Je me souviens quand j'étais ado, je passais mon
Je me souviens quand j'étais ado, je passais mon temps à dormir. Surtout le week-end, je me levais le matin puis je me recouchais. Parfois je rentrais après les cours à 17h30 et je me couchais.
Hypothèses :
- Je suis redevenue ado
- Je suis de nouveau déprimée
- Je suis très fatiguée
- Je suis un animal qui hiberne
Beaucoup de choses me dépriment. Quand certains trucs en me forçant, j'arrive à les trouver acceptables, les engrenages dans mon cerveau tournent tournent et finissent par retourner sur le "NON !"
Non. J'aime bien le "non". Je le dis parfois de manière un peu abrupte. Quelquefois ça choque et offusque les autres.
Lundi j'ai repris les cours. J'étais plutôt joyeuse parce que les gamins, faut les motiver et puis, j'ai envie de leur donner le meilleur de moi.
"Madame, vous savez si on va reprendre le "distanciel" ?
- ???!!! Euh, non je sais pas. Mais c'est nul le distanciel.
- Oui d'accord madame mais là, avec la propagation des cas... ils sont de plus en plus nombreux !
- Ah bon ? Vous les avez comptés ? (je dis souvent des idioties, je sais pas pourquoi. Peut-etre pour voir comment va réagir mon interlocuteur. Ou alors parce que je sais pas quoi répondre. Bref.)
- Mais non madame, c'est dans les news, il faut s'informer madame. Sérieusement, j'ai peur pour ma santé.
- Vous êtes jeune.
- Oui, mais j'ai trop peur. Avant j'étais antivax. Maintenant je suis provax. A fond."
Je souris parce que je me demande pourquoi ce revirement complet. Et aussi, comment peut-on penser le monde de manière aussi binaire ?
Je souris mais je me sens dépitée. Parce qu'il y a un truc qui me fait plus peur qu'un virus, c'est une jeunesse qui a peur et qui préfère vivre enfermée.
Je leur présente mes voeux et leur souhaite un nouveau vent de liberté en 2022. Ils ouinouintent.
"Mais madame, c'est pas parti pour s'améliorer, ça va etre de plus en plus strict, ouin ouin."
J'ai l'air de rigoler d'eux, mais en fait non. Je comprends leurs peurs. Mais l y a un truc qui me fait plus peur qu'un virus, c'est une jeunesse qui a peur et qui a perdu l'arrogance de la jeunesse. Quand on est jeune, on est immortel, non ?
Bon, mon autre classe est un peu différente. Je verrai comment ils sont vendredi.
Bref, en ce moment, le lieu qui me semble le plus accueillant, c'est mon lit. J'ai de doux draps en flanelle. J'en ai en coton aussi, mais je préfère ceux en flanelle. Il y fait chaud, je peux oublier le monde et ses peurs, et ses douleurs. C'est pas que je préfère vivre enfermée. C'est que je suis de nouveau déprimée.
Ah oui, dans un lit, on peut baiser aussi. Mais en réalité, on peut baiser partout. Pas de bol, dernièrement j'ai eu droit qu'à des mecs qui ne voulaient baiser qu'au lit. Aucune fantaisie. Déprimant.