J'aime les gens qui n'aiment pas l'argen
J'aime les gens qui n'aiment pas l'argent.
J'aime les gens qui n'aiment pas l'argent.
C'est marrant, comme les choses changent.
Les choses que tu ne pensais plus aimer, tu les aimes encore peut-être un peu. Tant qu'elles sont là.
Qui suis-je ? Qu'est-ce que je désire ? Où serai-je dans un an ? Des question auxquelles tu pensais - à tort - qu'il serait plus facile de répondre en prenant de l'âge. Que nenni. C'est peut-être même plus difficile.
J'ai empoté quelques boutures aujourd'hui. Le résultat est joli.
Vers qui se tourner quand les personne qu'on pensait bienveillantes à notre égard se protègent de nous ? (de nos souffrances)
Sur qui se reposer, quand l'épaule qui nous semblait offerte, est en réalité recouverte d'une carapace ? (alors qu'ils auraient pu, qu'ils sont seuls capables de les soulager !)
Quel coeur toucher ? Quelle langue délier pour pouvoir nous sauver ?
Personne.
Personne.
Personne.
J'implore et c'est l'écho qui me répond. La vie, la vie... Y a-t-il vraiment des gens qui la trouvent douce ? Il m'est arrivé de le penser dans des moments, trop éphémères...
La famille est une plaie.
L'amour est une douleur.
Le désir est insatiable.
L'amitié ne suffit pas.
La création est inutile.
Nos souffrances éloignent les gens, elles leur font peur. On souffre encore des souffrances qu'on traîne depuis toujours. C'est sans fin, c'est injuste.
Vite, qu'il ne reste rien de moi.
Tout finit par avoir un goût de tristesse. L'écriture même parvenait à me faire pleurer.
J'ai très souvent l'impression d'avoir ce trou béant au fond de moi. C'est une faim insatiable, somme de désirs insatisfaits, impossibles à combler, ou alors de manière très brève, très ponctuelle.
Ecrire, pourquoi ?
Pour se souvenir, pour réfléchir, pour se regarder dans un miroir. Pour guérir peut-être un peu, ouvrir les valises que l'on traine. Ou au moins avoir conscience de ses valises...
L'autre jour, je pensais à mes parents. Je me demandais si, quand mon père mourra, j'aurais de la peine. Difficile à dire. Je me demande ce que je ressentais pour lui, si j'éprouvais une quelconque forme d'amour filial. Je crois que la réponse est non. Beaucoup de choses se sont effacées, ternies mais elles ont quand même existé. J'ai sans doute porté ses valises, celles de ma mère aussi, celles de leur relation, qui, par miracle, dure jusqu'à aujourd'hui. J'en ai pris conscience il y a quelque temps déjà. Mais c'est une prise de conscience qui n'en finit pas. Le poids se dégage petit à petit. Le jour de ma mort, serai-je légère ?
Il y a d'autres choses qui me pèsent, liées à ce que je suis. Je ne suis pas quelqu'un que j'aime aujourd'hui, même si je ne me dés-aime plus trop. Il y a des trucs à rectifier, des choix à faire, des décisions à prendre. Quelles qu'elles soient, elles feront mal, à d'autres, à moi aussi, malgré tout. C'est difficile, de donner un coup de pied dans la fourmilière... Faut prendre son courage à deux mains.
Je n'ai aucune patience avec moi même. Alors que j'en ai une infinie avec mes élèves.
Je ne supporte pas de ne pas réussir quelque chose tout de suite. Impatience à la mesure de celle qu'on a eue envers moi. Traces indélébiles d'une scène de mon enfance. Elle ne m'a pas appris la persévérance. Mais qu'il fallait y arriver, maintenant, coûte que coûte.
Sinon tu n'es bonne à rien. Tu es stupide, inutile.
Le résultat, c'est que j'abandonne souvent, par crainte de me révéler imbécile, tâtonnante... Minable. Ne rien faire, c'est mieux qu'échouer. Même si plus personne de qui s'attirer les foudres pour cause de non-réussite. Ah, mais si ! Moi.
Stupide héritage.
Je ne suis pas paresseuse, mais la reine de l'évitement. J'évite de bosser ce rythme que j'arrive pas à faire à la guitare et je viens écrire à la place.
J'évite de vivre aussi, parce, si t'es pas brillante, ça sert à rien. Je dis que je savoure le temps et l'espace. C'est sans doute vrai. Au final, la beauté c'est ça pour moi. Être un rien perdu dans un espace et un temps infini. Mais la beauté de ça, ce n'est pas moi, mais bien tout le reste. Donc ne rien faire qui puisse le perturber... Mais tout faire pour essayer de le préserver. Je reste un rien parce que je ne sais pas être quelque chose. Pas instantanément. Je n'ai aucune ambition, je ne veux pas être dans ces histoires de pouvoir, de paraître et posséder... Réussir. Je veux ressentir. Ne rien faire que sentir le soleil sur moi quand il y en a. Écouter la pluie tomber quand elle tombe. Me blottir dans ses bras s'il me le permet. Attendre... Que cette vie passe. Je sais, je ne suis rien.
Les soirs de grosse déprime, j'écoute de la musique bien pourrie des années 80. Le pire, c'est que ça soulage.
Je me noie je te tends la main
Tu me regardes et puis rien
Tu as sorti ton armure
J'ai sorti mon cyanure
Comme la vie est dure
Pas un amour ne dure
Quelle imposture
Nous vivions un beau songe
Qui a tourné en mensonge
Une relation qui nous ronge
Je ne regarde plus le passé
Lui aussi s'est effacé
J'en ai eu plus qu'assez
de ressasser
Il est des choses auxquelles il est difficile de renoncer.
On va dire que je cherche du travail. J'ai pas dû bosser dans une "vraie" entreprise depuis cinq ans. En ce moment, je donne des cours particuliers. Ouais, le truc qu'on faisait quand on était étudiants. Maintenant, il parait que plein de monde fait ça. Des enseignants à la retraite, des étudiants, des gens au chômage... Je dois faire une dizaine d'heures par semaine. Evidemment, je ne gagne pas des masses, surtout que je suis soumise à l'inconstance des parents, des cours qui sont annulés du jour au lendemain (non rémunérés, bien entendu). Je passe par des organismes qui se font payer deux fois ce qu'ils me reversent (presque trois, il me semble) ou je suis employée CESU. Bref, c'est pas la gloire. Encore que, avec mes monstres, j'ai parfois l'impression de servir à quelque chose, quand ils veulent bien décoller leurs yeux de leurs smartphones pour essayer d'entendre ce que je leur raconte.
Mais bon. Aujourd'hui ça va, mais je me dis que ce système n'est pas viable. Alors, je regarde les annonces, j'envoie mon CV. J'ai été contactée par une boîte aujourd'hui. La RH, douce et sympa, pas une hystérique shootée comme c'est souvent le cas. Le contact semble bon. Mais au moment où elle me donne le salaire. Ouille ça fait mal. Par rapport à la fourchette que j'ai indiquée déjà, bien revue à la baisse pourtant, par rapport au salaire que je touchais il y a cinq ans. En gros, elle propose la moité (enfin, la boîte quoi). Ouille. Il s'agit d'un poste à plein temps bien sûr. Quoi qu'il en soit, je lui dis que je suis quand même prête à réfléchir, parce que c'est malgré tout trois fois ce que je gagne aujourd'hui (enfin, ça je ne lui dis pas). Mais j'attire son attention sur la mention "travail temporaire". Elle me précise que c'est un CDD de six mois. Qui "peut" être reconduit puis "peut" aboutir à un CDI de chef de projet. Avec des "si"...
Ceci dit, en bossant six mois dans cette boîte, je gagnerais davantage qu'en un an de cours... Je retourne ma calculatrice un peu dans tous les sens. Je réalise que le poste paie à peine plus qu'un smic au final. Ah ah. C'est un boulot de chef de projet...Junior certes mais bon... L'ironie du truc, c'est qu'au final, avoir deux bac+5, parler 3 langues bien, manier du powerpoint au autre, ça ne fait plus trop de diférence en fait.
En fin de compte, ce qui fait définitivement penser (ah ah, le lapsus. Je voulais dire pencher) la balance c'est ça. Je regarde mon emploi du temps d'aujourd'hui, aéré, coloré. Personne ne me dit quoi faire (les parents peuvent être fatigants mais ça reste supportable). Personne ne me dit à quelle heure me lever, à quelle heure aller manger. Je ne dois pas rester coincée huit heures par jour dans un bureau. Je ne suis presque pas un robot. Ou alors autrement. Je suis assez libre. Libre. Il est des choses auxquelles il est vraiment difficile de renoncer. Je ne pourrai pas vivre comme ça toujours. Je sais. Mais aujourd'hui, je peux encore... un petit peu...