Oh, toi.
Nous nous étions retrouvés depuis peu. Tu avais croisé une amie et ancienne camarade de fac dans le métro. Tu lui avais demandé de mes nouvelles et donné ton numéro pour que nous reprenions contact.
Je t'avais appelé et nous nous étions revus. Rendez-vous près de cette fontaine aux Halles, café dans cet endroit charmant et puis dîner là. Oui, je m'en souviens très bien. Toi toujours égal à toi même. Toujours impressionnant.
Ensuite tu m'as rappelée un soir de semaine. J'étais déja couchée et je t'ai répondu depuis mon lit. Oui, je m'en souviens très bien aussi. Je m'abandonnais au doux son de ta voix. Tu t'es mis à me raconter ton après-midi, de manière anodine, traîtreusement.
" Je suis allé dans un magasin, chercher un cadeau pour l'anniversaire de ma mère.
- Un magasin de quoi ?
- De bijoux. Et la vendeuse n'a pas arrêté de me draguer et de me faire du charme. Tu en penses quoi ? J'aurais dû lui répondre ?
- Je ne sais pas. "
Je feignais l'indifférence alors que tout mon corps avait déja réagi. Je m'étais raidie et mon visage s'était figé. Jalousie. Et toi à l'autre bout du fil, tu souriais. Tu savais bien que tu me maîtrisais déja.
" Qu'est-ce que tu me conseilles ? Je peux y retourner demain.
- Non. Ne fais pas ça. "
