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Dreaming my life

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10 juin 2010

(co)locataires VI

Je me confie à un ami ici. Je me confie à mon ami des Etats-Unis. Il est de notoriété publique que Chaton me plaît et que je veux le séduire.

Mon ami d'ici s'amuse de ma persévérance, me disant que je vais l'avoir "à l'usure". Un jour je demande à sa copine: "Tu crois que j'y arriverai un jour?"
Elle me regarde, l'air désolé: "Non, je crois que ça ne marchera pas". Je suis dépitée, autant par la réponse négative (elle ne me croit pas capable de lui plaire) que par ce manque d'encouragement dans la poursuite de mon but.

Avec mon ami des Etats-Unis, nous discutons davantage, je me livre à lui beaucoup plus. Il me dit de ne rien attendre, que je risque d'être blessée. Il me donne aussi son point de vue sur Chaton, qui est parfois inattendu et intéressant. Les hommes ne pensent pas tous de la même manière, et lui me donne un éclairage différent. Il m'aide.

Ma relation avec Chaton change. Elle dérive vers une sorte d'amitié qui n'en est pas vraiment une. Il me parle des filles qui lui plaisent au bureau. Ces filles là n'ont rien d'extraordinaire, je trouve qu'il a des goût pourris. Parce que je suis jalouse sans doute. Je lui parle aussi des collègues qui me plaisent, et bien entendu, il ne les trouve pas terribles non plus. Enfin je ne sais pas quelles sont ses intentions, mais de mon côté, je n'essaye pas de le rendre jaloux car je ne crois pas qu'il puisse l'être. Je lui raconte simplement mes états d'âme avec sincérité.

Il y a eu deux périodes qui ont été un peu difficiles dans cette phase là.

Lors d'une des ses vacances en groupe, il a rencontré une fille. C'était un peu douloureux de l'apprendre. Mais en même temps j'ai pu prendre un peu de distance vis-à-vis de lui. Et puis je trouvais qu'il gérait cette relation d'une manière lamentable, pour finalement me rendre compte qu'il n'y tenait pas tant. Il n'est resté que deux semaines avec elle. Je m'en suis amusée (avec lui) mais j'ai aussi appris qu'il n'avait jamais eu de "vrai" relation avec une fille, profonde et s'inscrivant dans la durée.

La deuxième période était un peu plus tard et a duré plus longtemps. A l'époque nous travaillions avec des sous-traitants étrangers. Des équipes entières venaient dans nos bureaux pour des périodes variables, quelques semaines, quelques mois. Beaucoup de jeunes hommes et quelques jeunes femmes. L'une d'elles était vraiment magnifique. Et c'était peu dire. Un joli visage, des jolis yeux, un joli sourire et un très joli corps. Elle était très gentille en plus. On ne pouvait pas ne pas l'aimer. Elle attirait tous les regards, ceux des hommes comme ceux des femmes. Le regard de Chaton aussi.
J'en ai beaucoup souffert. C'était plus douloureux de penser qu'il la désirait elle, que de le savoir avec sa nana de vacances. C'était une autre dimension dans la jalousie. J'étais mal car je me sentais impuissante à côté d'elle. Il y a de tas de choses dont je n'ai pas peur. Mais la Beauté, sa beauté me terrorisait. Car je ne pouvais rien faire contre elle.

C'est bizarre d'idéaliser à ce point la beauté, non? Depuis toujours. Pourtant les hommes ne regardent pas que ça, même si ça compte beaucoup. Moi même je ne regarde pas que la beauté chez les hommes...


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10 juin 2010

SURPRISE

9 juin 2010

(co)locataires V

Ses refus sont vexants. Il y a des jours où ils me font très mal même. Ils sont en contradiction avec le fait qu'on est quand même assez complices au bureau. Peut-être est-ce ce qui me trouble.

Je suis d'un naturel assez fier. Et pourtant, je recommence.

On fini par se voir quand même un peu en dehors, avec nos amis communs, seuls parfois, mais très rarement  Quand on organise des sorties entre collègues aussi..
J'ai l'impression que je passe ma vie à l'attendre. Le matin j'attends qu'il arrive au bureau. Ensuite j'attends qu'il m'envoie des signes. Quand je lui propose des sorties, j'attends qu'il me réponde. Il ne se presse jamais pour ça. Quand il a accepté, je l'attends encore. Je me souviens d'une attente interminable devant la Fontaine St-Michel. Je me décomposais en regardant l'heure tourner, finissant par croire qu'il me posait un lapin. Mais non, il était juste très très très en retard. Un soir on avait rendez-vous chez moi, et  l'attente a été si longue que j'ai fini par ne plus la supporter et je suis partie. Le soir, les week-ends, j'attends ses coups de fils, ses messages qui sont pourtant rares. Je suis un peu pathétique et j'en ai conscience.

Pourquoi j'agis de cette manière? Je n'en ai aucune idée. Peut-être que la proximité physique aide a entretenir une forme de dépendance. Et il y a quelque chose de complètement irraisonné dans mon comportement. Il m'attire. Il est beau, mais pas exceptionnel, mais il a quelque chose dans son regard, dans son sourire... un air malicieux. Et il ne se livre pas sur tout ce qui est intime, bien que je sois la personne à qui il se confie le plus. Il reste un mystère et je voudrais faire tomber les barrières.

Pourtant, au fil des mois,  je me fatigue... Je continue à le draguer mais ça devient comme un jeu, une habitude. Un jeu quand même douloureux parfois quand se ranime une bribe d'espoir. Nous nous confions l'un à l'autre, quand nos collègues nous exaspèrent, quand nous avons telle ou telle tâche à faire. Nous nous donnons des conseils pour progresser dans nos activités, autour de nos relations avec nos chefs, nos collègues. Nous nous soutenons mutuellement dans notre environnement de travail.

8 juin 2010

(co)locataires IV

Chaton et moi travaillons dans la même équipe mais pas vraiment ensemble.

Quand j'arrive, les gens sont dans des bureaux à deux ou trois. Ensuite nous déménageons dans un pré-fabriqué pour quelques mois, avant de déménager sur un autre lieu avec des plateformes de bureaux en open-space. L'équipe est jeune, l'ambiance est sympathique. Nous travaillons mais nous amusons aussi. Dans l'open-space, Chaton et moi sommes dos à dos, séparés par une rangée de grosses armoires. Nous pouvons communiquer par boulettes en papiers, avions... Nous prenons nos pauses-café avec le reste de l'équipe. Parfois en groupe plus restreint. Mais notre moyen de communication privilégié reste l'e-mail en interne quand l'activité n'est pas trop intense. Nous nous envoyons de petits mots autour de nos loisirs, de nos goûts musicaux, cinématographiques. Nous nous découvrons des goûts communs.

Nous découvrons une coïncidence amusante. Un de mes meilleurs amis et un de ses meilleurs amis sont collègues dans une autre boîte, et sont devenus amis aussi. Cela nous permettra plus tard d'organiser des sorties badminton à quatre, le week-end.
De temps en temps, dans mes e-mails je lui balance des petites piques, des taquineries gentilles. Je lui suggère qu'il me plaît. Parfois il joue avec moi, parfois pas, mais pas de la même manière. Ce qui est amusant c'est que nous n'avons que quelques pas à faire pour nous voir, il suffit de passer distraitement dans le couloir pour voir la réaction de l'autre à un message fraîchement expédié.

Petit à petit, j'avance. Je tente ma chance plusieurs fois. En lui proposant des sorties après le boulot. Des restaurants, des cinémas... Des concerts (je cherche à m'adapter à ses goûts musicaux, là où ils rejoignent les miens), des balades. Il refuse. Une fois, deux fois, trois fois... Un nombre incalculable de fois...

7 juin 2010

Dans Chroniques Martiennes, un homme rencontre un

Dans Chroniques Martiennes, un homme rencontre un martien. Les deux se voient, se parlent, mais quand l'un tend la main vers l'autre, il le traverse comme s'il n'était pas fait de matière. Ils se perçoivent mutuellement comme des fantômes.

Lui et moi sommes un peu comme eux. Nous partageons le même temps et le même espace mais nous nous traversons sans jamais nous toucher. A travers nos corps nous continuons à voir la lumière des étoiles.

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6 juin 2010

Je me sens consumée de désirs insatiables. Mon

Je me sens consumée de désirs insatiables. 
Mon désir semble sans fin, rien ne peut le combler ou le satisfaire, je me sens vide, vide, vide.

5 juin 2010

Ombres

Alors j'étais tout devant la scène, un peu sur la droite par rapport à Hawksley.

3 juin 2010

Premier jour

        L'éternité, monsieur, commença pour moi un soir de juillet dans l'autobus 96 qui fait la navette entre Montparnasse et la porte des Lilas. C'était il y a quatre ans. Au carrefour de l'Odéon, une jeune fille, vêtue d'une jupe noire à volants, les chevilles gainées de longues socquettes blanches, vînt s'asseoir en face de moi. Instantanément mes regards se fixèrent sur elle. Je fus littéralement ébloui par ce visage que je contemplais en retenant mon souffle. Je ne sais ce que j'admirais le plus en lui: ses joues qui semblaient une pâte pétrie dans le lait ou ses cils qui caressaient des yeux verts tout en faisant barrage aux œillades indiscrètes. Je ne la voyais pas, j'étais aveuglé, hypnotisé et n'avais qu'un désir: l'aborder; qu'une terreur: la laisser partir. Mon admiration devait manquer de mesure car l'inconnue tourna bientôt la tête avec un soupir excédé et j'eus peur un instant qu'elle ne changeât de place. Mais cette réticence à laquelle je trouvais du raffinement ne la rendit que plus chère.

  Ne riez pas de l'autobus; il n'est pas de lieu d'élection pour un coup de foudre. Même une boîte roulante peut devenir l'antichambre du paradis si l'on croit au hasard. Ma préférence ira toujours à l'être de rencontre sur celui que me présentent des amis: car le sort qui arrangea notre conjonction continuera mystérieusement, je l'imagine, à la féconder. Et l'imprévu demeure la seule puissance capable de rendre de la chaleur à la vie.

 

Pascal Bruckner, Lunes de fiel

2 juin 2010

-Al13

La veille de notre retour en France, le violoniste appelle mon amie pour aller dîner quelque part et écouter de la musique, alors que nous dégustions une glace toutes les deux. J'espionne d'une oreille distraite et j'entends ma copine dire que nous allons passer à la maison d'abord afin de prendre une douche. Il lui demande si je ne veux pas prendre plutôt une douche chez lui (rappel de l'épisode du bain de boue ah ah ah => rire jaune).

Nouns rentrons donc le temps de nous faire belles... enfin, de mon côté, autant que faire se peut avec ce qu'il me reste d'affaires propres dans ma valise, c'est à dire pas grand chose. Bref, on fait ce qu'on peut avec les moyens qu'on a. Vers 22h, nous sortons avec mon amie et passons le chercher chez lui. Il monte à l'arrière et nous fait des compliments. Aussitôt il se met derrière moi et commence à me masser le cou et sous les cheveux. Decidémment, ce jeune homme ne sait pas garder ses mains dans ses poches. Vais-je m'en plaindre? Loin de moi cette idée.

Nous nous arrêtons à une station essence. Lui pour aller au distributeur et mon amie pour aller s'acheter des unités de téléphone. Je reste dans la voiture. La musique qui tourne est un CD de Astrid Gilberto. Il revient en premier et recommence à me caresser le cou, les bras. Ses mains sont douces et chaudes. Il me dit que j'ai l'air toute douce, puis que je suis très belle. C'est amusant. Je sais qu'il me flatte et que c'est un dragueur mais il le fait de manière tellement gentille. Et puis ça me fait plaisir et je n'ai plus que quelques heures à passer dans ce pays. Je lâche prise doucement. C'est simplement tout doux comme un flirt de vacances d'adolescents, même si nous avons passé l'âge.

Il me demande à quoi je pense. Et je réponds simplement "A rien". Et c'est la vérité, mon esprit se laisse simplement porter par la douceur de la musique et la sensualité du moment. Je l'entends qui dit doucement "Un baiser..." Je le regarde intriguée parce que je ne sais pas si c'est une requête, une question... L'intonation est tout simplement bizarre. Il répète: "Un baiser volé..." Puis il dépose un baiser sur ma joue. C'est un joli moment. Gentil et naïf.

Mon amie revient. Il lui dit "An' a l'air toute douce."  Elle rit en lui répondant: "Méfie toi!" Je ris aussi (c'est qu'elle commence à me connaître!) et nous repartons.

La soirée n'a pas été géniale en fin de compte. Nous tournons pour trouver un lieu où dîner, mais là où nous sommes, beaucoup d'endroits ne servent plus après 22h. Nous atterrissons sur une place pour prendre un verre et discutons. Mais la discussion ne me captive pas. Je préfère planer un peu en buvant une bière. Mon amie et moi avons fait beaucoup de choses dans la journée et sommes épuisées. Le moment est agréable, quand même, mais nous nous quittons de bonne heure (minuit, une heure?) Quand nous nous séparons, il m'embrasse sur la joue. Il nous dit qu'il va bientôt venir à Paris pour travailler sur un projet. On verra... si ça arrive ou pas.

31 mai 2010

-Al12

Le lendemain alors que nous allons faire une course (il doit être près de 20h), le téléphone de mon amie sonne. C'est le violoniste qui appelle. Je tends l'oreille alors pour savoir ce qui se dit. Je comprends qu'il propose une sortie. Mon amie répond que nous avons fait beaucoup de choses dans la journée et que nous sommes fatiguées. "Zut!" me dis-je. Je n'entends pas la fin de la conversation car elle descend faire sa course. Quand elle revient cinq minutes plus tard, elle a déja raccroché, et ne me raconte rien. Ce n'est que dix minutes après qu'elle me dit "An', nous allons passer chez le violoniste: il m'a demandé si je pouvais l'amener chez un ami à lui car il doit aller chercher une voiture qu'on lui prête". Je dis OK et nous y allons.

Arrivées devant chez lui mon amie se range sur la bordure de la route. Mais voilà, il a beaucoup plu les jours passés et au moment de faire marche arrière pour se ranger, la voiture se retrouve enlisée. Mon amie s'enerve un peu, alors je lui dis de rester calme et descends pour voir comment est le sol. En effet c'est bien mouillé alors je lui indique comment tourner, en restant à côté de la voiture. Sauf que... la terre est bien humide... C'est même de la boue assez liquide au sol. Alors quand elle appuie sur l'accélérateur, la roue m'envoie des projections de boue à peu près de la tête aux pieds. Le premier cri de surprise passé, nous nous regardons toutes les deux et partons d'un fou rire. Elle de me voir couverte de boue (j'en ai même dans les cheveux, c'est dégoutant) et moi de me voir ainsi aussi mais surtout de voir son expression horrifiée.

Le violoniste nous a entendues et il sort. Il désembourbe la voiture en moins de deux et me dit "Je ne peux pas te laisser repartir comme ça, tu vas prendre une petite douche". Je ne me rends pas compte de l'étendue des dégats (il fait nuit en plus), mais je me dis que ce ne sera pas du luxe alors je le suis dans la résidence. Mon amie reste dans la voiture. Il va chercher une clef et ouvre une pièce en rez-de-chaussée, c'est une salle de douche. Il me dit "c'est là" et rentre avec moi. Ça fait un peu bizarre cette situation. Il accroche une serviette sur la tringle du rideau de douche et me dit: "Le plus simple c'est que tu rentres là dedans." Alors j'enlève mes chaussures, mais il est toujours là. Il soulève un peu mon haut en me disant: "Il faut enlever ça". Hum... On dirait qu'il a envie de m'aider à me déshabiller. Mais c'est bizarre, parce qu'il le dit très gentillement, le plus naturellement du monde. Alors je lui souris et lui réponds "Je vais me débrouiller" et hop, je monte dans la douche. Et tire le rideau. Il me dit que dans ce cas, je peux lui passer mon t-shirt et ma jupe pour les nettoyer un peu. Je les lui passe par dessus le rideau de douche et me lave... J'étais bien couverte de boue tout de même. Ensuite il me redonne mes vêtements... Il n'y parait presque plus. Quand je sors, je le trouve derrière le rideau en train de nettoyer mes chaussures. Je suis gênée de tant de gentillesse envers moi, d'autant plus que j'ai bien dégueulassé la salle de bain. Il y a de la terre dans la douche, par terre. Je veux aider à nettoyer mais il ne me laisse rien faire. Je suis touchée. Ensuite, il me dit "Viens, je vais te montrer où j'habite". Nous traversons le préau et il ouvre sa porte: une chambre avec un lit, un bureau, une TV et des instruments de musique. On dirait un studio d'étudiant.

Je l'aime bien. Il referme tout, et nous repartons vers la voiture. Nous rions de la situation et il me prend par la taille en disant mon prénom. Un comportement très sud-américain. Nous marchons comme ça pendant quelques secondes. Je crois qu'il m'aime bien aussi.

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