-end !

Bisous les amis, aérez-vous bien les neurones.

 

5 avril 2019

Le désir

Les plus grands de mes élèves sont des jeunes hommes.

J'ai rêvé de l'un d'eux cette nuit.

C'est pas le plus beau de sa classe, mais l'un des plus intelligents. Et il a une voix rocailleuse assez particulière.

Dans la journée, j'ai pris un verre avec un bon ami. Il portait une chemise façon jean's bleu clair. Le café où on s'est retrouvés avait des chaises bleues. Quand je suis entrée et l'ai vu assis dans la salle vide (tout le monde était en terrasse mais il ne voulait pas s'embrumer dans la fumée de clope et il avait bien raison), je me suis écriée : "Que c'est bleu ici !"

Oui. Ses yeux sont bleus aussi, clairs. Ils s'accordaient parfaitement avec sa chemise. Quelques éclats gris commencent à éclairer sa chevelure chataignasse... J'ai regardé ses quelques rides. Ai constaté qu'elles donnaient beaucoup de caractère à sa tronche. Je me suis dit qu'il était beau, pendant qu'il me racontait que sa femme était en télétravail et qu'elle nous aurait dérangés avec ses conversations téléphoniques, si on avait pris le café chez eux.

On a parlé musique et bouquins... Des auteurs qu'on n'a jamais eu le temps de lire. On n'aura jamais le temps de tout lire dans cette vie, m'a-t'il dit. J'ai acquiescé. Il a cité Colette, qui était bisexuelle et avait même couché avec - au moins - un gars beaucoup plus jeune qu'elle. Je l'ai fait aussi d'ailleurs, mais ils étaient largement majeurs.

Du coup j'ai repensé à mon rêve.

Le désir des femmes semble toujours plus choquant que celui des hommes pas vrai ? Bon, dans mon rêve il ne s'est rien passé. Seulement du désir. Que je ne ressens pas dans la réalité d'ailleurs. C'est perturbant.

25 mars 2019

Dreams are my reality

L'autre soir, on sortait du ciné où on venait de voir Les Témoins de Lendsdorf. On décide de retourner au café d'en face pour finir la soirée.

Sur la carte, je vois "Cheesecake". J'adore les cheesecakes. Et puis on n'a pas pris de dessert avant le film... Le dessert n'est pas obligatoire mais... J'adore les cheesecakes. Soit. Cheesecake ce sera.

Dix minutes plus tard, on cause devant nos desserts. (Tiens ça me rappelle que j'ai commandé un café aussi, qui n'est jamais venu et que j'ai oublié de vérifier sur la note qu'ils ne l'avaient pas compté... Pour le principe, quoi.)

"Tu sais quoi ? Le cheesecake fantasmé était meilleur que le cheesecake réel. Tu sais, c'est comme pour les vitrines des pâtisseries, tu vois des gâteaux qui ont l'air super jolis et appétissants. Mais si t'as le malheur d'en acheter un, c'est juste tout plein de sucre et la saveur n'est pas à la hauteur de ce que tu attendais. Le fantasme est toujours supérieur à la réalité.

- Oui, c'est souvent le cas. Pour tout d'ailleurs.

- Exact."

Et en continuant mon décevant cheesacake, je me disais que c'était le cas pour notre relation également. Et je n'ai pas pu m'empêcher de penser, qu'au même moment, il pensait peut-être exactement la même chose que moi.

12 septembre 2016

S'envoler (III)

 

 

Alors que nous dînions ensemble l'autre soir, j'ai dit à Philippe ma frustration pendant nos vacances, celle qu'il ne se soit pas assez "découvert".

"Tu aurais voulu que je me mette torse-nu ?" me demande-t'il alors.

J'ai souri vite fait mais lui ai expliqué que je pensais que passer autant de temps ensemble nous permettrait de discuter, de nous connaître davantage.

"Quand on est trois, ce n'est pas forcément facile", me dit-il.

Two is company, three's a crowd, c'est certain.

Quoi qu'il en soit, sa phrase tourne un peu dans ma tête depuis. "Tu aurais voulu que je me mette torse-nu ?" Je me demande s'il n'y aurait pas eu là une perche (mouahaha) à saisir. Damned.

 

 

15 mars 2019

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Quand j'étais petite, on vivait avec ma famille dans un HLM, au troisième ou quatrième étage, si mes souvenirs sont bons. C'était un peu crado, pas super sexy comme intérieur et localisation géographique, mais bon, c'était fonctionnel et je n'ai pas le souvenir d'y avoir "mal" vécu (en tout cas, pas pur ces raisons). En même temps, quand on ne connait pas autre chose, difficile de comparer.

Ma mère voulait sortir de cet endroit, de cette zone, de cet environnement. Comme une fourmi, elle a économisé. Année après année. Elle ne travaillait pas. Mon père avait un salaire qui n'était pas énorme. Quand il lui donnait l'argent des courses, elle gardait les pièces de deux francs, elles avaient une forme un peu différente des autres, facile à repérer. Elle les mettait dans une petite boîte, cachée... Plus tard, il y a sans doute eu les allocs aussi, je suppose. Et un jour, il y a eu assez d'argent. Mes parents ont commencé à regarder les maisons, il y avait assez pour faire un apport et prendre un crédit. Nous avons eu chacun notre chambre, dans une zone plus jolie. J'ai pu faire mon entrée dans un meilleur lycée. Sans doute qu'à ce moment, nos vies, à ma soeur, mon frère et moi, ont pris un autre tournant.

Ce que je voulais vous raconter surtout, c'est que nous avons planté un petit cerisier dans le jardin, notre premier arbre fruitier. Au bout d'un an, deux, ou trois, je ne me rappelle plus, il a fait quelques premières cerises, une poignée, quelque chose d'insignifiant. Et bien, quand la première a été mûre nous l'avons cueillie, tous les cinq. Et nous l'avons coupée, en cinq. Un cinquième de cerise... Tiens, je te raconte et j'ai envie de sourire et j'ai les larmes au yeux en même temps. Un cinquième de cerise que nous avons goûté chacun. Sentait-on vraiment le goût ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Un mélange de douceur, de fraîcheur et d'acidité... C'est le souvenir que j'ai. Mais nous avons partagé, alors que ce n'était presque rien. C'est joyeux et ça fait du bien.

Tout ça pour dire que je ne comprends pas les ultra-riches qui se gavent, qui ont tout et plus encore et ne font que presser, écraser davantage ceux qui n'ont rien (mais qui ne sont pas rien), ou pas grand chose, au lieu de leur tendre la main.

14 février 2019

Hier matin

Hier matin, en première heure, je vois un gamin lire en douce sous sa table. Je me dis que c'est bien. Je regarde : Les fleurs du mal, de Baudelaire. Ah. Plus loin, un autre, lit la même oeuvre. Ils avaient interro de français dans la journée et bien sûr, ils n'avaient pas lu le livre en temps et en heure. Lire à l'arrache pendant un autre cours, je me demande à quel point ce n'est pas profitable. Ce n'est pas sans un sourire en coin que je leur demande de ranger leurs bouquins.

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