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Dreaming my life
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12 janvier 2023

When I was a child...

Quoi de plus important que préparer mon cours de demain ?

Ecrire sur ce blog. Oui.

C'était il y a longtemps. Avec Bruno, on se promenait dans sa voiture rouge dans Washington D.C. et à la radio, il y avait cette chanson. Il disait "cette chanson girly". Il y a une vague idée d'insouciance dans ce souvenir, malgré ma rupture fraîche. Bon, c'est de la pop bien pop. Tu sais, la chanson de Robbie William et à la fin du refrain, il fait "I'm loving angels instead". C'est girly comme il disait. Peut-être juste parce que le chanteur était supposé beau gosse. J'ai repiqué les accords sur un arrangement hier, de cette chanson. Et c'est pénible parce que ça commence un peu grave et puis après, le Robbie, il s'envole dans les aigüs. Et, je ne peux pas le faire, ça a beau être girly, c'est trop aigü pour moi. C'est pas grave, je fais semblant que je chante juste, et je pense à Bruno, et à notre rendez-vous au resto et qu'il était pas content parce que la veste était exigée pour les hommes alors que les femmes s'habillent comme elles veulent.

Sinon, je lui avais ramené un air de France, sur moi. Je le chantais dans sa voiture. Et à la fin des vacances, il le chantait aussi. La chanson disait "Quand j'étais petit, j'étais un Jedi, tellement nerveux, que quand il pleuvait, souvent je m'é-lectrocutais..." Et elle avait ce petit riff sympa... On s'était piqué de bonnes rigolades avec Bruno. Pourquoi je pense à lui, là ? Je sais pas. C'est mon passé, il est mien.

 

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12 avril 2023

Phospholipides amphiphiles

Nous passons trop de temps dans des boîtes.

Qui s'emboîtent.

Se déboîtent.

Se remboîtent.

Nous passons trop de temps dans des cubes.

Dans des parallélépipèdes.

Dans des cylindres.

Dans des prismes

Dans des cônes

Dans des tétraèdres

Nous passons trop de temps dans des open-spaces.

Qui ne sont pas vraiment open et pas trop space.

Nous passons trop de temps dans des mensonges.

Je passe trop de temps dans mes songes

Dans ma bulle

qui est  une sphère

Ephémère.

 

13 mai 2023

13 mai 2023 - 12h11

Me demandez pas pourquoi, j'ai envie de pleurer aujourd'hui.

Je suis un peu tranquille, là. Peut-être que j'ai peur du vide. Peut-être que tout n'est que distraction pour combler ce vide là. Le travail, la famille, les amis... Je déteste le travail. La "valeur" qu'on veut nous faire voir en lui. La famille... Jouer avec le petit, c'est cool. Les amis. J'en ai quelques uns. De moins en moins.

Si j'étais une plante, je serais une ortie, je pique, je suis vénéneuse, je suis verte, pas belle.

J'ai envie de pleurer. C'est peut-être juste mon truc de meuf.

C'est peut-être juste mon truc d'humain. Le vide, le mal-être.

C'est peut-être juste un truc d'idiote. Qui regarde le ciel et le trouve triste.

C'est peut-être juste un truc d'eau. H2O, de l'eau qui coule, salée, le long des joues.

Vivre, avoir mal, pleurer. Ne pas savoir ce qu'on veut. Ne rien vouloir.

Ecouter Julien Branco parce que ça t'empêche de pleurer. Et parfois, ça te fait pleurer aussi un peu. Les mots, les mots s'écoulent. Dans les oreilles, dans le coeur. Rien n'est plus beau que les mots. Les mots que tu écoutes, les mots que tu écris.

Demain, je vais aller écouter un conférencier de cimetière. Parce que les mots. Parce que les phrases. Parce que le fluide de la vie... Même quand tu parles des morts. Le fluide de la vie, c'est les mots des morts et des vivants. Les cimetières sont des murs qui murent les morts et leurs murmures.

Pleurer, avoir mal, vivre.

Fabriquer des trucs, avec tes mains. Tout casser.

Bosser des accords. Etre nulle. Rebosser. Etre toujours aussi nul.

Avoir mal, pleurer, vivre. Puis mourir.

 

1 juin 2023

K. A.

Aujourd'hui, j'ai vu Arthur.

A chaque fois que je dis ce prénom, je pense aux chevaliers de la table ronde. C'est n'importe quoi.

Je suis une grosse acheteuse de livres. C'est de droite ou de gauche, acheter plein de livres ? Je n'ai même pas le temps de tout lire dès que je les achète. Mais quand ce sont les "vacances" (arrêt de l'esclavage provisoire avant sa reprise), je prends le temps d'en savourer quelques uns. J'aime la poésie, parce qu'elle se coupe facilement et que ça peut faire des trucs très brefs et très intenses. J'aime les romans, aussi, mais je suis difficile. Le style peut facilement me rebuter, peu importe l'histoire. J'aime bien la bande dessinée aussi. Il paraît que maintenant, il faut dire roman graphique. Là, il faut que le dessin et le style plaisent. Bref, quand je serai vieille, j'aurais peut-être plus de fric pour m'acheter des livres, mais je pourrais lire ceux que j'ai d'avance et relire ceux que j'ai adorés. Mais peut-être que je crèverai avant d'être vieille. Ou peut-être même, que je suis déjà vieille. C'est le plus probable.

Donc, aujourd'hui, j'ai vu Arthur. Il faisait chaud, alors il avait sorti sa chemisette en lin. Il est mignon, Arthur. Il a envie d'être sympa, je pense, mais comme je suis distante et bien voilà. En plus, je sais pas. J'ai pas envie de faire du blabla bas de gamme avec quelqu'un que j'aime bien, genre "il fait beau blablabla, il pleut, blablabla, Gabriel Attal est un blaireau blablabla"... (ah ah, le dernier point, c'était pour te réveiller, lecteur, lectrice). Parce que ça gâche un peu tout je trouve. Je préfère qu'on ne se dise rien. Le silence est ce qu'il peut y avoir de plus beau entre deux êtres. Je trouve. Ouais. On s'en fout.

Je sais pas quel âge il a Arthur. Moi je suis cinquantenaire maintenant. Il y a certainement moins de différence entre nous qu'un Manu-Brigitte, mais bon.

Il me plaît, Arthur, mais je ne suis pas amoureuse de lui. Comment pourrais-je l'être, je ne le connais pas... Tiens, faudra que je lui demande la prochaine fois, quelle est sa spécialité dans les rayons.

Donc, il était mignon aujourd'hui, avec sa chemisette en lin. T'as vu, il fait beau aujourd'hui, hein ?

7 février 2024

Ma mère, au téléphone, ou en vrai, elle passe son

Ma mère, au téléphone, ou en vrai, elle passe son temps à me parler de ma soeur ou de mon frère. Elle parle, elle parle, elle parle... Parfois plusieurs fois la même histoire. J'écoute j'écoute, j'écoute. Le radotage, on va mettre ça sur le compte de l'âge. Parfois, ça commence par "je t'ai déjà raconté que.... ?" Je dis oui. Parfois j'essaie de raconter un truc sur moi, qui m'est arrivé ou autre. Elle fait "ah, c'est bien" et enchaîne sur autre chose. Ou alors, elle ne m'écoute pas et enchaîne sur autre chose. Son occupation préférée, c'est de se faire du souci, pour les uns ou pour les autres. Moi je me plains jamais à elle. Je vais pas ajouter du poids sur le poids. Et puis, que lui dirais-je en vrai ? Que je me fais un sang d'encre à vivre dans ce monde ? Que je suis souvent angoissée, morfondue (c'est rigolo, ce mot, t'as vu ?). Elle y ferait quoi, en vrai, cette petite bonne femme de 78 ans ? Pas plus qu'elle peut faire quoi que ce soit aux histoires de ma soeur, de mon frère. Je pense qu'ils serait temps, qu'on la lâche avec nos problèmes, qu'elle soit un peu légère.

Parfois, je déprime, j'ai l'impression de sombrer. Mais je ne lui dirai jamais. Alors elle pense que tout va bien, que ma vie est belle, que je nage dans le bonheur. Tout le monde doit le penser en fait. Ma vie, ça va, en vrai, j'ai tout ce dont j'ai besoin, sauf la paix intérieure, mais on va dire que c'est comme ça.

De toutes manières, si je voulais en parler, personne n'a la place pour ça. Il faut aimer vraiment pour accorder du temps et de l'espace. Je crois que personne ne m'aime autant et réciproquement (car il faut aussi de l'amour pour se confier). Un jour, j'ai dit à quelqu'un que j'aimais que je souffrais du manque. De lui, de sa présence, de ses mots, de ses manifestations de tendresse, et que je me sentais mal. Il m'a répondu en gros, qu'il ne pouvait rien y faire, car il avait déjà sa propre personne et sa santé mentale à gérer. Comme dans le mot anglais to struggle. Tu connais ? J'aime bien ce mot. Chacun est occupé dans son propre struggle. Voilà. Lui il se sent pas trop mal, il prend ses cachets et il est pas trop malheureux, enfin j'en sais rien. Il est parfois un peu con.

Enfin, lui, ma mère, ma soeur (elle aussi, elle est douée pour être centrée sur elle), l'espace, le temps, tu vois de quoi ça parle ici. Je me dis que si je disparaît, il y aura davantage de place pour la tristesse de ma mort, qu'il n'y en a jamais eu pour moi en vie. Keep struggling.

Bisou à toi qui me lis, qui me donnes du temps, qui me comprends peut-être. Tiens, je viens de voir une série qui s'appelle Normal people, et qui parle un peu de ça.

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5 février 2024

Amour etc.

Un jour, à la fac, on n'était plus dans la même classe, je crois, j'ai appelé Francky.  Tu te souviens, à l'époque, on appelait sur les fixes, il n'y avait pas de portables. J'ai dû lui bredouiller deux-trois trucs, je voulais prendre de ses nouvelles. Puis, il m'a interrompu assez brusquement avec un "Pourquoi tu m'appelles ?" J'ai dû bredouiller un truc. Puis je ne l'ai plus jamais appelé.

Des années plus tard, alors que nous étions ensemble, je lui ai rappelé ce coup de fil et la brutalité ressentie. Il m'a dit : "J'étais amoureux de toi, tu étais avec quelqu'un d'autre et j'étais malheureux. Je préférais ne plus avoir de lien avec toi."

 

Sinon, j'ai écrit une chanson. Pour une fois, je la trouve assez jolie et aboutie, un peu délirante. Mais je ne sais pas composer de musique. J'aimerais bien que quelqu'un me pose des notes dessus mais je ne voudrais pas qu'elle m'échappe. Tu vois le truc ?

Sinon, c'est quand, la fin ?

15 janvier 2024

Comment font les gens pour ne pas s'effondrer ?

Comment font les gens pour ne pas s'effondrer ?

Comment font les gens pour ne pas être déprimés ?

Je voudrais craquer, mais même ça, je n'y arrive pas. Ce monde me hante. La nuit, je m'allonge et je n'arrive pas à m'endormir avant des heures tardives.

 

Moi qui avait toujours eu le sommeil facile et profond.

Je tourne.

Je me retourne.

Je ne pense même pas vraiment. Mais j'ai le coeur lourd. Les rêves se font attendre. Et le matin arrive déjà.

24 novembre 2023

Tous les jours, je me dis que le monde va mal.

Tous les jours, je me dis que le monde va mal. Tous les fucking jours.

Aujourd'hui j'ai fait un truc que je fais de plus en plus rarement, parce que je redeviens une femme des cavernes et j'aime passer la plupart de mon temps chez moi, ou à la campagne chez mes parents. J'ai eu envie de ne pas cuisiner et manger autre chose que ce qu'il y a dans mon frigo, donc on est sortis prendre une pizza ce midi. Et là BIM !

Oui, le monde va mal, c'est la décadence totale. A ma droite, deux nanas qui parlaient Instagram et TikTok et filtres et maquillage. Celle qui était le plus collée à mon oreille parlait fort de surcroit, avec un manque d'élégance parfaitement répugnant. Je n'entendais guère mon interlocuteur, d'ailleurs, je crois que je m'entendais peu moi-même. C'était tout ce que je déteste, un verbiage incessant, un flot vomitif de paroles, le tout auto-centré et tellement creux. Je me suis dit que oui, le monde allait mal mais ce n'était pas étonnant. Je ne sais pas s'il y a une forme de snobisme à dire ça, dans ce contexte. Je trouve qu'on ne cherche plus la beauté, l'élévation... (non, un filtre TikTok n'est pas une recherche de beauté...). Bref, je vire vieille conne. Ou je l'ai toujours été.

Mais moi aussi, je peux parler pour ne rien dire, ou des choses idiotes. Le mardi, dans la classe en face de la mienne, il y a un prof roux. J'ai toujours kiffé les rouquins. Je ne sais pas ce qu'il enseigne. Ce serait cool qu'il fasse lettres. Mais au final, on s'en fout, je ne lui parlerai sans doute jamais.

16 novembre 2023

Nicolas me fait un peu penser un Jean-Luc, il lui

Nicolas me fait un peu penser un Jean-Luc, il lui ressemble vaguement, avec son air de poussin qui vient de sortir de l'oeuf, un peu timide, un peu maladroit.

Jean-Luc était avec moi à la fac, mais j'avais jamais trop fait attention à lui. Il était mignon avec ses tâches de rousseur mais nous n'avions que peu échangé.

Après la fac, j'étais dans un salon de recrutement. Oui, l'horreur, j'ai fréquenté ce genre de trucs à l'époque où je cherchais mon premier job. Et au détour d'un stand, je tombe nez à nez sur lui. La rencontre fait plaisir, on se sourit, on discute vite fait et on s'échange nos numéros.

Il m'appelle, un ou deux jours après, je suis contente. Il me demande ce que je vais faire le week-end et je lui sors un truc stupide, du genre 'je vais faire du saut à l'élastique" et puis je me marre, parce que c'est juste que mes week-ends sont aussi vides que mes semaines. Il en rit aussi et nous prévoyons de nous retrouver.

Samedi, on se retrouve sur les Champs Elysées. Oui, l'horreur, j'ai fréquenté ce genre de lieu à l'époque. Nous nous sommes promenés, puis arrivés en bas de l'avenue, nous avons trouvé une sorte de square et nous nous sommes assis sur un banc. Ses bras écartés sur le dossier m'invitaient à me blottir dedans. Et puis, il m'a dit qu'il avait mal au ventre. Je lui ai demandé s'il avait faim. Il m'a répondu qu'il avait mal au ventre parce qu'il était stressé. Oh mais pourquoi ? "ça m'arrive quand je suis avec une fille que j'aime bien". Il était vraiment mignon, Jean-Luc. Et notre histoire avait commencé ainsi. Cela n'a pas vraiment duré longtemps, deux ou trois mois peut-être. Il y a eu des moments doux et tendres. On a été ensemble sans même y penser, sans préméditer et on s'est séparés un peu de la même manière.

Jean-Luc et ses yeux rieurs, ses jolies tâches de rousseur...

16 novembre 2023

Quand j'étais en fac, il y avait un gars, dans ma

Quand j'étais en fac, il y avait un gars, dans ma promo qui eu un parcours un peu parallèle au mien, du moins au début.

Il voulait devenir enseignant.

Il a fait une première année de DEUG A. Il s'est planté. Il a refait la première année et l'a obtenue avec mention Très Bien. Il est passé en deuxième année de DEUG. Il s'est planté. Il a refait sa deuxième année. Il l'a obtenue avec mention Bien. Il est passé en licence de physique fondamentale. Il s'est planté. Il a refait l'année de licence et l'a obtenue avec mention Assez Bien. Il est passé en maîtrise de physique fondamentale. Il a raté la maîtrise. Je crois que c'est à ce moment là qu'il a arrêté la fac. Il s'est inscrit en CAP d'horlogerie. Il a suivi des cours et est devenu apprenti avec quelqu'un qui l'a formé. Il était le meilleur de sa classe. Puis, en fin de cursus, son prof d'horlogerie lui a dit qu'il allait prendre sa retraite et qu'il pouvait avoir le poste s'il était intéressé. Il est donc devenu enseignant.

Je repense à ce camarade de classe en me disant que c'est amusant, les chemins que l'on prend, nos parcours. Je ne me souviens absolument pas du prénom de ce garçon, mais je me souviens de sa tête, il était plutôt gentil et semblait timide.

16 novembre 2023

Vie

Mon petit neveu, quand on l'empêche de faire quelque chose qu'il a envie de faire, boude en disant "Ze suis pas d'accord !".

Je me dis qu'au fond, on est comme lui, à nous débattre avec tout ce qui arrive, tout ce qui arrivera, sans qu'on puisse y faire grand chose. Pas assez forts, pas assez riches, pas assez débrouillards. Nous sommes impuissants, avec comme presque seule action possible (et inutile), dire ; "je ne suis pas d'accord !"

 

9 novembre 2023

NJ

J'aime bien Nicolas. Avec ses cheveux en pétard, l'air un peu farouche. Il gratte des accords et il chante. Il chante des mots qui parlent, des mots qui dansent. Des mots qui riment mais sans aucune frime. Il est mignon et il aime les bestioles, surtout les oiseaux.

Et purée, il en déroulé du verbe. C'est du poème à l'état pur. Avec des notes. Donc pas si pur. C'est un peu fou. C'est un peu drôle. C'est doux aussi. J'aime Nicolas.

10 octobre 2023

Je lis une BD. "Madeleine, résistante". Je chiale

Je lis une BD. "Madeleine, résistante".

Je chiale pour des morts qui ont eu lieu il y a tellement longtemps. Je chiale et ça sert à rien. Je chiale la mort, je chiale le mal, je chiale sur la connerie des humains.

Parfois, dans la librairie, j'ai juste envie de chialer en lisant les titres des bouquins.

 

 

 

Rien à voir mais ce souvenir sort d'on ne sait où, et ça me fait marrer. En terminale, la prof de philo parle d'un certain Du Guesclin. Elle interroge un élève sur je ne sais quoi. L'élève ne sais pas qui est Du Guesclin. La prof est très amusée, elle se tape un bon rire toute seule. "Voyons, vous ne savez pas qui était Du Guesclin." Avec ma copine, on se regarde amusées du rire de la prof. Nous non plus, on ne savait pas qui était Du Guesclin.

 

9 octobre 2023

What became of the likely lads ?

On n'a pas assez d'une vie pour toute la musique qu'on a à faire. On n'a pas assez d'une vie, pour toute la musique qu'on a à écouter. Toutes ces activités qui parasitent, le travail, se nourrir, les autres... Il y a l'amour de la nature aussi, mais ce n'est pas parasite.

Un de mes étudiants nous a dit en classe "moi, j'ai arrêté d'écouter de la musique. Parce que la musique, ça te bouffe le cerveau, ça prend la tête." J'ai senti que c'était trop puissant pour lui. Et je peux tout à fait le concevoir.

J'ai voulu raconter cette anecdote à O pour méditer dessus. Il m'a interrompue pour dire autre chose, puis j'ai laissé tombé. Dans 95% des cas, les gens se foutent de savoir ce que tu as à raconter, ce que tu portes. Dans une conversation, il leur importe surtout de parler. Et je crois même qu'ils se fichent d'être écoutés. J'ai eu hâte d'être de nouveau seule.

Tu te souviens des Libertines ? Pete Doherty est revenu dans ma vie.

2 octobre 2023

Encore un trèèèèès long rêve avec Francky cette

Encore un trèèèèès long rêve avec Francky cette nuit. C'est marrant, les rêves avec lui, ça radote toujours la même chose et cette sensation au réveil, toujours la même. Je l'aime toujours, c'est certain. Dans ces rêves c'est évident.

Les gosses. Ouais, les gosses.

Les mères... Ouais, les mères. J'ai un exemple dans mon entourage. Un gosse, c'est une personne sur laquelle la mère peut avoir tellement d'emprise. Bonjour les trucs à réparer chez cet humain plus tard.

Je voulais écrire plus, mais en fait ça me déprime.

People are not good to each other, comme disait Charles. Tiens, je faisais la queue à la boulangerie vendredi. Derrière-moi, entre un personne elle longe la file en disant "je regarde juste ce qu'il y a pour choisir ce que je vais prendre". Ok. Puis après, elle revient en arrière et me dit "je crois que j'étais avant vous". Ah ah. Non en fait. Et hop elle se met derrière moi. Moi je m'en fous. 5 minutes de moins, de plus à attendre... ça fait bien longtemps que je conçois la vie comme une pile de temps à attendre, donc je suis rarement pressée, mais bon, l'attitude de parasite, ça m'a fait marrer. Disons que c'était une "honest mistake" de sa part et passons. Pendant l'attente, je ne sais pas si elle, ou une personne derrière, se plaint à haute voix "elles sont lentes, mais elles sont leeeeentes", en parlant des nanas qui servent le pain. J'aime bien l'indulgence. Aimons-nous les uns les autres et ne fait pas aux autres ce que tu n'aimerais pas qu'on te fasse, et tout ça. De l'autre côté du comptoir, les nanas se démènent, mais bon, elles sont pas là pour faire un marathon non plus. Et c'est normal. A la caisse, une mamie avec un bras en écharpe vient chercher une commande de gâteau... Arrivé mon tour, la personne qui sert commente (car je suis une cliente régulière, donc on tchitchate un peu vite fais) "aujourd'hui c'est le bazar depuis ce matin.... Et les gens ! Cette dame qui vient, avec son bras en écharpe, prendre sa commande alors qu'elle est à la retraite, en pleine heure de pointe, c'est n'importe quoi..." Toujours cette bonne vieille indulgence. J'adore.

Sur les réseaux "sociaux", tu partages un truc joli. Tout le monde s'en fout. Tu écris une note où tu te plains d'un truc et tu insultes des gens : avalanche de personnes qui jubilent. Ah ah.

A l'école, c'est pareil en fait. Les étudiants, tu les entends parler des autres profs pour s'en plaindre. Jamais tu n'entendras "tel prof est trop bien !" Que nenni. Bon. Peut-être qu'on est tous mauvais, aussi. En tant que scientifique, c'est une hypothèse que je ne peux exclure.

Bisous à ceux qui lisent, enfin, si t'es d'accord.

28 septembre 2023

Dans tes classes, c'est marrant, il y a toujours

Dans tes classes, c'est marrant, il y a toujours un élève qui vient te parler à la fin du cours. Certains viennent juste te parler deux minutes. Certains te parlent jusqu'à ce que tu finisses d'essuyer le tableau, ranger tes affaires, fermer la classe et que vos chemins se séparent.

C'est marrant, moi j'étais pas du tout cette élève là. Sauf avec mes deux profs d'art plastique adorés.

Je me demande ce qui les motive, étant donné que je ne me perçois pas du tout comme une personne particulièrement sympathique envers eux. Cela me rend curieuse.

Après, il y a tous les étudiants qui se barrent en fin de cours avant même que tu aies eu le temps de poser le point de ta dernière phrase. Ceux-là, je crois que je les comprends.

Pourtant, c'est magique, la physique. :)

18 septembre 2023

Habitudes et habitudes

Faut-il être triste quand on se détache de quelqu'un qu'on aimait beaucoup ?

Faut-il être triste, quand son humour bizarre, qui nous faisait rire, finit par nous sembler idiot ?

Faut-il être déçu, quand ce qui nous semblait être original, finit par être dérangeant ?

Aimer moins, aimer moins, aimer moins.

Je n'ai plus hâte de te retrouver. Tu ne fais plus que passer.

 

Le port d'attache berce doucement la barque. C'est agréable, réconfortant. Je te connais, rythme de flots et le murmure de tes mots. Identique, tu tangues, parles toujours la même langue.

4 septembre 2023

Vendredi, quand mon dirlo a dit "Si on ne prend

Vendredi, quand mon dirlo a dit "Si on ne prend pas de plaisir à enseigner, ce n'est pas la peine", j'ai failli me lever en disant à l'assemblée : "bon, bah, salut !"

Non, c'était assez sympa de retrouver certains collègues, même si en vrai, j'ai aucune attache envers eux. Prendre un café, blabla sur les vacances. C'est juste qu'on aime voir des têtes connues et un peu sympathiques.

Là je suis en train de lire le "référentiel" d'une des classes où j'enseigne, et j'imagine très bien ce qu'il a fallu de blabla pour créer le truc. "Blablabla, blablabla, oui, il faudrait que blablablabla... et puis blablabla... Et hors de question de bla bla". Oui tout notre enseignement n'a plus qu'un but. Et cela se voit de plus en plus : "faire de la chair à patrons".

Il y a même des parcours certifiants qui sont fait pour aller bosser de suite, et si tu choisis de poursuivre des études, et bien ça dévalorise cette certif. Non mais qui invente des trucs pareils, sérieux ?

Je crois que je hais l'enseignement. Pourquoi continuer ? Et bien, en un mois et demi, tu oublies pas mal de choses, tu te dis que, quand même, c'est sympa, de transmettre du savoir. Et puis à la rentrée, tu te rends compte qu'il n'est vraiment pas question de ça.

Et puis tu te dis que c'est cool, tu vas te retrouver face à des jeunes qui ont soif d'apprendre. Et puis, à la rentrée, tu te rends compte qu'il n'est pas vraiment question de ça.

Tu vois qu'on a embauché à l'arrache des collègues plus jeunes, ou au moins plus "inexpérimentés". Et tu les plains, tu as mal pour eux. Bon, c'est leur choix d'être là, en même temps. Mais tu les plains encore plus que toit-même quand tu es arrivé là. Parce que depuis, tout se décompose de plus en plus, s'effrite, se réduit en cendres. Et toi t'es là. Juste pour un peu de fric. Pour vivre ta vie. Mais c'est même pas vraiment pour ça. Cela n'a aucun sens. Esclaves.

Mon oeil tombe sur des emplois du temps de collègues au loin. Grille horaire remplie, à une demi-journée près. Angoisse. Mais comment font-ils ? Des préparations tous les soirs jusqu'à pas d'heures ?

Mon collègue proche regarde le mien. "Mais qu'est-ce que tu vas faire ?" demande-t-il dans un premier temps. Ëtre dans ma grotte. Vivre, Respirer. M'isoler.

"Tu dois être riche, ajoute-t-il dans un deuxième temps.

Oh, tu sais, j'ai pas besoin de grand chose. Je vis d'amour et d'eau fraîche".

Bref, ce nouveau référentiel m'emmerde. J'avais même pas réussi à faire un travail abouti sur l'ancien. Fuck.

 

30 août 2023

Rester au lit tard, rester au plumard. Appelle ça

Rester au lit tard, rester au plumard.

Appelle ça paresse, appelle ça déprime. Appelle ça comme tu veux.

Le corps ne veut pas décoller. Ligne courbe sur plan-plan. Pas lourd mais ancré. Le monde est hostile, le sommeil est chaud. Le rêve, la brume t'enveloppent de leurs bras.

Lentement, je dors, je me réveille.

Pas envie de bondir sur mes pieds, hop ! Envie de tourner, étirer, pas se désenvelopper. Se réveiller pendant des heures.

Coups d'état... Incendies. Elle est pas belle la vie ?

Tout ça n'existe pas... pas plus que moi.

28 août 2023

Air Vie and Vie

J'ai marché. J'ai pris de l'altitude. J'ai respiré.

Il y avait des pierres, des rochers à gravir. L'air était frais. Tout était gris, vert, ciel et terre. J'ai avancé. Mon corps était en vie, mon coeur battait.

 

Comme la végétation était belle !

Les oiseaux chantaient des notes rigolotes et légères.

Plus haut, plus haut, toujours plus haut. Les gens devenaient petits. Jusqu'à être complètement partis. Il y avait de la joie, de la sueur, de l'enthousiasme. Et un but que nous n'attendrions jamais.

Oh. Le ciel.

13 juillet 2023

Ton père est parti, Francky. Cela m'attriste un

Ton père est parti, Francky.

Cela m'attriste un peu, pour le peu que je l'ai connu. Ce qui m'attriste c'est aussi que tu dois être triste.

Je ne suis pas avec toi, je ne te croiserai sans doute plus jamais, mais je pense à toi. I feel for you. J'espère que tu es bien entouré, de personnes que tu aimes et qui t'aiment. Peut-être es-tu à Paris, en ce moment ? Mon amour t'accompagne, dans ces moments difficiles. Sans que tu saches, je suis là.

21 juin 2023

The old that is strong does not wither

Hier je suis passée devant une vitrine. Je me suis vue petite, tassée, épaisse. Ma pomme bourrue et chevelure grise. Habillée comme un sac, bien sûr (qui dépense son fric en fringues à notre époque, vraiment... ? Comme dirait une connaissance, l'industrie la plus polluante de la planète...).

Je me suis dit : "je suis vieille".

Je me suis dit : "je mettrai plus jamais les pieds à la librairie". Nan, c'est pas vrai, j'aime trop les livres. Je me suis dit : "pourquoi tu vas jouer devant des gens demain ? C'est pas toi qu'ils veulent voir, c'est des gens jeunes et beaux. Et en plus, tu joues mal de ta gratte."

Bon, moi j'aime pas spécialement les beaux. Bowie avait du magnétisme, mais était-il vraiment beau ? Peut-être que lui, oui. Mais Thom Yorke ? Quand il fait de la musique il est beau, c'est tout.

Je ne me suis jamais trouvée très jolie, belle, encore moins. Il m'est arrivée de me sentir jolie. Sourire à quelqu'un dans la rue et avoir un sourire en retour. Ou l'inverse. Se sentir jolie, c'est peut-être simplement se sentir humaine.

Tiens, hier, j'ai regardé l'interview d'un chanteur beau gosse de ma jeunesse. La "journaliste", en mode fan, n'arrêtait pas de lui poser des questions idiotes en pouffant et en lui glissant ici ou là qu'il était beau, qu'il avait une belle voix, hihihi etc. C'était gênant. Bref, les gens sont autre chose que beaux ou laids, jeunes et vieux... C'est juste bizarre de se dire comme ça, "tiens, c'est à ça que ressemble le moi de 50 ans ?" Et tu sais que tu ne reviendras jamais en arrière, quand, au fond, t'étais pas si mal...

En plus, quand je joue en public, je suis méga sérieuse et concentrée, on dirait que je fais la gueule et que je passe un moment nul mais en vrai, le plaisir d'avoir joué est après. Pour moi, en tout cas.

Mais le premier morceau, j'accompagnerai un petit. Alors je sourirai. Parce qu'accompagner un petit, c'est cool, pour ce qui sera sans doute sa première scène. Quand mon neveu sera assez grand, je lui offrirai une guitare.

Un hug à ceux qui veulent. ;)

 

PS : Tiens, un truc cool lié à ne plus être jeune : tu te fais plus enquiquiner par des lourdaux dans la rue, au boulot, ou n'importe où. Hourrah à ça !

PS2 : Je lis un livre où j'ai touvé :

- l'espace avant la fin de phrase avec point d'interrogation n'était pas insécable ! Donc le point d'interrogation était renvoyé à la ligne !

- une ligne finissant par une ouverture de guillemets !

ARGH. Oui, je sais, tu t'en fiches !

 

 

 

 

15 juin 2023

Perdue dans mes idioties, que rien ne fait en

Perdue dans mes idioties, que rien ne fait en vie.

Je flâne, je rêve, j'oublie.

Je prépare le concert de fin d'année. Deux titres seulement. C'est pour dire que je suis là, que je sais apprendre une suite d'accords en peu de temps. Que le morceau dont je suis le héros tiendra la route (ou pas).

Je t'ai déjà raconté que, collègienne, j'en pinçais pour mon prof de musique. J'ai dit à mon prof de maintenant, que je voulais apprendre ce morceaux, un peu jazzy. C'est une chanson que j'avais apprise avec mon prof de collège. Et maintenant, je suis contente de savoir la jouer. Même si c'est un peu répétitif. Couplet-refrain, couplet-refrain, couplet-refrain... Et la partie chant n'est pas trop jolie. Et les paroles un peu ras des pâquerettes. Mais c'est la chanson de mon prof de collège, alors je suis contente.

Sinon j'ai lu une BD, la biograohie d'une résistante. C'est vrai, que la loi n'existe pas, que ce ne sont que des mots. Mais quand on veut t'imposer des choses par la force, des choses que tu ne veux pas, elle existe quand même, cette loi. Parce qu'on veut rendre ces mots réels. Et toi tes mots ne valent rien. Si tu dis "non" et qu'ils sont plus forts, leur loi est quand même là.

31 mai 2023

Est-ce que je reviens ?

Pour :

- certains jeunes sont sympas et on se marre bien

- certains jeunes s'intéressent et c'est un plaisir de leur faire comprendre des trucs dans les matières que j'aime

- un peu de sous

- un emploi du temps parfois cool

- mes collègues sont sympas

 

Contre :

- certains jeunes ne sont pas sympa et te font la misère

- certains jeunes s'en foutent d'étudier et tu ne réussiras jamais à les intéresser à rien, ni à les motiiver

- les sous, je m'en fous un peu

- quelques heures de cours dans la journée suffisent à plomber ma "créativité" et mon envie pour le reste.

- ce boulot te bouffe

- continuer, avec les réformes en cours, c'est être d'accord, ou ne pas aller contre ce gouvernement qui esclavagise les jeunes, en fait de la main bon marché pour les patrons, et tout cela avec l'argent des impôts de gens. Ne pas aller contre ce gouvernement qui ne cherche pas à élever les esprits mais au contraire, cherche à les plomber pour qu'ils travaillent sans contester, et dont le seul rêve est de devenir "influenceur" pour avoir plein d'argent.

 

25 mai 2023

Aujourd'hui j'ai vu ArthurAujourd'hui Arthur m'a

Aujourd'hui j'ai vu Arthur
Aujourd'hui Arthur m'a vue
Il n'a pas été plus qu'aimable
Il doit penser que je suis c*nnasse de snob parisienne
Mais en vrai, c'est pas vrai.

Mais qui est Arthur ? C'est une question que je me pose. C'est un lutin des étagères, c'est une brise légère, ondulant entre les vers...

Mais c'est n'importe quoi !

Avez-vous du papier cadeau ? Je veux dire, à vendre, parfois vous en avez...

Je suis descendue au ras du sol. La poésie se trouve ici, car c'est des trucs que personne lit (j'ai pas mis "ne" pour la musique de la phrase, tu m'suis ?) J'suis descendue descendue et j'étais le nez dans les vers de Verlaine, les reins à hauteur de Rimbaud, l'épaule, d'Apollinaire (je dis n'importe quoi, c'est pour la musique, la musique, la musique des mots). Mais lui est venu, et s'est mis à ranger des trucs dans l'étagère derrière moi mais au ras du sol, je sais pas ce qu'il y a dans cette étagère là, bykhôze, les vers c'est dans la mienne, ce qui fait qu'on était deux, au ras du sol, mais dos à dos et t'as vu, ma vie est pas...

si

o

nnan

te.

Demain, j'ai une collègue qui s'en va car elle est mutée à Nantes. C'est vrai.

Enfin, qui est Arthur ? Je sais pas mais on s'est croisés entre les étages des étagères. Les mots virevoltaient, les pages étaient légères. Le papier, c'était pour envelopper le cadeau de ma collègue qui dit au revoir demain, c'est un arc-en-ciel qu'elle pourra mettre autour du cou. J'suis un peu une snob parisienne mais je l'ai fait avec mes mains et avec tendresse. Parce que rarement, j'aime quelques gens. Un peu... en passant.

 

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