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Dreaming my life
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1 décembre 2010

(co)locataires XVIII

Ce sera la première tentative de rupture.

Quelque temps plus tard, un soir... Je m'approche de lui, je le caresse. Il me regarde et prend encore un air triste. Il me dit :

" Non, An', nous ne pouvons pas continuer comme ça. Ce n'est pas bien."

Le bien, le mal.

Le désir, le rejet.

La douceur, la tristesse.

Il ne veut pas continuer. Oui, c'est normal, il ne m'aime pas, il me l'a dit. J'ai mal dans le coeur, dans le ventre. Mais je crois que je suis prête à être "raisonnable", à faire mon deuil de cette relation, de cet amour à sens unique. D'une voix blanche, je lui réponds: "D'accord."

Je m'asseois à côté de lui sur le bord du lit. Simplement.

Nous nous sommes regardés et il a tendu la main vers moi, il m'a caressée, je l'ai caressé aussi. Nous nous sommes embrassés puis nous avons fait l'amour. Doucement, tendrement.

Nous n'avons pas rompu ce soir là.

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11 novembre 2010

Dreaming #11

Les rêves étranges arrivent par séries, plusieurs nuits de suite.

Cette nuit j'étais dans un immeuble à la décoration plutôt jolie, me faisant penser aux bureaux d'une entreprise où il fait bon travailler. Sauf que dans le contexte il semble que je sois condamnée à mort pour je ne sais quelle raison. Donc il y a beaucoup de gens qui défilent, ils semblent tristes pour moi, mais ils discutent également entre eux, ambiance "pause café" non dénuée de légèreté. Puis un certain nombre de gens proches arrive. Ma mère par exemple. Nous n'avons pas beaucoup de temps. Avant qu'elle s'éloigne je lui lance une dernière phrase: je veux que toute ma garde robe soit transmise à ma soeur et mes CDs à mon frère (ce qui est conforme à leurs goûts respectifs). Peu de chose, mais symbolique d'un dernier geste d'amour. Et je lui dis que tout le reste est pour elle, étant donné qu'elle est mon parent direct.
Puis viennent des collègues de fac. Nous échangeons quelques mots. En fait les amis qui comptent ne sont pas là. Ils sont en retard. Mais mon heure approche et j'angoisse. Non pas de mourir, mais de ne pas pouvoir leur parler une dernière fois.
Enfin une amie arrive. Je me sens mieux. Et quand je semble sur le point de partir, celle que j'attendais le plus arrive. Elle est tout sourire. Elle m'illumine. Du coup je me sens bien et je me dis que tout va bien se passer.

Bizarre rêve n'est-ce pas ? Ceux où l'on est confrontés à notre propre mort sont plutôt rares. Mais ce que je vois dans celui là, davantage que ma mort est l'idée de perdre, de ne pas pouvoir ou plus pouvoir aimer ceux qui nous sont chers. Il est arrivé cette nuit (coïncidence ?) après que par un plantage de PC et une manip' maladroite j'ai perdu dans ma mailbox un répertoire d'e-mails nommé "Amis". L'angoisse de la perte numérique liée à l'angoisse de la perte réelle. Je suis geek mais je me soigne. Je suis en vie et mes amis ont l'air d'exister toujours aussi.

4 novembre 2010

(co)locataires XVII

Un jour j'ai l'impression d'atteindre le fond.

Ce week-end là nous avions une sortie avec des amis communs ainsi que des amis et des collègues de ces amis. Ils ne savent toujours pas pour nous deux. Je n'en ai toujours parlé à personne à part à mon ami de l'autre côté de l'océan. Nous passons la journée au parc Astérix.

Toute la journée, je chercherai sa présence, essayant d'être avec lui pendant les différentes attractions. Lui m'ignore royalement, maintient une distance entre nous... Enfin c'est ce que je ressens. Parmi mes amis, je vois la différence de comportement de ceux qui sont en couple. Je me sens mal. Je les envie. Je me sens encore plus mal quand je vois Chaton taquiner une petite brune, collègue d'une de mes amies. Il est fort possible qu'elle lui plaise. J'ai un peu envie de pleurer.

La journée sera triste, même si je fais semblant de m'amuser.

Le trajet du retour avec lui sera maussade.

En arrivant chez moi le soir, nous dînons. C'est à ce moment là que je craque. Lui, a l'air de ne pas comprendre ce qui ne va pas.

Je lui demande:

- Pourquoi es-tu distant ?

- Pourquoi est-ce que tu m'évites devant les autres ?

- Pourquoi mes amis prennent leurs copines par la main et moi je n'ai pas droit à ça ?

- Tu as honte d'être avec moi ?

Je ne me souviens pas avec exactitude de notre dialogue mais mon interrogatoire était de cet ordre là. Je me sens assez malheureuse et je laisse les mots sortir.

Il me répond sur un ton que je ne saurais qualifier. Il a l'air abattu aussi, mais sans doute moins que moi.

"Le problème, c'est que je pense qu'il faut qu'on arrête... Parce que je... ne t'aime pas."

Il appuie sur le "t'aime" comme s'il parlait de quelque chose qu'il ne comprend pas. C'est clair, c'est net, c'est franc. Et c'est douloureux.

Il ne m'aime pas.

A cet instant là, j'ai l'impression que c'est ce qui pouvait m'arriver de pire. Ne pas être aimée. Cela éveille en moi une angoisse profonde. C'est simplement quelque chose que je ne peux pas supporter. Si on regarde en arrière, au fond ça ne m'est jamais arrivé de ne pas être aimée par celui que je désirais. J'ai toujours réussi à toucher son coeur à un moment ou à un autre.

Ne pas être aimée me semble mille fois pire que d'avoir été aimée et de ne plus l'être. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Avoir été aimée à un moment, c'est simplement avoir atteint son but peut-être et même si on le lâche, la réussite n'en est pas moins consommée. Petite, on ne me disait pas "Reste telle que tu es, ne t'occupe pas du regard des autres". Oh non. On me disait "Soit la meilleure en classe, soit la plus intelligente, soit la plus sage, la plus polie, la plus raisonnable ...". Tant de superlatifs, tant de sommets à atteindre n'est-ce pas la meilleure manière de faire naître cette angoisse de ne pas être aimée ?

Je me sens toute petite, un peu misérable. Inconsciemment son aveu doit me renvoyer à plein de scènes de mon passé, où, non, je n'avais pas fait assez bien. Peut-être à ce moment, si violent, avec mon père, parce que je n'avais simplement pas compris cette règle d'algébre si bête et facile à comprendre. C'est vrai que mes petits camarades de classe en étaient à peine à additionner et soustraire des fractions. Peu importe, j'aurais dû comprendre pour qu'on m'aime et qu'on soit fier de moi. Au lieu de ça, je déclenche la violence, le non-amour. J'aurais voulu mourir.

Il ne m'aime pas. Vraiment ça m'est insupportable. Je ne suis pas d'un naturel fragile pourtant. Mais la conjoncture du moment, la famille, le travail, les amis... Je ne sais quoi encore... Je suis faible. Je me dis que je ne pourrais pas... Qu'il ne vienne plus chez moi, que nous ne partagions plus ces moments ensemble, qu'il ne me prenne plus dans ses bras... me semble encore pire que de l'entendre dire "je ne t'aime pas". Alors je vends mon âme au diable.

Je lui dis:

"Ce n'est pas grave que tu ne m'aimes pas. Reste quand même avec moi. Continuons à partager ces moments ensemble. Et si un jour tu trouves quelqu'un d'autre ou que tu en as assez, et bien, quitte moi à ce moment là."

Je semble stoïque mais je suis faible à l'intérieur. Lui affiche un visage très triste. Il refuse... au début. Je négocie, l'air de rien, sans le supplier non plus. Je place quelques arguments. Même avec mon premier amour je n'aurais pas agi comme ça, alors que je l'aimais mille fois plus. Qu'est-ce qu'il m'arrive ? Je ne sais pas. Je fais simplement le pari que s''il accepte ce marché, un jour il m'aimera.

Il est encore plus faible que moi. Il accepte.

 

6 octobre 2010

Le vide

Après ce coup de fil, je ne t'ai jamais rappelé.
Tu ne m'as pas rappelée non plus. Jamais.






L'éternité semble si courte dans "Je t'aimerai toujours" et elle semble si longue dans "Je ne te reverrai jamais"

2 octobre 2010

"Mes parents ne sont pas des monstres",

"Mes parents ne sont pas des monstres", m'avais-tu dit. Comme si l'idée de les juger avait pu me traverser l'esprit !



Then I ran across a monster who was sleeping by a tree.
And I looked and frowned and the monster was me

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30 septembre 2010

Oh, toi.

Nous nous étions retrouvés depuis peu. Tu avais croisé une amie et ancienne camarade de fac dans le métro. Tu lui avais demandé de mes nouvelles et donné ton numéro pour que nous reprenions contact.

Je t'avais appelé et nous nous étions revus. Rendez-vous près de cette fontaine aux Halles, café dans cet endroit charmant et puis dîner là. Oui, je m'en souviens très bien. Toi toujours égal à toi même. Toujours impressionnant.

Ensuite tu m'as rappelée un soir de semaine. J'étais déja couchée et je t'ai répondu depuis mon lit. Oui, je m'en souviens très bien aussi. Je m'abandonnais au doux son de ta voix. Tu t'es mis à me raconter ton après-midi, de manière anodine, traîtreusement.

" Je suis allé dans un magasin, chercher un cadeau pour l'anniversaire de ma mère.
- Un magasin de quoi ?
- De bijoux. Et la vendeuse n'a pas arrêté de me draguer et de me faire du charme. Tu en penses quoi ? J'aurais dû lui répondre ?
- Je ne sais pas. "

Je feignais l'indifférence alors que tout mon corps avait déja réagi. Je m'étais raidie et mon visage s'était figé. Jalousie. Et toi à l'autre bout du fil, tu souriais. Tu savais bien que tu me maîtrisais déja.

" Qu'est-ce que tu me conseilles ? Je peux y retourner demain.
- Non. Ne fais pas ça. "

28 septembre 2010

(co)locataires XVI




Et je vends mon âme au diable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23 septembre 2010

(co)locataires XV

Nous venions de faire l'amour et étions dans ce cocon un peu magique et paisible qui suit ces moments là.
J'étais blottie contre toi et les mots se sont envolés.

"Je t'aime" ai-je dit.

Je n'attendais rien en retour. Il fallait juste que je libère ces mots hors de moi, que je te les donne.

Tu as ri.

Je me suis redressée, perplexe. Je t'ai regardé. Je me sentais un peu vexée mais pas franchement, parce que je ne comprennais pas ce qui provoquait ce rire. C'était un rire doux et sincère, il avait une résonance enfantine. Sur le coin de tes yeux, ton rire a provoqué de petits plis. Il m'a blessée, ce rire, même s'il n'avait pas l'allure d'une moquerie. Parce que même si le moment était léger, l'amour pour moi, c'est sérieux.

Je t'ai demandé: "Pourquoi ris-tu ?"

Tu m'as répondu avec ce visage que je n'oublie pas: "Parce qu'on ne m'avait jamais dit ça avant".

Enfantin...

 

22 septembre 2010

(co)locataires XIV

Peu de temps après notre début ensemble, est arrivé son anniversaire, un jour de semaine.

Ce jour là, je pars tôt du travail et je lui prépare un dîner surprise avec un beau gâteau d’anniversaire que je fais spécialement pour l’occasion. Et je l’appelle, pour lui demander s’il veut passer. Il ne sort pratiquement jamais, en tout cas en semaine, donc je me dis que sa réponse à mon invitation dépendra uniquement de sa volonté.

Il refuse.

J’essaye de le convaincre. Mais il se trouve que précisément, ce soir là, un collègue l’a invité chez lui afin de dîner ensemble pour son anniversaire. Il a invité une autre collègue également. Le collègue qui invite s’appelle Ennemi. Je les connais tous les deux. Nous sommes tous dans la même équipe.

Je suis déçue. Parce que ma surprise tombe à l’eau. Et parce qu’il ne viendra pas. Parce qu’il va passer la soirée avec d’autres collègues et que je resterai seule chez moi. Parce que Ennemi ne m’a pas invitée à me joindre à eux. Ne voulant pas que notre relation soit dévoilée, Chaton ne me propose pas de venir avec lui.

Je lui raconte alors ce que je lui ai préparé. Et j’essaye de négocier qu’il passe après son dîner, même pour peu de temps. Mon appartement est sur son chemin du retour.

Il refuse.

Rien de plus normal me direz-vous. S’il s’est déjà engagé pour une soirée, qu’il ne vienne pas à celle que je lui avais préparée à l’improviste.

Oui, c’est normal. Mais cela ne m'empêche pas de me sentir triste. Sans doute parce que je ne me sens pas en sécurité.

Mon gâteau était beau, son nappage lisse et brillant. Il est resté sur le bar ce soir là.

19 août 2010

Silence programmé IV

C'est une partie secrète de moi, peut-être un peu honteuse, celle qui parle.

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