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Dreaming my life
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5 janvier 2022

Je me souviens quand j'étais ado, je passais mon

 

Je me souviens quand j'étais ado, je passais mon temps à dormir. Surtout le week-end, je me levais le matin puis je me recouchais. Parfois je rentrais après les cours à 17h30 et je me couchais.

Hypothèses :

  • Je suis redevenue ado
  • Je suis de nouveau déprimée
  • Je suis très fatiguée
  • Je suis un animal qui hiberne

 

Beaucoup de choses me dépriment. Quand certains trucs en me forçant, j'arrive à les trouver acceptables, les engrenages dans mon cerveau tournent tournent et finissent par retourner sur le "NON !"

Non. J'aime bien le "non". Je le dis parfois de manière un peu abrupte. Quelquefois ça choque et offusque les autres.

Lundi j'ai repris les cours. J'étais plutôt joyeuse parce que les gamins, faut les motiver et puis, j'ai envie de leur donner le meilleur de moi.

"Madame, vous savez si on va reprendre le "distanciel" ?

- ???!!! Euh, non je sais pas. Mais c'est nul le distanciel.

- Oui d'accord madame mais là, avec la propagation des cas... ils sont de plus en plus nombreux !

- Ah bon ? Vous les avez comptés ? (je dis souvent des idioties, je sais pas pourquoi. Peut-etre pour voir comment va réagir mon interlocuteur. Ou alors parce que je sais pas quoi répondre. Bref.)

- Mais non madame, c'est dans les news, il faut s'informer madame. Sérieusement, j'ai peur pour ma santé.

- Vous êtes jeune.

- Oui, mais j'ai trop peur. Avant j'étais antivax. Maintenant je suis provax. A fond."

Je souris parce que je me demande pourquoi ce revirement complet. Et aussi, comment peut-on penser le monde de manière aussi binaire ?

Je souris mais je me sens dépitée. Parce qu'il y a un truc qui me fait plus peur qu'un virus, c'est une jeunesse qui a peur et qui préfère vivre enfermée.

Je leur présente mes voeux et leur souhaite un nouveau vent de liberté en 2022. Ils ouinouintent.

"Mais madame, c'est pas parti pour s'améliorer, ça va etre de plus en plus strict, ouin ouin."

J'ai l'air de rigoler d'eux, mais en fait non. Je comprends leurs peurs. Mais l y a un truc qui me fait plus peur qu'un virus, c'est une jeunesse qui a peur et qui a perdu l'arrogance de la jeunesse. Quand on est jeune, on est immortel, non ?

 

Bon, mon autre classe est un peu différente. Je verrai comment ils sont vendredi.

Bref, en ce moment, le lieu qui me semble le plus accueillant, c'est mon lit. J'ai de doux draps en flanelle. J'en ai en coton aussi, mais je préfère ceux en flanelle. Il y fait chaud, je peux oublier le monde et ses peurs, et ses douleurs. C'est pas que je préfère vivre enfermée. C'est que je suis de nouveau déprimée.

Ah oui, dans un lit, on peut baiser aussi. Mais en réalité, on peut baiser partout. Pas de bol, dernièrement j'ai eu droit qu'à des mecs qui ne voulaient baiser qu'au lit. Aucune fantaisie. Déprimant.

 

 

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27 décembre 2021

Auto-psy

Et pourtant tu es le pays que j'aime, terre de Prévert, Desnos et Apollinaire.

Je sais qu'en vrai, il n'y a pas de frontières, ce ne sont que des lignes imaginaires.

Vivre sur ton sol, j'en était fière

                                                    ou seulement heureuse ?

Je me croyais un peu libre, malgré les #metoo et autres luttes. On ne manque jamais de révolutions à mener.

Aujourd'hui je ne le suis pas vraiment moins. Pour le moment.

 

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
— Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!

 

Je ne me sens pas encore entravée.

Mais je suis si seule par moments.

22 décembre 2021

Depuis un moment déjà, en ouvrant l'oeil le

Depuis un moment déjà, en ouvrant l'oeil le matin, ou en le fermant la nuit, je me dis que je voudrais bien ***disparaître***.

Pas mourir, non : disparaître. Ne plus exister, ne plus  être là, m'évanouir, to disappear, to vanish, to fade into black. Enfin tu vois. Ce que devient le monde ne me plaît pas.

 

16 décembre 2021

Rev'la Noël. Puis mon anniversaire, puis la

Rev'la Noël. Puis mon anniversaire, puis la chandeleur, Paques, les vacances d'été, puis la rentrée et la Toussaint, et puis Noël... Jusqu'à ce que mort s'ensuive. Cette année on a un bout de chou dans la famille. Et ma soeur va lui faire croire ces conneries de père Noël. Et pourquoi pas Dieu, tant qu'on y est.

J'ai pas mis les pieds dans ma jungle depuis plus de deux ans. J'ai pas touché ma gratte depuis trois semaines. Y a un parfum de démotivation en fin d'année.

8 décembre 2021

Intuition

C'est marrant l'intuition.

Tout à l'heure j'ai pensé à son ex collègue qui travaille maintenant ailleurs mais dans la même ville. J'ai toujours eu l'impression qu'elle lui tournait autour et je l'aime pas. Et j'ai pensé : "en sortant de son travail, elle va passer le voir". A un moment j'étais assez jalouse et puis c'est passé parce qu'il était moins en contact avec elle. Mais aujourd'hui j'ai pensé "elle va passer le voir". Et cette pensée a été très présente, pendant une demi-heure. J'étais intimement convaincue que cette intuition était vraie.

Il y a trente minutes, il m'a appelée car il avait une pause. "Tiens, tu sais quoi, machin est passée me voir. Elle m'a apporté un goûter de Noël." C'est marrant l'intuition, hein. On dit souvent en rigolant que dans la famille du côté de ma mère, les femmes sont des sorcières.

Bon. Je me sens pas jalouse comme j'ai pu l'être à une époque. Mais je sais que cette femme kiffe mon mec et si je suis à peu près sereine, c'est pas pour ça que j'aime qu'elle lui offre des chocolats. Je crois que je vais lui jeter un sort.

(Oh, c'est bon, je rigole hein. Et puis si elle se transformait en blatte, les gens enquêteraient sur sa disparition et je finirais par etre  débusquée.)

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2 décembre 2021

Je songe à partir. Et ce serait seule. Mais

Je songe à partir. Et ce serait seule. Mais est-ce que tout cela ne me suivrait pas ? Est-ce que dans mon pays les gens sont différents ?

Perdre tout mes liens. En suis-je capable ?

Je pense à mes jeunes. Mes amis. Deux ans que je ne vois presque plus personne d'amical. Encore moins. Je suis une ourse. Je suis devenue super Ourse. Et si je pars, tout lien se brise. Renoue celui avec ma terre.

18 novembre 2021

Cette nuit j'ai fait un mauvais rêve. J'ai rêvé

Cette nuit j'ai fait un mauvais rêve.

 

J'ai rêvé que j'étais retournée habiter chez mes parents, et nous avions déménagé, dans une maison que je ne connaissais pas. Tout était nickel, rien ne traînait. Et je suis tombée sur une partition. Un truc de pop britannique comme j'aime. Je ne sais plus ce que c'était, j'ai oublié. Mais dans mon rêve, la mélodie était claire et semblait hyper facile à jouer. C'était peut être lemon tree. J'ai chantonné et je me suis dit que je devais jouer ce morceau. Mon regard a parcouru la pièce et j'ai commencé à paniquer. Je ne voyais mes guitares nulle part.

J'ai commencé à ouvrir les armoires, les placards. Aucune trace de mes guitares. J'ai senti l'angoisse monter. Je me suis dit que ma mère avait dû les prendre et les ranger quelque part sans me demander. Je finis par ouvrir une armoire et je les trouve sur une étagère, rangées à plat, sans étui, les unes sur les autres. Je pense que c'est une catastrophe, qu'elles doivent être abimées. Effectivement, je prends celle du dessus, elle est couverte de pokes, sa peinture s'écaille. Il y a une tele couleur vanille, son vernis s'en va... Et puis il cette guitare bleue avec une texture un peu de métal brossé du luthier Girault que j'aime bien mais que je n'ai pas en vrai. Et ma Squier couleur bronze, et ma noire classique. Elles sont toutes abimées, et je me dis que ce n'est pas rattrapable et que je vais devoir toutes les poncer et les repeindre/revernir entièrement. Je suis en panique. Je crains qu'elles soient foutues. J'appelle ma mère à son travail (ce qui est drôle parce que maintenant elle est à la retraire et quand elle travaillait, c'était à la maison). Et je lui fais des reproches, je lui dis qu'elle ne doit jamais jamais toucher à mes guitares, qu'on ne range pas des guitares n'importe comment etc.

Là, mon téléphone a sonné et je me suis réveillée. Et tant mieux parce que c'était angoissant. L'angoisse des choses qui m'échappent, que je ne contrôle pas. J'aime mes guitares, même si ce ne sont pas des guitares chères ou de super qualité. Ma classique noire, c'est toujours ma chérie, même si j'en ai une autre "mieux", c'est avec elle que j'ai appris et l'autre n'est qu'un deuxième choix. Et ma Squier aussi je l'aime d'amour. Bref. J'ai pas aimé mon rêve.

21 octobre 2021

Quand je pense à certains mecs de ma génération

Quand je pense à certains mecs de ma génération et plus âgés qui pleurnichaient et exigeaient de baiser sans capote pour leur "confort", en disant vite fait "j'ai fait un test y a pas longtemps, j'suis négatif, et crois moi sur parole". Il aurait été marrant de les QRcoder, ces connards là.

Ouais, je sais, personne n'est obligé de baiser. D'ailleurs on s'en passe très bien. Surtout depuis que j'ai mon jouet, les orgasmes sont de bien meilleure qualité.  On n'est pas obligés de baiser, on n'est pas obligés de boire des coups en terrasse, on n'est pas obligés d'aller au ciné De toutes manières, c'est cool la vie dans une grotte. Y a internet pour les films, y a mon torréfacteur préféré pour les cafés pas en terrasse mais dans mon salon ensoleillé. Pour les cours de guitare, tant pis. De toutes manières, j'ai plus de temps pour bosser mon instrument parce que je passe tout mon temps libre dans ma grotte ou presque. Je vais quand meme marchouiller un peu de temps en temps pour m'aérer.

Tiens, hier sur arte.tv, j'ai vu une série japonaise en six épisodes qui parle du procès fictif d'une maman qui aurait tué son bébé et comment faire partie des jurés impacte la vie du personnage principal, elle meme maman d'une petite fille. C'est vraiment bien construit.

Sinon, pour la capote, ça change un peu maintenant, mais pas chez les vieux de mon age. C'était toujours à la femme de faire attention (je n'ai connu qu'une exception, avec un partenaire, qui n'avait pas ce défaut là. Je le remercie pour ça). Non mais le nombre de fois où on m'a dit :"non mais de toutes manières, tu prends la pilule ?" (bon pas cinquante mille fois non plus, j'ai pas eu tant de partenaires).

La pilule, c'est le truc que les nanas s'habituent à prendre très jeunes. C'est le truc qui te fait grossir, te donne des mal des cranes une fois par mois, te donne des boutons, parfois fait baisser ta libido. Et en plus, une fois que tu commences, ça devient une routine... à vie. Parfois pour rien, juste au cas où un jour, tu baiserais. Ah ah (dans ce sens). Une fois j'ai arreté. J'ai vu que c'était cool. Puis j'ai un peu repris. J'ai vu que c'était pas cool. Et un jour, j'ai dit "fuck" et j'ai arreté définitivement cette daube...

 

Oui, ok. La pilule a permis sans doute de libérer pas mal de choses. Mais marre d'avaler ce truc tous les jours. Marre de devoir PENSER à avaler ce truc tous les jours. Marre de ce que ça produisait comme effets "autres". Finalement, je suis bien plus libre sans.

 

13 octobre 2021

Something big is gonna happen... over my dead body...

Je n'ai même plus envie de pleurer tellement ce monde est triste. C'est comme si mon coeur était engourdi.

Hier Nick Cave était à la Salle Pleyel. C'est qu'un détail. On s'en fout, en fait. Ne pas aller à un concert, c'est pas grave. Ne pas aller à dix concerts, c'est pas grave. Ne pas aller voir ton amoureux qui joue, c'est pas grave.

Demain j'irai au cimetière, ça me fera du bien.

 

 

We don't really want a monster taking over
Tiptoe 'round, tie him down
We don't want the loonies taking over
Tiptoe 'round, tie him down

[Chorus]
May pretty horses
Come to you as you sleep
I'm gonna go to sleep
And let this wash all over me

 

 

PS: écoute la deuxième voix pendant le refrain, comme c'est bon.

27 septembre 2021

En rêve.

J'ai encore rêvé de toi, Francky.

Après vingt ans, comment est-ce encore possible ?

Tu ne hantes pas ma vie, mais la nuit, parfois, tu viens me rendre visite.

C'est fou comme tes traits ont la même netteté qu'autrefois. Et tu sembles tellement réel, toujours.

Cette nuit, je te disais que je t'aimais, et toi, que nous étions prêts pour être de nouveau ensemble. On était dans la maison de mes parents. C'est marrant, ça.

Cette sensation de bien-être dans ces rêves est aussi tellement réelle, tellement palpable, que je fais tout pour ne pas me réveiller. Peut-être qu'en rêvant de toi, un jour, je ne me réveillerai plus.

Je me demande comment est ta vie à Osaka.

22 septembre 2021

Il y en a toujours un...

Depuis que j'enseigne, je constate que les groupes qu'on nomme "classe" se ressemblent toujours un peu.

Il y en a toujours un par exemple, qui attend la fin du cours, que tous ses camarades soient partis pour venir te parler, toi le ou la prof.

Je ne parle pas de ceux qui viennent poser des questions sur le cours. Non, il y a toujours celui-là, qui vient te dire deux-trois mots et qui finissent par découvrir des détails de sa vie personnelle. Le sport qu'il pratique, l'endroit où il vit, les choses qu'il aime, ce à quoi il aspire. Parfois ce confidences peuvent être liées à une forme de solitude mais pas toujours, il peut s'agir d'un étudiant sociable.

C'est étrange pour moi, ce jeune qui te fait confiance alors qu'il ne te connait pas (en début d'année, on est de parfaits inconnus l'un pour l'autre). Sans doute parce que moi, je suis avare de confidences. En dehors de ce blog, je veux dire. :)

 

Donc quelque part, ça me touche, ça m'interpelle. Et je me demande, "tous ses camarades se sont enfuis après nos quatre heures de cours, sans demander leur reste. Et lui, il est là, il me parle, il prend sur son heure de déjeuner."

Quand j'étais gosse, j'aimais bien discuter avec mon prof d'art plastique et celui de musique. Mais c'était au collège. Dans l'enseignement supérieur, jamais. Bon, en amphi, ça s'y prête pas. Et on les sentait trop loin de nous, je suppose. Quelque part, ça me fait plaisir d'être une personne qui semble "accessible". Ce que les "adultes" ne sentent pas toujours.

Dans l'enseignement, vraiment, ce que je préfère, c'est le lien.

16 septembre 2021

J'ai eu une petite blessure aujourd'hui. Un truc

J'ai eu une petite blessure aujourd'hui. Un truc d'amour propre.

J'ai ressenti ce truc que je traine depuis toujours, depuis mon enfance, de "non appartenance".

J'ai versé deux-trois larmes. Oh, pas plus que ça. Est-ce grave de pas faire partie du groupe ? Je suis pas la nana cool que tout le monde s'arrache. Je suis la nana ourse qui grogne si on l'approche de trop près trop vite. GrrrrRRRRRrrrr.

Après quand quelqu'un te plait, c'est dur. Parce que tu rentres en contradiction avec toi meme. En quelque sorte.

Bon, je dois finir mes cours pour demain, j'arrete de chouiner. (Et l'accent circonflèxe est toujours coincé).

 

3 septembre 2021

OSEF, OSEF NOT

On pourrait croire que rien de tout cela ne m'affecte.

L'autre jour à la réunion de pré-rentrée, j'ai dit au dirlo que je me sentais assez optimiste pour cette année.

Et il a commencé sa réunion par "Je sens un regain d'optimisme pour cette nouvelle année".

Au moment où je le croisais, je le pensais. Je revoyais des têtes connues. Une nouvelle année, ça peut être l'espoir de quelque chose de nouveau. Et puis j'ai du mal à ne pas être positive en face des gens, qui ont besoin que je les "cheer up" un peu.

Bref, aujourd'hui c'est le forum des assos, dont le lieu où je vais apprendre la guitare, le russe et faire le yoga. Moi j'ai prévenu ma prof de russe que cette année, je serai pas là, au moins au début. Et je crains que ça se prolonge. J'ai eu un petit pincement au coeur. Je sais... Tu pourrais, y a qu'à... Fuck. Si la vie était simple, ça se saurait. Mon optimisme s'est envolé. Je suis un peu triste ce matin (quoi ? Il n'est que 17h56 du matin).

J'ai pas ce sentiment d'appartenance. Je l'ai jamais eu, je l'aurai jamais. Non, je me fous pas de tout ça.

 

27 août 2021

Réfugiées

Un petit bout de terre sans guerre
Un petit peu de rêves en vers
Afin d'oublier et reconstruire
Afin d'avancer et puis s'instruire
Un petit bout de terre sans guerre


Un petit coin de pays sans armes
Un sol non arrosé de nos larmes
Une maison non cernée de flammes
Un sol non arrosé par nos larmes
De la légèreté pour nos âmes

Un morceau de chemin pour danser
Chanter sa liberté de penser
Oublier les interdits insensés
Et tant pis s'ils se sentent offensés
Un sentier ondulant pour danser

22 août 2021

Confinement.

Quand j'ai commencé à enseigner au lycée, j'avais quatre collègues dans "mon" équipe pédagogique.

L'un deux, un peu plus âgé que les autres était aussi responsable d'une section. Il avait la réputation d'un enquiquineur. Il l'était sans doute. Les élèves, il les menait d'une manière quasi militaire. La plupart des collègues ne le portaient pas dans leur coeur.  Moi, il m'amusait plus qu'autre chose. Il rentrait parfois dans mes classes à l'improviste, pourrissait mes élèves pendant 15 minutes, parce qu'ils étaient pas habillés correctement, parce qu'ils avaient rendu des copies dégueulasses, parce qu'ils ne se comportaient pas bien dans les couloirs... Il les engueulait blablabla blablabla... Fraichement arrivée, je le laissait faire. Je me demande aussi dans quelle mesure il ne faisait pas ça pour me surveiller, voir comment je tenais ma classe. Je m'en foutais, je le laissais causer, parfois avec un sourire en coin et un regard amusé vers mes élèves. Puis il repartait. Je pense qu'un enseignant qui me ferait ça aujourd'hui, je le foutrais dehors en lui disant de ne pas déranger mes cours. Il n'était pas trop aimé par les collègues que je connaissais en tout cas.

Quoi qu'il en soit, comme je n'entrais jamais en confrontation avec lui, que je l'écoutais toujurs calmement et qu'il a vu sans doute que je me sortais du mieux que je pouvais avec des classes difficiles, il n' a jamais été dur avec moi, comme il a pu l'être avec d'autres. Ou alors dans mon dos. Les élèves me rapportaient quelques trucs qu'il avait dit sur moi. Ce qui me faisait un peu marrer. Rien de dramatique. J'ai toujours senti qu'il jouait un personnage, qui fait peur un peu, pour ne pas se laisser bouffer. J'avais l'impression qu'il était bon quand meme. Parfois les élèves lui écrivaient des années après, en le remerciant de les avoir secoués et menés vers leurs buts.

La dernière fois que je lui ai parlé, à ce collègue, j'en avais un peu gros sur la patate, à cause des parents d'élèves, des élèves... On a  discuté un peu. Il m'a dit qu'il ne fallait pas se laisser faire. Je l'ai remercié sincèrement. Puis il m' a dit "Si tu as besoin, tu peux toujours m'appeler." Etrangement, ce sont les dernières paroles qu'il m'a dites, et ce qu'il restera de lui pour moi.

Puis il y a eu le covid.

Quand le confinement a été annoncé, mes élèves étaient fous. Il sont partis extrêmement joyeux et excités en me criant "bonnes vacances, madame !!!". Je leur ai dit que ce n'était pas des vacances, qu'on allait quand meme travailler. Certains prétendaient qu'on ne se reverrait pas avant septembre. Je ne les croyais pas.

Mon collègue ne leur a donné qu'un devoir en partant en leur disant qu'ils n'avaient que ça à faire jusqu'à la reprise. Effectivement, les élèves ne sont pas revenus cette année. Lui ne leur jamais fait cours à distance, ni e-mails, ni rien.

Plus tard, nous avons su qu'il avait des problèmes de santé (pendant tout le temps du confinement le directeur nous envoyait des bulletins hebdomadaires). On ne savait pas trop quoi. C'était le grand ami et soutien du directeur. On ne savait que penser... Puis on a entendu, par ci, par là : "dépression". Il était proche de la retraite aussi.

L'été est passé. En septembre nous avons repris "normalement". Lui n'est pas revenu. Nous avons juste appris que ses problèmes de santé continuaient... J'ai pensé à lui envoyer un mot de soutien, prendre de ses nouvelles... Je ne l'ai pas fait. On n'était pas vraiment amis, pas du tout meme. Et j'ai toujours peur d'être intrusive ou indiscrète. Je ne l'ai pas fait...

J'ai croisé des élèves, ils m'ont parlé de lui. J'ai eu envie de lui écrire "les élèves demandent après toi". Je ne l'ai pas fait. J'ai vraiment eu envie mais non.

Les semaines ont encore passé. J'ai pensé à lui, je ne sais pas pourquoi, quand meme assez souvent.

Puis, un jour, un e-mail du directeur est tombé, nous annonçant son décès. On ne sait pas de quoi. Dans le passé, les décès de collègues dans les télécoms dont on cachait la cause avec pudeur étaient souvent des suicides. Donc j'y pense, forcément. Puis, ça se confirme dans les couloirs du campus. Je ne cherche pas l'information mais elle me tombe dans les oreilles.

Mon établissement est catho, donc il y aura une messe en son hommage. Le directeur dira à mots couverts ce que nous ressentions déjà. "Il n'est pas décédé du covid, mais si le covid n'avait pas été là, nous pouvons supposer qu'il serait encore parmi nous."

 

 

 

 

9 août 2021

Fahrenheit 451

Et tous les livres brûlèrent... avec eux disparut une bonne quantité de savoir, de poésie, de rêves et d'espoir...

Puis les disques s'enflammèrent, même s'il n'y en avait plus tellement car presque tout le monde écoutait depuis longtemps sa musique sur des supports dé-matérialisés...

Ensuite ce fut au tour des guitares de prendre feu. Il faut dire qu'il faisait bien plus chaud que lors du plus chaud des concerts de rock de l'histoire de l'humanité... Les partitions s'envolèrent avant de retomber en virevoltant dans la danse infernale des flammes.

Il deviendra quoi, ton T-shirt du Velvet ? Il deviendra quoi, mon poster de Bowie ?

Tout s'incendie.

Cramée, la voiture...

Cramée, la maison...

Cramés, les billets de banque... jusqu'au dernier... Les chèques et les provisions... Les cartes de voeux et de crédit... Les doux aveux.

Cramés, le passe sanitaire et ta sale gueule à la TV.

Cramée, la photo de mon chéri dans mon portefeuille.

                                                                                 Tu sais, cette photo, devant la cabane en Normandie, où ton sourire est si lumineux, parce que nous vivons les premiers jours de notre amour et que nous sommes heureux.

Cramés, le banquier, la banquise et cramés les grillons. T'inquiète, certains en réchapperont et se multiplieront.

 

Ma prose est mauvaise ? Qu'importe, elle cramera aussi.

 

 

Over here, come slowly
Come slowly to me
I've been waiting
Patient, patiently
I didn't get it, but now I can see


That there's a way out, that there's a way out
That there's a way out, that there's a way out
That there's a way out

 

 

23 juillet 2021

Moi aussi je regarde des films

Sur arte, j'ai vu il y a quelques semaines "Une affaire de famille" de Kore-Eda. Il date de 2018. Je suis calée en ciné aussi, t'as vu.

Après j'ai eu envie d'en voir d'autres de lui, et certains étaient bien mais celui-là reste mon préféré.

 

Pourquoi ? Effectivement, c'est cool de voyager. Le japonais, c'est marrant comme langue, on dirait qu'ils racontent tout le temps des blagues avec leur accentuation rigolote. Rien à voir avec l'accent parisien.

Mais sinon, ça raconte que les vrai liens ne sont pas ceux qu'on croît. C'est un peu loufoque, un peu inattendu. Très poétique. Et il y a une scène qui me touche énormément. Si tu vois le film, sauras-tu laquelle, cher lecteur ?

Et les acteurs sont beaux, le vieux comme les enfants. Lumineux, je veux dire. Bon, c'est plus en replay. Dommage.

Les liens. C'est ce qu'il y a de plus rien important. La liberté et les liens. Sans lien, tu es un a-lien.

8 décembre 2010

Le serpent qui danse

Le sRpen ki danse

Ke j'm voir, chR 1dolente,
2ton kor si bo,
Kom 1 étof vacillante,
MiroiT la po!

Sur ta chevelur profon2
Oz akr parf1,
mR odorante é vagabon2
O flo bleuz é br1,

Kom 1 navir ki Cveil
O ven du mat1,
Mon am réveuz apareil
Pour 1 ciL lou1t1.

T zyeu, ou ri1 ne se révL
2dou ni damR
Son 2 bijou froi ou se mL
Lor avec le fR.

A te voir marché en Kdance,
bL d'abandon,
On diré 1 serpent ki danse
O bou d'1 baton.

Sou le fardo 2 ta parS
Ta Tte d'enfan
Se balance avec la molS
D'1 jeun Léfan,

é ton kor se pench é s'alonj
Kom 1 f1 vésso
ki roul bor sur bor é plonj
C vRgue dan l'o.

Kom 1 flo grossi par la fonte
dé glacié grondan,
Kan l'O 2 ta bouche remonte
O bor 2 T den,

Je kroi boir 1 v1 2 boM,
AmR é v1Keur,
1 ciL liki2 ki parsM
Dtoil mon keur!

Charles Bo2lR

1 mai 2011

Ëtre vrai ?

Il n'est pas avec moi et il me manque.

Je pourrais l'appeler. Si je ne l'appelle pas, il ne saura pas que je lui manque. Enfin s'il me manque, peut-être que je lui manque aussi. Et si je lui manque il peut penser que peut-être il me manque.

Mais si je l'appelle et que je lui dis qu'il me manque, il va peut être me juger trop dépendante, me trouver bizarre et s'éloigner. Je te suis, tu me fuis, tu me suis, je te fuis.

Si je l'appelle sans rien lui dire de particulier, il ne va peut-être pas comprendre. Peut-être que je vais le déranger. Il peut penser que je le harcèle.

19 avril 2011

Poisonous relationship

Une relation vénéneuse qu'est-ce que c'est ?

C'est l'histoire d'un mec qui te fait un signe alors que tu n'aurais pas vraiment fait attention à lui sinon. Et puis il est gentil avec toi, il te charme. Et tu te dis qu'il n'est pas si mal. Il est intelligent, amusant et même s'il n'est pas ton style, il te remue, te fait du bien.

17 avril 2011

Désir (III)

Hier je suis allée voir le film Waste Land, documentaire qui raconte un des projets de l'artiste brésilien Vik Muniz. Parmi les choses qui m'ont marquée dans ce film il y avait cette pensée :

"Mieux vaut ne rien avoir mais être pleins de désirs que de posséder énormément de choses et ne plus rien désirer."

 

18 novembre 2024

Une rupture et un café

Nous nous sommes séparés autour de notre plat de pâtes du lundi. J'avais fait un tiramisu, avec un vague espoir de le reconquérir.

Il est parti et bien parti. Vivre autre chose avec une autre personne.

Je suis en vie, je suis débout. Pour l'instant, je ne me roule pas de douleur. Pour l'instant, je vis.

J'aurais ma première séance de psychanalyse de ma vie lundi prochain.

4 novembre 2024

Once again

J'ai rêvé de Francky cette nuit. Once again.

 

Je rentrais dans une salle de TP pour mes étudiants. Je n'avais pas bien préparé. Je me suis dit "je vais faire un TP avec réflectomètres". En fait je suis juste une sorte de chargée de TP, le prof principal de la matière est dans le coin. Devant la salle, il y a Francky. Je me rends compte qu'il va assister à mon cours. Je me dis "zut, je ne vais pas être à la hauteur". Francky est sans doute la personne la plus intelligente que j'ai connu. Déjà à la fac, c'était une tête. Il comprenait tout, et moi je pigeais rien. Là, il bosse dans une boîte énorme sur des nanotechnologies. Je suis fière de lui et je me dis toujours que j'aurais dû rester avec lui.

 

Donc dans mon rêve, je fais entrer tous mes étudiants dans la salle, et je commence à regarder le matériel. Mais je me rends compte qu'il n'y a pas assez d'appareil. En fait il n'y en a pas. Un autre prof avait pris le matos parce que j'avais pas réservé pour ce que je voulais faire. Je ressors en galère, et me demande ce que je vais faire pendant ce cours, je réfléchis à mes sujets de TP et TD disponibles. Je retourne dans la salle et je vois le prof "principal" qui me montre des réflectomètres dans un autre coin de la salle. Ouf, je peux faire le TP. Mais le fait que cet autre prof prenne la main me décrédibilise dans ma tête. Je me dis "Francky va se rendre compte que je suis nulle, il le sent sans doute déjà". Le prof se met à côté de lui et regarde comment il manipule l'appareil. Sa main frôle Francky. Il porte un pull vert pomme vif (j'en ai un de la même couleur). Francky tourne sa tête sur moi. Je fais signe que c'est pas moi qui l'ai touché. Il se tourne vers l'autre prof et lui fait un signe qui veut dire "ne me touche pas". Je redis au prof "il faut pas toucher les gens".

 

C'est tout ce dont je me souviens.

 

Ce qui me rappelle un truc qui s'est passé avant les vacances.

 

J'ai un étudiant un peu spécial. Il parle beaucoup et demande de l'attention. Parfois il me met mal à l'aise. Au dernier cours, il est venu me dire au revoir et m'a tendu la main. Je lui ai simplement dit "je ne serre pas la main aux étudiants". Il m'a répondu "pourquoi ? On est des adultes." J'ai simplement ajouté "je ne touche pas mes élèves".

 

Cette "règle" fait partie des consignes pour ne pas avoir de problèmes, dans une liste qu'on nous donne dans l'établissement. Mais pour moi c'est du bon sens. Mais surtout, je déteste le contact physique dans le cadre du travail. Je n'aime pas quand mes collègues veulent taper la bise (ce qui arrive très peu, heureusement), ou même serrer la main, ou faire un "check" (ce que je trouve débile). Bref.

 

Mon rêve de Francky, un de plus. C'est lui qui arrive le plus souvent dans mes rêves. Il vit avec moi, dans moi. Loin des yeux, pas loin du cœur et pas loin des souvenirs.

 

T'as vu, j'ai mis de gros caractères. Vive la presbytie.

 

9 janvier 2025

Les gens...

Les gens ne sentent rien, ne voient rien.

Mon collègue me dit ce matin : "je te trouve bonne mine, tu as pris des couleurs et tu as perdu du poids".

Bonne mine => j'ai des yeux de pandas tellement j'ai pleuré.

Tu as pris des couleurs => je suis un fantôme.

Et tu as perdu du poids => je fais deux fois moins de repas et quand je mange un peu je finis par avoir la nausée.

Il poursuit "tu as du partir en Bretagne, tu aimais bien aller là-bas".

Oui, j'ai eu envie de me jeter des rochers, j'ai eu envie de me noyer dans la mer tourmentée... J'ai vu toutes les plages que nous aimions, les coins où nous avons tourné et il n'était pas là.

La semaine dernière, une dame a disparu. Son manteau était resté sur les rochers en bord de mer...

31 décembre 2024

Ce soir

Ce soir, je me sens comme une sombre m...

Je pensais que ça irait mieux. Mais ça ne va pas mieux. Je pleure des torrents, tous les jours. Je me sens minable, misérable. J'ai l'impression de n'être rien. Je regarde tout le travail que j'ai fait pour lui... Pour l'instant je compte le montage de 100 vidéos pédagogiques. Et je pense que je n'en suis qu'à la moitié. J'ai envie de tout foutre en l'air. Y compris moi-même. Des soirées et nuits jusqu'à 3-4 heures du matin à faire un-deux-trois-quatre, un-deux-trois-quatre,  ou un-deux-trois, un-deux-trois pour que les vignettes soient bien synchronisées avec la musique. Tout ça pour me faire abandonner comme la dernière des connasses... Parce que, bon, faut pas s'interdire de vivre des choses. J'ai envie de CLAMSER. Non, ça ne va pas mieux; ça n'ira jamais mieux. Je me déteste de ne pas être capable de me faire aimer de manière durable.

 

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