(co)locataires X
Quand il me quitte dans la nuit pour rentrer chez lui (il est très tard et nous travaillons le lendemain), je me sens heureuse. Je ne me rappelle pas de tout dans les détails, le temps a fait son oeuvre, mais je me souviens que j'étais heureuse. Heureuse du moment de douceur que nous venions de partager ensemble, heureuse de ne pas lui être indifférente en fin de compte. Heureuse qu'il ait fait le geste pour venir vers moi.
Il y a aussi quelque chose de "guerrier". J'ai l'impression d'avoir atteint une victoire, un sentiment peut-être assez masculin et dont l'expression pourrait se résumer à travers la phrase "j'ai enfin réussi à l'avoir !"
Je pense à mes amis qui croyaient que je n'y arriverai pas. Et je pense à lui. J'ai l'impression d'avoir gravi un sommet, une montée pénible et laborieuse, et tout en haut, la découverte de la beauté, le repos, l'apaisement et la sensation de respirer un air frais et léger.
C'est dans cet état d'esprit que je m'endors et c'est dans cet état d'esprit que je me réveille le lendemain, avec une énergie incroyable malgré le peu d'heures de sommeil. Je pars travailler le sourire au lèvres. J'ai envie de dire (de crier) au monde entier: "nous sommes ensemble!".