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Dreaming my life
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21 août 2016

En ce moment je passe mon temps à bosser pour mon

 

En ce moment je passe mon temps à bosser pour mon ami écrivain et pour mon ami musicien entre quelques tranches de travail rémunéré. Participer à leurs projets me faiit plaisir et m'enrichit. Là ils sont tous les deux en vacances et nos échanges me manquent au quotidien, même s'ils m'envoient des signes de temps à autre. Ils ont réveillé aussi ce désir de création personnelle, même si je n'ai aucun projet de l'envergure des leurs. Vivement qu'ils reviennent. Non, je n'aime pas le mois d'août et si les vacances seront passées plutôt vite cette année, la rentrée se fait attendre.

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3 février 2019

Il paraît qu'on est au milieu de l'année

Il paraît qu'on est au milieu de l'année scolaire. Encore la même chose à tirer, donc.

Je m'habitue à me lever plus tôt. Je m'habitue aux demi-groupes, je galère toujours en classe entière (35 ou 30 élèves qui ne sont pas intéressés ou n'écoutent rien pour la plupart).

J'ai l'impression d'être tout le temps fatiguée. Je regardais une photo de zombies l'autre jour. Pas étonnant que les premiers aient été inspirés des gens qui travaillaient en semaine et zonaient dans les centres commerciaux le week-end. Sauf que je zone pas dans les centres commerciaux le week-end. Mais en gros j'ai l'impression de marcher comme ça, les épaules basses, les pieds qui trainent.

Rien ne motive vraiment dans le fait d'être prof, à part une poignée d'élèves qui veulent apprendre. Les horaires, bof. C'est vrai, le nombre d'heures "face élève" est d'une vingtaine, mais souvent, le week-end je le passe à plancher sur des copies ou des cours. Le soir aussi normalement, sauf que maintenant, je suis trop claquée, je préfère encore pourrir mon week-end à mes soirées. Pendant les vacances, c'est pareil, il y a toujours des trucs à faire. Une amie, ex prof m'a conseillé de toujours garder une des deux semaines pour me reposer. Question de survie.

Le salaire n'est pas terrible. Je m'en fous, j'ai peu de besoins. Mais je plains le paquet de profs qui galèrent avec si peu, ceux qui ont des gosses, des emprunts à rembourser. C'est pas super motivant non plus.

Les collègues, je ne m'y suis pas spécialement lié, à part l'une d'elles. Je ne suis pas sociable.

Certains élèves sont particulièrement usants. Ils refusent les consignes. Raisonnent sans fin à ce que tu leur dis. J'apprécie l'esprit critique mais la rebellion à deux balles en mode "je fais ce que je veux", ça va bien deux secondes. Je ne suis pas autoritaire, je ne sais pas faire. Je n'ai pas su mettre une seule heure de colle depuis le début. Il me crame les mains, le carnet, quand je le prends pour coller. La punition que je "sais" appliquer, c'est ajouter un devoir pénible, ou relever des notes ou des exercices, ce qui oblige le cancre à se concentrer un peu. En fait, le pouvoir, ça m'emmerde, même sur des gamins de 16-17 ans. L'autorité, ça m'emmerde. J'aimerais qu'ils soient intéressés par la connaissance mais ils n'ont que les jeux vidéos dans leurs crânes. Ah si, N*tfl*x aussi. A qui tendre la main, dans une foule de 35 ? "Sauver" ceux qui veulent l'être ? Ceux qui peuvent l'être ? Ils auront tous leur bac l'année prochaine, de toutes manières.

 

11 janvier 2019

David

Cette nuit j'ai rêvé de David. C'est la première fois je crois. Le 8 janvier c'était son anniversaire de naissance et le 10, cela faisait trois ans qu'il nous avait quitté.

Dans mon rêve, il avait invité tous ses fans chez lui et il était super gentil avec tout le monde. Certains lui apportaient des cadeaux, l'ambiance était calme. C'est tout ce dont je me souviens.

31 décembre 2018

Je ne sais pas ce que sont les femmes

Je ne sais ce que sont les autres femmes, ce qu'elles ont dans les tripes... Je ne sais ce que perçoivent les hommes des femmes, comment ils nous imaginent, les unes et les autres.

Quand je lis cet article sur les lettres de Lou à Guillaume Apollinaire, je me dis qu'il existe des femmes qui me ressemblent par certains aspects, des femmes qui n'arrivent pas à s'éteindre. J'aime entendre des femmes comme Sand, Colette, Shelley... On parle trop peu des femmes, de CES femmes. Et les hommes ? Les hommes me semblent ternes, enfin, ceux que je croise au quotidien.

25 décembre 2018

Deux-mille-dix-huit

Année encore plus décroissante. Parce que acheter ci, acheter ça... Bof. Et là, tu tombes sur la période de Noël, ça fait peur, les chariots remplis de courses, tout ça. Hop, envie de retourner vite dans ma grotte.

J'ai recommencé à bosser cette année. J'imagine qu'il le fallait bien, rentrer un pied de temps à autre dans le "système". Mais en vrai, l'absurdité de la société me saisit bien plus. Quand on était gamins, était-ce déjà comme ça, sans que nous en ayions conscience ? J'ai l'impression que je dois enseigner à une poignée d'ados qui ne sait rien sur rien, ne comprend rien, abrutie par des heures passées sur des jeux vidéos sur leur temps libre. Niveau orthographe,expression, rédaction, c'est assez lamentable. Peut-être est-ce lié à mon lycée. Il parait qu'on accepte plus facilement les gamins en difficulté, l'établissement n'est pas élitiste. Je ne me rends pas compte ce que peut être le niveau dans un autre lycée. J'ai eu un aperçu les années précédentes, en donnant des cours particuliers, qu'il peut y avoir de tout, suivant ton milieu, le niveau de vie de ta famille... Ceci dit, les plus favorisés me semblent ne pas exceller non plus.

Je ne me mêle pas trop à mes autres collègues profs, étant dans une salle dédié à la techno, un peu éloignée des salles "d'enseignements plus classiques". Les quelques fois où je me suis rendue en salle des profs ou dans la salle de déjeuner (je ne vais jamais à la cantine, trop chère pour des gens qui ne gagnent pas beaucoup, bien plus chère que les cantines du privé et surtout pas terrible pour des végétariens), je ne me reconnaissais pas dans ces autres enseignants. J'ai une collègue, fraîchement diplômée avec qui je travaille en binôme, c'est celle que je cotoie le plus. Elle est très jeune, je partage un peu mes idées avec elle, sans essayer de lui laver le cerveau. Elle me regarde comme un ovni.

Deux-mille-dix-huit, une année assez insipide en somme.

Je sens ma mère vieillir, elle qui a toujours été tellement énergique. Elle a eu soixante-treize ans cette année Je pense que la voir ainsi ma renvoie à l'idée de ma propre décomposition. L'idée d'une vie future sans elle surgit de temps à autre, même si on n'en est pas encore là et c'est peut-être le plus effrayant.

Ma soeur a un amoureux depuis cet été, il est sympa, ils ont l'air de bien s'entendre. Du coup elle est adoucie, il y a moins de haine, de colère qui transparait dans ses comportements à elle. C'est positif.

Quarante-six. C'est l'âge que je vais avoir en début d'année prochaine. Je me dis, c'est jeune pour notre époque mais on peut dire que ça y est, l'âge adulte est bien entamé. Je regardais l'autre fois dans le miroir, que la rondeur du visage de la jeunesse commençait à s'estomper "pour de vrai".

Deux-mille-dix-huit, une année assez insipide en somme, une année où les choses basculent, peut-être ?

 

 

 

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30 juin 2016

Bang bang bang bang

 

Mon compte en banque a entamé une lente mais irrémédiable descente, dirait-on. Les quelques heures que je fais dans l'année scolaire ne font que ralentir sa déchéance.

J'envoie des candidatures pour des jobs, des trucs que les gens appellent "précaires", du saisonnier, de l'intérim. C'est mort pour moi de retourner dans un poste de cadrette - so far. Rien que d'y penser, j'ai une sensation de claustration. Je me vois pas signer pour perpète. J'envoie aussi des candidatures pour des temps partiels. Je sais que la "petite" a envie de continuer les cours avec moi et malgré le peu que ça m'apporte financièrement, je n'ai pas envie de la "laisser". Donc je cherche un horaire compatible et puis il me faut garder des plages de liberté. J'en ressens le besoin vital.

Je repense aux gens qui ont fait la même formation continue que moi en 2009. Certains sont devenus "coach", formateur. J'aurais sans doute pu me lancer dans un truc comme ça. Mais c'est tellement loin de moi, produire du slide, revendu à prix d'or avec la présentation interactive, agrémenté de devinettes et jeux de rôles, images percutantes. Et puis enseigner à "manager" des humains. Rien que le dire me dérange, même si c'est plus subtil que ça.

Les recruteurs doivent sentir qu'au fond de moi, je ne veux pas, le taux de retour que j'ai sur mes candidatures est de 1%. Ou alors c'est uniquement la proportion de gens courtois. :)

Heureusement, je ne dépense quasiment rien. Et je précise en passant que j'ai conscience d'être une personne toujours extrêmement privilégiée. Mon dégoût pour la société de consommation actuelle n'a fait que croître au fil des années. Ce qui tombe bien me direz vous.

1 décembre 2018

The Dead Parrot

Je me souviens d'un prof d'anglais au collège, M. Legrand, nom assez commun pour que son anonymat soit respecté. Il n'était pas bien grand, et il était tout doux, tout gentil, ne parlait pas bien fort. Il était taxé de "mauvais prof". C'était souvent un peu le bazar de mémoire, pendant ses cours. Il me fait penser à moi en fait. Sauf que je ne suis ni douce, ni gentille. Ce type était tellement bienveillant. Les élèves ne le respectaient pas car il n'était pas autoritaire, je suppose. Abrutis de camarades de classe. M. Legrand essayait de nous intéresser à la langue, que personnellement, j'adorais déjà. Je l'écoutais religieusement, assise au premier rang.

Je me souviens de ce qui se disait sur lui : "Avec lui, pendant les contrôles, tu peux garder ton livre ouvert sur la table, il ne dit rien."

Un jour, il avait apporté le texte d'un sketch des Monty Python, The dead parrot. Il nous l'a lu avec emphase, soulignant tout le génie et l'humour de ce texte. Il voulait nous communiquer son amour de l'anglais et de l'humour britannique. Je restais souvent pour discuter un peu avec lui, en fin de cours. Les autres n'ont pas compris, n'ont pas voulu voir que cet enseignant était vraiment bien, car il ne haussait jamais la voix, ne punissait jamais. J'ai adoré ce texte, on s'est marrés ensemble, on était complices. Je me demande s'il était content, d'avoir touché une poignée d'élèves, ou s'il pensait avec dépit à ceux qu'il n'atteignait pas. En tout cas, j'ai gardé une place pour lui dans mon coeur et je lui dis merci.

 

27 novembre 2018

Être prof, c'est aussi si lever à 6h30 après

 

Être prof, c'est aussi si lever à 6h30 après s'être couché à 3h, pour préparer un cours que 80% des élèves n'écouteront pas, trop occupés à dormir ou à faire les andouilles et que 100% ne notera pas. Parce qu'aujourd'hui, les élèves ne prennent plus de notes, ils ne savent plus écrire. Il savent à peine écouter.

24 novembre 2018

J'aimais tellement écrire. J'aime toujours. Mais

J'aimais tellement écrire. J'aime toujours. Mais les mots n'ont plus aucun sens. Je n'ai plus rien à dire. Dépitée de tout, je regarde la vie autour de moi. Que tout s'en aille. Rien ne mérite de rester, couché sur le clavier.

Je suis allée à une sorte de discussion-conférence avec Riad Sattouf cette semaine. J'adore ce type. Je le connais depuis La pauvre vie de Jérémie, trouvée par hasard dans la médiathèque de ma ville. J'adore son trait brut, sa manière de raconter des histoires en se plaçant en observateur mais sans jamais émettre de jugement. Il laisse ce plaisir au lecteur. C'était bien avant le succès de l'Arabe du Futur, succès amplement mérité. Je me suis fait dédicacer le volume quatre à cette occasion. Les dédicaces, c'est bizarre. Tu fais la queue pendant une heure et puis, arrivée devant l'auteur que j'aime bien, j'ai rien trouvé d'autre à lui dire que "Merci d'être venu nous voir". De toutes manières c'était l'usine, beaucoup de personnes attendaient encore. J'ai eu un merci avec des petits coeurs et sa signature. Bref, pas de lien créé par cette rencontre. C'est un peu triste, quelque part.

Pendant son intervention, il racontait que le dessin avait toujours été présent dans sa vie, depuis ses quatre ans, et qu'il l'avait accompagné toujours, pour différentes raisons. Et que même quand il ne gagnait pas bien sa vie, il n'imaginait pas faire autre chose que dessiner, dessiner encore.

J'ai, je crois, toujours écrit aussi. Mais le reste a tué ça. Enfant, j'aimais écrire. Ado, j'avais toujours mon petit carnet avec moi, ou même les marges de mes cahiers de classe. Adulte, pendant longtemps aussi. Tripoter les mots, c'est doux, c'est joli, c'est sensible; ça aide à avoir moins mal ou à ressentir plus fort la douleur.

Bosser, ça enlève toute la vie en toi. Vivre, ça enlève toute la vie en toi.

Là, j'ai repris le boulot et je suis face à des ados. En classe, la majorité semblent vides de tout. Mollassons par moments, surexcités à d'autres. Peu d'entre eux ont  cette envie d'apprendre que j'avais à leur âge pour certaines matières. Et pourtant la matière que j'enseigne est leur matière principale. Remarque c'est pareil. En première et terminale, les maths me soulaient et pourtant, j'étais en S. En revanche, ils sont super impertinents. Et nous n'étions pas comme ça.

J'ai pas vraiment envie d'écrire sur eux, sur l'enseignement, sur l'avenir de la nation, de l'humanité, tout ça. Je m'en fous un peu, même si certains trucs me mettent en colère. Après moi, le déluge. J'ai dû statistiquement écoper déjà de la moitié de ma peine. J'ai quarante cinq ans. (Tiens, ça me donne envie d'écouter The final countdown là. Ah ah).

Bisous, lecteurs, lectrices, s'il en reste. Sinon bah... clôture du monologue pour aujourd'hui.

31 octobre 2018

Je suis prof.

Vacances après les sept premières semaines. Je compte qu'il faut en faire encore à-peu-près quatre fois autant pour aller au bout de l'année. Là, pendant les vacances, ça ne semble pas si horrible, mais j'ai fini la dernière semaine avant la Toussaint sur les rotules.

Ce qui est fatigant ?

- Les élèves avant tout. Ils sont turbulents, pas toujours motivés, ni intéressés (la majorité d'entre eux) et beaucoup trop nombreux. Trente cinq élèves qui chuchotent ça fait déjà un bruit monstre. Quand ils se mettent à parler en même temps, c'est intenable. Surtout que je n'ai pas une grosse voix. En plus, j'ai un problème avec l'autorité. Mettre des heures de colle, je trouve ça tellement débile et inutile à vrai dire. Donc je donne sans doute l'image d'une prof qui "ne sait pas tenir sa classe", comme on dit.

- Les copies. J'ai deux classes techniques, ils font beaucoup de travaux pratiques. Donc j'ai toujours au moins une pile de trente copies à corriger chaque semaine. Et il vaut mieux ne pas traîner, sinon, elles s'accumulent. Je découvre le programme en même temps qu'eux, donc c'est d'autant plus de travail. Parfois les notes sont bonnes quand le sujet est facile, parfois c'est catastrophique, quand il demande de la réflexion et du calcul. Il sont nombreux à contester leur note... Et argumenter avec eux est hyper fatigant. Mais ça, c'est comme avec tous les humains. Certains parlent et me noient de paroles sans me laisser en placer une, sur un ton pleurnicheur. Mouaha. D'autres hurlent à l'injustice pour un demi-point non accordé. Bref.

- Les cours à préparer. Ouais. Je découvre le programme. Donc une heure en classe demande au moins deux de travail à la maison.

- Faire cours. C'est fatigant. T'as pas de planque comme quand t'es derrière un ordi pour un travail de bureau. T'as tous ces yeux qui te fixent en permanence. Si tu te plantes, c'est le bazar, c'est la lose...

Si j'aime ce boulot ? Franchement bof. Quand on me pose la question, j'esquive, je dis hypocritement : "Y a de bon moments". Bah ouais. Y a toujours des instants un peu marrants. Mais 95% de moments chiants. Il y a des rituels que je trouve absurdes mais dont je finis par comprendre la nécessité. Aller les chercher dans la cours en première heure. Attendre qu'ils se rangent et qu'ils se taisent pour aller dans la salle. Une fois devant la salle, les faire se ranger (encore) et se taire avant d'entrer. Une fois entrés, ils doivent rester debout tant que le silence n'est pas fait. Parfois, ça peut durer des plombes. Puis ils s'assoient et il faut faire l'appel. Je les connais presque tous maintenant. On mémorise en premier les pénibles, et les bons qui participent. Mais même les bons élèves peuvent parfois être saoulants. Parce qu'ils portent un certain lot de stress, de peur de l'échec, une pression familiale peut-être. Certains sont internes, c'est encore différent.

Bref. Je vais aller au bout de cette année sans doute, j'ai un CDD d'un an. Et après ? Je ne sais pas ce que je veux. La réforme qui arrive me semble aussi absurde.

 

 

16 septembre 2018

Jeunes (I)

 

Cette semaine, je leur ai demandé de se présenter en anglais. Une des questions à laquelle je voulais qu'ils répondent était pourquoi ils avaient choisi leur filière. Réponse de 50% d'entre eux :"Je ne sais pas" (I don't know) et les autres "Je veux devenir ingénieur" ou "je n'avais pas le choix", "je redouble et j'ai dû venir ici".

Quand on leur demande ce qu'ils aiment, les jeux vidéos sont sur presque toutes les bouches. Lire, voir des films... Trop rarement. Le sport, est cité aussi. La musique jamais (une seule élève)...

Mes élèves et moi, ne vivons pas dans le même monde.

13 septembre 2018

Prof.

Je suis partagée entre l'envie d'en parler ici ou pas.

J'ai commencé à bosser comme prof dans un lycée. Je crois que c'est le truc le plus crevant que j'ai fait de ma vie. J'ai deux classes : des premières et des terminales. Des grands, quoi. Vingt-deux heures en tout. Mais bien plus, en réalité. Des heures à préparer des cours dans des matières qui ne sont pas du tout ma spécialité à l'origine, même si ce n'est pas si éloignée. Des soirées à me coucher à deux heures du mat'. Ce que je faisais déjà avant, mais pas pour bosser. Des heures à se confronter à des classes de 30-35 élèves, soit amorphes, soit turbulents. Des mecs pour la plupart. Une fille dans une classe, deux dans l'autre. La sensation de ne pas être légitime. Alors, il faut bosser davantage. Le week-end aussi. Je me demande si je ne me sens pas encore moins à ma place que de bosser dans une boîte... Mais instruire la jeunesse, c'est beau, ça fait rêver. C'est pour ça que j'ai postulé.

Mais serai-je un jour à ma place quelque part ? Les jeunes... veulent-il être instruits ? La plupart ne savent pas pourquoi ils sont dans cette classe. Ils me l'ont dit.

Au bout de deux semaines, j'ai l'impression que je n'ai jamais été aussi crevée de ma vie. Même quand j'étais en support 24h/24, 7j/7. Là, t'a pas de planque, t'as pas de backup. Tu es le point de convergence de 35 regards. Et y a des moments où tu te sens seule. Très seule.

24 juin 2016

Il n'y a pas si longtemps, on m'a dit qu'il

Il n'y a pas si longtemps, on m'a dit qu'il fallait que j'arrête de vivre dans le passé, que je dise adieu à des relations, et en particulier à l'une d'elles, terminée depuis des lustres. C'est vrai que je semble être une radoteuse, les yeux rivés en arrière, remplis de larmes, mais ce n'est pas ce que je suis. Surtout en ce moment, j'ai laissé le passé prendre ses distances. Je ne regarde pas le futur non plus. J'existe, je vis l'instant, parfois dans sa monotone fadeur et quelquefois avec de petites étincelles. De feu d'artifice, point. Je n'en attends pas (plus) non plus.

Je ne suis pas une radoteuse, mais ce qui va suivre, j'ai l'impression de l'avoir écrit mille fois. La réalité c'est que j'écris ces mots surtout pour moi, dans cette envie, finalement, de ne pas oublier. Alors pardon, de vous assommer, avec mille fois la même histoire.

La nuit, mon amie, dont je m'enveloppe à des heures tardives finit par m'absorber entièrement en m'offrant un sommeil, comme aujourd'hui, très profond.

C'est que ça se passe.

Il revient. Quand ma conscience n'a plus de prise, quand le passé, je n'ai plus de pouvoir pour le refouler. Il revient. Francky est là, avec moi. Il me visite de temps à autre, dans un rêve. Mais il est , vraiment. Sa présence est réelle car ces rêves là semblent faits de matière. Je le sens, je le vois, je le touche. Je le goûte parfois.

 

 

Dans mon rêve de cette nuit, il y avait une sorte de guerre. Je n'ai pas plus de détails là dessus. J'étais dans un bus, voyageant avec d'autres personnes, et on nous demande de le quitter pour nous réfugier dans des immeubles qui semblent anciens, avec des pièces de plafond haut, et plutôt jolies. Nous nous retrouvons dans des dortoirs, avec quatre, cinq lits... Puis je le vois, mon amour, nous nous retrouvons. Nous discutons. Mon rêve semble très long car par moments je le perds de vue et je l'attends, je l'attends. Quand je parle avec lui, je lui  dit que je n'aurais pas dû rompre, qu'il était la meilleure personne pour moi, et que je ne sais pas pourquoi je l'ai fait. Je crois qu'il sourit, en me disant "tu ressasses encore ça". J'ai envie de l'interroger sur sa femme, savoir pourquoi il n'est pas avec elle. Mais je ne le fais pas. Il finit par m'embrasser, et ce baiser, je le ressens, même si c'est un rêve, je garde son goût, sa douceur, de sa chaleur. Je me souviens si bien de ses baisers. Personne n'embrasse comme lui. Il me laissait toujours sans souffle.

J'ai envie qu'il m'embrasse encore. J'ai envie qu'il ne parte pas. Quand nous passons la tête à l'extérieur du batiment, nous voyons des avions survoler partout. Quoi qu'il en soit, nous sortons et nous retrouvons à la terrasse d'un café. Nous ne sommes pas seuls. Une amie est avec nous, mais je lui fais comprendre qu'il faut qu'elle parte. Je veux savourer la présence de Francky car je sais qu'il va partir (je sais que je vais finir par me réveiller). Je lui dis : "Ne t'en vas pas. Peu importe que tu ne m'embrasses pas, je veux juste rester discuter avec toi, prendre un café en terrasse pour toujours. Ne t'en vas pas." Et je sens que le sommeil se dissipe un peu. Mais ce rêve, je ne veux pas le laisser partir, je veux le savourer, le plus possible, car il a touché mes cinq sens, mon coeur aussi. Et ce rêve semblait, encore une fois, si réel, si plein de vie, que quand je me réveille, j'ai le sentiment d'être une morte-vivante.

 

 

 

10 août 2018

Une nouvelle activité pointe son nez en

 

Une nouvelle activité pointe son nez en septembre. Bien, pas bien ? Qui vivra verra. J'ai comme l'impression que la fin de l'été se profile déjà. ça va me faire drôle d'avoir un vrai job, avec un vrai titre, tout ça. J'ai l'impression que ce n'est pas moi. Je n'en suis pas malheureuse, mais pas heureuse à outrance. Pourtant il paraît que c'est mieux que le Saint Graal, de dégotter un job. Bon, je te rassure, c'est qu'un CDD de dix mois.

J'ai lu beaucoup dernièrement Du Steinbeck. C'est beau, c'est pur, c'est fort. Les raisins de la colère, puis Des souris et des hommes. Là, je suis sur A l'Est d'Eden. Et toi, tu lis ? Tu lis quoi ? J'ai l'impression de ne jamais être autant en vie que quand je lis.

Bon, je t'embrasse.

 

 

20 juillet 2018

Plick plick plick...

La théorie du ruissellement selon Steinbeck:

Et les Sociétés et les Banques travaillaient inconsciemment à leur propre perte. Les vergers regorgeaient de fruits et les routes étaient pleines d’affamés. Les granges regorgeaient de produits et les enfants des pauvres devenaient rachitiques et leur peau se couvrait de pustules. Les grandes Compagnies ne savaient pas que le fil est mince qui sépare la faim de la colère. Au lieu d’augmenter les salaires, elles employaient l’argent à faire l’acquisition de grenades à gaz, de revolvers, à embaucher des surveillants et des marchands, à faire établir des listes noires, à entrainer leurs troupes improvisées. Sur les grand-routes, les gens erraient comme des fourmis à la recherche de travail, de pain. Et la colère fermentait.

Les raisins de la colère.

Un petit air de déjà-vu…

9 juillet 2018

Je réalise que les blessures n'iront qu'en

Je réalise que les blessures n'iront qu'en s'élargissant.

J'ai regardé A l'Est d'Eden hier soir. J'ai trouvé James Dean un peu cruche et le tout un peu trop "joué". Je pense qu'il y avait moyen de mieux mettre en valeur l'oeuvre de Steinbeck. J'ai largement préféré Les raisins de la colère, même si ce n'est pas vraiment comparable.

11 juin 2018

Ciné

 

Hier soir, j'ai regardé 12 angry men, que je ne connaissais pas. Je suis allée choper des classements des meilleurs films de tous les temps. Bon, les listes sont surement un peu moisies, y a presque uniquement des films des USA. J'en ai quand meme retenu quelques uns, dont celui là.

J"ai bien aimé. Cela se passe essentiellement en huis clos. Tout est dans le jeu des acteurs, les dialogues. En plus j'aime bien, le charme d'un vieux film en noir et blanc. J'ai aimé le coeur qu'il y avait dans l'histoire aussi. Bon, ça ne fait pas pleurer, ni rire, mais il y a plutot une tension dramatique, tu te demandes comment ça va évoluer.

Voilà... Ma vie est passionnante.

 

Bisous, lecteur ou lectrice.

8 juin 2018

Your life burns faster

J'ai vraiment envie d'apprendre. C'est pour cette raison que je suis là. Mais je n'ai pas forcément envie de prendre les choses dans le meme ordre que toi, ni de la meme manière, mais je veux progresser. Je ne veux pas essayer autre chose, parce que je n'ai pas réussi. Non. Je veux persévérer. Comprendre jusqu'à réussir.

Quand tu me dis aussi "laisse tomber, tu joues sans comprendre ce que tu fais", c'est stérile, une constatation qui ne rime à rien, si tu ne m'expliques pas précisément, ce que je ne comprends pas. Si le role des maitres était simplement de statuer sur les lacunes et les défauts, leur role serait vain, n'est-ce pas ? Meme si déceler les erreurs est déjà un grand pas.

En plus, je bosse, je bosse beaucoup, je bosse à m'en user les doigts. Je ne suis pas super douée alors ça ne se voit sans doute pas, ce n'est pas évident. Mais que tu ne croies pas en moi, c'est le plus grand frein à ma réussite. Sincèrement.

26 mai 2018

25 mai ?

Aujourd'hui, je me disais "tiens, c'est aujourd'hui l'anniversaire de mon ex, mon premier mec, celui pour qui j'ai tant pleuré". Puis en y pensant un peu, je me suis demandée "ou était-ce le 21 mai plutot ?". Je n'étais plus vraiment sure. Il semble que le temps a fini par faire son oeuvre ai-je pensé, il est définitivement de l'histoire ancienne désormais.

Puis, plus tard dans la journée, j'ai eu un éclair... C'était le 25 mars, en fait, son anniversaire. J'en suis sure. Mais oui, on dirait que le temps fait bien son oeuvre. :)

21 mai 2018

Modéremment riche

Chez une de mes petites élèves de 13 ans, je la faisais réviser un cours de géographie sur la richesse et pauvreté dans le monde. Elle s'interromp un moment pour réfléchir, puis annonce très sérieusement avec un visage très candide :

"Nous, dans ma famille, on est riches. Mais modéremment. On est modéremment riches."

Je ne m'attendais pas à une telle déclaration et j'éclate de rire. Je ne sais pourquoi, le ton tellement sérieux, le visage d'ange et la jeunesse, le contenu de la phrase en lui meme (ce "modéremment" !) m'a fait rire aux larmes.

Elle me regarde, toujours sérieuse est perplexe, mais elle commence à avoir un sourire qui lui monte aux lèvres.

"Mais, pourquoi tu ris ?

- Je ris, dis-je en riant toujours, parce que tu es modéremment riche !

- Mais pourquoi... ? -Son sourire est franc maintenant - Et toi, An', poursuit-elle, tu es pauvre ou riche ?"

Je ris toujours, en pensant aux 18€ de l'heure que ses parents me payent et aux quelques heures que je travaille dans la semaine, j'ai presque envie de lui répondre que je suis pauvre. Puis je pense un peu à tous ceux qui ont tellement moins que moi, et à tout ce monde qu'il y a et qui ne peut se contenir dans une réponse simple.

"Oh, moi aussi, lui répondis-je sans cesser de rire, moi aussi, je suis modéremment riche."

29 juin 2008

Une magnifique

You and me we always sweat and strain
You look for sun, I look for rain
We're different people, we're not the same
The power of the sun

I looked at treetops, you looked for caps
Above the water, where the waves snap back
I flew around the world to bring you back
Ah, the power of the heart

You looked at me and I looked at you
The sleeping heart was shining through
The wispy cobwebs that we're breathing through
The power of the heart

I looked at you and you looked at me
I thought of the past, you thought of what could be
I asked you once again to marry me
Ooohhh, the power of the heart

Everybody says love makes the world go round
I hear a bubbling, I hear a sound
Of my heart beating and I turn around
And find you standing at the door

You know me I like to dream a lot
Of this and that and what is not
And finally I figured out what was what
It was the power of the heart
The power of the heart

You and me we sweat and strain
Ah, the result is always the same
You think somehow we're in a game
The power of the heart

I think I'm dumb, I know you're smart
The beating of a purebred heart
I say this to you and it's not a lark
Marry me today

You know me I like to dream a lot
Of what there is and what there's not
But mainly I dream of you a lot
The power of your heart
The power of your heart

29 juin 2008

Train train

Après un mois à l'essai des transports en commun:
Je mets bien une heure matin et soir comme j'avais estimé. Mon trajet n'est pas désagréable (bus + train + bus dans la campagne). La gare de Versailles n'est pas super jolie mais bon...  Je me lève réellement à l'heure où mon réveil sonne et non une heure après comme avant. Mais j'ai retrouvé le plaisir de lire.
Ce mois ci:
- Le liseur de de Bernhard Schlink, que j'ai beaucoup apprécié, un roman surprenant.
- Le monde selon Monsanto  de Marie Monique Robin. Effrayant.
Du coup j'ai enprunté d'autres livres à la médiathèque. Jusqu'à présent je n'avais jamais le temps de lire. Mais je crois que je vais pouvoir continuer :)

20 juin 2008

L'Amour

Audrey

Tu as l'air fine et fragile, un peu Birkin dans ton jean et ta jolie tunique avec tes cheveux attachés négligeamment. Tu es plus que jolie et autrement que belle. Ton sourire est charmant. Mais quand tu sors les premières notes de cette chanson, j'ai le souffle coupé. Ta voix est claire et limpide, de toi à moi, à l'autre bout de la salle, elle envahi l'espace et me caresse les oreilles, les lèvres, le coeur. Je n'ai plus envie de respirer Cette chanson que tu chantes, je ne la connais pas mais elle est belle aussi, belle comme toi. Son nom est Peggy Gordon et elle me touche. Vraiment. Si j'étais un homme je serais tombé amoureux de toi. D'ailleurs je suis un peu amoureuse de toi.

Oh, Peggy Gordon you are my darling
Come sit you down upon my knee
Come tell to me the very reason
Why I am slighted so by thee


Discover The Corrs!
12 juin 2008

Radiohead 2008

Mon concert d'hier était génial. Deux longues heures de musique, et de la bonne. L'album In Rainbows en entier, et de tous les autres aussi. Ma chanson préférée, Pyramid song et des moments plein d'émotion.
Des moments de fou aussi où on s'éclate et le coeur entre en résonance.

  • 15 Step
  • Bodysnatchers
  • All I Need
  • Airbag
  • Nude
  • Pyramid Song
  • Weird Fishes/Arpeggi
  • The Gloaming
  • Dollars and Cents
  • Faust Arp
  • Videotape
  • Optimistic
  • Just
  • Reckoner
  • Everything In Its Right Place
  • Fake Plastic Trees
  • Jigsaw Falling Into Place

Rappels

  • House of Cards
  • There there
  • Bangers'n Mash
  • The National Anthem
  • Super Collider
  • You And Whose Army ?
  • Karma Police
  • Idioteque

Que des chansons sublimes.
Le seul hic en fait c'était le public.
Soyons clairs: je n'ai rien contre le fait que les gens qui m'entourent chantent (voire chantent faux) et tapent dans leur mains et crient "Je vous aime". Mais que les gens aillent à un concert pour se taper la conversation avec leur potes tout le long... J'avoue je comprends pas. A un moment, en plein Fake Plastic Trees, un jeune demande à son copain "Tu les as mis où les flyers". Tu vois la question qui pouvait absolument pas attendre, et qui avait fait naitre en lui l'angoisse de ne pas savoir où étaient ses flyers, comme ça en plein Fake Plastic Trees!
Après, j'ai peut être pas eu de chance mais je suis tombée à côté d'un groupe de cakos qui a passé le concert à balancer des vannes pourries du genre "Radiohead c'est connu comme groupe? Je suis venu par hasard, je sais pas si je vais aimer". ça parait anodin comme blague mais au bout de la cinquantième comme ça, et ben ça saoule, surtout quand elle sont vociférées à tout va et ce, sans respect, même pendant les plus belles chansons. C'est là que t'as envie de sortir un méchant CBR (coup de boule rotatif)
Ensuite, je n'ai rien contre le pogo. J'aime bien me défouler aussi, je ne suis jamais la dernière pour ce genre de trucs. Pogoter j'aime bien. Me retrouver avec des dents en moins, des yeux au beurre noir, piétinée par une horde de mammouths, j'aime carrément moins. Mettre en avant mes mains et les sentir glisser comme sur de l'huile en touchant des corps ruisselants de sueur (et c'est peu dire) ben c'est moyen. En plus ces bousculades sont inappropriés, ayant lieu même sur des chansons douces et pleines d'émotion. Pogotons mais à bon escient!
Vous me direz que je n'avais qu'à pas me mettre dans les premiers rangs de la fosse. Mais que voulez vous. Quand je suis à quelques mètres de Thom Yorke et de Colin Greenwood planqué derrière ses cheveux, je  me sens comme le maître du monde, de l'univers et de l'espace intergalactique.

J'aimerais y être encore.

 

11 juin 2008

Bercy

Je sors toujours ravie d'un concert de Radiohead. Ravie par le groupe.
En bref avant d'aller me coucher

Everything in it's right place
Fake Plastic trees
Pyramid song (hummmm)
There there
Jigsaw Falling Into Place (J'adore!)

Plein de In rainbows bien sûr mais aussi les anciens. Karma Police...

Comme toujours avec eux, je suis sortie en sueur avec les cheveux dégoulinants, sans force mais ravie. Je les aime.

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Dreaming my life
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