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Dreaming my life

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3 avril 2010

Yann Le Breton VI

Un soir, peu de temps après l'épisode du dîner avec mes collègues, Yann m'a appelée. J'étais contente qu'il m'appelle. Seulement, voilà: il commence à parler de lui. N'allez surtout pas croire que je suis égocentrique et que je ne supporte pas que les autres parlent d'eux. Bien au contraire... Mais.... Yann me parle de ses difficultés à trouver du travail, de ses difficultés relationnelles avec untel, et de tas d'autres choses. Je l'écoute attentivement, lui donne mon point de vue, essaye de lui donner des conseils. Je me souviens que c'était un appel très long. Puis tout d'un coup il se ressaisit et me dit:
" J'ai beaucoup parlé de moi."
Il marque un silence, puis poursuit:
"C'est pas grave, tu me parleras de toi la prochaine fois."
Je suis perplexe et je ne sais pas quoi dire. Il me semble que parler de moi ne me manquait pas particulièrement, je ne sais même plus si j'aurais eu des choses à dire. Mais cette manière qu'a Yann de considérer notre relation me laisse sans voix.
On se dit au revoir et on raccroche.
C'était la dernière fois qu'on se parlait et on ne s'est jamais revus.

Cette histoire avec Yann doit être la moins belle que j'ai vécue. C'était bizarre aussi ce décalage entre un début presque féérique et puis une suite vraiment vaseuse. Comme quoi, la première impression qu'on a d'une personne n'est pas forcément la bonne.
Quand je repense à lui, il y a un qualificatif qui ressort parmi tous les autres: égoïste.
Yann est issu d'une "bonne famille" et il a tendance à penser que tout lui est dû. Malgré le fait que nous passons du temps ensemble, partageons des choses et couchons ensemble, j'ai l'impression qu'il me regarde de haut. Et pour la première fois de ma vie, j'ai l'impression de ne pas être "assez blanche" aux yeux de quelqu'un. A plusieurs reprises je constate qu'il a du mal à assumer mon "exotisme". C'est assez désagréable.

Au final, il ne me reste pas de bons souvenirs avec lui, et même les moments qui étaient agréables se sont vus ternis par la suite. La "rupture" n'a pas du tout été douloureuse.

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3 avril 2010

Il y a un peu plus d'un an, j'ai fait

Il y a un peu plus d'un an, j'ai fait connaissance avec une femme. Instinctivement, dans un groupe d'une vingtaine de personnes, nous sommes allées l'une vers l'autre. J'ai envie de dire qu'il n'y avait pas hasard. Nous nous sommes reconnues à ce moment là. Et nous sommes devenues amies.

Elle pense la même chose de notre rencontre.

C'est une personne d'une grande sensibilité. Parfois quand elle parle de certains sujets qui la touchent, son coeur s'enflamme, elle parle avec vivacité et il arrive que des larmes apparaissent. Dans ces moments là, je la trouve très belle. Le reste du temps elle dégage une douceur et un calme apaisants. Elle m'a fait ouvrir les yeux d'une façon différente sur beaucoup de choses, m'a transmis un peu de sa manière de voir la vie. Je l'admire surtout pour son rapport aux autres. Plein de bienveillance et avec une incroyable ouverture d'esprit. Elle n'est pas parfaite, simplement très humaine.

Hier nous discutions, partagions nos expériences, autour de choses vécues dans l'enfance. Et elle a mis des mots sur des choses que j'avais moi aussi vécues mais jamais exprimées, des souffrances restées sans voix. J'avais en face de moi quelqu'un qui comprennait cette partie de moi. J'étais bouleversée.

2 avril 2010

Je t'avais prêté Jude l'Obscur de Thomas

Je t'avais prêté Jude l'Obscur de Thomas Hardy.

Quand tu me l'as rendu, je t'ai demandé si tu avais aimé. Non? En répondant, tu as manifesté une colère qui m'a surprise:

"Ce type est un crétin! Il est incapable de dire à sa femme qu'il l'aime. Ça me tape sur les nerfs. Ce bouquin m'énerve."

Cette réponse, c'était tellement toi.

2 avril 2010

J'ai écrit un mot avec un noeud dans l'eau.

J'ai écrit un mot avec un noeud dans l'eau.

 

 

 

2 avril 2010

Vague à l'âme.

Je ne me sens pas à la hauteur.

J'ai peur de te perdre alors que je ne t'ai jamais eu. J'aimerais que tu m'aimes mais tu ne m'aimeras pas.

Je ne peux pas être plus explicite qu'explicite. Je ne peux pas être plus vraie que vraie. Je ne peux pas être plus sincère que sincère.

Je ne comprends vraiment pas pourquoi je me mets dans tous ces états. Il n'y a pas de quoi vraiment.

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1 avril 2010

Un crime vraiment parfait

J'éprouve un amour réel pour les oeuvres de Ray Bradbury. Quand j'en relis quelques lignes, elles font vibrer une corde sensible. De la légèreté, de la poésie, de la douceur et de la violence. Il a une manière d'écrire très simple quand on regarde bien, mais ses phrases disent tellement de choses, elles ont une part énorme d'implicite. C'est sans doute pour cette raison en particulier que je l'aime. Bradbury ne nous ouvre pas les yeux sur des rêves, mais il nous permet de rêver tout seuls.


J'ai appuyé sur la sonnette.
Me reconnaîtra-t-il, me suis je demandé, après tout ce temps? A l'instant précédant la première balle, dis-lui ton nom. Il faut qu'il sache qui tu es.
Silence.
J'ai sonné une nouvelle fois.
Le loquet a cliqueté.
J'ai tâté le revolver dans ma poche, le coeur battant, mais je ne l'ai pas sorti.
La porte s'est ouverte.
Ralph Underhill se tenait devant moi.
Il a cligné des yeux en me regardant.
" Ralph? ai-je dit.
- Oui?... " a-t-il dit.
Nous nous tenions l'un en face de l'autre, séparés, pendant pas plus de cinq secondes. Mais, Seigneur, plusieurs choses sont arrivées pendant ces cinq secondes.
J'ai vu Ralph Underhill.
Je l'ai vu clairement.
Et je ne l'avais pas vu depuis l'âge de douze ans.
Il me dominait alors de toute sa taille pour me bourrer de coups, me battre en hurlant.
Maintenant, c'était un petit vieux.
Je mesure un mètre quatre-ving-sept.
Mais Ralph n'avait guère grandi depuis sa douzième année.
L'homme qui se tenait devant moi ne mesurait pas plus d'un mètre soixante.
Je le dominais.

 

Ray Bradbury - Un crime vraiment parfait

1 avril 2010

Une odeur et une musique.

Une odeur et une musique.

31 mars 2010

Yann Le Breton V

Yann m'a rappelée et nous nous sommes revus.

Je me souviens d'une exposition Modigliani au Sénat que nous avons visitée ensemble.

Je me souviens d'un jour de l'an que nous avons passé tous les deux, entre mon lit, les petits fours et le champagne.

Au fil des semaines, Yann me montre des aspects de lui que je n'aime pas. Il parle beaucoup, il parle bien (mais son sujet principal, c'est lui). Il est beau, s'habille bien, il a une certaine éducation. Mais c'est un raffinement de surface. Je finis par le trouver extrêmement vulgaire dans sa manière d'être. Il dégage un certain manque d'humilité. Il n'accorde pas vraiment d'importance aux autres. Alors, doucement, je prends de la distance vis-à-vis de lui, sentimentalement parlant.

A l'époque, je travaillais dans une société de service. Pour le début de l'année, la direction organise une fête pour les employés. Je demande à Yann de m'y accompagner. Je ne m'attends pas à ce qu'il dise oui car je sens bien qu'il ne veut pas s'impliquer avec moi. A ma grande surprise, il accepte. Alors nous voilà à ce diner au milieu de mes collègues, que je connais très mal pour la plupart. Il y a un certain décalage entre Yann et tous ces ingénieurs techniques et commerciaux. Mais il n'a pas l'air mal à l'aise et finalement c'est assez amusant.

Mon directeur est un bel homme. Il est entouré en permanence de sa "cour": quelques commerciaux et commerciales et des jeunes femmes des ressources humaines. Des blondes pour la plupart, les genre à passer des heures devant leur miroir pour s'habiller et se maquiller. L'une d'elle a des yeux bleus très clairs et une (très) grosse poitrine. Yann la remarque et me dit à l'oreille:

"Elle est jolie celle là."

Je le regarde sceptique.."Ah... Tu trouves?"

Je la connais bien. C'est une jeune femme très gentille mais physiquement, je ne le trouve pas jolie. Pour moi, elle dégage quelque chose de vulgaire même et son regard a quelque chose de terne. Bien sûr, tout cela est totalement subjectif. Mais sur le coup, je suis vexée. Ce qui me dérange, ce n'est pas que Yann regarde d'autres femmes, et ce serait même plaisant qu'il en regarde de jolies, élégantes et raffinées. Mais là, c'est tout le contraire.

Je suis dépitée. Et il ne trouve rien de mieux à faire que d'en rire, ce qui me vexe plus encore.

 

29 mars 2010

Today I feel Dirty and True.M'enivrer de notes

Today I feel Dirty and True.
M'enivrer de notes jusqu'à ce que la tête me tourne.

 

We were naked on the ground 'neath the moon 'neath the stars.
We were beasts about to burst and the newborn night was ours.

29 mars 2010

Yann Le Breton IV

Le côté grave s'efface et l'euphorie reprend le dessus. Arrivés chez moi, Yann se jette sur mon lit en riant. Il n'a pas de mal à s'approprier mon espace, et moi je me sens nettement plus à l'aise. Je me souviens avoir pensé aussi qu'il était le premier avec qui je partagerai des moments d'intimité dans cet appartement fraîchement acquis.

Yann et moi faisons l'amour dans un état d'esprit un peu ludique. La vérité c'est que je n'en ai pas gardé un souvenir impérissable. J'aime bien son corps, même s'il est d'une beauté un peu lisse. Je me souviens juste d'avoir touché du bout des doigts à ce moment là un aspect un peu déplaisant de sa personnalité. Yann est un peu égoiste, il ne se donne pas. Malgré les apparences, il y a un mur entre nous. Et j'ai l'impression que je ne peux pas me donner non plus, ce qui est pour moi plus gênant encore. Je vois l'amour (ou le sexe) comme un don de soi, même pour une histoire qui ne dure pas. Alors avec Yann, je ressens un léger malaise, mais je ne me souviens plus dans quelle mesure j'avais conscience de tout ça.

Nous passons le reste de la nuit et la journée du dimanche tous les deux, partageons des moments agréables dans l'ensemble.

Vers dix-hut heures, je le ramène chez lui, et je sens que c'est la fin. Il aura pris soin, au détour d'une conversation, de me prévenir: "il ne faudrait pas que tu deviennes trop sentimentale". Samedi soir j'espèrais une histoire d'amour, dimanche soir je n'espère rien. C'est simplement comme ça.

Arrivés dans sa rue, je m'arrête, je me gare. Je me tourne vers lui pour lui dire au revoir. Je n'ai pas l'intention de lui demander quoi que ce soit mais, machinalement je prends mon téléphone portable pour me donner une contenance. Je ne sais pas pourquoi je me sens nerveuse. Yann regarde mon téléphone, puis me regarde moi. Il propose que nous nous échangions nos numéros. Bon. Puis il descend et s'en va.

En repartant, je me dis que les hommes sont vraiment bizarres.

 

 

 

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