Il arrive un moment où il faut se demander aussi
Il arrive un moment où il faut se demander aussi pourquoi on veut être guéri. Et pour qui.
Il arrive un moment où il faut se demander aussi pourquoi on veut être guéri. Et pour qui.
Un café pour se retrouver
Une marche pour se rencontrer
Les quais pour se raconter
Des ponts... pour zigzaguer !
Des cadenas pour s'amuser
Un musée pour s'impressionner
(soi-même)
Dans le jardin des Tuileries
Tu as souri !
Ils servent à quoi, tous ces souvenirs numériques, à part à constater que rien ne change jamais ? La douleur est toujours présente au fil des années. Je n'ai jamais consulté. Peut-être devrais-je ?
Comment sont les autres, à l'intérieur ? Est-ce qu'ils se lèvent parfois avec cette envie de rester cloués au sol ?
Avec ces larmes si difficiles à refouler ? Est-ce qu'ils portent des maux qu'on ne peut que dissimuler, mais jamais effacer ?
Comment sont les autres derrière leurs jolis sourires ?
Franck, il m'attendait souvent à la sortie de mes cours à la fac. Avec une ponctualité à toute épreuve. Il attendait à côté de la porte de ma salle de cours, avec un livre à la main, sa veste violette et ses lunettes sur le nez. Cette fidélité faisait marrer mes camarades de classe. Il séchait ses cours pour assister à la fin des miens. Pour que nous passions du temps ensemble et rentrions ensemble vers nos maisons.
Au cours de ma dernière année d'université notre histoire s'est achevée. Il n'y a pas de permanence, d'amour éternel. Peu importe à quel point tu as envie et comment ça te retourne les entrailles. Peu importe la dépendance et les soirées à pleurer, espérer que l'autre pense à toi. Peu importe tout. La dégradation semble irréversible, en partant du point zéro.
La musique guérit de tout. C'est la ritournelle sempiternelle. Elle panse, elle pense à notre place, elle compense les manques de notre vie. Elle ressent, elle gémit. Elle jouit aussi dans notre for intérieur, dans notre fort intérieur qu'elle a réussi à pénétrer.
Elle nous ouvre, permet de fluidifier la peine, la fait circuler, la mêle à cette énergie vitale, à l'oxygène qu'on vient de respirer.
J'avais vu un documentaire il y a quelques années où il était expliqué, que s'il arrivait un évènement dans notre vie, qu'il soit très heureux ou très malheureux, il nous fallait trois mois, pour revenir à notre "état" de bonheur initial.
Un exemple pour illustrer pourrait être une relation amoureuse. Au début, c'est l'euphorie. Puis on commence à se poser des questions, à prendre de la distance, réfléchir beaucoup, se dire qu'on a existé avant, et qu'on pourrait exister après. L'euphorie ne dure pas, même si la relation est heureuse.
Quand il n'est pas avec moi, je regarde ses images, j'écoute sa musique et je suis amoureuse.
"Il y a pire que moi", me dit il.
Je lui réponds que ce n'est pas une question de pire ou de meilleur, de bon ou de mauvais. C'est comme dans un puzzle, il y a des pièces qui s'emboîtent, des gens qui s'accordent. "Toi et moi, ça fonctionne, lui dis-je, parce que je sais qui tu es, je sais à quoi m'attendre".
Nous avons toujours été transparents l'un envers l'autre, pas de jeu de séduction, de se présenter sous le meilleur jour. Il n'y a pas eu tromperie sur la marchandise ou d'illusion. Je sais, ce que, chez lui, je considère comme des défauts, des points de désaccord, les choses qui me dérangent. Pour l'instant je les accepte.
Je lui parle de vie privée, de facebook et ses pratiques plus que douteuses. Il me répond que pour lui, facebook n'est pas un sujet, car, en l'occurrence, personne n'est obligé de rien. Je ne sais pas répondre à des trucs comme ça. Sans doute parce que je ne sais pas par où commencer, et que ça me semble toujours étrange, les gens qui ne tiennent pas du tout à un minimum de privacité. Un des arguments qu'il m'a avancé est "Je suis convaincu, qu'on ne peut rien nous voler. Rien de ce qui est important, en tout cas."
Au cours d'une autre conversation, il m'a sorti "Je ne suis pas un idéaliste, moi". Sous-entendu, que j'en était une. Il n'a pas tort. La question qui se pose est, quand, idéologiquement, je le sens à des kilomètres de moi, qu'est-ce que notre relation va donner à long terme. Pour s'aimer, on s'aime, on s'aime beaucoup. Mais parfois, on n'est simplement pas sur la même planète.