Je me lasse
Déjà ton souvenir s'efface.
Que veux-tu que ça me fasse ?
C'est l'oeuvre du temps qui passe.
Déjà ton souvenir s'efface.
Que veux-tu que ça me fasse ?
C'est l'oeuvre du temps qui passe.
J'ai oublié.
D'autres gens, d'autres paysages.
C'est plus facile d'oublier quelqu'un qui ne pense pas à toi. Je me disais qu'il occuperait mon esprit en permanence et en fait, non.
C'est plus facile d'oublier quelqu'un qui ne t'écrit pas, ne t'appelle pas, qui attend toujours que tu le contactes en premier. Il suffit de briser ce cercle vicieux de la dépendance.
J'ai oublié. J'ai eu des sourires, de la chaleur. Humaine, mais pas que. La jungle, c'est mon élément. La chaleur humide, je m'y sens bien.
On m'a aimée. Parfois sans attendre rien. Je n'étais pas pour tous la riche européenne. J'étais aussi la soeur, la cousine, la tante...
On m'a gavée de douceur, au sens propre et au figuré. Le café avec 5 cuillères de sucre par tasse. Pouah. :)
D'autres musiques, d'autres pas. Tout ça aide à oublier. Danser.
J'ai aimé C. Trop fort, trop vite. Je l'ai oublié, sans vraiment l'oublier. Parce qu'il le faut, parce que je n'ai pas le choix. Je ne vais pas me détruire pour lui. Pas parce qu'il ne le mérite pas mais parce que ça ne lui fera aucun bien de toutes manières.
J'aime toujours C. mais en douceur. J'espère qu'un jour il ira mieux. Tant qu'il voudra bien de moi, je ferai partie de sa vie. Comme une amie.
Non, mon désir n'est pas éteint. Je lui ai chanté une berceuse et il s'est endormi.
Quand je me sens triste, je suis An'.
An', ce n'est pas moi, c'est l'autre, celle de ma vie parallèle. Non, je ne suis pas schizophrène, je suis juste deux. Tu vois, moi je suis une autre. Je suis joyeuse parfois, parfois je ris. J'ai un travail, des collègues, des amis. An' c'est celle qui se meurt en rêvant, en fixant le plafond avec de la musique. C'est celle qui écoute Pyramid song en pensant à lui, en se disant que rien ne sera plus jamais pareil. Moi je me dis que c'est mieux ainsi, parce qu'il était ingérable, parce qu'il pouvait faire très mal. Mais An' elle ne pense pas comme ça du tout. Elle souffre, elle le regrette, alors que ça ne fait qu'un jour qu'il est parti.
Tu m'avais dit : "Ce n'est pas un rencard amoureux".
J'ai acquiescé, un peu prise au dépourvu. Et puis, je ne sais pas ce que c'est un "rencard amoureux". Je pense qu'un rencard peut-être considéré comme "amoureux" quand les deux le conçoivent comme tel.
J'avais quand même cru bon de te dire à un moment "Mais tu me plais et tu m'attires". Et tu avais répondu : "A quoi ça sert de le dire, si ce n'est pas un rencard amoureux ?". Réponse que j'avais trouvée surprenante, mais pas autant que toi tu as trouvé la mienne. "Dans les faits, ça ne change pas grand-chose, si ce n'est la perception".
Et puis tu es là, dans mon lit, allongé à côté de moi, et j'ai envie de te toucher, de caresser la moindre parcelle de ton corps, de t'atteindre. Je ne sais pas si tu dors déja. Je me dis que je n'en ai pas le droit et j'essaye d'endormir mon désir. Je lui chuchote : "ce n'est pas un rencard amoureux". Il n'est pas convaincu. Ce serait si facile, de tendre la main, de parcourir ta peau avec des millions de petits pas de mes doigts. Je sais que tu ne me rejetterais pas, parce que tu trouves ça "agréable". Mais je ne m'en sens pas le droit. Alors je reste sagement de mon côté du lit, les yeux grands ouverts dans le noir de la pièce, et le corps tout ouvert malgré ma position pudique, la peau tendue, en éveil à la moindre perception.
Tu as bougé ta jambe qui s'est collée à la mienne. J'ai senti sa chaleur, sa douceur... J'ai perçu, ressenti le contact du moindre de tes poils. Alors je m'ouvre encore, mais sans bouger d'un millimètre. Je ne sais pas si tu dors, mais moi je ne dors pas. Ce n'est simplement pas possible que tu fasses ce geste de manière inconsciente. Ta jambe est si intimement mêlée à la mienne.
Ce serait si facile de bouger et me coller à toi.
Et je ne dors pas.