Question
Ouvrir les yeux et observer.
J'ai rencontré un clown.
Mais qui suis-je au juste?
Ouvrir les yeux et observer.
J'ai rencontré un clown.
Mais qui suis-je au juste?
Des souvenirs de moment blessés avec lui j'en ai beaucoup. Et je m'en souviens très bien.
En fin de compte, être "avec lui" est plus difficile que de ne pas l'être. Parce que je suis dans une confusion extrême. Quand je cherche des signes qui me prouveraient qu'il est amoureux ou qu'il tient à moi, je n'en trouve pas vraiment. Ou alors, c'est ambigü, pas franc.
Je me souviens que, par exemple, j'essayais de le joindre par téléphone quelquefois le soir et il ne répondait pas, alors que je le savais chez lui. Et en particulier un samedi, où j'espérais le retrouver, je l'ai appelé à plusieurs reprises, laissé des messages. Puis j'ai été idiote de gâcher mon week-end en attendant qu'il donne signe de vie. Lui était simplement chez lui en train de "faire l'ermite" comme il me le dira plus tard.
En tant que spectatrice de cet épisode, je trouve mon comportement simplement stupide. Je suis quelqu'un d'assez fier, bien qu'ici cela ne semble pas évident. J'ai supporté des tas de choses de sa part, que je n'aurais accepté de personne d'autre car je ne suis pas quelqu'un de très patient non plus (ce que je lui dirai plus tard, au cours d'une discussion). Et je ne sais pas m'expliquer pourquoi. J'ai envie d'être avec lui, je me sens bien quand je suis avec lui et quand il n'est pas là, il me manque. Le problème est qu'il n'exprime rien, ce qui me laisse libre cours à mille interprétations possibles et c'est ce qui est le pire. Quand il ne me répond pas, ne me rappelle pas, je peux penser des tas de choses, qu'il veut être seul, qu'il ne veut pas sortir (il n'est pas très sociable) et bien sûr, que je suis indésirable. Et ces heures passées à me ronger les sangs auraient pu être évitées par une réponse simple et courte de sa part: "je n'ai pas envie de sortir", "j'ai envie de rester seul", "je n'ai pas envie qu'on se retrouve ce week-end", voire "je n'ai pas envie qu'on se retrouve" tout court. La franchise aurait été moins douloureuse. Et puis, c'est bizarre, non? Quand on débute une relation, c'est là qu'on a tout le temps envie d'être avec l'autre, de lui parler souvent...
Mais quand je commence a être fermement convaincue que je suis indésirable, et suis en train de me faire une raison, malgré la peine que je ressens, c'est à ce moment là qu'il redonne signe de vie et qu'il revient vers moi, me rappelle ou m'écrit. S'il avait voulu suivre une stratégie pour me déstabiliser et me rendre accro, il n'aurait pas pu mieux faire.
Il y a une jolie lumière chez moi aujourd'hui qui illumine mes murs entre jaune citron et vert anis et les voiles rideaux rose-fuschia-jaune. J'ai beau être un triste personnage, j'aime les couleurs vives.
Je m'assois sur mon fauteuil blanc qui tourne. Je réfléchis.
Changement de point de vue.
Zoom in>
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An' se dit: "je dois mourir".
Cela fait des années qu'elle n'a pas fait de rencontre formidable, et elle ne va pas la faire en restant dans cette vie.
Elle trouve les gens de plus en plus égoïstes. Et vous savez à quoi on les reconnait ceux-là? Ils ne veulent absolument rien recevoir. A part peut-être une pipe sur un coin de canapé. Et là, ils sont l'impression d'avoir pris beaucoup. Les pauvres!
Ils doivent quand même exister encore, ceux qui croient à la fusion ultime, quelque part, ils sont là? Ceux qui savent que le romantisme, les sentiments, l'amour fou et la sexualité la plus violente ne sont pas incompatibles, ils existent, non?
J'ai toujours eu peur de rompre l'équilibre. Par l'habitude que cette rupture d'équilibre naisse de et engendre de la violence.
Il est important de se sentir important pour quelqu'un.
Bien sûr, je n'ai pas envie qu'on se montre de manière évidente aux yeux des x mille collègues qui nous entourent. Mais nos collègues proches sont plutôt des copains avec qui on s'entend bien, on s'amuse. Ne pas dévoiler est une chose, dissimuler en est une autre. Je n'étais pas à l'aise avec ça.
Combien de fois devrais-je mentir quand l'un de ces collègues me lancera une blague ou une remarque dans laquelle mon statut de "célibataire" est posé comme postulat de base? Ce qui est un comble d'ailleurs car je ne l'ai jamais été bien longtemps . Ou encore quand nous discutons de différents sujets pendant nos pauses, je suis dans le mensonge quand je raconte au singulier: "J'ai vu telle exposition", "j'ai vu tel film". Chaton est présent dan le groupe, il est en face de moi mais le je ne deviens jamais nous dans les conversations.
La dissimulation est pire vis-à-vis des amis. De mes amis. Je m'en veux de leur cacher à eux qui ont été les confidents de tellement de choses. Mais Chaton a l'air terrifié à l'idée que je divulgue notre "secret". Donc je continue à me taire.
Le seul à qui je me confie est mon ami des Etats-Unis, car il est loin, et il ne connais pas les autres. Qui plus est, notre relation est très intime, je n'ai pas peur de tout lui dire. Je sais qu'il ne me jugera pas et qu'il me réconfortera toujours, même s'il n'approuve pas ma manière d'agir.
Nous ne disons rien, nous ne montrons rien.
Quand nous avons des sorties communes, nous arrivons séparément, nous repartons séparément. Cela génère des effets secondaires qui sont blessants aussi. Comme quand la copine d'une copine racontera devant moi en rigolant qu'elle a fait une tentative d'approche mais n'a pas réussi à éveiller son intérêt. D'autres essaieront et ne réussiront pas mieux.
Un samedi soir, en boîte, je verrai des jeunettes s'approcher de lui. Lui s'en fiche, il se défoule, il dance. Mais je me sens fragile et dans l'insécurité totale par rapport à notre relation. Je sais qu'il n'est pas un dragueur mais je me sens mal.
Plus tard dans la nuit, fatiguée par le lieu, excédée par sa distance, j'irai le prévenir que je m'en vais. Il me répondra "Moi je reste". Il doit être entre quatre et cinq heures du matin quand je rejoins ma voiture. Je me sens bien seule.
Il était devant moi allongé sur son lit et moi assise sur le côté. C'était un peu une prière, quand il m'a dit:
"An', j'ai toujours été seul. Toute ma vie, j'ai été seul."
De réconfort, de ma part, point.
"On est toujours seuls - ai-je répondu sur un ton sans chaleur - Nous naissons seuls, nous vivons seuls et nous mourrons seuls. Et lorsque nous sommes en couple, nous ne faisons que partager nos solitudes de manière provisoire."
Oh, je sais bien que ce ne sont pas ces mots que tu aurais souhaité entendre, mais j'étais bien incapable de te réconforter. Je n'ai jamais réussi à me réconforter moi-même.
Je te demande pardon, pour ça aussi.
Pour vivre heureux, vivons cachés?
Je n'ai pas crié mon bonheur à la face du monde.
Je ne l'ai même pas soufflé, même pas murmuré.
Je ne savais pas comment nous allions nous comporter l'un vis-à-vis de l'autre dans cet "après".
Quand il est arrivé, il est venu vers moi et m'a serré la main, comme tous les jours. Ni plus froidement ni plus chaleureusement que les autres jours. Sa poignée de main n'était ni plus serrée ni plus lâche. Pas un sourire particulier, pas un clin d'oeil... Aucun signe de reconnaissance. Rien.
Cela a suffit à me faire passer d'un état d'euphorie intense à l'abattement le plus extrême. Incompréhension...
Quel est le sens pour lui des moments que nous avons passé ensemble? Quelle sera la suite si suite il y a?
Est-ce qu'il renie, est-ce qu'il regrette?
J'en passerai des moments, par la suite, à me tourmenter de questions, d'angoisses.
Nous continuerons à nous voir, et suite il y aura. Mais nous ne laisserons rien paraître. Je trouve cetta attitude puérile, de vouloir se cacher aux yeux des collègues de travail. Il y en a, des couples, dans notre environnement de travail, tout le monde le sait et ça ne dérange personne. Lui ne veut pas que cela se sache. Disons que je peux le concevoir en me faisant violence. Bien sûr qu'il faut être discrets mais dissimuler?
Ce qui me rend encore plus perplexe est que je me rends compte très vite qu'il ne souhaite pas non plus que nos amis communs le sachent. Pourquoi?
Cela me met mal à l'aise vis-à-vis d'eux. D'autant plus que je ne comprends pas la raison. La seule explication que je vois est qu'il n'assume pas notre relation, qu'il ne me trouve pas "assez bien" pour se montrer avec moi. Mon amour propre en prend un coup et j'en souffre.