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Dreaming my life
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1 décembre 2010

(co)locataires XVIII

Ce sera la première tentative de rupture.

Quelque temps plus tard, un soir... Je m'approche de lui, je le caresse. Il me regarde et prend encore un air triste. Il me dit :

" Non, An', nous ne pouvons pas continuer comme ça. Ce n'est pas bien."

Le bien, le mal.

Le désir, le rejet.

La douceur, la tristesse.

Il ne veut pas continuer. Oui, c'est normal, il ne m'aime pas, il me l'a dit. J'ai mal dans le coeur, dans le ventre. Mais je crois que je suis prête à être "raisonnable", à faire mon deuil de cette relation, de cet amour à sens unique. D'une voix blanche, je lui réponds: "D'accord."

Je m'asseois à côté de lui sur le bord du lit. Simplement.

Nous nous sommes regardés et il a tendu la main vers moi, il m'a caressée, je l'ai caressé aussi. Nous nous sommes embrassés puis nous avons fait l'amour. Doucement, tendrement.

Nous n'avons pas rompu ce soir là.

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18 octobre 2010

Sam me dit aussi (II)

Mais pourquoi me font-ils réagir ainsi ?

Certaines réagiraient peut-être de cette manière si on leur présentait un chirurgien, le directeur d'une société, un pompier...

Mon ami m'apprend qu'il est violoniste. Cela lui confère d'office une aura toute particulière. Il est musicien, et cela influence le regard que je vais porter sur lui, de manière plus ou moins inconsciente.

Quand il arrive, il est très souriant. Il a beaucoup de charme. Il regarde les guitares qui sont posées dans un coin - dont la mienne - et fait un commentaire. Au cours de la soirée il dit des choses amusantes. Je le trouve vif et intelligent. Je l'imagine aussi distrait et rêveur. Il a une coiffure un peu floue et décidemment, j'aime beaucoup son sourire. Il a un corps tout fin et des yeux pétillants. J'aime ce qu'il exprime, par ses paroles et par ses gestes.

En fin de soirée, les gens s'en vont et nous avons l'occasion de discuter davantage ensemble. Le courant passe bien.

Nous sommes les derniers à partir et descendons en même temps. Nous nous disons au revoir dans la rue après avoir discuté encore un peu. Implicitement nous exprimons le plaisir de nous être rencontrés.

Quand même, en le regardant une dernière fois, j'ai un doute... Je crois que nous nous étions déja vus, chez ce même ami, lors d'une autre soirée.

En rentrant je vérifie dans mes vieux e-mails. En effet, nous nous étions rencontrés une première fois en septembre 2008.

Je suis perplexe de constater le décalage entre les deux rencontres. La première fois je ne l'avais pas remarqué puisque je ne m'en suis pas souvenu. La deuxième fois, j'avais l'impression de ne voir que lui.

 

30 juillet 2010

(co)locataires XIII

Des souvenirs de moment blessés avec lui j'en ai beaucoup. Et je m'en souviens très bien.

En fin de compte, être "avec lui" est plus difficile que de ne pas l'être. Parce que je suis dans une confusion extrême. Quand je cherche des signes qui me prouveraient qu'il est amoureux ou qu'il tient à moi, je n'en trouve pas vraiment. Ou alors, c'est ambigü, pas franc.

Je me souviens que, par exemple, j'essayais de le joindre par téléphone quelquefois le soir et il ne répondait pas, alors que je le savais chez lui. Et en particulier un samedi, où j'espérais le retrouver, je l'ai appelé à plusieurs reprises, laissé des messages. Puis j'ai été idiote de gâcher mon week-end en attendant qu'il donne signe de vie. Lui était simplement chez lui en train de "faire l'ermite" comme il me le dira plus tard.

En tant que spectatrice de cet épisode, je trouve mon comportement simplement stupide. Je suis quelqu'un d'assez fier, bien qu'ici cela ne semble pas évident. J'ai supporté des tas de choses de sa part, que je n'aurais accepté de personne d'autre car je ne suis pas quelqu'un de très patient non plus (ce que je lui dirai plus tard, au cours d'une discussion). Et je ne sais pas m'expliquer pourquoi. J'ai envie d'être avec lui, je me sens bien quand je suis avec lui et quand il n'est pas là, il me manque. Le problème est qu'il n'exprime rien, ce qui me laisse libre cours à mille interprétations possibles et c'est ce qui est le pire. Quand il ne me répond pas, ne me rappelle pas, je peux penser des tas de choses, qu'il veut être seul, qu'il ne veut pas sortir (il n'est pas très sociable) et bien sûr, que je suis indésirable. Et ces heures passées à me ronger les sangs auraient pu être évitées par une réponse simple et courte de sa part: "je n'ai pas envie de sortir", "j'ai envie de rester seul", "je n'ai pas envie qu'on se retrouve ce week-end", voire "je n'ai pas envie qu'on se retrouve" tout court. La franchise aurait été moins douloureuse. Et puis, c'est bizarre, non? Quand on débute une relation, c'est là qu'on a tout le temps envie d'être avec l'autre, de lui parler souvent...

Mais quand je commence a être fermement convaincue que je suis indésirable, et suis en train de me faire une raison, malgré la peine que je ressens, c'est à ce moment là qu'il redonne signe de vie et qu'il revient vers moi, me rappelle ou m'écrit. S'il avait voulu suivre une stratégie pour me déstabiliser et me rendre accro, il n'aurait pas pu mieux faire.

7 juin 2010

Dans Chroniques Martiennes, un homme rencontre un

Dans Chroniques Martiennes, un homme rencontre un martien. Les deux se voient, se parlent, mais quand l'un tend la main vers l'autre, il le traverse comme s'il n'était pas fait de matière. Ils se perçoivent mutuellement comme des fantômes.

Lui et moi sommes un peu comme eux. Nous partageons le même temps et le même espace mais nous nous traversons sans jamais nous toucher. A travers nos corps nous continuons à voir la lumière des étoiles.

31 mai 2010

-Al12

Le lendemain alors que nous allons faire une course (il doit être près de 20h), le téléphone de mon amie sonne. C'est le violoniste qui appelle. Je tends l'oreille alors pour savoir ce qui se dit. Je comprends qu'il propose une sortie. Mon amie répond que nous avons fait beaucoup de choses dans la journée et que nous sommes fatiguées. "Zut!" me dis-je. Je n'entends pas la fin de la conversation car elle descend faire sa course. Quand elle revient cinq minutes plus tard, elle a déja raccroché, et ne me raconte rien. Ce n'est que dix minutes après qu'elle me dit "An', nous allons passer chez le violoniste: il m'a demandé si je pouvais l'amener chez un ami à lui car il doit aller chercher une voiture qu'on lui prête". Je dis OK et nous y allons.

Arrivées devant chez lui mon amie se range sur la bordure de la route. Mais voilà, il a beaucoup plu les jours passés et au moment de faire marche arrière pour se ranger, la voiture se retrouve enlisée. Mon amie s'enerve un peu, alors je lui dis de rester calme et descends pour voir comment est le sol. En effet c'est bien mouillé alors je lui indique comment tourner, en restant à côté de la voiture. Sauf que... la terre est bien humide... C'est même de la boue assez liquide au sol. Alors quand elle appuie sur l'accélérateur, la roue m'envoie des projections de boue à peu près de la tête aux pieds. Le premier cri de surprise passé, nous nous regardons toutes les deux et partons d'un fou rire. Elle de me voir couverte de boue (j'en ai même dans les cheveux, c'est dégoutant) et moi de me voir ainsi aussi mais surtout de voir son expression horrifiée.

Le violoniste nous a entendues et il sort. Il désembourbe la voiture en moins de deux et me dit "Je ne peux pas te laisser repartir comme ça, tu vas prendre une petite douche". Je ne me rends pas compte de l'étendue des dégats (il fait nuit en plus), mais je me dis que ce ne sera pas du luxe alors je le suis dans la résidence. Mon amie reste dans la voiture. Il va chercher une clef et ouvre une pièce en rez-de-chaussée, c'est une salle de douche. Il me dit "c'est là" et rentre avec moi. Ça fait un peu bizarre cette situation. Il accroche une serviette sur la tringle du rideau de douche et me dit: "Le plus simple c'est que tu rentres là dedans." Alors j'enlève mes chaussures, mais il est toujours là. Il soulève un peu mon haut en me disant: "Il faut enlever ça". Hum... On dirait qu'il a envie de m'aider à me déshabiller. Mais c'est bizarre, parce qu'il le dit très gentillement, le plus naturellement du monde. Alors je lui souris et lui réponds "Je vais me débrouiller" et hop, je monte dans la douche. Et tire le rideau. Il me dit que dans ce cas, je peux lui passer mon t-shirt et ma jupe pour les nettoyer un peu. Je les lui passe par dessus le rideau de douche et me lave... J'étais bien couverte de boue tout de même. Ensuite il me redonne mes vêtements... Il n'y parait presque plus. Quand je sors, je le trouve derrière le rideau en train de nettoyer mes chaussures. Je suis gênée de tant de gentillesse envers moi, d'autant plus que j'ai bien dégueulassé la salle de bain. Il y a de la terre dans la douche, par terre. Je veux aider à nettoyer mais il ne me laisse rien faire. Je suis touchée. Ensuite, il me dit "Viens, je vais te montrer où j'habite". Nous traversons le préau et il ouvre sa porte: une chambre avec un lit, un bureau, une TV et des instruments de musique. On dirait un studio d'étudiant.

Je l'aime bien. Il referme tout, et nous repartons vers la voiture. Nous rions de la situation et il me prend par la taille en disant mon prénom. Un comportement très sud-américain. Nous marchons comme ça pendant quelques secondes. Je crois qu'il m'aime bien aussi.

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30 mai 2010

-Al11

J'ai rencontré un homme récemment, plus âgé que moi. Nous avons étés présentés par une de mes amies avec qui je voyageais. Ce soir, là nous sommes passées le chercher en voiture pour aller à la fête d'anniversaire d'un de ses amis à lui, fête où il y aurait de la musique et où lui même jouerait certainement (il est violoniste). Quand je le vois arriver, je constate quelque chose de spécial. Il n'est pas vraiment beau, à mon goùt. Ce n'est pas mon type d'homme mais je suis obligée de remarquer qu'il dégage quelque chose. Issu de différents métissages, il a un physique particulier. Mais surtout je trouve qu'il dégage une grande gentillesse. C'est toujours bizarre de ressentir quelque chose de si marqué en quelques secondes, étant - de plus - inexplicable et inexpliqué. Intuition féminine?

Il a une voix douce et quand nous nous faisons la bise, il prend bien soin d'être attentif à mon prénom. Il me demande si je vais bien avec douceur, comme si nous nous connaissions de longue date. En plus, il sent bon.

Je ne suis pas d'un naturel sociable et je suis assez réservée, au moins dans les débuts d'une relation. Avec lui, je me sens tout de suite à l'aise. Sa conversation est agréable, légère, il fait souvent des petites blagues gentilles, innocentes mais qui vont bien avec sa personnalité.

Nous passons prendre quelques trucs à grignoter en centre ville avant de partir car mon amie a faim et notre fête est à une heure de route.

Sur place, il y a une barbecue. Le violoniste  est très prévenant avec nous. Avec l'une  comme avec l'autre, il a plein de petits gestes qui font plaisir. Un côté protecteur mais sans le côté macho. Plein de gentillesse.

Plus tard dans la soirée, nous sommes assis tous les trois à une table et il demande à mon amie si son dos va mieux (elle a eu mal dernièrement). Il lui passe la main dans le dos, constate des points de tension et commence à la masser pendant quelques minutes. Bon. Elle le remercie. Il se tourne vers moi et me dit alors en tendant la main "fais voir ton dos". Je n'aime pas trop le contact physique avec les gens que je ne connais pas (et même avec ceux que je connais, en fonction du contexte) mais ça ne me dérange pas. Je me laisse faire. Il s'arrête à un endroit de ma colonne vertébrale et me dit "là, il y a un noeud". Je ne trouve pas. Je ne suis pas stressée depuis plusieurs mois, je ne me sens pas tendue du tout mais je ne le contredis pas. Son massage n'est pas désagréable. Alors je laisse aller.
S'ensuit un conversation entre lui et mon amie sur le don de savoir masser, en faire une profession ou pas... Moi je rêvasse, présente sans l'être vraiment. Je profite de la douceur du climat et subis la musique. En effet, il y a un groupe qui joue à l'intérieur (nous sommes sur la terrasse), des chansons plutôt sympathiques mais à un volume bien trop élevé pour la qualité acoustique disponible et le chanteur crie bien plus qu'il ne chante.

Plus tard encore, le violoniste  va chercher son violon et monte sur scène avec le groupe auquel il se greffe. Le rock et le reggae ne sont pas vraiment son répertoire habituel mais  il s'intègre et ça donne plutôt bien. Rien d'exceptionnel parce que le groupe n'est pas excellent, mais c'est plaisant.

Il ressort de tout ça qu'il a bon caractère, qu'il a de l'humour et qu'il est doué en musique. Il a du charme aussi.

Au retour,  il est encore assis à l'arrière dans la voiture, il me masse la nuque puis à mon amie aussi. Je me souviens que nous avons beaucoup ri sur le chemin du retour à cause de la route dans un état lamentable qui nous secoue dans tous les sens. J'en apprends un peu sur lui. Il a deux grandes filles, de deux femmes différentes. Il est resté peu de temps avec chacune. Il a dix-hut ans de plus que moi.

Nous rentrons à trois heures du matin.

Lorsque nous nous séparons je lui dis que ça m'a fait plaisir de le rencontrer, chose que je dis assez rarement, en particulier en présence d'une troisième personne.

14 avril 2010

Silence programmé III

     Exprimer ses sentiments c'était mal.

     Enfin pas exactement mais presque. Je viens d'une culture où l'enfant est "seulement" un enfant. Il n'est pas considéré de la même manière qu'un adulte et on se demande même s'il est considéré comme une personne. Les choses évoluent, comme partout dans le monde mais ni à la même vitesse, ni au même moment. Etant enfant, je ne pouvais pas affirmer ce que j'étais, ce que je ressentais.

     Quand je vois les relations parents-enfant aujourd'hui et en France, j'ai l'impression que cette tendance est inversée, aboutissant même sur des comportements absurdes (je me souviens en particulier d'un Christine show,  émission diffusée il y a quelques années aux Etats-Unis). Mais dans l'ensemble je dois dire que je trouve ce changement positif. Il renvoie en même temps à la vision que chacun de ces adultes a eu sur sa propre enfance.

     Alors voilà, je pouvais rire, sourire, être enjouée. C'est l'attitude normale pour un enfant à qui il ne manque rien (vision de l'adulte en face de moi ndlr). Je ne pouvais pas ne pas être d'accord avec les comportements qu'on m'imposait, pas vraiment de marge de manoeuvre (impression d'être un pantin dans les cas extrêmes). Mais le pire était de ne pas pouvoir ressentir ce que je voulais, enfin, ça on ne pouvait pas me l'interdire, mais je ne pouvais pas l'extérioriser.

     Adultes, ils nous arrive d'avoir le vague à l'âme, d'être déprimés ou juste un peu tristes sans raison apparente. Alors pourquoi ce ne serait pas pareil pour les enfants? Et quand l'expression dans ces sentiments provoque un réaction de "rejet" et bien, c'est terrible, car en dehors de se sentir mal, on se sent mauvais... culpabilisés.

     Dans un autre registre, toute forme d'expression relative à un éveil sentimental était recadrée. Je me souviens en particulier d'une phrase tellement absurde: "D'abord il faut étudier, tu t'occuperas des garçons après". Comme si on vivait sa vie par séquences programmées!

     J'ai vécu une grande partie de ma vie avec tellement de choses intériorisées, comprimées à l'intérieur de moi. On pourrait croire que sous la pression elles vont finir par exploser ... un jour. Mais pour le moment pas de Big Bang en vue. Ce sera peut-être simplement le relâchement progressif d'un piston.

     Il en résulte un fort besoin de toujours mesurer mes paroles avant de les laisser s'échapper.

     Il en résulte une certaine forme dans mon expression, liée à mon univers de sens... Pratique de figures de style dans tous les sens afin d'atténuer mes propos. Il ne faudrait surtout pas que ce que je dis soit trop violent!

     Il en résulte un fort besoin de bien connaître la personne en face de moi avant de lui dire qui je suis (en opposition avec un fort tempérament sud-américain... donc, à nuancer)

     Il en résulte une peur (?) de ne pas être aimée pour ce que je dis... pour ce que je ressens... pour ce que je suis?



PS: cette note ne me plaît pas. Elle n'arrive pas à exprimer un millième de ce que j'ai envie de dire.

 

 

16 mars 2010

Scary

J'ai peur de trop ressembler aux autres.

Parce que ça signifierait que...

 

I wish I was smarter
I got so lost on the shore
I wish I was taller
Things really matter to me

But I put my faith in tomorrow
I believe we're not alone
I believe in Beatles
I believe my little soul has grown

And I'm still
So afraid
Yes, I'm still
So afraid
Yeah, I'm still
So afraid
On my own
On my own

28 juin 2009

Guess what?

Ce soir, coup de fil de mon meilleur ami. C'est rare qu'il m'appelle pour me donner des nouvelles un dimanche soir comme ça. On s'appelle de plus en plus rarement en fait. Les prises de rendez-vous pour se voir se font le plus en plus par e-mail.
Il m'annonce une nouvelle. Un heureux évènement, dit-il. Bien sûr je suis contente pour lui et pour sa chérie. Pourtant quelque part ça me... Je ne sais pa comment définir... Il était le dernier copain de fac à "faire de la résistance" avec moi. Pourtant nous n'avons plus vingt ans depuis un moment, mais je ne peux m'empêcher de me dire "Déja!".
C'est dans l'ordre des choses on va dire. Une copine, un appart, un bébé... Sûrement très planifié tout ça, connaissant son caractère.
Egoïstement, je me dis "Et moi?". Que vais-je faire? Je n'ai pas envie de rentrer dans l'ordre des choses. Dans ce réseau là, celui des anciens copains de fac, je vais être la seule. On va me charrier, gentiment, me demander quand est-ce que je me lance. Je n'aime pas ça. Je trouve ça horriblement indiscret. Et puis expliquer mon choix de vie à ces amis qui en on fait un autre. Ils ne me comprendront pas? Me trouveront bizarre? J'ai l'habitude mais ce n'est pas toujours plaisant.
Dans un autre groupe, j'ai des amis qui me comprendraient plus volontiers. Ils sont plus jeunes, n'ont pas fait les mêmes études... mes chers excentriques.
J'en ai parlé une fois, une seule fois, avec une de mes collègues car je savais qu'elle me comprendrait. Et elle m'a comprise car elle pense comme moi.

9 juin 2012

If it makes you happy

Si ça te rend heureux, alors continue. Continue à m'ignorer. Continue à alterner proximité et distance. Continue à frapper à ma porte, me dire deux-trois mots joyeux pour ensuite me renvoyer un silence glacial pendant des semaines.

Continue à m'abandonner.

Continue à te perdre, dans cette foule d'inconnues qui te fait mal, en te disant que - peut-être - l'une d'entre elles te fera du bien.

Si ça te rend heureux, ça ne doit pas être si mal.

Si ça te rend heureux... Mais je sais que ce n'est pas le cas.

 

26 juillet 2013

Les gens me demandent, horrifiés : "Mais, tu ne

 

Les gens me demandent, horrifiés : "Mais, tu ne t'ennuies pas ?".

Je respire. Je regarde les arbres. J'écoute la pluie tomber. Je rêve. J'écris. Je fais de la musique. Je peins. Je prends le temps de faire plus souvent des (petites) courses puis de cuisiner, d'expérimenter de plats que je n'aurais pas fait en dix minutes top chrono parce qu'il faut bien s'alimenter. Je m'occupe mieux de mon petit chez moi aussi.

Non, je ne m'ennuie pas. Mais je me souviens de longues périodes d'ennui, enfermée dans un bureau, pendant ces intervalles de huit heures interminables, sans la possibilité de s'enfuir, à faire des fichiers sans intérêt, de la correspondance soporifique avec des collègues. Oh non, je ne m'ennuie pas.

 

 

 

26 janvier 2013

Expérimentales

Hier soir je suis allée à un concert . Le jeune homme en question était tout seul sur scène, avec des appareils bizarres devant lui, ainsi qu'un violon et une guitare. Il triturait des boutons et s'amusait à faire des boucles, à rajouter du son, de son violon, sa guitare et parfois sa voix. Avant de le connaitre j'aurais eu du mal à croire que ce type de musique pouvait être aussi touchante, émouvante.

Je regardais son visage. Lui semblait faire corps avec son violon.

En écoutant, je pensais aussi, d'où avait pu sortir cette musique, combien avait-il expérimenté ? Et il ne l'a pas pensée seulement, il l'a juste créée. Et moi, j'étais là, je me nourrissais de l'expérimentation d'un autre, parce que je n'ai jamais eu le cran de me jeter à l'eau moi même. Je trouvais l'instant beau et un peu triste aussi. Avons-nous tous en nous cette fibre créatrice ? Pourquoi si peu d'entre nous l'exploite ?

18 novembre 2012

J'irais bien au ciné ce soir. Je peux vaincre ma

J'irais bien au ciné ce soir.

Je peux vaincre ma paresse pour prendre le métro et aller dans un cinéma que j'aime bien, à 45 minutes de chez moi (même si dernièrement, je l'aime de moins en moins, la propagation des cartes illimités faisant que le public devient le même partout, des gens qui vont voir des films pour voir des films). Je peux me motiver pour y aller seule, car ici, pour aller voir un film en prévenant le jour même, c'est impossible, il faut plannifier un mois à l'avance. Mais je ne peux me résoudre à endurer une demi-heure de pub avec le son à fond les ballons, des pubs qui vont essayer des me vendre des choses dont je n'ai que faire, avec une esthétique discutable et des slogans à la noix. Le plus vomitif étant d'entendre mes voisins s'extasier sur elles : "Elle est bien cette pub, elle est drôle, elle est belle..." Beurk.

Je vais peut-être attendre qu'il sorte en DVD le dernier Thomas Vinterberg.

15 novembre 2012

Ligne 123

Ce jeune homme sur le siège d'en face était assez mignon. Tu me connais un peu maintenant, tu sais que j'aime bien reluquer. Il devait être près de 19h, il rentrait du travail. Il avait l'air élégant et détendu mais il était temps qu'il se mette un peu plus à l'aise. Il a penché son beau regard sur sa poitrine et a commencé à dénouer sa cravate. Mais au moment de la glisser complètement hors de son noeud, il a levé la tête et m'a fixée longuement, droit dans les yeux, en poursuivant son geste.

 

Ses pupilles avaient un éclat érotique.

 

 

13 novembre 2012

Why do I give valuable time to people (who don't care if I...)

Te rends-tu compte que tu parles toujours de toi?
De ta vie, ton boulot, tes relations conflictuelles avec untel...
Je me fiche de connaître tes histoires avec tes collègues, de savoir que tu as
mis deux heures pour arriver au bureau.
Je ne suis pas ton amie.
Te rends-tu compte que tu te plains tout le temps ?
Ton égocentrisme m'ennuie. Ne vois-tu pas qu'il y a des tas de sujets à
évoquer avant toi ?
Il y la brume du matin
L'odeur des feuilles d'automne
Le regard de ce gamin indonésien quand il descend chercher du soufre dans le
cratère
Le sourire de cette petite vieille toute fripée
Ce fou qui prend son envol puis fend l'air d'un sifflant plongeon vertical
Je me fiche de toi

 

 

11 octobre 2012

Carnets de voyage (I)

Le voyage réveille bien des choses.

Je suis pourtant dans un endroit qui ressemble au paradis. L'eau du Pacifique est bleue, tiède et claire. Je suis entourée d'oiseaux, poissons, mammifères marins, reptiles... Pas trop d'humains, et seulement à petites doses. Le soleil est tendre. Le jour, je souris, je ris.

C'est la nuit que tout revient. Oh, je vois déjà ton oeil accusateur me dire "Mais arrête donc de ressasser, profite de la vie, va de l'avant." Mais non ce n'est pas ma faute. C'est l'autre. Celle qui est loin, enfouie. Celle que je ne maîtrise pas.

C'est la nuit.

Je me réveille, les yeux humectés de larmes, quand les heures les plus sombres commencent à céder leur place au petit matin. A moitié consciente, je rappelle les images de mon rêve. Je veux savoir, me souvenir ce qui me fait pleurer. Et c'est lui, toujours lui, le premier amour, que j'interroge : 'Mais qu'as-tu fait de notre éternité ? Tu m'avais dit que tu trouvais ça horriblement banal, mais que tu ne trouvais rien de mieux à dire que Je t'aime. Pourquoi as-tu abandonné tout ça?". Et dans un demi-sommeil j'émets un gémissement plaintif: "Que c'est long de vivre..." Mais dans mon rêve, ce n'est pas à lui que je l'envoie... C'est à ma mère. Elle est debout devant un lavabo et ne me répond pas. Elle se (s'en?) lave les mains.

1 mai 2011

(co)locataires XIX

Nous n'avons pas rompu ce jour là, nous n'avons pas rompu les jours d'après.

Nous nous voyons toujours mais les choses ne se passent pas bien. Je vis mal d'être un "secret", mais pas seulement. Nous ne sommes d'accord sur rien. Nous nous disputons sur tout. Je garde en tête qu'il ne m'aime pas alors parfois, je suis patiente. Mais j'ai un fort caractère malgré tout, alors quand je suis hors de moi, je suis prête à arrêter. Mais dans ces moments là, il me retient. Systématiquement. Nous testons nos limites, en permanence. Et elles ne sont jamais bien loin. J'ai l'impression d'être continuellement en conflit avec lui et c'est fatigant. Je n'avais jamais connu ça, avec personne.

Nous restons ensemble et jour après jour, je me rends compte que nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde, quel que soit l'angle sous lequel je regarde notre relation.

12 mai 2017

De temps en temps je fais le ménage. Je supprime

 

De temps en temps je fais le ménage. Je supprime quelques comptes sur des réseaux "sociaux", j'efface quelques posts, des contacts. Je supprime des numéros de mon répertoire téléphonique, de personnes qui ne m'appellent, que je n'appelle jamais. Après, je me sens un peu plus légère. Comme si j'avais moins vécu, comme si j'effaçais un peu ma vie. Je remonte plusieurs années en arrière.

2 juin 2016

Auto-interview (V)

 

 

 

An' : De toutes manières, il ne voudra jamais de moi.

Moi : Pourquoi ?

An' : Parce que je suis pas belle. Y a des tas de nanas plus jolies que moi. Parce que je suis conne. Y a des tas de nanas plus intelligentes que moi. Et je suis même pas sympa; pas sociable, pas altruiste, pas généreuse. Rien de tout ça. Et toutes ces nanas mieux que moi, tu vois, elles n'attendent que ça d'être avec lui. Il est parfait, il a qu'à se baisser pour cueillir celle qu'il veut.

Moi : Ouais. C'est pour ça qu'il est toujours célib'. Tu sais quoi ? Ton avantage sur les autres ? C'est que t'es un putain de bon coup.

An' : C'est pas faux. Mais ça, il le sait pas.

Moi : C'est vrai. T'es pas dans la merde ma pauvre...

 

 

 

 

9 mai 2016

Chroniques d'une mort annoncée

 

 

A dix-huit ans, j'ai eu un amant de quarante-cinq balais (ou plus ?).

A quarante ans, j'en ai eu un de vingt-cinq.

Heureusement que la musique console de tout, même du temps qui passe et fait (un peu) oublier l'absurdité de la vie.

(Il n'y a pas de lien logique direct entre les propositions un, deux, et conclusion... Quoi que...)

 

 

13 mars 2016

Les choses qui ne disent rien

J'ai toujours eu un faible pour les chauves (et les rouquins aussi, mais c'est une autre histoire). Toute petite déjà, j'en pinçais pour Yul Brynner et son crâne si parfaitement lisse qui mettait bien en valeur ce regard tellement fier.

Celui-ci écrit de jolies mélodies et des textes purement poétiques. C'était inévitable, je suis amoureuse.

 

8 septembre 2013

Déception et Photo n°3

 

Au fond pourquoi croire ? Nous passons notre vie à courir après des rêves, et dans le meilleur des cas, nous les touchons à peine du doigt. J’ai voulu croire en toi et tu es parti après toutes ces années, ces années à me faire croire que le bonheur existait en dépit de la vie, en dépit de tout.
Comme tu as été cruel.
Je te revois parfois en fermant les paupières mais je sais que tu n’as jamais existé. Le bleu de tes yeux, le mauve prédominant dans tes tenues ne sont que des couleurs inventées. Les moments passés ensemble, les mots échangés sortent tout droit de mon imagination trop fertile.
Pourquoi je te parle à toi, quand je pourrais parler à tant d’autres fantômes de la farandole ?
Toi seul es la raison de ces illusions.
Toi seul es la raison de ces désillusions.
Et de cette folie qui me guette
Et de ces visages tourbillonnants
Pourquoi suis-je incapable d’avoir des rêves sensés ?


Remontons dans le temps par transparence. Dans le fond c'est l'hiver. Paysage soit disant féerique aux vertiges tournants descendants
Tu es pâle, livide, fantômatique. Ton oeil se barre d'un sens interdit.
Tu es loin déja. As-tu jamais été avec moi?

 

20 juillet 2012

Untitled 1

Tu me manques quand tu n'es pas près de moi
Et tu m'énerves quand tu es là
Rends-moi ma liberté
Tu ne te poses pas de questions, tu n'es pas torturé
Tu sembles vide, ça m'exaspère
Ni pourquoi, ni comment, rien
Tu sembles creux, tu me désespères
Et parfois ça fait du bien
Dire des bêtises, sourire
S'allonger côte à côte et ne pas parler, ne rien penser
Vivre sans ex...
Vivre sans exister !

25 avril 2012

Empty spaces

"Driiing! Driiing!"

 

Cette putain de vieille sonnerie de téléphone sonne fort. Elle fait vibrer ma boite cranienne, mes tympans, ma machoire. Elle est près, elle est loin. Je hais cette sonnerie de vieux téléphone. Je hais les téléphones.

 

"Driiing! Driiing!"

 

J'ai la bouche pâteuse. J'ai pas envie de répondre. Et puis je sais plus trop.

 

"Driiing! Dr...

- Allô?

- Salut c'est Carole! (sourire dans la voix) J'ai crû que tu n'étais pas chez toi, je m'apprêtais à essayer ton numéro de portable

- ... (je suis le vide)

- ça va?

- ... (je suis vide)

  ... (vide)

  ... (vide)

- allô?

- Oui. J'ai rompu avec Seb.

25 avril 2012

Je ne voulais pas te rencontrer. Je voulais

Je ne voulais pas te rencontrer. Je voulais "juste" discuter en ligne avec toi. Pas parce que tu ne me plaisais pas, mais simplement, je n'en ressentais pas le besoin.

Tu as insisté, tu as déployé une série d'arguments, raisonné. Puis tu t'es fâché, m'as fait le jeu du chantage affectif.

Je ne voulais pas te perdre. J'ai cédé. Je t'ai rencontré. Et, en vrai, comme en ligne je t'ai tout donné ce que j'ai pu.

Ce n'était pas assez bien.

Je ne suis pas assez bien.

Ou parfois, je suis "trop".

Tu as pris tes distances. Tu me parles toujours mais ne manifestes plus aucun intérêt envers moi.

Tu me manques, même si tu es toujours là.

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