Il est des mots doux et sucrés.
Il est des mots doux et sucrés.
Je ne me suis jamais considérée comme une bête de sexe mais je suis toujours à la recherche de cette fusion ultime des corps qui est au delà de tellement de choses. Fusion totale tellement rarement atteinte en réalité mais toujours poursuivie.
V je dc paC ma vi a Séyé 2me komprendr alor ke je pouré s1plemt tanT 2maxepT ? On ora raremt vu @itu2 + égocentrik.
La vraie question étant: peut-on philosopher en langage SMS?
Quand il me quitte dans la nuit pour rentrer chez lui (il est très tard et nous travaillons le lendemain), je me sens heureuse. Je ne me rappelle pas de tout dans les détails, le temps a fait son oeuvre, mais je me souviens que j'étais heureuse. Heureuse du moment de douceur que nous venions de partager ensemble, heureuse de ne pas lui être indifférente en fin de compte. Heureuse qu'il ait fait le geste pour venir vers moi.
Il y a aussi quelque chose de "guerrier". J'ai l'impression d'avoir atteint une victoire, un sentiment peut-être assez masculin et dont l'expression pourrait se résumer à travers la phrase "j'ai enfin réussi à l'avoir !"
Je pense à mes amis qui croyaient que je n'y arriverai pas. Et je pense à lui. J'ai l'impression d'avoir gravi un sommet, une montée pénible et laborieuse, et tout en haut, la découverte de la beauté, le repos, l'apaisement et la sensation de respirer un air frais et léger.
C'est dans cet état d'esprit que je m'endors et c'est dans cet état d'esprit que je me réveille le lendemain, avec une énergie incroyable malgré le peu d'heures de sommeil. Je pars travailler le sourire au lèvres. J'ai envie de dire (de crier) au monde entier: "nous sommes ensemble!".
Il y a une chose que je n'avais pas écrite mais qui m'avait laissée perplexe au point que je m'en souviens bien des années après.
Nous avions fait l'amour, par terre dans mon salon puis avions regagné mon lit. Et je le revois, comme si c'était hier, une des premières phrases qu'il m'a dite après a été: "Et Yann le Breton ?" Sa voix portait une interrogation réelle, une pointe d'inquiétude aussi, mais à peine perceptible. J'avais déja tiré un trait sur mon histoire avec Yann mais je ne l'avais pas dit de manière explicite à Chaton (je lui avais raconté pourtant que tout n'allait pas si bien), sans doute parce qu'il est plus facile de mettre des mots sur une réussite que sur un échec.
Cette question portait tant de sens ! Elle me révélait d'une certaine manière qu'il tenait à moi, peut-être qu'il avait eu peur de me perdre avec l'arrivée de Yann qui le mettait en danger (enfin, qui ébranlait mon intérêt pour lui). Elle me révélait que tout ce que j'avais pu mettre en oeuvre pour le séduire, toutes les choses que j'avais pu lui dire, tous les regards, tous les sourires, toutes les propositions directes, pudiques ou agressives, tout cela n'avait aucun poids comparé à cette alliée à laquelle je n'avais jamais pensé: la jalousie. Alliée et ennemie, puisque j'en avais souffert aussi.
C'est fou comme la jalousie rend encore plus attirant ce que nous désirons, quand nous pensons qu'un autre l'atteindra avant nous. C'est fou comme la jalousie donne un nouvel éclat à ce que nous ne désirions plus et nous fait y revenir à grands pas.
S'il n'y avais pas eu Yann, cette soirée là n'aurais sans doute jamais existé.
Nous venions de faire l'amour, j'avais des pensées plein la tête et une confusion de sentiments en moi. Mais il y avait une évidence.
"Yann n'existe plus" lui ai-je répondu.
Pour écrire le mot Fin, il faut écrire le début.
Fin 2002, je jette l'éponge. Définitivement je crois. Après tout, lui et moi ce n'est pas possible, tout le monde le pense, tout le monde le dit. Je me trouve stupide d'avoir insisté autant, je ne comprends toujours pas pourquoi j'ai agi ainsi, mais peu importe. Aimer, c'est se sentir en vie.
Et puis je rencontre Yann. Au début de notre relation, je suis dans l'euphorie totale, dans le coup de foudre. Je parle de lui à Chaton, lui raconte que je suis sous le charme, qu'il est presque parfait. Je suis vraiment heureuse de ma rencontre. Du coup, ma relation avec Chaton peut vraiment évoluer à mes yeux, vers de "l'amitié". Il m'écoute, me pose des questions. Ne commente pas forcémment beaucoup.
Mais en peu de temps, je déchante. Yann n'est pas celui que je pensais, il perd peu à peu son éclat pour finalement ne plus trouver aucun attrait à mes yeux.
Début 2003, je fête mes trente ans.
Un jour, un de mes amis m'appelle pour m'inviter chez lui, avec d'autres personnes. Mon ami des Etats-Unis est à la maison pour quelques jours. Je me rends à l'invitation avec lui. En arrivant, je réalise qu'on m'a préparé une surprise. Mes amis ont organisé une fête pour moi. Cela me fait plaisir, mais la plus grande surprise est de voir Chaton, qui sort d'un coin où il s'était caché dans les feuilles d'une plante. Mes amis l'avaient contacté, et c'est la première fois qu'on se trouve dans ce contexte: lui parmi mes amis proches. J'apprécie le geste de mes amis et j'apprécie qu'il ait accepté de faire partie de ma "surprise".
Mon ami des Etats-Unis me dira en repartant: en le regardant et en voyant ta tête, j'ai tout de suite compris de qui il s'agissait.
Je me confie à un ami ici. Je me confie à mon ami des Etats-Unis. Il est de notoriété publique que Chaton me plaît et que je veux le séduire.
Mon ami d'ici s'amuse de ma persévérance, me disant que je vais l'avoir "à l'usure". Un jour je demande à sa copine: "Tu crois que j'y arriverai un jour?"
Elle me regarde, l'air désolé: "Non, je crois que ça ne marchera pas". Je suis dépitée, autant par la réponse négative (elle ne me croit pas capable de lui plaire) que par ce manque d'encouragement dans la poursuite de mon but.
Avec mon ami des Etats-Unis, nous discutons davantage, je me livre à lui beaucoup plus. Il me dit de ne rien attendre, que je risque d'être blessée. Il me donne aussi son point de vue sur Chaton, qui est parfois inattendu et intéressant. Les hommes ne pensent pas tous de la même manière, et lui me donne un éclairage différent. Il m'aide.
Ma relation avec Chaton change. Elle dérive vers une sorte d'amitié qui n'en est pas vraiment une. Il me parle des filles qui lui plaisent au bureau. Ces filles là n'ont rien d'extraordinaire, je trouve qu'il a des goût pourris. Parce que je suis jalouse sans doute. Je lui parle aussi des collègues qui me plaisent, et bien entendu, il ne les trouve pas terribles non plus. Enfin je ne sais pas quelles sont ses intentions, mais de mon côté, je n'essaye pas de le rendre jaloux car je ne crois pas qu'il puisse l'être. Je lui raconte simplement mes états d'âme avec sincérité.
Il y a eu deux périodes qui ont été un peu difficiles dans cette phase là.
Lors d'une des ses vacances en groupe, il a rencontré une fille. C'était un peu douloureux de l'apprendre. Mais en même temps j'ai pu prendre un peu de distance vis-à-vis de lui. Et puis je trouvais qu'il gérait cette relation d'une manière lamentable, pour finalement me rendre compte qu'il n'y tenait pas tant. Il n'est resté que deux semaines avec elle. Je m'en suis amusée (avec lui) mais j'ai aussi appris qu'il n'avait jamais eu de "vrai" relation avec une fille, profonde et s'inscrivant dans la durée.
La deuxième période était un peu plus tard et a duré plus longtemps. A l'époque nous travaillions avec des sous-traitants étrangers. Des équipes entières venaient dans nos bureaux pour des périodes variables, quelques semaines, quelques mois. Beaucoup de jeunes hommes et quelques jeunes femmes. L'une d'elles était vraiment magnifique. Et c'était peu dire. Un joli visage, des jolis yeux, un joli sourire et un très joli corps. Elle était très gentille en plus. On ne pouvait pas ne pas l'aimer. Elle attirait tous les regards, ceux des hommes comme ceux des femmes. Le regard de Chaton aussi.
J'en ai beaucoup souffert. C'était plus douloureux de penser qu'il la désirait elle, que de le savoir avec sa nana de vacances. C'était une autre dimension dans la jalousie. J'étais mal car je me sentais impuissante à côté d'elle. Il y a de tas de choses dont je n'ai pas peur. Mais la Beauté, sa beauté me terrorisait. Car je ne pouvais rien faire contre elle.
C'est bizarre d'idéaliser à ce point la beauté, non? Depuis toujours. Pourtant les hommes ne regardent pas que ça, même si ça compte beaucoup. Moi même je ne regarde pas que la beauté chez les hommes...