Canalblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Dreaming my life

Publicité
14 février 2019

Hier matin

Hier matin, en première heure, je vois un gamin lire en douce sous sa table. Je me dis que c'est bien. Je regarde : Les fleurs du mal, de Baudelaire. Ah. Plus loin, un autre, lit la même oeuvre. Ils avaient interro de français dans la journée et bien sûr, ils n'avaient pas lu le livre en temps et en heure. Lire à l'arrache pendant un autre cours, je me demande à quel point ce n'est pas profitable. Ce n'est pas sans un sourire en coin que je leur demande de ranger leurs bouquins.

Publicité
9 février 2019

Facepalm.

Je colle un contrôle aux gosses de première. Consigne : calculette interdite. Ils sont stupéfaits. Hurlent à la torture. Disent que c'est impossible. Y a une p*tain de multiplication ou deux à faire pour tracer une droite. Avec des nombres à trois chiffres certes. Mais une multiplication quoi. Ils me demandent si moi même je saurais la faire. Ben oui, je sais compter. Ils ne savent même pas la différence entre "faire de tête" et "poser un opération". Je me tape la tête contre les murs mais ne cède pas.

Plus tard, je croise les terminales de la même section. Je leur demande :"Rassurez-moi. Vous savez faire une multiplication ?". Ils me regardent. "Sans calculatrice ? Pas sûr, on ne se souvient plus."

 

C'est moi ou le monde va mal et ça ne risque pas de s'améliorer ?

3 février 2019

Il paraît qu'on est au milieu de l'année

Il paraît qu'on est au milieu de l'année scolaire. Encore la même chose à tirer, donc.

Je m'habitue à me lever plus tôt. Je m'habitue aux demi-groupes, je galère toujours en classe entière (35 ou 30 élèves qui ne sont pas intéressés ou n'écoutent rien pour la plupart).

J'ai l'impression d'être tout le temps fatiguée. Je regardais une photo de zombies l'autre jour. Pas étonnant que les premiers aient été inspirés des gens qui travaillaient en semaine et zonaient dans les centres commerciaux le week-end. Sauf que je zone pas dans les centres commerciaux le week-end. Mais en gros j'ai l'impression de marcher comme ça, les épaules basses, les pieds qui trainent.

Rien ne motive vraiment dans le fait d'être prof, à part une poignée d'élèves qui veulent apprendre. Les horaires, bof. C'est vrai, le nombre d'heures "face élève" est d'une vingtaine, mais souvent, le week-end je le passe à plancher sur des copies ou des cours. Le soir aussi normalement, sauf que maintenant, je suis trop claquée, je préfère encore pourrir mon week-end à mes soirées. Pendant les vacances, c'est pareil, il y a toujours des trucs à faire. Une amie, ex prof m'a conseillé de toujours garder une des deux semaines pour me reposer. Question de survie.

Le salaire n'est pas terrible. Je m'en fous, j'ai peu de besoins. Mais je plains le paquet de profs qui galèrent avec si peu, ceux qui ont des gosses, des emprunts à rembourser. C'est pas super motivant non plus.

Les collègues, je ne m'y suis pas spécialement lié, à part l'une d'elles. Je ne suis pas sociable.

Certains élèves sont particulièrement usants. Ils refusent les consignes. Raisonnent sans fin à ce que tu leur dis. J'apprécie l'esprit critique mais la rebellion à deux balles en mode "je fais ce que je veux", ça va bien deux secondes. Je ne suis pas autoritaire, je ne sais pas faire. Je n'ai pas su mettre une seule heure de colle depuis le début. Il me crame les mains, le carnet, quand je le prends pour coller. La punition que je "sais" appliquer, c'est ajouter un devoir pénible, ou relever des notes ou des exercices, ce qui oblige le cancre à se concentrer un peu. En fait, le pouvoir, ça m'emmerde, même sur des gamins de 16-17 ans. L'autorité, ça m'emmerde. J'aimerais qu'ils soient intéressés par la connaissance mais ils n'ont que les jeux vidéos dans leurs crânes. Ah si, N*tfl*x aussi. A qui tendre la main, dans une foule de 35 ? "Sauver" ceux qui veulent l'être ? Ceux qui peuvent l'être ? Ils auront tous leur bac l'année prochaine, de toutes manières.

 

11 janvier 2019

David

Cette nuit j'ai rêvé de David. C'est la première fois je crois. Le 8 janvier c'était son anniversaire de naissance et le 10, cela faisait trois ans qu'il nous avait quitté.

Dans mon rêve, il avait invité tous ses fans chez lui et il était super gentil avec tout le monde. Certains lui apportaient des cadeaux, l'ambiance était calme. C'est tout ce dont je me souviens.

3 janvier 2019

School.

Je trouve les gamins hyper décevants en fait. Dès qu'ils peuvent, ils trichent. Dans les TPs que je viens de corriger (j'en avais quatre-cinq piles pour mes vacances), ils sont 80% à me donner les mêmes réponses sur les cinq dernières questions. Réponses qui viennent d'une version corrigée que j'ai (donnée par l'académie aux enseignants). C'est idiot de leur part car ces réponses sont mal formulées, parfois fausses et ils ont recopié mot pour mot, sans même comprendre ce que ça signifiait (des mots et des tournures qu'ils n'emploieraient jamais d'eux-mêmes). Les valeurs numériques sont aussi exactement les mêmes alors que c'est un TP et chacun devrait trouver un truc différent suivant les approximations ou les hypothèses qu'il fait !

Ça devrait pas, mais ça me fout en rogne. Je me demande pourquoi je perds mon temps... Apprendre ne signifie rien pour eux ? Expérimenter.. ? Qu'est-ce qui les motive ? Une note ? Se débarrasser du truc ? En foutre le moins possible ? Je suis hyper déçue !!! (Et vénère !!!)

Publicité
31 décembre 2018

Je ne sais pas ce que sont les femmes

Je ne sais ce que sont les autres femmes, ce qu'elles ont dans les tripes... Je ne sais ce que perçoivent les hommes des femmes, comment ils nous imaginent, les unes et les autres.

Quand je lis cet article sur les lettres de Lou à Guillaume Apollinaire, je me dis qu'il existe des femmes qui me ressemblent par certains aspects, des femmes qui n'arrivent pas à s'éteindre. J'aime entendre des femmes comme Sand, Colette, Shelley... On parle trop peu des femmes, de CES femmes. Et les hommes ? Les hommes me semblent ternes, enfin, ceux que je croise au quotidien.

25 décembre 2018

Deux-mille-dix-huit

Année encore plus décroissante. Parce que acheter ci, acheter ça... Bof. Et là, tu tombes sur la période de Noël, ça fait peur, les chariots remplis de courses, tout ça. Hop, envie de retourner vite dans ma grotte.

J'ai recommencé à bosser cette année. J'imagine qu'il le fallait bien, rentrer un pied de temps à autre dans le "système". Mais en vrai, l'absurdité de la société me saisit bien plus. Quand on était gamins, était-ce déjà comme ça, sans que nous en ayions conscience ? J'ai l'impression que je dois enseigner à une poignée d'ados qui ne sait rien sur rien, ne comprend rien, abrutie par des heures passées sur des jeux vidéos sur leur temps libre. Niveau orthographe,expression, rédaction, c'est assez lamentable. Peut-être est-ce lié à mon lycée. Il parait qu'on accepte plus facilement les gamins en difficulté, l'établissement n'est pas élitiste. Je ne me rends pas compte ce que peut être le niveau dans un autre lycée. J'ai eu un aperçu les années précédentes, en donnant des cours particuliers, qu'il peut y avoir de tout, suivant ton milieu, le niveau de vie de ta famille... Ceci dit, les plus favorisés me semblent ne pas exceller non plus.

Je ne me mêle pas trop à mes autres collègues profs, étant dans une salle dédié à la techno, un peu éloignée des salles "d'enseignements plus classiques". Les quelques fois où je me suis rendue en salle des profs ou dans la salle de déjeuner (je ne vais jamais à la cantine, trop chère pour des gens qui ne gagnent pas beaucoup, bien plus chère que les cantines du privé et surtout pas terrible pour des végétariens), je ne me reconnaissais pas dans ces autres enseignants. J'ai une collègue, fraîchement diplômée avec qui je travaille en binôme, c'est celle que je cotoie le plus. Elle est très jeune, je partage un peu mes idées avec elle, sans essayer de lui laver le cerveau. Elle me regarde comme un ovni.

Deux-mille-dix-huit, une année assez insipide en somme.

Je sens ma mère vieillir, elle qui a toujours été tellement énergique. Elle a eu soixante-treize ans cette année Je pense que la voir ainsi ma renvoie à l'idée de ma propre décomposition. L'idée d'une vie future sans elle surgit de temps à autre, même si on n'en est pas encore là et c'est peut-être le plus effrayant.

Ma soeur a un amoureux depuis cet été, il est sympa, ils ont l'air de bien s'entendre. Du coup elle est adoucie, il y a moins de haine, de colère qui transparait dans ses comportements à elle. C'est positif.

Quarante-six. C'est l'âge que je vais avoir en début d'année prochaine. Je me dis, c'est jeune pour notre époque mais on peut dire que ça y est, l'âge adulte est bien entamé. Je regardais l'autre fois dans le miroir, que la rondeur du visage de la jeunesse commençait à s'estomper "pour de vrai".

Deux-mille-dix-huit, une année assez insipide en somme, une année où les choses basculent, peut-être ?

 

 

 

23 décembre 2018

Pas à pas

La fin de vie se mène en solitaire

Comme le début

1 décembre 2018

The Dead Parrot

Je me souviens d'un prof d'anglais au collège, M. Legrand, nom assez commun pour que son anonymat soit respecté. Il n'était pas bien grand, et il était tout doux, tout gentil, ne parlait pas bien fort. Il était taxé de "mauvais prof". C'était souvent un peu le bazar de mémoire, pendant ses cours. Il me fait penser à moi en fait. Sauf que je ne suis ni douce, ni gentille. Ce type était tellement bienveillant. Les élèves ne le respectaient pas car il n'était pas autoritaire, je suppose. Abrutis de camarades de classe. M. Legrand essayait de nous intéresser à la langue, que personnellement, j'adorais déjà. Je l'écoutais religieusement, assise au premier rang.

Je me souviens de ce qui se disait sur lui : "Avec lui, pendant les contrôles, tu peux garder ton livre ouvert sur la table, il ne dit rien."

Un jour, il avait apporté le texte d'un sketch des Monty Python, The dead parrot. Il nous l'a lu avec emphase, soulignant tout le génie et l'humour de ce texte. Il voulait nous communiquer son amour de l'anglais et de l'humour britannique. Je restais souvent pour discuter un peu avec lui, en fin de cours. Les autres n'ont pas compris, n'ont pas voulu voir que cet enseignant était vraiment bien, car il ne haussait jamais la voix, ne punissait jamais. J'ai adoré ce texte, on s'est marrés ensemble, on était complices. Je me demande s'il était content, d'avoir touché une poignée d'élèves, ou s'il pensait avec dépit à ceux qu'il n'atteignait pas. En tout cas, j'ai gardé une place pour lui dans mon coeur et je lui dis merci.

 

27 novembre 2018

Être prof, c'est aussi si lever à 6h30 après

 

Être prof, c'est aussi si lever à 6h30 après s'être couché à 3h, pour préparer un cours que 80% des élèves n'écouteront pas, trop occupés à dormir ou à faire les andouilles et que 100% ne notera pas. Parce qu'aujourd'hui, les élèves ne prennent plus de notes, ils ne savent plus écrire. Il savent à peine écouter.

Publicité
Publicité
Dreaming my life
Visiteurs
Depuis la création 44 163
Publicité
Derniers commentaires
Archives
Publicité