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Dreaming my life
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21 mai 2023

La perfection, c'est le presque silence de la

La perfection, c'est le presque silence de la nuit, avec de la musique.

Au fond, je comprends que pour toi, rien ne soit plus important que la musique, que rien ne mérite mieux qu'elle. Quand la passion est éteinte, que le sexe ne vaut plus rien, que la tendresse même est incertaine, le notes restent, t'emplissent, te rassasient. Ce sont des yeux pleins d'étincelles, de larmes, de rires, sans faux-fuyants et sans colère, sans jalousie ou possession mal dissimulée. La musique te donne tout, te rappelle tout sans jamais rien te prendre.
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12 mai 2023

12 mai 2023 - 12h46

La fin de l'année arrive brusquement.

T'es en train d'accélérer comme un lama de course parce que tu te dis que tu finiras jamais le programme à temps et paf ! on te dit, la semaine prochaine, c'est les vacances de Pâques, puis après, il y a une semaine où vous pouvez faire des révisions, puis les étudiants ont des jours pour étudier chez eux puis c'est les exams. Et toi, t'es là, comme un flan, tu comprends tout juste que la fin de ton programme, tu l'as dans l'os et que tant pis et que de toutes manières, tes étudiants n'écoutaient jamais en cours, n'ont jamais relu un de leurs cours et le feront seulement le dernier week-end avant l'examen, sinon c'est trop tôt (si, si, il m'ont dit ça). Tu fais la séance de révisions, et pour la première fois sur les deux ans, ils t'écoutent, c'est bizarre. Mais ils te disent "mais on n'a jamais vu ça"... Ben si, ce sont des révisions.

Et puis même si t'as pensé toute l'année qu'ils te soûlaient à pas bosser, à discuter en mode salon de thé pendant que tu te cassais la voix pour attirer leur attention... tu vois bien qu'ils commencent à paniquer, te poser plein de questions sur les modalités des épreuves, les coefficients, comment les correcteurs notent... Et comme tu les as depuis deux ans, tu te sens touchée et tu les rassures, comme tu peux. En quittant la séance, ils te demandent "mais alors, c'était notre dernier cours avec vous ?"

Et oui. La fin de l'année arrive sans prévenir. Je n'ai plus que les première année jusqu'à la fin.

10 mai 2023

10 mai 2023 - 23h38

Julien aimait bien cette chanson.

Et moi j'aimais bien Julien. Alors j'aime bien cette chanson.

Un jour j'ai contacté Julien sur un réseau social tout nase. J'aurais tout aussi bien pu m'abstenir parce qu'il m'a dit ne pas se souvenir de moi. (Mate la taille du rateau). Bon, je voulais pas le draguer, juste lui dire coucou. Et puis, YOLO, alors me juge pas. Son kif, c'était la musique, comme moi. Alors je lui ai parlé de musique, je lui ai rappelé qu'il m'avait fait découvrir Marillion et d'autres trucs... Il m'a répondu "Ah. J'écoute plus du tout ça." C'était un message écrit mais j'ai senti comme un brin de dédain. (Mate la taille du deuxième rateau). Bref, il écoutait du jazz désormais. Et puis l'échange s'est arrêté là, ou presque.

Le jazz, musique de la maturité. Moi j'écoute toujours du rock et de la pop. Même des trucs que j'aimais ado. Tiens, je me suis réécouté des chansons de A-ha l'autre jour parce, j'avais envie.

Et puis mon neveu aime bien les livres à puces musicaux qui font de la musique classique. Il chante avec son livre qui fait un extrait de "Duo de fleurs". Il est mini, cet humain mais il chante juste, c'est fou. Alors j'aime écouter aussi ça, parce que j'aime ce mini-humain. <3

 

19 avril 2023

Prof

Je bricole des trucs chez moi, alors en bricolant, je pense à des trucs. Des souvenirs, des idées.

 

J'ai repensé à ma première réunion parents-profs, quand j'étais au lycée. Ma première année au lycée. C'est sans doute le moment qui a déclenché cette envie de quitter, qui n'a fait qu'empirer depuis.

Les réunions parents-profs, c'est un truc... Les parents sont dans une salle, et les profs y entrent à tour de rôle. Normalement, chacun a 10-15 minutes, pour se présenter, dire ses attentes, échanger quelques questions réponses avec les parents puis hop, au suivant. Et les profs font ça avec toutes leurs classes. S'ils ont beaucoup de niveaux, ça leur prend toute leur soirée.

Avec ma jeune collègue, nous sommes entrées en même temps. Nous n'avions que deux classes, les 1ères et les Terminales dans une spécialité. Nous sommes entrées en même temps car travaillions en co-intervention. La réunion avec les parents de terminales s'était relativement bien passée. Ils avaient passé un an ou presque sans enseignant dans la matière, donc ils devaient être contents d'avoir quelqu'un au poste.

Avec les parents des 1ères, nous avons été étonnées de voir des élèves aussi dans la salle. C'est pas une réunion parent-profs, c'était une réunion parent-profs-élèves. Et ça s'est mal passé. Avec ma collègue, nous avions demandé aux élèves de faire un truc sur les recommendations du prof qui nous passait le relais. Ils l'avaient mal fait car l'exercice leur déplaisait (avec beaucoup de mauvaise volonté). On aurait pu laisser tomber et passer à autre chose, mais nous étions débutantes et on s'est dit que si on se laissait manipuler dès le début, on serait foutues pour la suite. On leur a donc demandé de le refaire. Ils se sont plaints au responsable du lycée, et à leurs parents.

Et donc, les parents, nous les avions en face de nous ce soir là. Et ils n'étaient pas du tout bienveillants envers moi et ma colègue. L'une des mères nous a reproché de faire des cours inintéressants, alors qu'elle-même travaillant dans les assurances, savait rendre son contenu un peu sexy quand elle devait le présenter à des gens. Ah ah. Son fils était là dans la salle. Le père d'un autre des enfants nous a dit que "peut-être nous n'étions pas compétentes pour ce poste". Son fils était là dans la salle aussi. Ma collègue ne savait pas quoi répondre, mais j'ai pris la parole. J'ai répondu. Je ne sais plus quoi, mais j'ai répondu. Alors que je n'avais qu'une envie, c'était quitter la salle et démissionner dans la foulée.

Comment peut-on garder un minimum de crédibilité quand les parents te parlent comme ça devant leurs enfants. C'est dur. Je crois que ce moment m'a un peu démolie, même si je me pense un peu forte. Mais j'avoue que je ne m'attendais pas à une attaque frontale de cette sorte. Car au final, ils ont pris la parole et ils étaient plus ou moins tous d'accord entre eux, que nous, ma collègue et moi étions nulles. J'avais pris ce poste depuis 4 ou 5 mois. Alors peut-être que oui, j'étais nulle. Mais je bossais déjà les soirs jusqu'à 2h du matin, dans une matière inconnue de moi (techno) pour fournir tous les jours un contenu qui tienne un peu la route. Et dans la journée, je devais endurer la classe de 38 élèves dont plus de 50% étaient extrêmement turbulants.

Je ne sais pas comment j'ai tenu ces deux ans au lycée. Le confinement m'a en partie sauvée. Je n'y retournerait pour rien au monde. L'enseignement supérieur, c'est un peu plus facile... Mais à peine. Les étudiants sont un peu plus adultes. Mais à peine. Le niveau est très hétérogène et dès qu'un sujet est un peu conceptuel, abstrait, il faut déployer des torrents de manières pour leur faire comprendre les choses. OK, c'est le rôle de l'enseignant, on va dire. Mais quand on a 15 étudiants en face qui ne comprennent pas un truc, souvent pour des raisons différentes, on peut passer deux heures sur une notion simple. La capacité de concentration est extrêmement limitée. C'est dur. C'est pas comme travailler à la mine, c'est certain, mais c'est compliqué et usant.

1 avril 2023

Choses idiotes

A ma librairie, il y a un des libraires, pas très grand, fin. Les cheveux châtain clair tirant sur le roux, fins et commençant à se dégarnir. Il a une voix douce. Il est gentil et je l'aime bien. Quand il vient me dire bonjour, je suis contente, mais j'ai envie de rentrer ma tête dans mon cou, je rougis et je bafouille ma réponse. Je le cherche des yeux à chaque fois que je passe devant la vitrine, mais quand il est là, je regarde mes pieds.

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29 mars 2023

Il était sans doute aussi un peu egocentrique et

Il était sans doute aussi un peu egocentrique et ne dormait pas beaucoup.

Mais il aimait les autres et était avide de tout. Il savait aimer. Il travaillait sans cesse, se nourrissait de lectures, de films, de tableaux. Jusqu'au dernier souffle, je l'imagine penser encore, à des chansons dans sa tête, des textes qu'il n'aura plus le temps d'écrire. Dommage, ils étaient si beaux. Et cette musique qui allait avec, si futuriste, si originale. "Ils auraient adoré", se disait-il peut-être.

Faut-il soumettre les autres, pour être grand ?

23 mars 2023

49/3/2023

"Madame, si on faisait un cours de politique plutôt qu'un cours de physique ?"

Mes gamins s'interrogent.

"Madame, si quelqu'un devait partir à la retraite cette année, il pourra partir ou pas ?"

Mes gamins sont inquiets.

"Madame, ils ont brûlé Paris !"

Mes gamins ne semblent pas très "politisés". Je ne l'étais pas non plus à leur âge. Je me demande comment c'est, dans leurs têtes. Ils veulent juste vivre leurs vies, tranquilles. Leurs adolescences ont déjà été pourries à cause de la manière dont a été gérée cette "crise sanitaire".

Quand je regardes des vidéos avec des "violence policières", je scrute toujours pour vérifier que ces enfants ne sont pas des miens.

Cela changerait quoi d'ailleurs ? Rien. De la tristesse ajoutée à la tristesse. De la colère ajoutée à la colère. De la haine à la haine.

15 mars 2023

Retraite

Toutes les semaines, j'ai l'impression d'accomplir un parcours du combattant.

Ouais, c'est bon, je sais. Il y a des boulots plus difficiles que le mien. Beaucoup plus difficiles.

Mais c'est la réalité. J'ai l'impression de ramper sur les coudes dans la boue de cet esclavage quotidien (ou presque).

Ramper, atteindre l'étape suivante. Faire une pause. Ramper encore. Faire une pause. Deux jours de break. Nettoyer la boue.

Pouah, pouah, pouah !

Expliquer le concept de sinus et cosinus.

"Madame, à quoi ça sert, on voit pas du tout l'application concrète. On n'a pas besoin de ça dans nos entreprises."

Je leur dis qu'effectivement, dans leurs entreprises, ils n'ont peut-être pas besoin de faire des cosinus et des sinus d'angles mais que, quand tous leurs appareils de mesure, de calcul n'existaient pas, des mecs (ouais, t'as vu, Pythagore, Thalès etc, je les appelle "des mecs") avaient fait plein de calculs pour déterminer des trucs (je  fais la version courte là, bykhoze, flemme de taper).

"Ah ouais, ok, on voit, mais elles étaient bizarres leurs vies, bref, ils avaient rien d'autre à faire...."

Je leur rappelle, que sans les maths basiques (ou qui nous semblent basiques), il n'y aurait pas de maths plus "élaborées", pas de ci, pas de ça, et pas de TikTok sur leurs téléphones.

"Ah ouais, on pourrait vivre dans des cavernes, sans rien. Pas de contraintes. En vrai, c'était le bon vieux temps, l'époque des cavernes".

Bon, c'était l'instant mignon et rigolo de mes grands ados de 18 ans.

Après, je continue à ramper.

Humpf, humpf, humpf...

Je repropose à mon mec de nous exiler en Amérique du Sud MAINTENANT. Un peu comme retourner vivre dans une caverne, tu vois. Semer des trucs comestibles, observer les oiseaux et les singes, pas trop se fatiguer.

Il refuse :" Nan  mais ma famille est ici nanana nanana (c'est à dire à 600km).

- Oui, moi aussi ma famille est ici, c'est pas une raison.

- Oui mais (pas d'arguments)"

Bon, la réalité, c'est qu'ailleurs n'est peut-être pas mieux. Bon, y a pas Macron et sa bande. Mais il y en a d'autres. Peut-on espérer vivre par petits pas, sans être trop vus, se faufiler entre les conflits, les gueres, l'esclavage (tout moderne qu'il soit) ? Echapper à la chaleur, le froid, l'absence d'eau, le vent, les virus non humains ?

C'est pas mieux ailleurs, c'est pas mieux ici. Pour l'instant, je rêve de partir. Je rampe. Le rêve ne m'élève même plus, je reste clouée au sol. Même quand je me lève le matin, je rampe, schlop schlop schlop... Comme la créature informe du Festin nu, comme une limace. Schlop schlop schlop. Je rampe du matelas à la moquette. De la moquette au parquet du couloir, du couloir à la salle de bain. Schlop, schlop, schlop. J'arrive à me dresser pour apercevoir la méduse dans le miroir. Pas fameux ce matin. Faut que ça aille enseigner. Schlop, schlop, schlop...

J'arrive en cours. "Schlop, schlop, schlop..."

"Qu'est-ce que vous dites, madame ?"

Lumière. Musique. Spots sur moi... Le show va commencer. Je suis Freddy Mercury et je vais chanter les sinus et cosinus !!!

Encore 15 ans comme ça ? Voyons... Vous plaisantez.

 

8 mars 2023

Le monde etc.

Nan, sans blague. J'aimerais juste m'allonger sur une plage comme un phoque et que la fin vienne.

Je sais pas. J'ai jamais eu trop d'optimisme. Mais là, j'ai l'impression qu'il n'y a pas d'espoir en vue. Pour personne, pour rien. Comment font les gens pour continuer à vivre ? Pour être heureux, même, pour se dire que tout va bien ? Comment peuvent-ils ?

2 février 2023

Avoir des fantasmes "sales" fait-il de nous des

 

Avoir des fantasmes "sales" fait-il de nous des personnes horribles ? Faut-il interdire les fantasmes ? Faut-il interdire aux gens d'évoquer leurs fantasmes ? Faut-il mettre un flic dans les cerveaux ?

Est-ce que tous les enfants ont rêvé un jour de tuer leur père ? Leur mère ? Faut-il les mettre tous en prison ?

Pouah, certaines personnes me dégoûtent. Mais pas celles qu'on pourrait croire.

9 janvier 2023

50

50 ans de vie.

C'était pourtant pas gagné. J'ai jamais eu cet amour de la vie que tant semblent avoir.

J'ai eu des moments déprimés, de vagues à l'âme, des chagrins d'amours profonds qui m'ont abattue des mois (années) durant. Enfin, surtout deux.

J'ai pas eu l'enfance insouciante, l'adolescence joyeuse...

La vie, je ne peux pas l'aimer. Il y a tant de choses laides.

La nature est belle. La nature, c'est la vie. Mais pas la mienne. J'aime le vert, j'aime les arbres. J'ai mes grenadiers et orangers à la maison. Ils se croient déjà au printemps.

J'aime les animaux, sauvages.

Les hommes aussi, ce sont les sauvages que je préfère.

J'aime qu'on m'oublie. J'aime qu'on se rappelle de moi. J'aime vivre dans une coquille de noix.

Je ne veux pas lutter. Mais je ne veux pas non plus me laisser porter par une vague qui n'est pas mienne. Je préfère rester sur le sable et attendre. Un truc qui ne viendra jamais peut-être. Attendre, sentir le vent. Sentir les arbres. Attendre mais pas encore 50 ans.

 

11 décembre 2022

Un violoncelle

"Il n'y a pas de place pour toi."

"Je n'ai pas de place pour toi."

Symbolisme et interprétation.

L'espace, c'est comme le temps, c'est pas un truc qu'on a ou qu'on n'a pas. C'est un truc qu'on libère pour l'autre ou qu'on ne libère pas.

Question de priorités, dirait-on.

Qu'en pensez-vous ? Moi, je ne pense pas, je ne pense plus. J'en ai marre de passer en dernier. Comme un truc dont on peut s'accommoder (parfois). Je devrais peut-être voir un psy. Au moins, lui serait obligé de m'écouter. De m'offrir un peu d'espace et de temps. Je pourrais lui dire que j'étouffe. Que cette vie n'est pas pour moi. Et ça changera quoi ? Sans doute rien. Mais je l'aurais dit.

Aujourd'hui, y avait pas de place pour moi. J'ai l'impression que je m'efface. Non. J'ai l'impression que l'on m"efface. Je n'existe pas. Je me plains rarement, faut dire. A part ici. J'écoute les autres, je supporte les autres. C'est un rôle que j'aime bien, seconder, encourager, aider... J'aimerais que de temps en temps on me dise : "et toi ?" L'attention de l'autre suffit à alléger.

J'ai l'impression que l'on m'efface ? Non en fait. Je suis plutôt comme une bouteille en plastique vide et qui s'écrabouille sur elle même. L'atmosphère m'écrase. Et dedans, il n'y a plus rien. Je sais, c'est pas super du point de vue littéraire, cette comparaison. Victor Hugo peut aller se rhabiller. Ouais, moi aussi parfois, je fais des couïnements de cochons hurlants à l'intérieur. C'est pas en vers, mais ça libère. Allez, salut.

1 décembre 2022

J'ai eu une journée au boulot horrible. Et

J'ai eu une journée au boulot horrible. Et j'avais même pas de cours. Au final, cela me rappelle que les relations avec les jeunes, ça passe. Mais que mes semblables, ce sont eux, que je dois toujours éviter, le plus possible, dans une relation de travail. Je déteste travailler avec d'autres. D'autant plus quand ces "autres" pensent être tes "supérieurs". Fort heureusement, je ne suis le "supérieur" de personne. Et ne chercherai jamais à l'être.

 

27 novembre 2022

Pourquoi être sur les réseaux dits "sociaux" ?

Pourquoi être sur les réseaux dits "sociaux" ? Parce qu'on aime bien se dire que quand on parle, y a quelqu'un qui nous lit. C'est un truc d'egocentrique un peu. Ëtre sur les réseau sociaux, c'est se dire que peut-être aussi, à un moment si ça va pas trop bien, quelqu'un va le voir et te dire :"éh, prend ma main, relève-toi, tu vas voir, ça va aller mieux. Attends, on fait quelques pas ensemble.'.

Sauf qu'en vrai sur les réseaux sociaux, 95% du temps, 95% des gens causent tout seuls. Ouais, j'ai pas de données exactes, c'est un ressenti.

Bah, même moi, quand je vois quelqu'un qui va pas trop fort, ça m'arrive de lui parler mais hyper rarement. On se dit que les gens aiment souffrir seuls en vrai.

Moi, tu vois, ici je cause toute seule ou presque. Mais en fait, sur les réseaux "sociaux", c'est pire. En revanche, quand tu dis une ânerie, tout le monde vient s'ébahir.

La solitude, quoi.

C'est pas comme si je que je disais était important, en même temps.

Parfois, je me tends la main à moi même et, je me dis "tiens, prend ma main, relève-toi, je vais t'aider, on va faire quelques pas ensemble".

Parfois, je me regarde par terre, et je me dis avec dédain : "vas-y, chiale ta race, va pas croire que je vais te tendre la main".

Et puis, ça passe, comme dirait Edouard Philippe. "Et ça passe !".

Ah ah ah. Elle est idiote, cette chute avec Edouard Philippe. On n'a qu'à rester là-dessus ce soir. Allez, demain on retourne à l'esclavage. Bonne nuit. Et dis-toi que tout ça, "ça passe" !

27 novembre 2022

Je suis pas chanteuse, je suis pas comédienne. Ou

Je suis pas chanteuse, je suis pas comédienne. Ou peut-être, si, un peu.

Tous les jours de la semaine, je fais mon show. J'ai mon public, je fais des blagues. Parfois certains rigolent. La plupart du temps, ils ne comprennent pas. Genre quand je fais des allusions quand j'écris ln(3) à Hélene de Troie et la mythologie. Ils n'y pigent que dalle.

Je fais pas de gratte, je ne chante pas. Et mon public se barre à chaque fois au bout des deux heures, sans dire merci, sans applaudir, pas l'ombre d'un bouquet de fleurs. Pourtant j'ai répété mes scènes et j'ai appris mes tirades. Il m'arrive de faire de l'impro et je tente d'avoir un rythme qui retienne l'attention.

Parfois, je fais mon Lou Reed : "si vous n'arrêtez pas de parler, j'arrête de jouer et je rentre chez moi".

Quand t'es malade, quand t'es fatiguée... The show must go on. Veuillez éteindre vos téléphones portables en entrant dans la salle, vous les rallumerez en sortant. Tu parles, Charles. Ah, oui c'est pas Charles, j'ai Joseph qu'on joue. Joseph Fourier. Prennez une place et ouvrez vos oreilles. Le clown entre en scène.

 

 

 

18 novembre 2022

Aujourd'hui j'étais malade, alors je ne suis pas

Aujourd'hui j'étais malade, alors je ne suis pas allée bosser.

Feignants de profs.

Hier soir, il y avait la remise des diplômes de la promo précédente. Je voulais y aller mais je commençais à avoir le nez qui sniffait, alors je n'y suis pas allée non plus.

Salauds de profs.

Bon, j'ai pas dû manquer à grand monde je suppose. Je vais jamais à ces sauteries d'habitude. Mais il y a vec 3-4 étudiants que j'aimais bien. Paraît qu'il faut pas. Faut être une machine.

Bref. C'est marrant mais je culpabilise les rares fois où je suis absente (ce qui doit arriver une fois par an max). Alors que je m'en fichais quand je bossais dans une boîte où on produit des trucs. Mais là, je culpabilise. J'imagine mes étudiants, errant dans le couloir, surfer sur leurs smartphones au lieu de faire des sciences... Ah oui, c'est déjà ce qu'ils font quand ils sont en cours avec moi. J'suis bête.

J'me dis : oh lalalalalalaaaaaaaaaaa. Deux heures de maths en moins cette année, à cause de moi, ils n'auront pas leur diplôme !!!!!

Bref. Je suis restée au lit ou presque à boire des citrons chauds au miel et à me la couler douce. Je peux même pas chanter. Chanter avec mon nez qui snifffe... N'importe quoi.

J'avais quand même passé la soirée à préparer un cours de thermodynamique. C'est marrant. Tu commences à dire que ton système thermodynamique, c'est un petit bout de truc qu'on isole mentalement du reste de l'univers. T'as un petit machin là, dans un bol, une boîte, une enveloppe. Et t'as le RESTE DE L'UNIVERS. Bon, ça sert à quoi d'étudier ce petit bout de machin, presque inexistant ? Et regarder son énergie interne et tout ça...

C'est cool la physique. Et aussi insignifiant que nous, pauvres pucerons.

 

Bisous.

 

13 novembre 2022

White russians

We buy fresh bagels from the corner store

Where swastikas are spat from aerosols

I sit in the bar sipping iced White Russian

Trying to score but nobody's pushing

And everyone looks at everyone's faces

Searching for signs and praying for traces of a conscience in residence

Are we sitting on a barbed wire fence

Racing the clouds home, racing the clouds home

24 mai 2022

Fourmis

J'habite à côté d'une église.

Bon, je me doute que mon entourage géographique est en majorité catho. La voisine du dessous fait des goûters pour des scouts dont son fils fait partie par exemple. Mais voilà quoi.

Cela paraît logique, des gens cathos qui choisissent de vivre à proximité d'une église. Sauf que j'aurais jamais pensé à ça comme critère de choix d'un logement.

Bref. Pour moi, ça passe inaperçu ou presque.

J'aime bien "mon" église, ceci dit. Elle est jolie et fait dingue dongue pour marquer les heures.

Ce dimanche je me suis levée tôt. Ouais, 9h. Si si, c'est tôt. Pour un dimanche en plus t'imagines même pas comme c'est tôt. J'avais un truc à aller chercher en ville. Un dimanche. Le truc qui m'arrive jamais.

Toujours est-il que, en remontant chez moi vers 10h30 (oui, ça monte pour aller cher moi, et l'église est en haut de la mini côte), un type me dépasse. Jeune, grand, fin, avec un bermuda. Un adulte, bref, plus un gamin quoi. Et je me dis "celui-là, avec son allure de vieux scout, à tous les coups, il va à l'église". Et une demi seconde après, je me dis : "oooh, arrête ma vieille, avec tes clichés, c'est juste un mec en bermuda quoi... Il fait chaud, c'est normal, et puis il fait un peu BCBG, gentillet et tout. C'est pas pour ça qu'il est catho..."

Bref, il me dépasse et hop ! Je le vois filer tout droit vers l'église. Et de mon église, il y avait des chants qui sortaient. La porte était ouverte. Et les chants en sortaient. Laaaaaa, laaaaaaa... Mais là, je me suis aperçue qu'en fait, le gars en bermuda, il était loin d'être seul... De toutes les rues alentour, les gens arrivaient, avec un bon rythme. Des familles, des couples, des gens seuls... Tous se dirigeaient vers un point central : Lé-gli-seu. Ben, ça m'a fait drôle. On aurait dit plein de petites fourmis, attirées par ce chant de préchi précha et compagnie... Quelque part, c'était joli. Je me disais, c'est cool, tout ces gens qui pensent qu'il faut être gentil avec son prochain, s'aimer les uns les autres, et tu ne tueras point et tralali et tralala. Mais aussi, j'ai rigolé en me disant, c'est marrant, tous ces gens qui croient qu'il y a un mec dans le ciel qui les regarde et qui a écrit des commandements sur des boîtes de pizza (euh, j'ai vu le film de Ricky Gervais : The invention of lying, c'est drôle, je te le conseille)... J'ai pensé, ils sont mignons, ces gens avec leurs croyances... Et puis je me suis rappelée que le monde va mal. Et qu'il y a plein de gens, ils font pas que s'aimer les uns les autres...

Tout ça pour dire que le dimanche matin, c'est mieux de rester couchée et de ne pas voir la fourmilière.

22 mai 2022

Earth

Tiens, hier je suis allée à Paris, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas fait. Je suis sortie au métro Concorde, direction la Madeleine.

Punaise, ça m'a fait tout drole. La densité déjà. Je n'y suis plus habituée. Pas à cette densité là.

Et puis j'ai vu des filles. Des filles hyper chic, avec des robes colorées, des chaussures à talon. Ou avec des robes noires, hyper décolletés en V, jusque bas entre les seins. Ou avec des robes fleuries, et des grosses godasses pour faire contraste, mais quand meme avec avec des lunettes de soleil et un chapeau. Des filles de partout dans le monde. Et maquillées, et qui se tiennent bien droites.

Et que font ces filles ? Elles ont aux bras des sacs de shopping. Entre Concorde et Opéra, c'est le luxe.

Et que font ces filles ? Elles ont aux bras des sacs de shopping et elles font encore du shopping. Les vitrines se succèdent. Chaussures, robes, sacs à main. Robes, sacs à main, chaussures. Vert, jaune, violet, multicolore. Formes, plein de formes.

Les filles sont maquillées, elles ressemblent à des poupées. Elles portent des talons hauts et pointus. Et rentrent dans un magasin et puis un autre.

Beauté.

Beauté (?)

Beauté (!)

 

Je regarde les vitrines un peu en passant. Y a des trucs beaux et chers qui sont moches. Y a des trucs beaux et chers qui sont moches et qui valent rien.

Tiens, j'ai fini mon Bukowski. Il a dit un nombre incalculable de fois dans son bouquin qu'il était moche et ne ressemblait à rien.

Les vitrines, je ne rentre pas dedans, ni des yeux, ni du coeur.

Je regarde les filles. Je me pose la question, vraiment : "est-ce mon monde ?".

Le monde dans lequel je vis, il est si joli. Il y a des geckos bleus, des perruches jaunes, des vipères vertes, des frégates qui gonflent leur coeur rouge pour pécho de la frégate femelle. Je trouve que c'est joli. Y a pas de grands couturiers pour leur dire de se saper.

C'est idiot ce que je dis.

Les filles sapées, les boutiques, leur maquillage, leurs tailles fines, les talons... J'arrive pas à les trouver jolies. Et je me demande, est-ce le monde dans lequel je vis ?

Les filles défilent, les robes, des fils.

                                                 [Assemblés en tissus colorés]

Je dis les filles mais les mecs aussi.

Tiens, je suis allée rencontrer le boss d'un de mes étudiants pour le suivi des stages. Quand je l'ai vu arriver vers moi, chemise blanche impeccable, pantalon noir ou gris, enfin tu vois le genre, c'est tous les memes. Sourire ultrabright et un air à la Bertrand Usclat. Et blablabli et blablabla et patati et patata...

C'est le monde dans lequel je vis ? Il est drole. Avec tous ces bouts de chiffons. Ces Zappa Rances.

Quand je sors, je prends un jeans. J'ai le meme en plusieurs déclinaisons. Je mets un haut qui va à peu près avec. Je mets des pompes avec lesquelles je peux marcher à peu près.

C'est pas glamour du tout. C'est le monde dans lequel je vis. Je me pose dans un coin quand je vais pas bosser. J'observe les oiseaux. Je connais certains noms. Dans le jardin de mes parents, les mésanges charbonnières ont fait des oisillons. Faut penser à leur laisser de l'eau. Parce que le réchauffement climatique tout ça...

 

Y a un titre de Satriani qui s'appelle Not of this Earth.

Y a un album de Bowie qui s'appelle Earthling.

Ce texte, c'est n'importe quoi.

 

 

5 janvier 2023

On recommence

Les jours qui suivent une rentrée, je ne sais pas pourquoi, je n'arrive pas à m'endormir. Je tourne et me retourne dans le lit, peu importe mon niveau de fatigue. Je ne me suis pas beaucoup décalée, pourtant, ces deux semaines... Une forme de stress dont je ne suis pas consciente ? Je ne sais pas. Le résultat est que j'arrive au campus dans un état lamentable.

Mes étudiants sont fidèles à eux mêmes. Deux m'écoutent et me répondent. Les autres discutent entre eux. De foot, de filles, de vidéos sur youtube. J'ai renoncé à essayer de les en empêcher. Je ne désire pas une confrontation qui est inutile. Parfois, c'est compliqué, car le bruit de fond permanent m'empêche de me concentrer sur mes réflexion, les maths et la physique. Quand c'est trop dur. Je fais une pause jusqu'à ce qu'ils arrêtent. Puis on recommence. 2023 is pretty much like 2022.

21 décembre 2022

19 décembre

R. est un ancien collègue avec qui je corresponds depuis quelques années. De manière très épisodique. Un ou deux messages par an.

Il est parti vivre à la campagne il y a quelques années, a divorcé. Il ne supportait plus l'esclavage dans une entreprise. Je ne sais pas pourquoi il s'est séparé de sa femme, pas demandé.

Cette année, on s'est écrit un peu plus. J'aime bien sa manière de penser. Il y a quelques trucs un peu amusants mais dans l'ensemble, on est d'accord.

Cette année, on s'est dit qu'on pourrait se voir, quand il serait de passage pour voir ses enfants. On a donné rendez-vous à quelques autres collègues.

16 décembre 2022

Free the sky

Ma copine ce midi... "Ouais, il parait que l'année prochaine, ils vont tester des services de taxis-hélicoptères pour les JO, et après ça va rester pour nous et ça coûtera pas plus cher qu'un Über."
***implosions neuronales, réaction en chaîne***
Y a rien qui va dans ce qu'elle m'annonce ni dans son ton super joyeux...
"Purée, ça va multiplier la pollution sonore et salir encore notre ciel..." En fait j'ai pas les mots pour exprimer tout ce que ça évoque.

Des flap-flap j'en ai de plus en plus au dessus de chez moi Et des avions bruyants. Je n'aime pas. Et c'est oppressant... Laissez notre ciel libre pour les nuages et les étoiles !
Ma copine (qui me trouve rabat-joie sans doute) : "bah si c'est le prix d'un Über, je m'en servirais sûrement, même si j'aurais peur au début".

13 mai 2022

Ce soir je suis triste. Je pourrai être joyeuse

Ce soir je suis triste.

Je pourrai être joyeuse mais je suis triste.

Il fait beau. L'air et chaud mais léger. On respire sans masque (ce qui est normal, en fait quoi...)

Mardi j'ai vu un ami.

Je suis triste.

L'année se finit. Mes étudiants vont passer leurs examens. Les grosses épreuves commencent la semaine prochaine. Je corrige leurs présentations de projets. J'ai pas à le faire, mais je le fais. Pas un ne me dit merci. Ouais, on s'en fout, c'est quoi, un mot, un mot de cinq lettres en plus.

Je suis triste.

Les deuxièmes années, dans un mois, je ne les verrai plus. Sauf ceux qui redoubleront.

Mais c'est pas pour ça que je suis triste. Je sais pas pourquoi en fait. Tout à l'heure, je suis allée à ma librairie et je cherchais une BD légère et joyeuse pour l'anniv de mon frère. Et dans les rayons, j'avais envie de pleurer. Je sais pas pourquoi. Y avait des livres sur Hitler, y avait je ne sais combien de versions de 1984 en BD. Et ça me donnait envie de chialer.

Un des gars de la librairie m'a dit "Bonjour, vous allez bien ?". Et ça aussi, ça m'a rendu triste. T'as vu, je suis une mémère. Je vais toujours dans mes commerces autour de chez moi et tout le monde me connait, et les commerçants me tapent la tchatche et gnagnagni et gnagnagna. J'ai un sac en patchwork et il me manque le chignon pour être une mamie. Sauf que j'ai les cheveux encore relativement pas blancs, bouclés et pas trop longs et ils sont tout fous parce que je fais jamais rien, je vais pas chez le coiffeur ni rien. Ouais, je suis un truc entre une mamie, une bobo et une hippie. Bref, je suis un humain-limace et là je suis en stress parce que mes gamins vont passer une épreuve la semaine prochaine et qu'on n'a pas fini le programme, parce que je suis une enseignante lamentable, je suis un escroc, je ne maitrise rien... C'est peut-etre ce qui me rend triste. Qu'on ne maitrise rien.

On ne maitrise pas l'amour que l'on reçoit ou qu'on ne reçoit plus. On ne maîtrise pas l'amour qu'on donne ou l'éloignement.

On ne maitrise pas le temps... Je devrai boucler mon cours pour demain, et je suis là, tu vois, à écrire des fadaises sur ce blog qui est triste à mourir et puis je vais me coucher encore à deux heures du mat' et ce sera pas grave parce je finis ma journée à midi et je peux passer ma vie à etre une loque car qui s'en soucie ?

Bref, je suis triste et en meme temps non.

Tiens, un truc marrant. Mon neveu est terrible. Il a deux ans. Et mes parents endurent tout avec lui, le laissent tout faire. Eux qui étaient super raides avec moi et mes frères. Mon père est cool avec lui. Et quand il est juste un peu moins cool, ma mère le reprend. Je me dis que les petits enfants sont donnés aux grands-parents pour qu'ils aient l'occasion de racheter leurs fautes. C'est idiot, ça sonne presque comme un truc de religion. Moi j'ai pas de gosse, j'aurais pas d'gosse qui fera un gosse. Je rachète rien. Et puis j'ai pas de religion. Tout s'en ira.

Tu sais ce qui me manque ce soir ? Un sourire. Une main forte et chaude. Envoyer valdinguer le traitement numérique du signal analogique.

Bref, je suis triste et en meme temps non. Allez, j'y retourne.

21 décembre 2020

Ecriture

Sauvons nous par l'écriture, disais-je, il y a peu.

 

Je n'arrive plus à écrire depuis tellement de temps, il me semble.

 

Lycéenne, étudiante, je me promenais toujours avec mes petits blocs-notes que je gribouillais. Maintenant aussi, mais je ne les sors jamais.

N'ai-je plus rien à dire, ou n'ai-je plus besoin d'être sauvée ?

On pourrait croire que les twitters ou autres ont remplacé les jolis blocs-notes. Ils n'en est rien. Ils ont été remplacés par le vide, par l'attente.

9 décembre 2020

Quelques secondes de Brad Mehldau

Mon chéri m'a envoyé le lien d'une vidéo de concert de 1997 au Parc Floral de Paris. Il y était mais je ne le connaissais pas encore. Je l'ai connu en 2009.

On la regardait, chacun chez soi (bon je kiffais pas vraiment, c'est du jazz, c'est pas mon trip à part quelques trucs). Et soudain il me dit "tiens, on me voit à la toute fin".

Ni une, ni deux, j'ai zappé la suite du concert pour tomber sur la fin. Un gros plan sur lui, de quelques secondes. Il avait donc 31 ans. Je me suis dit qu'il était vraiment très mignon. Mince. Toujours ces grosses lunettes sombres qui cachent ses yeux et des belles mèches qui l'encadrent.

Je devais être sur le point de faire ma dernière année de fac. Franck ne m'avait pas encore "trompée", quittée. Je n'étais pas encore sortie avec le deuxième Franck, ni avec les autres. En 1997, j'étais jeune et plutôt mignonne aussi, avec le recul (on ne s'aime jamais dans le moment présent... pourquoi ?).

Je n'ai pu m'empêcher de penser que j'aurais pu être avec lui, ce jour là au Parc Floral, que j'aurais aimé ça. Que j'aurais adoré ce jeune homme et qu'il m'aurait peut-être aimée autrement, sans les blessures et les errances de ces entre-temps. J'aurais adoré me blottir dans ses bras avec fraîcheur et innocence. Je nous ai imaginés avec 23 ans de moins. Je voulais entrer dans l'écran et le serrer dans mes bras, mais avec mon ancien moi.

Maintenant on s'aime. Mais on est vieux. Moi j'ai des doutes, j'ai du recul. J'ai le coeur sec, parfois. Il y a 23 ans, je l'aurais aimé avec espoir et démesure. Aujourd'hui je l'aime sans attendre rien.

On est toujours un peu les mêmes cependant.

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Dreaming my life
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