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Dreaming my life
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2 mai 2016

Être amoureuse, aimer...

 

Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été amoureuse de quelqu'un.

A la maternelle, il y avait le petit Julien aux yeux clairs, et puis Éric, aux yeux bleus aussi. En primaire, il y avait Thierry. Il avait les yeux verts, je l'ai kiffé longtemps celui là. Je ne me souviens pas d'un moment dans ma vie où je n'avais pas quelqu'un dans l'âme, un regard dans le coeur, un sourire dans la tête.

 

 

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20 avril 2016

L.A.

 

Aurjourd'hui, si j'écrivais une lettre d'amour, je prendrais du papier-bulles et des crayons de couleurs, bien taillés, bien pointus. J'attendrais l'heure du thé (parfumé à la cannelle) que j'accompagnerais d'un (tout petit) gâteau et je pointerais les mots dans le désordre, pour qu'ils sonnent n'importe comment. Une fois la lettre achevée, je me marrerais un bon coup puis je plierais bien soigneusement le papier, le glisserais dans une jolie enveloppe au toucher tout doux, je rajouterais l'adresse en multicolore, un timbre, puis j'irais la poster.

 

 

17 novembre 2017

C'est marrant, comme les choses changent. Les

 

C'est marrant, comme les choses changent.

Les choses que tu ne pensais plus aimer, tu les aimes encore peut-être un peu. Tant qu'elles sont là.

Qui suis-je ? Qu'est-ce que je désire ? Où serai-je dans un an ? Des question auxquelles tu pensais - à tort - qu'il serait plus facile de répondre en prenant de l'âge. Que nenni. C'est peut-être même plus difficile.

 

J'ai empoté quelques boutures aujourd'hui. Le résultat est joli.

21 février 2014

Ces idées là

Hier en me couchant j'ai pensé à un truc, juste comme ça, avec le tête et le coeur froid. Si j'avais eu ce gosse, les choses auraient été si différentes. Il aurait dix-huit ans ou dix-neuf, je ne sais plus au juste, peut-être même vingt, j'ai oublié cette date. J'écris il, mais en fait, je pense elle. Cet enfant que je n'ai pas eu, aurait deux ans de plus que celui que tu as effectivement eu, mais que tu n'aurais sans doute pas eu avec elle si je l'avais eu. Ou alors autrement.

Les choses auraient été différentes. Tu es resté avec moi quelques années après, même si dans ma tête, c'est le point où les choses ont commencé à décliner. Tu n'en as peut-être pas eu conscience comme moi. Dans le passé, je veux dire. Aujourd'hui clairement, tu t'en fous. Tu serais peut-être resté plus longtemps, tu ne m'aurais peut-être pas trompée, tu ne m'aurais peut-être pas quitté pour elle, pour des questions "d'honneur". Vous les mecs, vous pensez parfois de manière bizarre. Trompée, je m'en fiche un peu, enfin pas vraiment mais il arrive qu'on aie ce désir urgent d'expériences différentes. Surtout que tu n'avais connu que moi. J'aime pas le mot "tromper". J'aime pas la notion d'appartenance dans un couple. Je ne suis a personne et je ne veux pas posséder qui que ce soit.

J'avais dit juste pour voir "On pourrait peut-être l'avoir ?". Tu avais l'air terrorisé ou quoi quand tu as dit "Non, non, j'en veux pas". Pas de méchanceté ou de rejet de moi là-dedans, tu ne voulais pas être père, et moi... Je sais pas. C'était mon choix aussi pour diverses raisons. Je t'aimais tellement de toutes manières, je n'imaginais pas faire quelque chose "contre" toi.

"Non, non, j'en veux pas." C'est sans doute ce que tu lui as dit à elle, quelques années après. Sauf qu'elle ne t'a pas écouté. Elle l'a fait, le truc "contre" toi. Et tu es parti. Et maintenant vous avez trois gosses.

Donc hier en me couchant, je me suis demandé comment serait ma vie. A tes côtés ? Peut-être ou peut-être pas. Mais il y aurait cet autre être, cette jeune personne. Je l'aurais aimé(e) comme une folle sans doute. Quelle combinaison aurait donné notre mélange ? Tu as de grands yeux bleux, moi des yeux marrons un peu bridés, tu as les cheveux châtains , je les ai très foncés, tu as une grande bouche, la mienne est petite...

Tu dois les aimer, tes gosses. Ils te ressemblent tellement.

Je pensais à ça hier, juste avant de m'endormir. Si un chemin différent m'aurait mené à un autre moi-même. Je sens mon coeur si sec parfois, j'ai l'impression que ça fait des lustres que je n'ai aimé quelqu'un très fort, je veux dire, sans retenue, avec une vraie chaleur qui te réchauffe même le corps. Bien sûr, ce n'est pas qu'à cause de toi. Il y a eu la suite aussi. Peut-être que c'est ça, vieillir. Peut-être que c'est simplement moi aussi.

 

Mais non, je ne suis pas triste. Ton anecdote m'a fait sourire.

 

6 décembre 2013

Il ne reviendra jamais

 

En ce moment, je scanne des photos anciennes. Elles sont belles à faire pleurer. Des photos en noir et blanc, elles ont mal vieilli. Le noir et blanc est beau, bien contrasté, pas terne comme les noir et blanc que l'on fait aujourd'hui. Elles sont encadrées d'une bande blanche dentelée. Certaines parties sont ternies, presque plus visibles. D'autres sont tâchées, jaunies, voire déchirées. Les gens posaient pour être beaux sur ces instants de vie, rien à voir avec des clichés au smartphone. Elles sont belles à faire pleurer, on y voit mon arrière grand-mère dans un âge assez avancé, ma grand-mère quand elle était bébé. Les larmes me viennent aux yeux de la voir ainsi, alors qu'elle vient de nous quitter. Elle a été bébé, elle a été jeune fille (oh cette photo fantômatique !), elle a été maman, grand-mère, arrière grand-mère et maintenant elle est partie et ne reviendra jamais. Et je vois les photos de ma maman. Elle aussi a été bébé en noir et blanc, ado, jeune fille, maman. Je voudrais qu'elle ne parte jamais...

Elles sont belles et élégantes les femmes de ma famille. Et ce temps ne reviendra jamais.

Je retrouve des photos de moi aussi. Finalement j'étais quand même jolie. Tout ce temps passé traînant ces doutes, il ne reviendra jamais.

 

 

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26 mars 2012

1ventR

 

3 Maredsous

1 St Benoît

1 Chimay rouge

1 Chimay bleue

1 Duvel

1 Grim blonde

1 Grim ambrée

1 Leffe

1 Tripel Karmeliet

Moi qui ne bois pratiquement jamais toute seule... Stock préparé pour partager avec quelqu'un qui ne reviendra probablement jamais chez moi. J'en fais quoi maintenant ?

Note pour la prochaine fois : évite de tomber amoureuse d'un alcoolique, ou d'un boulimique. Choisis plutôt un obsédé sexuel, ce serait beaucoup plus pratique pour la gestion des stocks.

 

Bisous les amis. ;)

 

 

8 novembre 2013

Because I'm still in love with you

 

A Compiègne, dans la maison des grand-parents de ton ami Guillaume, c'est là que nous avons vraiment fait l'amour pour la première fois. Il y avait foule. Emmanuel, l'autre Guillaume, Vincent. Xavier aussi, peut-être. Les nanas, je ne m'en souviens pas. Le soir, vous buviez, fumiez des pétards. Moi j'étais simplement avec vous. Et vous passiez sur l'écran du salon le Unplugged de Neil Young. Nous avions tous le sourire au lèvres quand il a chanté Harvest Moon.

 

18 octobre 2013

Être une femme (I)

 

Quand j'étais gamine mes parents ne me laissaient aucune liberté pour sortir avec mes copines, les inviter à la maison. J'étais donc très isolée en dehors des heures de classes.

Un samedi matin où exceptionnellement je n'avais pas classe, je n'ai rien dit à mes parents et je suis partie à l'heure habituelle avec ma sacoche sur l'épaule. Je devais avoir treize ans. A travers cette escapade de quelques heures, je ne recherchais rien d'autre qu'un espace de liberté en dehors du "cocon" familial. Je ne savais pas où aller particulièrement. Je me suis éloignée et à un moment je me suis mise à marcher sur cette route avec des champs de part et d'autre. Je marchais en lisant un livre et je respirais à plein poumons. L'air était frais car il était encore tôt dans la matinée. Je me souviens que je portais une jupe plissée grise à carreaux de type écossais, un pull blanc sans doute et ma mère avait l'habitude d'attacher mes cheveux en une longue tresse dans le dos. Je devais sans doute trouver ma tenue moche. En y repensant aujourd'hui, je réalise à quel point mon look pouvait être lourd de connotations.

Je marchais donc, et il n'y avait pas beaucoup de passage sur cette route. J'étais seule à marcher et avec de temps à autre, une voiture. Soudain une voiture arrive dans mon dos. Je me range un peu pour la laisser passer. Elle ralentit. Un type est au volant. Il me demande par la fenêtre s'il peut m'emmener quelque part. C'était un adulte. Pas un ado, pas un jeune. Il doit avoir le double de mon âge ? Peu importe, j'aime pas sa tête, il a je ne sais quoi de répugnant. C'est sans doute simplement son mauvais karma. Je dis non, en continuant à marcher, il se met à rouler au pas à côté de moi. Je ne sais plus ce qu'il me disait, il m'a demandé si je séchais les cours je crois. Je voulais qu'il s'en aille. J'étais tellement ignorante. Je n'avais pas la moindre idée de ce qu'était que baiser ou ce qu'était un viol. Mais je savais que ce type n'allait pas me laisser et qu'il ne me voulait pas du bien.  J'ai commencé à marcher plus vite mais bien sûr, je ne pouvais pas échapper à sa voiture. J'ai fait demi tour pour repartir dans l'autre sens, deux, trois fois. A chaque fois il faisait un demi tour sauvage en faisant crisser ses pneus. Je ne savais pas comment j'allais m'en sortir.

Puis une autre voiture est arrivée. Je n'ai pas eu besoin de faire signe. Le conducteur s'est arrêté. Le sale type a détalé en moins de deux. Le monsieur au volant m'a demandé si l'autre type m'embêtait. J'ai raconté qu'il voulait me forcer à monter avec lui. Le monsieur m'a donc invitée à venir avec lui. Il y avait son fils à l'arrière, un petit garçon de quatre ans peut-être, je crois qu'il y avait un chien aussi dans la voiture. Il m'inspirait confiance et puis j'avais trop peur que le sale type revienne. Alors j'ai accepté sa proposition.

Nous avons discuté un peu. Ce monsieur allait faire ses courses, je l'ai suivi. Dans le supermarché, j'ai fait une pause au rayon disques et j'ai regardé celui de mon groupe préféré avec envie. Il l'a mis dans son caddie.

Au retour, il m'a déposé devant la maison d'une amie. Il m'a offert le 33 tours.

Je ne sais même pas son nom, mais il m'a sauvé d'un type tordu et m'a fait un cadeau. Je n'étais rien pour lui. Combien de personnes seraient passées sans même ralentir ?

Je me souviens de son visage, vaguement, et de son petit garçon blond. Il m'arrive de penser à lui. Dans mon coeur je lui dis encore merci.

Et l'autre... ? Combien de mal a-t-il pu faire , à combien de filles, jeunes ou moins jeunes ?

 

 

 

10 octobre 2013

I know

Je pense beaucoup à toi, Philippe. Tu as un charme bien particulier. Je l'ai remarqué lorsque nous nous sommes rencontrés la première fois. Tu es simple mais élégant, tu as de la prestance. J'aime tes jolis yeux bleus, même si je suis incapable de me souvenir de leur teinte exacte. Ta voix est grave et douce, sauf quand tu chantes mais c'est parce que tu manques d'assurance. J'aime bien quand tu te confies, me fais part de tes doutes et interrogations, tu n'as pas peur de sembler doux et fragile. Je suis heureuse de cette amitié, car c'est ce que je suis, ton amie.

Je me pose quelques questions bien sûr, qui resteront sans réponse. Pourquoi m'avais-tu invité à ton pot de départ de notre ancienne boîte alors que nous venions juste de nous connaître ? Pourquoi as-tu gardé contact avec moi ensuite alors que tu l'as perdu avec beaucoup des anciens que tu connaissais bien mieux que moi ? Pourquoi je me sens si bien lorsque nous sommes ensemble et ai-je l'impression que c'est le cas pour toi aussi ?

Je pense beaucoup à toi, Philippe. Je te trouve attirant et désirable. Cela va durer quelque jours encore, comme les autres fois. Ensuite je passerai à autre chose pendant des mois. Jusqu'à notre prochaine rencontre.

2 octobre 2013

Sans arrière-pensées - I want to know (III)

Je ne l'ai pas vu depuis des lustres. Même si je n'ai jamais arrêté de le trouver charmant, je ne l'ai pas recontacté. Faut croire qu'être charmant ne fait pas tout, même si nous avons joué de la guitare ensemble chez lui et qu'il m'a fait une démonstration de ce qu'il avait appris en cours de salsa en me faisant endosser le rôle de sa partenaire.

Quoi qu'il en soit, je reçois un e-mail de sa part, demandant de mes nouvelles. Surprise. Puis il me propose qu'on se voie et me dit qu'il veut m'inviter au restaurant. Bzzz. Lumière dans mon regard, étincelle dans mon cerveau... qui s'éteint aussitôt. Quoi que. Son e-mail se poursuit en me demandant de "faire abstraction de toute arrière-pensée". Je suis interloquée par cette précision. Et je m'interroge. Pourquoi il m'écrit un truc pareil ? Ce ne sera pas la première fois que nous nous verrons en tête à tête. Nous nous sommes retrouvés dans des bars, avons dîné ensemble deux ou trois fois au restaurant, il m'a invité chez lui. Mais jamais il ne m'a demandé de ne pas avoir d'arrière-pensée. Du coup je me demande, est-ce que cela veut dire que les fois précédentes, il y aurait eu moyen ?  ^^

Non, sans blague, j'y pense et j'y pense et je ne comprends pas. Puis tout d'un coup la lumière se fait. Cette fois-ci, il m'invite. Et là, je me prends une claque. Nan, mais il a pensé que comme il m'invitait, j'allais supposer qu'il tentait de me séduire.

 

Ok, mon activité cérébrale a fait un bond quand j'ai reçu sa proposition, mais ce n'était aucunement lié au fait qu'il prenne ou pas l'addition. Et oui, pendant une seconde j'ai eu des tas d'arrière-pensées, mais simplement parce qu'il me proposait un dîner en tête à tête dans un endroit charmant.

 

Non, je ne vais pas te sauter dessus parce que tu paies l'addition. En fait, je ne te sauterai jamais dessus.

27 juin 2011

Il y a quand même un petite suite à cette

Il y a quand même un petite suite à cette histoire. J'ai pris de la distance par rapport à cette relation, n'ayant pas forcément envie de me torturer pour quelqu'un qui finalement, n'était pas si intéressant. La suite est d'une banalité à faire pleurer. "Je te suis, tu me fuis, je te fuis, tu me suis". Donc il m'a recontactée. Une, deux, trois fois. Il est même allé jusqu'à me passer en coup de fil, ce qu'il ne faisait jamais avant, le SMS étant son mode de communication préféré. Il se trouve que, en plus de ne pas être très motivée par le revoir, j'ai été assez occupée et donc nous ne nous sommes pas revus. Puis, dernièrement, il m'a demandé un service, que je suis en mesure de lui rendre. C'est amusant comme maintenant qu'il a besoin de moi, son attitude est complètement changée. Mes SMS, mes IMs ne restent jamais sans réponse. Il répond toujours.

Ah, la nature humaine... Tellement méprisable et répugnante parfois.

7 septembre 2013

Milhaven


Le dernier s'est éteint ce matin.
Je devrais peut-être me sentir triste mais il n'en est rien.

J'essaye de me souvenir des moments heureux mais je n'y arrive jamais plus de quelques minutes. Nos jeux d'enfants, nos sourires d'adolescents. Puis la possession. Brutale. Violente. Il est devenu mon mari.

"C'est étrange, quand même, cette maladie qui nous achève tous" a-t'il dit.
Je n'ai pas sourcillé, je n'ai pas rougi. Je n'ai pas tourné la tête non plus. J'ai juste enchainé mécaniquement mes gestes. Éponger son front, ses tempes, humidifier ses lèvres. Il ne s'adressait pas à moi de toutes manières.
"Elle n'a atteint que nous - poursuivit-il dans un souflle - ce doit être... génétique..."
Je me suis dirigée vers la porte sans me retourner. Ce furent ses dernières paroles.

 

6 septembre 2013

Photo n°1 et Photo n°2


Tu es sauvage.
Sombre, grand, et maigre. Je dirais plutôt que tu es fin.
Assis sur le bord du lit, tu me fixes mi-amusé. Mais sérieux aussi, car c'est la fin.
Plus tard nu, allongé et de profil, tu me regardes, les bras en croix. Tu me fais penser à ce tableau du Christ exposé au Louvre, tout en longueur. Je ne vois que la moitié de ton visage.
Je me demande comment tu peux lui donner ce que tu me donnes à moi.
Je monte sur toi et nous faisons l'amour.
C'est la dernière fois.

 

 

16 mai 2011

Somewhere over the rainbow

Vous comprenez, vous ? Vous savez pourquoi, souvent, après la première fois, la magie se déconstruit?

Comme si on s'attendait à être déçus, d'avance. Nous étouffons nous-mêmes notre foi en l'autre. Pas de feu d'artifice mais de la braise qui doucement, s'éteint.

 

 

 

 

Mais ouvre donc les yeux !!!

Saupoudre-toi donc de poussière de Fée Clochette !!

18 août 2012

Obsession (II)

Hier dans le tramway, je vois un jeune homme long et fin (mes préférés). Je jette un oeil dessus, il a l'air mignon, enfin, pour ce que je peux en voir.

Arrivée à ma station, je m'approche de la porte. Lui se lève et s'approche aussi, il est à quelques centimètres de moi.

 

Il sent la clope et l'alcool.

 

Je ne sais pas pourquoi, je me sens excitée. Je ferme les yeux pour capturer l'instant. Peut-être que le parfum me renvoie à des baisers passés.

 

Nous descendons et je le vois s'éloigner dans une autre direction.

 

Plus loin je croise une jeune fille. Elle a de beaux yeux et de longs cils, un joli visage. Je tourne la tête et la suis du regard. Qu'est-ce qu'elle est jolie !

12 septembre 2010

Submarino

Une lumière très blanche sur trois anges.

Je ne sais pas si c'est le vent des pays du nord
La grande classe des acteurs
La présence impressionnante des enfants
La beauté parfaite de Jakob Cedergren et le charme froid de Peter Plaugborg
Les personnages tous si tristement humains
Leur incapacité à échapper à leur destin (Le tragique !)


Thomas Vinterberg m'a encore fait pleurer.

8 juillet 2010

Le bonheur c'est...

Et nous avions vingt ans

 

Nous marchions en pleine nuit dans cette rue désertée par tout le monde à part nous. Tu étais le plus beau du monde et cette rue, c'était la plus belle aussi.
L'instant frôlait la perfection et je t'ai demandé mi-taquine, mi-curieuse:
"Es-tu amoureux de quelqu'un?"

Dans cet instant fait de beauté, de jeunesse et de magie, je n'avais pas besoin de réponse.
Toi, timide, réservé, discret, secret et que sais-je encore, tu m'as répondu:
"Oui... enfin... disons que j'aime une femme imaginaire."

Cette réponse m'a rendue heureuse et j'ai souri.
"Et cette femme imaginaire, elle a le visage de quelqu'un que tu connais?"

Tu as dit... "Oui".

5 mai 2012

Assez ! (XV)

Rendons-nous à l'évidence. Je crois que je n'ai plus envie de te revoir non plus.

 

Nous sommes souvent en ligne ensemble. Mais nous parlons très peu. Et ce qui est certain c'est que nous n'avons (plus) rien d'intéressant à nous dire. Il est révolu le temps où nous échangions sur nos univers musicaux, sociaux et tout le reste. Où nous nous exprimions le dépit du monde qui nous entoure et nous trouvions si proches. Tu me parles de ton banal quotidien et parfois des rencontres que tu fais via ton site fétiche. Faut croire que tu aimes collectionner les pouffiasses, les paumées, les barrées de tout genre. En tout cas, ce que tu me racontes d'elles n'est pas bien reluisant. Cela ne fait que me décevoir de toi davantage. Et moi, je ne te raconte rien de moi, de mon banal quotidien. Tu ne me demandes rien de toutes manières. Et quand j'ai un truc génial que j'ai envie de partager avec toi, tu ne manifestes que peu ou pas du tout d'intérêt. Après tu te plains que je ne suis pas bavarde.

 

Quand je te propose une sortie, tu montres peu d'enthousiasme. Mais tu acceptes facilement l'invitation d'une inconnue. On ne sait jamais, si elle était dix-mille fois mieux que moi, si elle était belle, jolie, intelligente et en plus tu lui plaisais.

 

Je suis fatiguée. Parfois je vois un truc. Et je me dis "tiens, je pourrais lui proposer". Mais je suis lasse d'avance. Tes réponses je les connais déja. "Je sais pas", "J'ai pas envie de sortir, il pleut", "J'aime pas sortir le dimanche", "Trop cher, j'ai pas d'argent" (et après tu vas au restau x fois avec tes copains).

Quand je réussis le tour de force de te faire sortir de chez toi, je sais que je vais avoir droit à des plaintes qui n'en finissent pas. Parce que ton RER a eu du retard, parce que nous marchons quinze minutes avant de trouver l'endroit où nous nous poserons pour prendre un verre, parce que les gens font la gueule à Paris (!), parce qu'ils sont tous habillés pareil...

 

Je me demande pourquoi j'ai été attirée par toi... Bon, je sais, tu as des qualités. Mais tout est tellement difficile avec toi. Je crois que je n'ai plus envie de te revoir.

J'avais pris deux places pour Rock en Seine. Tu aimes Sigur Ros. Moi aussi. C'est en août.

J'avais pris deux places pour Radiohead. J'adore. Toi aussi. C'est en octobre.

Je t'ai parlé de ces deux concerts. Tu n'as, comme d'habitude manifesté aucune volonté, désir... Le seul truc qui est sorti c'est "ça pourrait être rentable".

J'avais pris deux places pour Cocorosie, en mars de l'année prochaine. Je ne t'en ai pas parlé. A quoi bon...?

Je crois que je ne te verrai ni en août, ni en octobre, ni en mars 2013. Je n'ai plus envie que tu donnes un goût amer aux choses qui me font du bien, comme tu l'as fait l'année dernière aux Eurockéennes, ou à d'autres concerts. Je n'ai plus envie de te revoir.

8 juillet 2010

Les choses les plus simples ne sont pas les moins

Les choses les plus simples ne sont pas les moins belles.

 

I hold this letter in my hand
A plea, a petition, a kind of prayer
I hope it does as I have planned
Losing her again is more than I can bear
I kiss the cold, white envelope
I press my lips against her name
Two hundred words. We live in hope
The sky hangs heavy with rain

Love Letter Love Letter
Go get her Go get her
Love Letter Love Letter
Go tell her Go tell her

 

Love Letter
Nick Cave and The Bad Seeds

11 juin 2010

(co)locataires VII

Fin 2002, je jette l'éponge. Définitivement je crois. Après tout, lui et moi ce n'est pas possible, tout le monde le pense, tout le monde le dit. Je me trouve stupide d'avoir insisté autant, je ne comprends toujours pas pourquoi j'ai agi ainsi, mais peu importe. Aimer, c'est se sentir en vie.

Et puis je rencontre Yann. Au début de notre relation, je suis dans l'euphorie totale, dans le coup de foudre. Je parle de lui à Chaton, lui raconte que je suis sous le charme, qu'il est presque parfait. Je suis vraiment heureuse de ma rencontre. Du coup, ma relation avec Chaton peut vraiment évoluer à mes yeux, vers de "l'amitié". Il m'écoute, me pose des questions. Ne commente pas forcémment beaucoup.

Mais en peu de temps, je déchante. Yann n'est pas celui que je pensais, il perd peu à peu son éclat pour finalement ne plus trouver aucun attrait à mes yeux.

Début 2003, je fête mes trente ans.

Un jour, un de mes amis m'appelle pour m'inviter chez lui, avec d'autres personnes.  Mon ami des Etats-Unis est à la maison pour quelques jours. Je me rends à l'invitation avec lui. En arrivant, je réalise qu'on m'a préparé une surprise. Mes amis ont organisé une fête pour moi. Cela me fait plaisir, mais la plus grande surprise est de voir Chaton, qui sort d'un coin où il s'était caché dans les feuilles d'une plante. Mes amis l'avaient contacté, et c'est la première fois qu'on se trouve dans ce contexte: lui parmi mes amis proches. J'apprécie le geste de mes amis et j'apprécie qu'il ait accepté de faire partie de ma "surprise".

Mon ami des Etats-Unis me dira en repartant: en le regardant et en voyant ta tête, j'ai tout de suite compris de qui il s'agissait.

 

 

10 juin 2010

(co)locataires VI

Je me confie à un ami ici. Je me confie à mon ami des Etats-Unis. Il est de notoriété publique que Chaton me plaît et que je veux le séduire.

Mon ami d'ici s'amuse de ma persévérance, me disant que je vais l'avoir "à l'usure". Un jour je demande à sa copine: "Tu crois que j'y arriverai un jour?"
Elle me regarde, l'air désolé: "Non, je crois que ça ne marchera pas". Je suis dépitée, autant par la réponse négative (elle ne me croit pas capable de lui plaire) que par ce manque d'encouragement dans la poursuite de mon but.

Avec mon ami des Etats-Unis, nous discutons davantage, je me livre à lui beaucoup plus. Il me dit de ne rien attendre, que je risque d'être blessée. Il me donne aussi son point de vue sur Chaton, qui est parfois inattendu et intéressant. Les hommes ne pensent pas tous de la même manière, et lui me donne un éclairage différent. Il m'aide.

Ma relation avec Chaton change. Elle dérive vers une sorte d'amitié qui n'en est pas vraiment une. Il me parle des filles qui lui plaisent au bureau. Ces filles là n'ont rien d'extraordinaire, je trouve qu'il a des goût pourris. Parce que je suis jalouse sans doute. Je lui parle aussi des collègues qui me plaisent, et bien entendu, il ne les trouve pas terribles non plus. Enfin je ne sais pas quelles sont ses intentions, mais de mon côté, je n'essaye pas de le rendre jaloux car je ne crois pas qu'il puisse l'être. Je lui raconte simplement mes états d'âme avec sincérité.

Il y a eu deux périodes qui ont été un peu difficiles dans cette phase là.

Lors d'une des ses vacances en groupe, il a rencontré une fille. C'était un peu douloureux de l'apprendre. Mais en même temps j'ai pu prendre un peu de distance vis-à-vis de lui. Et puis je trouvais qu'il gérait cette relation d'une manière lamentable, pour finalement me rendre compte qu'il n'y tenait pas tant. Il n'est resté que deux semaines avec elle. Je m'en suis amusée (avec lui) mais j'ai aussi appris qu'il n'avait jamais eu de "vrai" relation avec une fille, profonde et s'inscrivant dans la durée.

La deuxième période était un peu plus tard et a duré plus longtemps. A l'époque nous travaillions avec des sous-traitants étrangers. Des équipes entières venaient dans nos bureaux pour des périodes variables, quelques semaines, quelques mois. Beaucoup de jeunes hommes et quelques jeunes femmes. L'une d'elles était vraiment magnifique. Et c'était peu dire. Un joli visage, des jolis yeux, un joli sourire et un très joli corps. Elle était très gentille en plus. On ne pouvait pas ne pas l'aimer. Elle attirait tous les regards, ceux des hommes comme ceux des femmes. Le regard de Chaton aussi.
J'en ai beaucoup souffert. C'était plus douloureux de penser qu'il la désirait elle, que de le savoir avec sa nana de vacances. C'était une autre dimension dans la jalousie. J'étais mal car je me sentais impuissante à côté d'elle. Il y a de tas de choses dont je n'ai pas peur. Mais la Beauté, sa beauté me terrorisait. Car je ne pouvais rien faire contre elle.

C'est bizarre d'idéaliser à ce point la beauté, non? Depuis toujours. Pourtant les hommes ne regardent pas que ça, même si ça compte beaucoup. Moi même je ne regarde pas que la beauté chez les hommes...


6 mars 2012

Mosaïques

J'ai oublié.

D'autres gens, d'autres paysages.

C'est plus facile d'oublier quelqu'un qui ne pense pas à toi. Je me disais qu'il occuperait mon esprit en permanence et en fait, non.

C'est plus facile d'oublier quelqu'un qui ne t'écrit pas, ne t'appelle pas, qui attend toujours que tu le contactes en premier. Il suffit de briser ce cercle vicieux de la dépendance.

J'ai oublié. J'ai eu des sourires, de la chaleur. Humaine, mais pas que. La jungle, c'est mon élément. La chaleur humide, je m'y sens bien.

On m'a aimée. Parfois sans attendre rien. Je n'étais pas pour tous la riche européenne. J'étais aussi la soeur, la cousine, la tante...

On m'a gavée de douceur, au sens propre et au figuré. Le café avec 5 cuillères de sucre par tasse. Pouah. :)

D'autres musiques, d'autres pas. Tout ça aide à oublier. Danser.

J'ai aimé C. Trop fort, trop vite. Je l'ai oublié, sans vraiment l'oublier. Parce qu'il le faut, parce que je n'ai pas le choix. Je ne vais pas me détruire pour lui. Pas parce qu'il ne le mérite pas mais parce que ça ne lui fera aucun bien de toutes manières.

J'aime toujours C. mais en douceur. J'espère qu'un jour il ira mieux. Tant qu'il voudra bien de moi, je ferai partie de sa vie. Comme une amie.

 

 

Non, mon désir n'est pas éteint. Je lui ai chanté une berceuse et il s'est endormi.

 

29 juin 2011

J'ai de tout temps exécré l'adultère, non pas par

     

     J'ai de tout temps exécré l'adultère, non pas par esprit de mesquine moralité, par pruderie ou par vertu, non pas tant parce que c'est là un vol commis dans l'obscurité, l'appropriation du bien d'autrui, mais parce que presque toute femme, dans ces moments-là, trahit ce qu'il y a de plus secret chez son mari; chacune est une Dalila qui dérobe à celui qu'elle trompe son secret le plus humain, pour le jeter en pâture à un étranger... le secret de sa force ou de sa faiblesse. Ce qui me paraît une trahison, ce n'est pas que les femmes se donnent elles-mêmes, mais que presque toujours, pour se justifier, elles soulèvent le voile de l'intimité de leur mari et qu'elles exposent comme dans le sommeil, à une curiosité étrangère, à un sourire ironiquement satisfait, l'homme qui ne s'en doute pas.

 

Stefan Zweig - La confusion des sentiments

9 juin 2011

Les lumières, les ombres

Il y a des jours comme ça... On erre, on lit des trucs sur la toile, on clique, on tombe ici ou là. Et puis surviennent des notes... douces, rondes, chaudes. Et une voix, masculine et sensible nous enveloppe soudain, dans l'intimité des histoires qu'elle raconte. Et on tombe un peu amoureux, on se laisse entrainer dans cet univers. Est-ce le jour, est-ce l'heure, le moment ? Ou est-ce juste que c'est simplement beau ?

 

 

 

3 juin 2010

Premier jour

        L'éternité, monsieur, commença pour moi un soir de juillet dans l'autobus 96 qui fait la navette entre Montparnasse et la porte des Lilas. C'était il y a quatre ans. Au carrefour de l'Odéon, une jeune fille, vêtue d'une jupe noire à volants, les chevilles gainées de longues socquettes blanches, vînt s'asseoir en face de moi. Instantanément mes regards se fixèrent sur elle. Je fus littéralement ébloui par ce visage que je contemplais en retenant mon souffle. Je ne sais ce que j'admirais le plus en lui: ses joues qui semblaient une pâte pétrie dans le lait ou ses cils qui caressaient des yeux verts tout en faisant barrage aux œillades indiscrètes. Je ne la voyais pas, j'étais aveuglé, hypnotisé et n'avais qu'un désir: l'aborder; qu'une terreur: la laisser partir. Mon admiration devait manquer de mesure car l'inconnue tourna bientôt la tête avec un soupir excédé et j'eus peur un instant qu'elle ne changeât de place. Mais cette réticence à laquelle je trouvais du raffinement ne la rendit que plus chère.

  Ne riez pas de l'autobus; il n'est pas de lieu d'élection pour un coup de foudre. Même une boîte roulante peut devenir l'antichambre du paradis si l'on croit au hasard. Ma préférence ira toujours à l'être de rencontre sur celui que me présentent des amis: car le sort qui arrangea notre conjonction continuera mystérieusement, je l'imagine, à la féconder. Et l'imprévu demeure la seule puissance capable de rendre de la chaleur à la vie.

 

Pascal Bruckner, Lunes de fiel

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