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Dreaming my life
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30 mars 2012

Inachevé

Des perturbations sur ma ligne m'ont déviée ce soir de ma trajectoire habituelle. Croyant gagner du temps, j'ai pris par erreur un train qui a rallongé ma route. Tant pis. Je ne me stresse plus pour ce genre de choses. Et hop! Me voilà dans le métro de la ligne 12.

Je m'assois côté couloir dans un bloc de 4 sièges et me mets un peu en biais pour que me jambes profitent du petit espace du "couloir".

Deux-trois stations plus loin, un jeune homme monte et s'installe dans la bloc de quatre sièges d'à côté, tout symétrique par rapport à moi. Et il met aussi ses jambes en diagonale, côté couloir.

Il est très grand, assez mince. Je ne sais pas trop quel âge il a. Vingt ? Vingt-deux ? Il est châtain clair, a les cheveux tout fous, des lunettes. En fait il n'a rien qui attire spécialement le regard, mais il attire le mien. Sa dégaine me fait sourire.

Il sort un bouquin de son sac, l'ouvre. Dedans, presque tout est passé au fluo. C'est amusant. Si tout est surligné, c'est comme si rien n'était surligné. Il regarde son livre bizarrement quand même. Il passe les pouces sur les pages. A plusieurs reprises.

Comme je suis curieuse, j'arrive à voir un peu le titre. Les X mille mots indispensables en anglais. C'est chouette. J'aime bien l'anglais.

Il ouvre de nouveau son bouquin. Il passe de nouveau les doigts - mais uniquement les pouces si je me souviens bien - sur les mots, avec un geste de haut en bas et de bas en haut. On dirait qu'il caresse les mots. Je me dis en le regardant : "Il aime les mots".

Moi aussi j'aime les mots. J'aime l'anglais et j'aime les mots.

J'essaye de ne pas être trop indiscrète mais bon. C'est quand même intrigant ce truc avec ses doigts. Je regarde un peu son visage. La coupe nawak m'empêche de voir ses yeux. Je regarde ses lèvres. Je me dis qu'elles doivent être douces. Je me demande s'il embrasse bien. Je me demande s'il serait un bon amant.

 

 07 nov 2012

Tiens c'est marrant, je n'avais pas fini d'écrire cette note. Alors je ne me souviens plus trop de l'histoire. Je me souviens qu'il m'avait regardée un peu, le jeune homme. Je ne voyais toujours pas ses yeux. Quelques stations après, j'ai dû descendre, je lui ai jeté un dernier regard depuis la porte. Il a levé les yeux sur moi, je lui ai souri. C'était fini.

 

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26 mars 2012

Les choses qui se font et qui ne se font pas

 

"Votre profil a été vu par 5 personnes dans les 7 derniers jours" m'indiquent les stats d'un site de réseau professionnel.

Parmi elles, un chercheur, mon Docteur parti à l'autre bout du monde. Je sens un truc là, dans l'estomac.

Parti à l'autre bout du monde, marié, un boulot intéressant et sans doute bien payé. Et moi de l'autre côté.

Il a visité mon profil. Est-ce qu'on visite le profil de quelqu'un dont on se fiche ? C'est possible oui. Par curiosité. "Tiens qu'est-ce qu'il est devenu celui-là ?". La donnée est faussée de toutes manières parce que j'avais visité son profil en premier.

Sauf que c'est la deuxième fois qu'il vient. Est-ce qu'on visite deux fois le profil de quelqu'un dont on se fiche ? Je ne crois pas. Mais au fond, quelle différence. Je suis là et lui là-bas. Il ne me contactera pas, je ne le contacterai pas.

Pourquoi ?

Parce que cela ne se fait pas.

Quand je l'ai quitté j'étais lassée de cette relation à distance. Berlin, puis les Etats-Unis. Quand il est revenu à Paris, il était mal, il n'a pas vu que j'étais mal aussi. J'étais noyée dans mon mal être et dans ce cas là j'ai tendance à me fermer.

Pour ne pas souffrir sans doure, il n'est plus revenu. Il m'a rappelée une fois et puis plus rien. Une fois de plus aurait sans doute changé les choses. J'ai été mal, longtemps, pour des raisons autres. Et quand je me suis réveillée il était déja parti. Loin, encore. J'ai toujours su où il était, je n'ai jamais perdu sa trace.

Le couple. Soit on est avec quelqu'un, soit on ne l'est pas. La rupture est vue comme définitive. On ne dit pas à quelqu'un "je voudrais rompre un moment". D'ailleurs, ce mot, "rompre", il est horrible, non ?

A l'époque il aurait peut-être été mieux que je puisse lui dire "je voudrais rompre un moment, je voudrais un peu me perdre mais cela ne veut pas dire que je ne t'aime plus".

Cela ne se fait pas.

Et maintenant, ce pourrait être si simple de refaire contact : un click, quelques phrases tapées au clavier (en réalité, beaucoup de phrases tapées au clavier) et hop. Sans arrière pensée forcément. Ok il est loin, il est marié. Moi ça ne m'empêche pas d'aimer.

Mais cela ne se fait pas

(et le risque que je me fasse jeter existe également)

Bah, c'est pas grave cette absence de contact. Elle ne m'empêche pas non plus de l'aimer.

 

02:17 Bonne nuit.

 

 

9 juin 2010

(co)locataires V

Ses refus sont vexants. Il y a des jours où ils me font très mal même. Ils sont en contradiction avec le fait qu'on est quand même assez complices au bureau. Peut-être est-ce ce qui me trouble.

Je suis d'un naturel assez fier. Et pourtant, je recommence.

On fini par se voir quand même un peu en dehors, avec nos amis communs, seuls parfois, mais très rarement  Quand on organise des sorties entre collègues aussi..
J'ai l'impression que je passe ma vie à l'attendre. Le matin j'attends qu'il arrive au bureau. Ensuite j'attends qu'il m'envoie des signes. Quand je lui propose des sorties, j'attends qu'il me réponde. Il ne se presse jamais pour ça. Quand il a accepté, je l'attends encore. Je me souviens d'une attente interminable devant la Fontaine St-Michel. Je me décomposais en regardant l'heure tourner, finissant par croire qu'il me posait un lapin. Mais non, il était juste très très très en retard. Un soir on avait rendez-vous chez moi, et  l'attente a été si longue que j'ai fini par ne plus la supporter et je suis partie. Le soir, les week-ends, j'attends ses coups de fils, ses messages qui sont pourtant rares. Je suis un peu pathétique et j'en ai conscience.

Pourquoi j'agis de cette manière? Je n'en ai aucune idée. Peut-être que la proximité physique aide a entretenir une forme de dépendance. Et il y a quelque chose de complètement irraisonné dans mon comportement. Il m'attire. Il est beau, mais pas exceptionnel, mais il a quelque chose dans son regard, dans son sourire... un air malicieux. Et il ne se livre pas sur tout ce qui est intime, bien que je sois la personne à qui il se confie le plus. Il reste un mystère et je voudrais faire tomber les barrières.

Pourtant, au fil des mois,  je me fatigue... Je continue à le draguer mais ça devient comme un jeu, une habitude. Un jeu quand même douloureux parfois quand se ranime une bribe d'espoir. Nous nous confions l'un à l'autre, quand nos collègues nous exaspèrent, quand nous avons telle ou telle tâche à faire. Nous nous donnons des conseils pour progresser dans nos activités, autour de nos relations avec nos chefs, nos collègues. Nous nous soutenons mutuellement dans notre environnement de travail.

5 mai 2011

Il y a peu de temps j'ai passé une journée avec

Il y a peu de temps j'ai passé une journée avec Brad. Je ne le connais pas depuis très longtemps mais on s'amuse bien ensemble. Enfin, moi je me sens bien en sa compagnie.

Nous allons à la mer, nous profitons du soleil, nous faisons un peu les fous. Nous sommes proches, mentalement et physiquement. En le déposant devant chez lui le soir, j'ai l'impression d'avoir passé un super moment.

Nous nous revoyons dans la semaine qui suit. Puis je lui envoie un mot par e-mail. Je lui dit que j'ai apprécié le moment. Routine habituelle : j'écris mon e-mail avec sincérité. Puis je doute. Envoyer, ne pas envoyer. Que va-t'il penser, comment va-t'il réagir ? J'essaye de me mettre à sa place. Je serais heureuse de recevoir un message de ce genre. Mais... Dans ces cas là, la dernière chose que je me dis c'est : "Sois sincère et sois toi-même." Et donc je clique sur "Envoyer".

Je n'aurais pas de réponse. Je n'en attends pas vraiment en même temps. Ce n'est pas un e-mail qui nécessite une réponse. Donc...

En parallèle, je trouve une évènement intéressant qui aura lieu un lundi soir. Je me dis qu'il aimerait et j'aimerais y aller avec lui. J'appelle, je réserve. Ensuite je lui téléphone pour lui dire que je lui prépare une surprise et de me réserver ce soir là. Répondeur. Je n'aime pas les répondeurs, je ne laisse pas de message.

Le lendemain, je reçois un texto :"Oui... Tu m'as appelé ? :-D ". Je ne réponds pas à ce SMS mais je tente à nouveau de le joindre en soirée. Répondeur. Je suis déçue. Je laisse un message bidon et je double avec un SMS: "Il y a quelqu'un ?"

Je reçois une réponse aussitôt : "Hello !"

Je suis surprise. Il ne me retourne pas l'appel. Je n'ai pas envie de converser par SMS. Je lui réponds un peu sur un ton ironique : "Tu ne décroches pas parce que ta femme est là ?" (Il est célibataire). Il me répond sur le ton de l'humour aussi. Sa réponse ne me satisfait pas, il ne me propose pas de le rappeler, ne me demande pas pourquoi je l'ai appelé... J'arrête. De toutes manière je rentre dans mon cours de guitare. Je suis un peu dépitée. J'avais envie de lui parler.

Ceci dit, je lui trouve des excuses. On en trouve toujours dans ces cas là. Comme il habite en colocation, il ne décroche pas après une certaine heure pour ne pas déranger son coloc... Il ne me rappelle pas lui même parce qu'il n'a pas de crédit... Pas très cohérent mais on se raccroche à ce qu'on peut.

Une heure après, je sors de mon cours. Je reçois un texto "Sup with you?". J'interprète comme "What's up with you? ". Je fais semblant de ne pas comprendre... Parce que je n'aime pas le ton de cette question. Il renvoie un "comment ça va ?". Je réponds que je vais bien, que je profite de l'air frais en rentrant chez moi, et lui retourne la question. Il ne répondra pas. J'ai toujours trouvé bizarre et déplaisant les gens qui interrompent les conversations par SMS ou messagerie instantanée de manière brutale, sans prendre le temps de prendre congé. Je ne me sens pas trop bien avec cette absence de réponse. Mais toujours pareil... Il est 23h30, il s'est peut-être endormi... Blablabla...

Arrivée chez moi, le temps de me poser, j'allume mon PC. Il est minuit et des poussières. Je le vois connecté. Ce qui ne signifie rien parce qu'il laisse sa messagerie instantanée connectée toute la nuit. Je lui parle ? Je ne lui parle pas ? J'ai quand même envie de savoir ce qui se passe, alors je lui envoie un mot... Pas de réponse. Il doit vraiment dormir me dis-je.

Je me connecte sur le big brother FB. Nous ne sommes pas "amis" mais sa page est visible de tous. Donc je la regarde régulièrement. Pour me sentir proche de lui, avoir son état d'esprit, le morceau qu'il écoute, avec qui il échange. Oui, espionner un peu.

Ce que je vois ne me fait pas plaisir. J'avais qu'à ne pas aller voir me direz vous. Il a posté un mot à 23h40, soit dix minutes après le SMS auquel il n'a pas répondu. Il ne dormait pas donc... Puis il a commenté sur une autre page à minuit et des poussières. Soit après que je l'ai contacté sur IM. Il m'a donc ignorée volontairement. Et ça me fait de la peine. Un peu, beaucoup, énormément... Je rafraîchis ma fenêtre pour constater qu'il vient de répondre encore à une autre personne.

Il n'a pas eu l'envie de répondre à mon SMS ou à mon message, mais il a eu l'envie de poster une phrase bidon sur son mur, répondre à cette copine qu'il arriverait à telle heure vendredi soir pour son anniversaire. Je suis moins importante que ça. C'est blessant.

Je sais que les NTICs nous asservissent et je suis contre la nécessité de répondre tout le temps immédiatement. Mais rester un peu humain, c'est possible, non ? J'ai vraiment du mal avec cette manière d'ignorer les gens, surtout quand on a passé de bon moments ensemble. Et j'ai du mal à penser que ces moments n'étaient bons que pour moi... Peut-être que je me trompe ? Mais dire "je suis fatigué" ou "je n'ai pas envie de discuter ce soir" ou "je ne réponds pas au téléphone parce que..." ça ne coûte pas bien cher, non ?

Je suis déçue. Mais pas tant surprise que déçue.

Il ne me rappelera probablement jamais. Moi non plus.

 

Edit : Me retrouver souvent face à ce genre de déceptions signifie peut-être que c'est mon comportement que je dois remettre en question ?

27 mai 2012

Tristesse ou quoi

Certains jours comme aujourd'hui j'ai une voix étouffée au fin fond de moi, plaintive. Sensibilité à fleur de peau. Je ne suis personne, nous ne sommes que décor, fly fly away from this dirty boulevard, I'm a bird girl.

Je mets Last.fm qui me sort des trucs au hasard. Je sais pas pourquoi ce matin j'ai droit à plein de trucs français, certains un peu ringards. J'aime bien certains vieux trucs. Et puis cette chanson se lance. Aux antipodes de ce que j'aime écouter aujourd'hui. Les manèges de Berlin tournaient dans tes bras... Le printemps qui revient ne me guérit pas. Mon doigt est sur le bouton "Suivant". Je ne vais pas écouter ce truc. Mais mon doigt refuse de cliquer, il reste un peu, immobile, puis se retire. J'écoute, et ça devient trop. Quelques larmes s'échappent. Peut-être pas une dizaine, mais juste une vague d'émotion dont la pression diminue un peu - si peu. Je ne vais pas pleurer des torrents... Hélas.

Je me revois dans cet HLM miteux. Mon père dormait dans sa chambre et nous ne devions pas faire de bruit car il travaillait de nuit. Alors avec ma mère nous étions soit dans la cuisine avec la porte fermée, soit dans cet espèce de débarras, où elle faisait son repassage. Elle écoutait la radio, pas trop fort et cette chanson, j'ai dû l'écouter dix-mille fois. Même à des années de toi, je vis mais je ne dors pas.

Pourquoi ces larmes ? Je ne sais pas. L'enfance, c'était dans une autre vie. Etait-ce vraiment moi ? Des années parcourues et toujours l'impression de n'avoir rien trouvé, de n'avoir rien atteint. Je me sens toujours aussi vide.

 

 

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16 mai 2012

Je vois...

 

Stalker, c'est un boulot de longue haleine et qui requiert de la précision.

Une phrase anodine, au milieu d'une conversation... Le stalker se souvient de tout.

Des heures de visites sur différentes pages... Le stalker examine tout.

Des tas de commentaires sur ses profils, sur différents sites. Parfois un détail ouvre la porte à un nouveau et vaste champ d'investigation.

Et soudain, la phrase anodine revient. Et un commentaire tout à fait banal, plus banal même que beaucoup d'autres se détache sur cette page, comme s'il se mettait à clignoter. Et la photo qui l'accompagne, même si elle semble banale, beaucoup plus banale même que celle de la majorité des filles qui ont commenté sa page.

Deux ou trois clicks plus tard, il  n'y a plus aucun doute. Cette nana, c'est son ex. Rien dans son profil à elle, rien dans sa photo ne le prouve de manière irréfutable. C'est juste une évidence.

Je l'observe minutieusement, déçue et soulagée parce qu'en fait il n'y a pas grand chose à voir. Elle n'est pas jolie. Non, elle n'est pas moche non plus. Si je n'étais pas un bon stalker, j'aurais pu la voir dix mille fois, sans jamais m'arrêter sur elle.

Soulagée parce qu'elle n'est pas un canon, parce que rien dans son profil ne révèle une personne géniale, super intelligente ou je ne sais quoi. Soulagée parce que je me dis "Bah oui, en fait... Moi aussi je pourrais lui plaire".

Et un peu déçue en même temps. Parce que lui aussi, dans le fond, est quelqu'un d'ordinaire.

 

 

(oui, c'est un dépressif, torturé, masochiste, caractériel, sociopathe tout ce qu'il y a de plus banal)

 

28 janvier 2011

You are the sunshine of my life

Brunette et Blondinette sont dans un bus.

Blondinette : Moi en ce moment je ne suis pas amoureuse.
Brunette : De personne ?
- Non.
- Moi j'aime quelqu'un mais je pense qu'il ne le sait pas. Et je crois qu'il m'aime aussi.
- C'est celui qui t'a écrit un message ?

Brunette rit. Elle a un joli rire enfantin et gracieux. Son rire me fait sourire.

- Oh, non. Lui c'est Untel (je n'ai pas saisi le prénom). Il m'a écrit "Tu es le soleil de ma life". 

Elle rit de nouveau. Son rire a un goût sucré, comme les bonbons qu'elles se partagent. Elle reprend :

- Il m'a écrit, "Tu es le soleil de ma life, tu es toute ma life". Mais son écriture elle est trop moche.

Blondinette se confie aussi :"Avant j'aimais quelqu'un mais comme il m'aime pas, maintenant, je m'en fiche." Elle marque une pause avant d'annoncer gravement "Il s'appelle Quentin".

Elles s'échangent des regards complices en mangeant leurs bonbons. Brunette poursuit: "Le problème, c'est qu'il est en troisième".

 

 

17 janvier 2011

Station to station II

Notre rupture n'en finissait pas de s'éterniser.

Je t'attendais ce matin là dans la froide et grise gare Saint-Lazare. Anxieuse de ton retard.

La veille tu m'avais assuré que tu allais lui parler, lui dire que tu voulais rester avec moi. Avant que je monte dans mon bus tu m'avais embrassée et tes derniers mots avaient été : "Je t'aime". Quelques minutes avant je t'avais donné une petite feuille où j'avais recopié à la main le poème de Guillaume Apollinaire, L'Adieu. Non pas que je voulais te dire adieu, mais peut-être simplement t'en faire sentir le goût et la tristesse. Ou alors parce que tous ses mots appuyaient si bien sa dernière phrase "Et souviens toi que je t'attends" ? Ou encore, était-ce un pressentiment, une intuition féminine ? Je ne sais pas. Tu m'avais dit "Je t'aime" et j'étais montée dans ce bus.

Je me suis toujours sentie mal à l'aise dans cette gare Saint-Lazare. Et toi tu n'arrivais pas. Chaque minute passée semblait ajouter un poids supplémentaire sur mes épaules. N'en pouvant plus d'attendre, je me suis dirigée vers une cabine téléphonique. Je n'ai pas appelé chez toi. J'ai composé son numéro à elle. Et elle a décroché. J'ai demandé à te parler. Tu étais effectivement chez elle et tu as pris le combiné. (Mon coeur s'est brisé encore une fois). Je ne t'ai rien dit d'autre qu'un silence, un silence long, pesant et aigu. Et j'ai raccroché.

Nos chemins se sont croisés quelques mois (semaines ? Je ne saurais dire tant ma notion du temps était bouleversée à cette époque) plus tard. Dans une gare de banlieue en correspondance, je descendais les marches pour changer de quai, et toi tu montais. Je t'ai reconnu au premier coup d'oeil, bien sûr. Ton physique, ton allure, je les connaissais par coeur. Il y avait beaucoup de monde, je pense que tu ne m'as pas vue. Durant quelques secondes, le temps s'est figé.

Pendant des années, je t'avais aimé, adulé, vénéré, admiré.

Je t'avais chéri, choyé, adoré.

Je t'avais désiré, recherché, convoité.

Je t'avais embrassé, caressé, serré... fort.

Combien de fois avais-je passé ma main dans tes cheveux ? Combien de fois mes doigts avaient-ils parcouru les lignes de ton visage, redessiné tes yeux, tes lèvres?

Je t'avais enveloppé, tout entier. Je t'avais absorbé, aspiré, assimilé, digéré. Je t'avais chevauché, griffé, léché, sucé. J'avais bu chaque parcelle de ton corps, comme chaque mot de ta bouche. J'avais bu chacun de tes regards, avec mes yeux, avec mon coeur, avec mon âme.

Nous en avions passé du temps ensemble, depuis même le lycée. Nous avions parcouru tous ses couloirs côte à côte. Nous avions discuté des heures et des heures assis en tailleur dans sa cour.

Nous avions échangé une quantité phénoménale de mots, nos yeux s'étaient croisés une quantité impensable de fois. Nous avions échangé une quantité infinie de tendresse.

Durant quelques secondes, le temps s'est figé. Je ne voyais que toi. Et j'ai descendu ces marches, à quelques pas de toi. J'ai poursuivi mon chemin, tout droit. Comme si tu n'existais pas.

 

 

 

8 décembre 2010

I want to know (II)

Sympathique dîner dans un restaurant japonais assez quelconque. Nous ne nous étions pas vus depuis quelques mois.

Il regarde sa montre. Il n'est pas très tard.

"Tu veux monter faire un peu de guitare ?"

Je ne m'attendais (presque) pas à cette proposition. Je le regarde et il a cet air un peu timide que les jeunes hommes ont parfois. Perplexe, je réponds trop spontanément :
"J'ai pas ma guitare.
- (Bref silence) Je te prêterai la mienne.
- Ah... D'accord !"

14 novembre 2010

Yesterday

J'aime ton visage même si tu n'es pas mon "type d'homme".
J'aime ton sourire franc et sincère.
J'aime ta manière de regarder vraiment les gens dans les yeux.
J'aime ton ouverture et ton aisance relationnelle.
J'aime ton esprit un peu fou.
J'aime ta curiosité de tout.
J'aime ta générosité que je devine après ces premiers contacts.
Puis-je dire que je t'aime ?

11 novembre 2010

Dreaming #11

Les rêves étranges arrivent par séries, plusieurs nuits de suite.

Cette nuit j'étais dans un immeuble à la décoration plutôt jolie, me faisant penser aux bureaux d'une entreprise où il fait bon travailler. Sauf que dans le contexte il semble que je sois condamnée à mort pour je ne sais quelle raison. Donc il y a beaucoup de gens qui défilent, ils semblent tristes pour moi, mais ils discutent également entre eux, ambiance "pause café" non dénuée de légèreté. Puis un certain nombre de gens proches arrive. Ma mère par exemple. Nous n'avons pas beaucoup de temps. Avant qu'elle s'éloigne je lui lance une dernière phrase: je veux que toute ma garde robe soit transmise à ma soeur et mes CDs à mon frère (ce qui est conforme à leurs goûts respectifs). Peu de chose, mais symbolique d'un dernier geste d'amour. Et je lui dis que tout le reste est pour elle, étant donné qu'elle est mon parent direct.
Puis viennent des collègues de fac. Nous échangeons quelques mots. En fait les amis qui comptent ne sont pas là. Ils sont en retard. Mais mon heure approche et j'angoisse. Non pas de mourir, mais de ne pas pouvoir leur parler une dernière fois.
Enfin une amie arrive. Je me sens mieux. Et quand je semble sur le point de partir, celle que j'attendais le plus arrive. Elle est tout sourire. Elle m'illumine. Du coup je me sens bien et je me dis que tout va bien se passer.

Bizarre rêve n'est-ce pas ? Ceux où l'on est confrontés à notre propre mort sont plutôt rares. Mais ce que je vois dans celui là, davantage que ma mort est l'idée de perdre, de ne pas pouvoir ou plus pouvoir aimer ceux qui nous sont chers. Il est arrivé cette nuit (coïncidence ?) après que par un plantage de PC et une manip' maladroite j'ai perdu dans ma mailbox un répertoire d'e-mails nommé "Amis". L'angoisse de la perte numérique liée à l'angoisse de la perte réelle. Je suis geek mais je me soigne. Je suis en vie et mes amis ont l'air d'exister toujours aussi.

7 novembre 2010

Nuit d'automne

Cette nuit j'ai retrouvé mon Docteur encore en rêve.

Je marchais sur une colline, et j'ai rencontré son père (enfin ce n'est pas vraiment son père mais il lui ressemble) avec son appareil photo autour du cou. Je le salue et nous marchons, discutons ensemble, comme si de rien n'était. Nous nous asseyons au bord de la route et continuons à discuter. Et puis au bout d'un moment, je lui dit que je suis gênée mais que je voudrais lui poser une question. "Comment va-t-il ?" Alors il me donne de ses nouvelles sur un ton bienveillant. Me parle de lui, uniquement de lui. 

Puis le décor change et je suis en face de sa mère (mais ce n'est pas sa mère, c'est une femme asiatique que dans mon rêve, je reconnais comme sa mère, sa mère était libanaise dans la réalité) nous sommes assises face à face à une table en pleine nature. Et je lui demande: "Mais il est marié, n'est-ce pas? Il s'est marié là-bas, au Japon ? " Et elle me sort des objets. Une photo de lui seul, et une photo d'elle, seule. Puis une robe colorée. Je devine que c'est sa robe de mariage elle est petite et bien pliée, ne prend pas beaucoup de place. Sur la photo elle ne semble ni jolie, ni laide, ni gentille ni méchante, ni intelligente ni bête. On dirait qu'elle n'exprime rien. Je dis " Oui, je savais qu'il avait rencontré quelqu'un et qu'il s'était marié là bas". J'avoue implicitement que je l'ai pisté sur la toile. Puis je touche la robe. Elle me raconte qu'il va revenir en France avec elle, qu'ils ont trouvé un appartement à Boulogne, ville où il habitait avant. Mon coeur réagit. Et je demande. "Cela fait longtemps. Croyez vous qu'il accepterait que nous nous revoyons et redevenions amis? Je sais qu'il est marié et je respecterai sa femme."

Elle me répond ni oui ni non, cela me trouble. Elle me dit "Je ne sais pas. Je ne sais pas si je peux vous faire confiance. Je viens de vous montrer la robe et vous la touchez", sous-entendu que par ce geste, j'ai brisé sa confiance. Je me sens un peu perdue.

Au réveil ce matin, c'est son visage à lui que j'avais devant les yeux.

Je vois plein de symboles dans ce rêves, dans mes rêves en général. Est-ce que je les décrypte de la bonne manière ?

30 septembre 2010

Oh, toi.

Nous nous étions retrouvés depuis peu. Tu avais croisé une amie et ancienne camarade de fac dans le métro. Tu lui avais demandé de mes nouvelles et donné ton numéro pour que nous reprenions contact.

Je t'avais appelé et nous nous étions revus. Rendez-vous près de cette fontaine aux Halles, café dans cet endroit charmant et puis dîner là. Oui, je m'en souviens très bien. Toi toujours égal à toi même. Toujours impressionnant.

Ensuite tu m'as rappelée un soir de semaine. J'étais déja couchée et je t'ai répondu depuis mon lit. Oui, je m'en souviens très bien aussi. Je m'abandonnais au doux son de ta voix. Tu t'es mis à me raconter ton après-midi, de manière anodine, traîtreusement.

" Je suis allé dans un magasin, chercher un cadeau pour l'anniversaire de ma mère.
- Un magasin de quoi ?
- De bijoux. Et la vendeuse n'a pas arrêté de me draguer et de me faire du charme. Tu en penses quoi ? J'aurais dû lui répondre ?
- Je ne sais pas. "

Je feignais l'indifférence alors que tout mon corps avait déja réagi. Je m'étais raidie et mon visage s'était figé. Jalousie. Et toi à l'autre bout du fil, tu souriais. Tu savais bien que tu me maîtrisais déja.

" Qu'est-ce que tu me conseilles ? Je peux y retourner demain.
- Non. Ne fais pas ça. "

23 août 2010

Quand vient la fin de l'été, sur la plage

Il faut alors se quitter, peut-être pour toujours, oublier cette plage
Et nos baisers

Et puis

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts!
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l'hiver va rentrer dans mon être: colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé.

J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe
L'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

Il me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui? — C'était hier l'été; voici l'automne!
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.


Vous savez bien que vous pouvez toujours compter sur moi pour vous remonter le moral. Ne me remerciez pas, remerciez plutôt Baudelaire.

Bises.

5 août 2010

When you're strange

Je n'ai jamais beaucoup accroché avec la musique des Doors. Quand je les écoute, ce n'est pas déplaisant pourtant. Je dois avoir trois albums d'eux, trouvés lors d'une de mes nombreuses visites chez Gibert (il s'agit de Morrison Hotel, Waiting for the Sun et L.A. Woman). Je trouve peut-être que leur musique manque d'une certaine profondeur. Sans doute qu'une grande partie de la beauté de leur oeuvre réside dans les textes, mais je ne me suis pas encore penchée dessus. Je trouve leur style très dépouillé, mais non sans charme. D'ailleurs mon premier souvenir des Doors remonte à mon enfance. J'écoutais la radio tard pendant mes soirées zegutiennes ou languiennes et, dans la nuit, la belle voix sombre de Morrison rompait le silence avec ces mots en apparence si simples mais qui m'évoquaient déja tellement:

"Riders on the storm"

C'est fou ce qu'une belle voix, un petit bout de texte peuvent provoquer comme sensation. Indescriptible.

30 juillet 2010

Three, two and one

Hier soir je prenais un verre avec des anciens collègues et amis. Elle c'est mon amie chinoise et lui est haïtien.
Elle part au bout d'une heure. Je reste en tête à tête avec lui. J'aime beaucoup mon amie mais j'ai toujours aimé être seule à seul avec des amis masculins. Et puis à deux, les conversations sont différentes.

Je ne sais pas pourquoi il a abordé ce sujet parce que nous n'étions pas du tout là dessus, mais il conmmence à me confier:
"Si j"étais avec une femme, et si jamais elle allait voir ailleurs, je ne la quitterais pas pour cette raison".

C'était bizarre qu'il aborde ce sujet de cette manière, ça m'interpelle. Et puis je suis surprise aussi par son point de vue sur le sujet (enfin je ne m'étais jamais posée la question de son point de vue là dessus mais je l'aurais imaginé différent sans doute).

Il continue:
"Parce que des fois, les choses arrivent, et c'est tout simplement inévitable". Je n'alimente pas son sujet à ce stade là, je suis entièrement dans l'écoute de ce qu'il a à raconter.

Il poursuit:
"A un moment j'étais avec quelqu'un. Et alors que j'étais en déplacement professionnel, j'ai retouvé une femme que je connaissais et qui me plaisait. Elle était en déplacement aussi. Et il se trouve par hasard que nous avions exactement les mêmes dates, nous étions dans le même hotel et nous étions voisins de chambre. Et au bout de quelques jours, nous avons craqué."

Et puis encore:
"Et puis tu peux aimer une personne, vivre avec elle et commencer à avoir des sentiments pour une autre..."

Puis:
"Beaucoup de gens se retiennent. Et finalement il y a peu de courageux qui osent céder à leurs envies".

Intéressant comme approche. J'ai toujours appris que c'était les faibles qui cédaient à leurs pulsions. La manière de percevoir ces choses, c'est culturel?

11 juillet 2010

J'ai eu l'occasion, au cours d'une réunion avec

J'ai eu l'occasion, au cours d'une réunion avec des personnes que je ne connaissais pas, de discuter avec un homme.

D'emblée, je l'ai trouvé antipathique quand il s'est présenté. Un côté sûr de lui et "m'as-tu vu" que je déteste. Il avait à la louche la soixantaine et commençait à m'énumérer les pays qu'il connaissait (et à tel endroit j'ai fait ci et à tel endroit j'ai fait ça, j'ai vécu tant d'années là et blabla). Bref il m'insupportait déja au bout de cinq minutes. Surtout quand il a placé dans une phrase "avec mon ex-femme, blabla". (Traduction: j'ai été marié, je ne le suis plus...)

Mais le comble a été atteint quand il m'a glissé, l'air de rien, en plein milieu de son discours insipide: "Je n'aime pas les femmes de mon âge, je m'ennuie avec elles". A ce moment là, je me suis rendu compte à quel point je le trouvais répugnant. Qu'il préfère la chair fraîche, oui, pourquoi pas, beaucoup d'hommes préfèrent les jeunettes, elles sont peut-être plus jolies, plus excitantes... Mais j'ai trouvé ses propos tellement hypocrites. C'est sûr que s'il n'aime pas les femmes de son âge, ce n'est pas parce qu'elles ont pris des rides, du poids et des cheveux blancs, mais parce qu'à une étape dans leur vie, en dépassant une date fatidique (d'ailleurs je me demande pourquoi nous ne sommes pas marquées  telles des produits de consommation courante d'une date limite avant péremption), elles sont devenues mortellement ennuyeuses. Mais bien sûr! Les plus dynamiques, curieuses, vives et enjouées d'entre nous passeront par là: elle deviendront chiantes comme la mort quand elles auront dépassé la soixantaine ! Au passage, je me pose la question, mais comment fais-je pour aimer encore communiquer avec ma mère ? Non, parce qu'elle a largement dépassé l'âge d'être intéressante.

Bref... Je me suis débarrassé de sa présence aussi vite que j'ai pu, en allant discuter avec un jeune et bel asiatique qui, en plus de n'être pas déplaisant pour la vue avait une conversation fort intéressante et avec qui j'ai pu échanger sur le sujet des différences culturelles. Il faut croire que moi, je m'ennuie avec les hommes plus vieux que moi.

Ce qui me surprend, c'est que ce genre de type puisse sembler attirant pour certaines. Plus tard dans la journée, je l'ai croisé, discutant avec une jeune chinoise ayant la vingtaine, qui avait l'air de le trouver extrêmement drôle.

Plus tard encore, la journée touchant à sa fin, je retrouve les mêmes. La jeune chinoise s'amuse toujours avec lui et lui demande "Tu as MSN?" Il répondra, avec une satisfaction évidente dans sa voix: "Oui! Oui, j'ai MSN!".

 

No comment...

 

 

14 juin 2010

(co)locataires IX

Il y a une chose que je n'avais pas écrite mais qui m'avait laissée perplexe au point que je m'en souviens bien des années après.

Nous avions fait l'amour, par terre dans mon salon puis avions regagné mon lit. Et je le revois, comme si c'était hier, une des premières phrases qu'il m'a dite après a été: "Et Yann le Breton ?" Sa voix portait une interrogation réelle, une pointe d'inquiétude aussi, mais à peine perceptible. J'avais déja tiré un trait sur mon histoire avec Yann mais je ne l'avais pas dit de manière explicite à Chaton (je lui avais raconté pourtant que tout n'allait pas si bien), sans doute parce qu'il est plus facile de mettre des mots sur une réussite que sur un échec.

Cette question portait tant de sens ! Elle me révélait d'une certaine manière qu'il tenait à moi, peut-être qu'il avait eu peur de me perdre avec l'arrivée de Yann qui le mettait en danger (enfin, qui ébranlait mon intérêt pour lui). Elle me révélait que tout ce que j'avais pu mettre en oeuvre pour le séduire, toutes les choses que j'avais pu lui dire, tous les regards, tous les sourires, toutes les propositions directes, pudiques ou agressives, tout cela n'avait aucun poids comparé à cette alliée à laquelle je n'avais jamais pensé: la jalousie. Alliée et ennemie, puisque j'en avais souffert aussi.

C'est fou comme la jalousie rend encore plus attirant ce que nous désirons, quand nous pensons qu'un autre l'atteindra avant nous. C'est fou comme la jalousie donne un nouvel éclat à ce que nous ne désirions plus et nous fait y revenir à grands pas.

S'il n'y avais pas eu Yann, cette soirée là n'aurais sans doute jamais existé.

Nous venions de faire l'amour, j'avais des pensées plein la tête et une confusion de sentiments en moi. Mais il y avait une évidence.

"Yann n'existe plus" lui ai-je répondu.

 


26 avril 2010

Lettre

Ce week-end j'ai rencontré un bouquin, tout petit, discret, perdu dans un coin. Son titre est Lettre au père, son auteur Franz Kafka.
Il m'a interpellée alors je l'ai attrapé et ai commencé à lire la première page.

"Très cher père,
Tu m'as demandé récemment pourquoi je prétends avoir peur de toi. Comme d'habitude, je n'ai rien su te répondre, en partie justement à cause de la peur que tu m'inspires, en partie parce que la motivation de cette peur comporte trop de détails pour pouvoir être exposée oralement avec une certaine cohérence."


Oh. A peine quelques mots, quelques phrases et déja tellement d'échos en moi.

18 avril 2010

(co)locataires III

Septembre 2000.

De bureau en bureau: un jeune homme, deux jeunes hommes, trois jeunes hommes, une demoiselle, un monsieur... Et ainsi de suite.
Et lui. Regard sombre et des cils épais comme ceux d'une fille. Une étincelle de malice dans le regard. Un sourire charmeur. Un joli corps fin.

Bah. Elle y fait attention mais pas plus que ça.

Difficile de se rendre compte de quoi que ce soit sur lui. Il ne parle pas beaucoup, et quand il parle on ne peut rien en tirer. Il aime les bonbons surtout ceux à la menthe, il aime aller courir et il aime embêter les filles comme un gamin.

Une grande part de mystère.

25 juillet 2005

In the heat of the morning

Parfois j'ai tellement envie de te dire que je t'aime, que je sens que ça va m'échapper...

Le moment que je préfère, celui où tu te réveilles doucement...

No man loved like I love you
Wouldn't you like to love me too
In the heat of the morning
In the shadow I'll clip your wings
And I'll tell you I love you
In the heat of the morning

 

12 juillet 2005

T. Rex

Il m'avait dit
"tu en as fait du chemin ma p'tite, y en a pas beaucoup qui connaissent
Tyrannosaurus Rex"
Je connais T. Rex et Marc Bolan,
Et là j'écoute les Pixies. There goes my gun
Combien de fois dans ma jeunesse on a pointé du doigt mon ignorance en musique. Mais comme c'est bon de découvrir encore des choses à mon âge. Je n'en finis pas de savourer mes découvertes. Je déguste chaque mot, chaque note et je me dis que ce ne sera jamais fini.

28 juillet 2005

At the Beeb

Je suis fidèle. Quel que soit le chemin que je prends, quels que soient mes détours, je reviens régulièrement à toi. J'aime la vision que tu me donnes de la fin des années soixante.

It's really Me
Really You
And really Me
It's so hard for us to really be
Really You
And really Me
You'll lose me though I'm always really free

30 juin 2010

Il est des mots doux et sucrés

S'entendre dire qu'on est une très belle femme, c'est agréable (dépendemment de qui le dit bien entendu et de la manière dont il le dit). S'entendre dire qu'on a une voix douce chaude et sensuelle aussi. Selon la crédibilité qu'on accorde aux propos, on peut se sentir flattée ou simplement amusée. J'imagine que celles qui n'aiment pas ce genre d'approche peuvent se sentir agacées.

16 juin 2010

(co)locataires X

Quand il me quitte dans la nuit pour rentrer chez lui (il est très tard et nous travaillons le lendemain), je me sens heureuse. Je ne me rappelle pas de tout dans les détails, le temps a fait son oeuvre, mais je me souviens que j'étais heureuse. Heureuse du moment de douceur que nous venions de partager ensemble, heureuse de ne pas lui être indifférente en fin de compte. Heureuse qu'il ait fait le geste pour venir vers moi.

Il y a aussi quelque chose de "guerrier". J'ai l'impression d'avoir atteint une victoire, un sentiment peut-être assez masculin et dont l'expression pourrait se résumer à travers la phrase "j'ai enfin réussi à l'avoir !"

Je pense à mes amis qui croyaient que je n'y arriverai pas. Et je pense à lui. J'ai l'impression d'avoir gravi un sommet, une montée pénible et laborieuse, et tout en haut, la découverte de la beauté, le repos, l'apaisement et la sensation de respirer un air frais et léger.

C'est dans cet état d'esprit que je m'endors et c'est dans cet état d'esprit que je me réveille le lendemain, avec une énergie incroyable malgré le peu d'heures de sommeil. Je pars travailler le sourire au lèvres. J'ai envie de dire (de crier) au monde entier: "nous sommes ensemble!".

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Dreaming my life
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