Canalblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Dreaming my life
Publicité
1 avril 2010

Un crime vraiment parfait

J'éprouve un amour réel pour les oeuvres de Ray Bradbury. Quand j'en relis quelques lignes, elles font vibrer une corde sensible. De la légèreté, de la poésie, de la douceur et de la violence. Il a une manière d'écrire très simple quand on regarde bien, mais ses phrases disent tellement de choses, elles ont une part énorme d'implicite. C'est sans doute pour cette raison en particulier que je l'aime. Bradbury ne nous ouvre pas les yeux sur des rêves, mais il nous permet de rêver tout seuls.


J'ai appuyé sur la sonnette.
Me reconnaîtra-t-il, me suis je demandé, après tout ce temps? A l'instant précédant la première balle, dis-lui ton nom. Il faut qu'il sache qui tu es.
Silence.
J'ai sonné une nouvelle fois.
Le loquet a cliqueté.
J'ai tâté le revolver dans ma poche, le coeur battant, mais je ne l'ai pas sorti.
La porte s'est ouverte.
Ralph Underhill se tenait devant moi.
Il a cligné des yeux en me regardant.
" Ralph? ai-je dit.
- Oui?... " a-t-il dit.
Nous nous tenions l'un en face de l'autre, séparés, pendant pas plus de cinq secondes. Mais, Seigneur, plusieurs choses sont arrivées pendant ces cinq secondes.
J'ai vu Ralph Underhill.
Je l'ai vu clairement.
Et je ne l'avais pas vu depuis l'âge de douze ans.
Il me dominait alors de toute sa taille pour me bourrer de coups, me battre en hurlant.
Maintenant, c'était un petit vieux.
Je mesure un mètre quatre-ving-sept.
Mais Ralph n'avait guère grandi depuis sa douzième année.
L'homme qui se tenait devant moi ne mesurait pas plus d'un mètre soixante.
Je le dominais.

 

Ray Bradbury - Un crime vraiment parfait

Publicité
15 mars 2010

Yann Le Breton II

Il accepte ma proposition.

La découverte se poursuit dans la voiture. Je le trouve amusant, sympathique, léger. Je n'ai qu'un regret, c'est de voir l'heure de la séparation approcher à grands pas. Cette rencontre avait quelque chose de magique pour moi.

Arrivés devant chez lui, je m'apprête à lui dire "au revoir" mais l'invitation inattendue tombe. Inattendue mais coulant de source en même temps. "Tu veux monter prendre un verre?". C'est presque drôle, c'est cliché, c'est codé (même vu du haut de mon immense naïveté.... comment ça, vous n'y croyez pas?). Je n'ai pas envie de me prendre la tête. Je suis étonnée que ce soit en train de m'arriver car le jeune homme frôle la perfection en apparence, et oui, je trouve cette fin de soirée magique. Alors j'accepte.

 

 

12 mars 2010

Yann Le Breton I

Il y a quelques années, peu de temps après ma rupture avec le Docteur, j'étais invitée par l'amie d'un ami (et donc avec qui j'étais aussi un peu amie mais pas proche) à sa soirée d'anniversaire. Je m'y rends seule et je me retrouve parmi des personnes inconnues à part elle et deux amis.

Je ne suis pas quelqu'un de sociable mais j'ai un bon souvenir de la soirée. Je discute avec mes amis et je fais connaissance avec quelques autres. Il y a en un que je remarque tout de suite parce qu'il est très beau. Je me souviens d'avoir pensé quelque chose du genre "trop beau pour toi". Je me dis qu'il doit être du genre à pouvoir sortir avec les plus belles filles et qu'il ne fera pas du tout attention à moi. Alors je me préserve et après l'avoir salué, je reste loin de lui pendant pratiquement toute la soirée. Après avoir discuté, mangé, dansé, je me pose sur un coin de canapé pas loin de lui. Il vient vers moi et me parle. Je suis agréablement surprise car il est amical, sympathique et intéressant. Il me parle de musique, de choses que je ne connais pas. Je lui trouve beaucoup de charme, il me plaît.

Puis les gens partent un par un. Avec mes amis nous aidons à ranger avant de partir aussi. Je me souviens d'un détail complètement insignifiant... Yann avait une valise dans un coin car il arrivait de je ne sais où. Nous prenons l'ascenseur tous les deux et je lui demande où il habite. Il est tard, même pour un samedi soir et il se trouve que son quartier est sur mon trajet. Etant en voiture, je lui propose de le ramener.

 

21 janvier 2010

Petites phrases entre amis

A mon cours de gratte. Mon prof et moi.
Il était en train de me faire un démo du morceau à jouer et je l'enregistrais pour l'écouter à la maison. A la fin du morceau je me rends compte que mon appareil s'était éteint en cours de route. Et là je luis sors fièrement et avec le sourire: "Je crois que je ne suis pas allée jusqu'au bout avec toi."
Gloups. Le temps que ma phrase me monte à la tête, je précise: "Mes piles sont mortes, je ne dois pas avoir la fin du morceau"
A peine une demi minute plus tard, il me montre comment placer la main gauche en me disant: "Ce qui est important c'est de bien mettre les doigts bien profond, comme ça tu t'enfonces sur le manche à fond."
Re-gloups.
Je baisse la tête parce j'ai très envie de rire mais en même temps, je me dis que ça se fait peut-être pas et puis j'ai peu être rougi un peu parce que, vous ne savez pas mais il y a des trucs qui me font rougir facilement...

27 décembre 2009

Ce matin j'écoute le live de Hawksley Workman à

Ce matin j'écoute le live de Hawksley Workman à Lille.
J'étais allée chez Gibert pour mes courses de Noel. Je peux passer des heures dans cette boutique. Je regarde partout ... Je me suis baissée pour voir un rayon au ras du sol et je vois ce DVD. Hawksley Workman, Live in Lille 2€. J'ai eu un doute sur le prix car après vérification ce n'était pas une occasion. Le vendeur me confirme, c'est un DVD qui est resté très longtemps en rayon et qui n'est pas parti alors il a baissé le prix, il faut que la marchandise tourne. Quand je pense à la foule qui circule dans ce magasin (on est le 23 décembre) et la quantité de choses qui sont achetées au sous-sol et à l'étage ça donne le tourni et je me trouve incroyablement chanceuse que mon DVD ait échappé à tous ces acheteurs potentiels (en même temps je me dis que les gens ne savent vraiment pas ce qui est bon... et quand je vois les têtes de gondole, cette année MJ et JH...). J'ai failli embrasser le vendeur mais je me suis retenue, j'ai juste exprimé verbalement ma joie :)

 

 

 

Je crois bien que c'est la première fois que je vois un live de lui dans un magasin. Et ce petit live, il est très sympa!

Publicité
2 mai 2009

Breathe

Rien de tel qu'un petit Pink Floyd pour planer

Breathe, breathe in the air.
Don't be afraid to care.
Leave, don't leave me.
Look around and choose your own ground.

Je me suis offert le Live at the Royal Albert Hall de David Gilmour avec le petit père David B. qui viendra chanter avec lui.
Humm, c'est bon!

22 août 2013

Se souvenir des belles choses

Je voudrais (je devrais ?) écrire davantage. Raconter des épisodes de ma vie, mon chemin intérieur. J'ai l'impression que certains souvenirs jusqu'à présent très vifs, s'estompent. C'est peut-être l'effet de l'été. Mais j'ai peur d'oublier. Je pourrais laisser partir (let it go) mais je ne veux pas. Je veux tout garder, dans mon coeur et dans ma tête, revivre à l'infini certains effleurements. Des douceurs, des douleurs. Je veux me souvenir. Toujours.

15 février 2008

Hier

Certains se préparent à assister à un concert de Neil Young ce soir. Je serais presque jalouse mais j'ai les souvenirs encore frais d'hier. :)
Bon, tous les gars et les nanas qui avez pris des petites vidéos et des photos, mettez les donc en ligne !!

Alors en première partie il y avait Pegi Young, qui a chanté pendant une heure.

 

 

Neil est arrivé ensuite, il a fait une première partie assez calme. Tout seul :). Il était assis avec sa guitare et l'harmonica devant sa bouche, puis au piano et au banjo.

  • From Hank To Hendrix
  • Ambulance Blues
  • Sad Movies
  • A Man Needs A Maid
  • No One Seems To Know
  • Harvest
  • Journey Through The Past
  • Mellow My Mind
  • Love Art Blues
  • Don't Let It Bring You Down
  • Cowgirl In The Sand
  • Out On The Weekend

Pour moi le moment fort était Man Needs a Maid. Mais c'était bizarre de le voir là, calmement assis. ça changeait de la fois où je l'avais vu à Bercy et qu'il était vraiment terrible. Je me disais "on dirait qu'il a vieilli". En même temps ces chansons étaient super belles et pleines d'émotion. Cette voix qu'il a! Si claire, si limpide... Elle n'a pas changé. J'adore. Il racontait des anecdotes, des blagues. Ces moments étaient vraiment superbes.

Ensuite il est revenu après vingt-cinq minutes de pause (c'est amusant, je trouve, d'avoir un entracte pendant un concert de rock) et là, il a sorti l'artillerie lourde. Guitare éléctrique, tombé la veste et les copains ont ramené leur fraise (Ben Keith, Rick Rosas, Ralph Molina, Pegi Young). Et je ne l'ai plus trouvé vieilli du tout. Il est toujours comme je l'ai connu. ça déchirait grave. Du coup on s'est levés et on s'est mis devant là scène. C'était terrible de voir tout le groupe jouer des trucs si forts, si grandioses, si énergiques comme s'ils avaient vingt ans. On aurait dit qu'ils faisaient la chose la plus aisée du monde. Ils étaient tout simplement géniaux et beaux (moi quand j'aurais soixante ans, je voudrais être comme eux). Ils dégagent un force...

  • Mr. Soul
  • Don't Cry No Tears
  • Dirty Old Man
  • Spirit Road
  • Bad Fog Of Loneliness
  • Winterlong
  • Oh, Lonesome Me
  • The Believer
  • No Hidden Path

 

Rappel

  • Cinnamon Girl
  • Like A Hurricane


Neil Young @ Grand rex
Uploaded by showmethesound

Voilà. Plus de deux heures et demie de concert. A la fin, toutes les cordes de sa guitare ont sauté. Le final était magnifique.
Je ne me suis pas couché avant deux heures et demie du matin. J'étais épuisée... Mais heureuse.

14 janvier 2018

Être une femme (I)

Quand j'avais autour de vingt ans, j'étais encore dans un âge naîf... pas déniaisée totalement, on va dire. J'avais un job le week-end, dans un magasin qui vendait des trucs de bricolage. J'y bossais tous les dimanches, plus rarement les samedis et pendant les vacances scolaires, puisque j'étais étudiante à la fac.

L'ambiance était plutôt sympa, donc j'étais copine avec à peu près tout le monde parmi mes collègues, qu'ils soient vendeurs, caissiers, magasiniers, vigiles, responsables...

Un jour, je sais plus pourquoi, je devais être en train de chercher le prix d'un article ou un truc similaire, j'étais accroupie et je regardais le rayon du bas d'une étagère du magasin. A ce moment, il est arrivé dans mon dos, un des vigiles. Simon, je crois qu'il s'appelait. Il s'est penché, m'a entourée de ses deux bras et a attrapé mes seins, chacun dans une main et les a pressés. J'ai failli perdre l'équilibre. Par réflèxe, j'ai jeté mon coude en arrière pour me dégager de lui et je me suis relevée en même temps en essayant de ne pas me casser la gueule. Je n'ai pas chuchoté, je n'ai pas crié, mais je lui ai signifié "Arrête !", bien clairement. Il m'a répondu une connerie "Ah bon, tu n'aimes pas. Normalement, les femmes aiment bien ça." Je me suis barrée. Je devais retourner en caisse avec le prix de mon article. Ce qui avait le dessus à ce moment était la mission à accomplir pour mon boulot. Je n'ai rien répondu de plus.

De retour à ma caisse, je cogitais, j'ai cogité tout l'après-midi. Pourquoi ne l'avais-je pas pourri, insulté ? La colère est montée en moi après coup. Au moment même, ce qui m'avait saisie, c'était la surprise, plus la position inconfortable (ne pas perdre l'équilibre). Est-ce qu'on s'attend, quand on est en train de faire son boulot, concentrée et consciencieuse, à se faire attraper ainsi ? Par quelqu'un qu'on connait, avec qui on entretient non pas une relation amicale, mais au moins cordiale ? Non bien sûr. Premier réflexe, se dégager. Deuxièmé réflèxe retourner bosser. La colère vient après. Après avoir réalisé. Je n'avais pas peur de Simon. Il était bien plus grand et plus costaud que moi. Mais je n'avais pas peur, on était dans le magasin, et même si le rayon où j'étais semblait vide, il y a avait du monde pas loin. Pourquoi ne lui avais-je pas mis une mandale dans la gueule ? C'est ce que j'ai regretté de ne pas avoir fait. Mais par défaut, je n'ai pas eu de réaction violente, ce n'est pas dans ma nature. Et la colère n'est venue qu'ensuite.

Et après ? Après rien... Je pense qu'aujourd'hui le choses se passeraient différemment. A l'époque j'étais une gamine. Retourner lui parler après coup me semblait une perspective inutile et désagréable. Se plaindre ? A qui ? De quoi ? "Il m'a tripoté les nichons". Bof. Je n'avais pas mal, je n'avais pas de traces. Le témoignage aurait semblé ridicule ou au moins anodin. Cela aurait servi à quoi ? Aujourd'hui je mettrais les mots dessus : agression sexuelle. Pourquoi étais-je en colère ? Parce que ce connard avait crû que j'étais open bar. Parce que cet abruti avait pensé à moi comme à moins qu'une personne, qu'on pouvait se passer de me demander et d'obtenir mon consentement pour toucher à mon être, à mon corps. Une femme, quoi.

Bien entendu, j'ai été prise d'une aversion profonde pour cet individu. Je ne lui ai plus adressé la parole. Un matin, il est venu me saluer, et je l'ai regardé avec mépris. "Pourquoi es-tu comme ça avec moi ? m'a-t-il demandé. Qu'est-ce que je t'ai fait ?". Des années après, j'hallucine encore. Je lui ai répondu avec le même silence et le même mépris. J'aurais peut-être dû lui répondre quelque chose. Lui expliquer ? L'éduquer ? J'ai des doutes sur l'utilité de la chose et à l'époque, c'était la seule manière que j'ai trouvé de réagir. Après, il m'a foutu la paix. Mais je suis restée mal à l'aise de travailler sur le même lieu que lui. Il ne me faisait pas peur, mais sa présence suscitait en moi une réelle aversion. Heureusement, il n'était pas là tout le temps, ils étaient plusieurs dans son équipe à tourner sur plusieurs sites. Le croiser restait cependant fort désagréable et je l'évitais le plus possible.

 

14 octobre 2012

Solitude

Je me sentais un peu seule. Je me disais que j'aimerais bien avoir quelqu'un à qui parler. Comme pour m'exaucer, une fenêtre d'IM s'ouvre sur mon écran. Je regarde. Un mec que j'avais rencontré sur un site, avec qui j'avais discuté deux ou trois fois. Gentil mais un brin naïf (doux euphémisme). Je ne m'étais jamais trouvé grand chose en commun avec lui.

Le mec en question aime la peinture, il achète et vend des tableaux. Je lui parle de l'expo sur Edward Hopper. Il me dit qu'il compte y aller.

J'aimerais bien être chamboulée, bousculée, surprise. J'aimerais savoir pourquoi il aime la peinture, j'ai envie de me nourrir de sentiment et d'émotion. Il me répond un tas de choses sans intérêt, dépourvues de chaleur. Je le trouve fade, ses réponses m'ennuient, elles sont aux antipodes de celles que j'espère. Je lui demande alors pourquoi il veut aller voir Hopper. Je me rends compte alors qu'il n'en sait rien. Sans doute parce que c'est une expo qui est "très courue", pour citer ses propres termes. Je me rends compte qu'il ne sait pas ce que fait Hopper. Ignorance n'est pas vice, mais quand je lui parle de ce que ces tableaux évoquent pour moi, il ne manifeste aucune curiosité. Il dévie sur une question à deux balles, à la "tu ferais quoi si...?"

Quelques minutes après, je retourne dans ma nuit. Je me sens encore plus seule après avoir réalisé qu'il ne suffit pas d'échanger avec quelqu'un pour ne plus l'être.

 

 

Je viens de voir qu'il y avait un évènement demain à Beaubourg

24 septembre 2019

J'écris tant que je n'ai qu'un seul pied dans la tombe (II)

Le premier mec que j'ai embrassé s'appelait Emmanuel.

C'était un grand dadais. Il était gentil mais un peu niais. J'étais en première (j'avais donc dix-septs ans). Je me souviens que tous ses "copains" se fichaient un peu de lui, faisaient mine de l'éviter quand il arrivait. Il ne s'en apercevait pas. J'étais gentille avec lui. Je n'avais aucune raison de ne pas l'être. Il était beaucoup plus grand que moi. Et il avait deux ans de plus, même s'il était aussi en première. Il était "juste" un copain, quelqu'un avec qui je trainais à la récré. Et puis j'étais amoureuse d'Arnaud.

Il traînait souvent avec moi et ma bonne copine de l'époque, Maryse. Elle se foutait de lui. Moi pas. J'ai pas l'habitude de traîner avec des gens et me foutre d'eux en même temps. Je le trouvais gentil. Bon.

Un midi, après la cantine, on était assis dans la cour, enfin sur le côté, le long du bâtiment. Il y avait un rebord, sur lequel on pouvait s'assoir. Devant moi, se trouvait une marche sur laquelle je pouvais poser mes pieds.

Emmanuel était très grand : au moins une tête de plus que moi. Davantage sans doute. Il m'a dit "Lève-toi". Je me suis levée. Il m'a dit "mets-toi là". Et il m'a dit de me mettre sur la marche. Ma tête était face à la sienne. Je me demandais ce qu'il fabriquait. Et il m'a embrassée. Je ne m'y attendais pas. Puis il m'a dit "je t'aime". Je ne m'y attendais pas plus. Et il a poursuivi par :"Et toi ?".

Je ne l'aimais pas. J'aimais Arnaud. Arnaud qui aimait Stéphanie. Et Stéphanie aimait Arnaud à ce moment là. Mais ça n'a joué aucun rôle. Seulement, le fait qu'Emmanuel m'embrasse et me parle dans l'oreille m'avait donné chaud. Et je n'ai pas réfléchi. C'est l'instinct qui a répondu. Un truc d'irraisonné, peut-être comme lié à l'instinct de survie de l'espèce ou un truc du genre, je sais pas. La curiosité peut-être... Ce que je veux dire, c'est que j'ai pas fait exprès et spontanément, j'ai répondu "oui".

Alors il m'a embrassée une fois encore, de manière plus prononcée, avec la langue. C'était bizarre, c'est grosse langue dans ma bouche, ça donnait chaud, un peu partout. Dans la cour, un groupe de ses soi-disant copains (hypocrites) a applaudi. Il leur a fait signe de la main. Puis, il m'a dit "Viens". Et il m'a entrainée dans le couloir des perms du rez-de-chaussée, là où allaient tous les amoureux pour se rouler des pelles, parce que c'était pas trop éclairé.

Bizarre, ce protocole des pelles dans le couloir, non ? En tout cas, à ce moment là, ça m'a fait bizarre d'en faire partie. Un peu comme si j'étais passé de l'autre côté d'un truc.

Bref, le premier mec que j'ai embrassé était un tocard, il s'appelait Emmanuel et quand il m'a larguée quelques semaines plus tard pour une copine de ma classe qu'il trouvait soudainement plus jolie et qui n'en avait rien à foutre de sa gueule et m'aimait bien, et bien j'ai chialé ma race. Je pensais que je pleurais d'amour mais en réalité, je pleurais une blessure d'amour propre. Je lui ai écrit une longue (très longue) lettre pour lui dire que je souffrais de la rupture. Tout ce qu'il a pu me dire a été "Il t'en a fallu du temps pour écrire tout ça". Crétin. :)

12 mai 2015

J'aime bien lire entre les lignes de notre

 

J'aime bien lire entre les lignes de notre correspondance. Les mots que tu m'adresses ont changé de couleur, tu m'as friendzoné - comme on dit à notre époque - mais sans vraiment l'avouer. Tout est question de nuances. Simplement parce que je t'ai révélé un détail de ma vie. Pourtant je suis la même, mais tu as arrêté de flirter avec moi. Heureusement, je suis plus fine, moi je n'arrêterai pas.

25 février 2015

Si je quoi... ?

 

Fouiller encore, revenir en arrière.

Je voulais te dire que je suis fière de toi. Fière de ce que tu as accompli. Tu es un homme brillant, intelligent. J'ai toujours su que tu l'étais.

Et si tu me voyais, telle que je suis aujourd'hui, que penserais-tu ? Je ne ressemble plus à grand chose, je ne fais plus de shopping, je suis décroissante. Chômeuse de longue date, devenue végétarienne puis lancée dans le freeganisme. Comprendrais-tu mes choix de vie ?

Je t'aime toujours, malgré le temps, la distance et les chemins parcourus. Je t'ai toujours aimé et je suis contente que tu aies grandi, quand je n'ai fait que rétrécir. Incohérente ? Oui.

 

 

11 mars 2011

Le Oliver Saint-John Gogerty

Aujourd'hui, je n'avais rien à vous dire, alors je me suis dit qu'il fallait quand même que je trouve quelque chose à vous raconter.

Alors voilà, j'ai trouvé un sujet. Figurez-vous que je suis allée voir Les Chiche Capon au théâtre de la Pépinière, près de Opéra. Leur spectacle s'appelle Le Oliver Saint-John Gogerty. C'est vraiment n'importe quoi et c'est drôle. Je vous le recommande. Vraiment.

Et puis vous pouvez avoir des billets à 17€ (au lieu de 29€) en vous y prenant quelques jours à l'avance ici.

29 novembre 2012

Je quitte ce job bientôt. Bon débarras, j'en

 

Je quitte ce job bientôt. Bon débarras, j'en pouvais plus de ne pas voir les heures passer.

Je ne vais plus voir tous ces gens avec qui j'ai cohabité pendant les heures ouvrables. Tant mieux.

Je ne vais plus croiser le rouquin qui me parlait parfois quand j'allais au café. Il me faisait rougir jusque dans l'âme. Je répondais des choses stupides à chaque fois. Va savoir pourquoi.

Je ne vais plus voir mon collègue à la voix rocailleuse. Il est un peu crétin mais je l'aime bien. Je crois qu'il joue à faire l'idiot. Peut-être que lui aussi s'amuse de la connerie ambiante. Je ne le verrai plus jamais. Pourtant je vois bien qu'il reluque discrètement mon décolleté à table. J'ai choisi ma tenue en pensant à lui, alors ça tombe bien. Je vois bien aussi qu'il attrape mon regard quand il dit un truc extrêmement bête, pour vérifier que ça m'amuse. Il a un sourire dans les yeux. C'est assez sexy.

Je ne le reverrai plus. Nous ne nous connaissons pas depuis assez longtemps. Je n'ai pas laissé de relations se créer dans ce contexte de travail. Je n'ai pas voulu. Et avec lui qui me plaisait (un peu), j'ai gardé la même distance. Peut-être même une plus grande distance. Va savoir pourquoi.

Il n'est pas venu vers moi non plus, n'a pas cherché à savoir davantage qui je suis. Alors, même s'il m'aime bien et malgré les bribes d'échanges qui pourraient laisser supposer qu'on aurait peut-être des choses à se dire dans un autre environnement, il me laissera partir et nous ne nous reverrons plus.

Bon débarras.

 
 

 

18 novembre 2012

Carnets de voyage (III)

Le rêve de la troisième nuit était violent.

Je voulais tuer mon père.

Au réveil, j'ai senti dans mon ventre cette haine, cette rage, ce désir de mort.

Dans cette ïle paisible, à tant de kilomètres de lui, à tant d'années de ça, comment ce rêve était-il arrivé jusqu'à moi ?

Aussi profondément que soit enfoui ce passé, il remonte toujours régulièrement à la surface.

 

Je n'oublie pas

 

 

18 avril 2011

Désir (IV)

Won't you come here with me I said
Something that you should see I said
Go Turn off the TV I said
You should sit here with me I said
You're the she here with me I said
And can I be your he I said
Let me touch on your feet I said
Your mouth is so sweet I said
Can you drip over me I said

Tell me something nice you like to do
Cus maybe I will like the same thing too
Cuz you're shy
Kinda sweet
Is there something that you need
You're too nice just to ask
May be I would like to have?

How do you like it
Tell me how you like it
On the floor
Up against the bathroom door, let me tell you something else
On a sunday afternoon
When there's dishes left to do
When the TV's still turned on
And the wine is not quite gone, let me tell you something else

 

Hawksley Workman - Animal Behaviour

12 novembre 2017

Vers qui se tourner quand les personne qu'on

 

Vers qui se tourner quand les personne qu'on pensait bienveillantes à notre égard se protègent de nous ? (de nos souffrances)

Sur qui se reposer, quand l'épaule qui nous semblait offerte, est en réalité recouverte d'une carapace ? (alors qu'ils auraient pu, qu'ils sont seuls capables de les soulager !)

Quel coeur toucher ? Quelle langue délier pour pouvoir nous sauver ?

Personne.

Personne.

Personne.

J'implore et c'est l'écho qui me répond. La vie, la vie... Y a-t-il vraiment des gens qui la trouvent douce ? Il m'est arrivé de le penser dans des moments, trop éphémères...

La famille est une plaie.

L'amour est une douleur.

Le désir est insatiable.

L'amitié ne suffit pas.

La création est inutile.

 

Nos souffrances éloignent les gens, elles leur font peur. On souffre encore des souffrances qu'on traîne depuis toujours. C'est sans fin, c'est injuste.

Vite, qu'il ne reste rien de moi.

20 octobre 2017

Je n'ai aucune patience avec moi même. Alors que

 

Je n'ai aucune patience avec moi même. Alors que j'en ai une infinie avec mes élèves.

 

Je ne supporte pas de ne pas réussir quelque chose tout de suite. Impatience à la mesure de celle qu'on a eue envers moi. Traces indélébiles d'une scène de mon enfance. Elle ne m'a pas appris la persévérance. Mais qu'il fallait y arriver, maintenant, coûte que coûte.

Sinon tu n'es bonne à rien. Tu es stupide, inutile.

Le résultat, c'est que j'abandonne souvent, par crainte de me révéler imbécile, tâtonnante... Minable. Ne rien faire, c'est mieux qu'échouer. Même si plus personne de qui s'attirer les foudres pour cause de non-réussite. Ah, mais si ! Moi.

Stupide héritage.

Je ne suis pas paresseuse, mais la reine de l'évitement. J'évite de bosser ce rythme que j'arrive pas à faire à la guitare et je viens écrire à la place.

J'évite de vivre aussi, parce, si t'es pas brillante, ça sert à rien. Je dis que je savoure le temps et l'espace. C'est sans doute vrai. Au final, la beauté c'est ça pour moi. Être un rien perdu dans un espace et un temps infini. Mais la beauté de ça, ce n'est pas moi, mais bien tout le reste. Donc ne rien faire qui puisse le perturber... Mais tout faire pour essayer de le préserver. Je reste un rien parce que je ne sais pas être quelque chose. Pas instantanément. Je n'ai aucune ambition, je ne veux pas être dans ces histoires de pouvoir, de paraître et posséder... Réussir. Je veux ressentir. Ne rien faire que sentir le soleil sur moi quand il y en a. Écouter la pluie tomber quand elle tombe. Me blottir dans ses bras s'il me le permet. Attendre... Que cette vie passe. Je sais, je ne suis rien.

17 août 2017

Ils servent à quoi, tous ces souvenirs

 

Ils servent à quoi, tous ces souvenirs numériques, à part à constater que rien ne change jamais ? La douleur est toujours présente au fil des années. Je n'ai jamais consulté. Peut-être devrais-je ?

Comment sont les autres, à l'intérieur ? Est-ce qu'ils se lèvent parfois avec cette envie de rester cloués au sol ?

Avec ces larmes si difficiles à refouler ? Est-ce qu'ils portent des maux qu'on ne peut que dissimuler, mais jamais effacer ?

Comment sont les autres derrière leurs jolis sourires ?

17 août 2017

Franck, il m'attendait souvent à la sortie de mes

 

Franck, il m'attendait souvent à la sortie de mes cours à la fac. Avec une ponctualité à toute épreuve. Il attendait à côté de la porte de ma salle de cours, avec un livre à la main, sa veste violette et ses lunettes sur le nez. Cette fidélité faisait marrer mes camarades de classe. Il séchait ses cours pour assister à la fin des miens. Pour que nous passions du temps ensemble et rentrions ensemble vers nos maisons.

Au cours de ma dernière année d'université notre histoire s'est achevée. Il n'y a pas de permanence, d'amour éternel. Peu importe à quel point tu as envie et comment ça te retourne les entrailles. Peu importe la dépendance et les soirées à pleurer, espérer que l'autre pense à toi. Peu importe tout. La dégradation semble irréversible, en partant du point zéro.

 

27 juillet 2014

Sad song

 

Vendredi, nous nous sommes retrouvés avec Lou pour faire de la musique. Nous avons joué ensemble, puis il s'est mis au piano pour me faire écouter certaines de ses compositions.

Je ne sais comment, pendant cet après-midi agréable, le son déroulé par ses doigts m'a emmenée loin, dans une moment pénible et douloureux de mon passé. La musique était belle, mais j'ai eu mal en revivant cette scène. Les larmes me sont montées aux yeux, j'étais de nouveau cette gamine de dix ans. J'ai essayé de me concentrer sur Lou, que je voyais de dos, et sur ses mains dansant sur les touches du piano. Je ne pouvais pas pleurer, je ne pouvais pas permettre qu'une larme s'échappe de mes yeux et roule sur une joue. Je ne connais pas assez Lou pour pouvoir lui expliquer, et même si je le connaissais davantage... je ne raconterais ce passé à personne. Et il est évident que ce ne sont pas des larmes d'émotion dûes à la beauté de la musique, même si elle les a - involontairement - provoquées. Alors je les contiens du mieux que je peux, je cligne pour essayer de les sécher, je me dépêche car je ne sais pas combien de temps dure ce morceau. C'est difficile alors je fais mon possible. J'y arrive... Quand il joue la dernière note et se retourne, je suis décomposée à l'intérieur, mais en surface,je suis à peu près moi.

4 juin 2016

Ma vie tient parfois à un fil (VI)

 

Pour moi, l'image du bonheur, c'est un peu cette photo où je suis avec Philippe. C'était le dernier jour des vacances et nous avions assisté à des chorégraphies de fontaines, dans un parc ce soir là. L'une d'elles proposait un jeu : il fallait gagner le centre du cercle quand les jets d'eau étaient au repos, le risque étant de se faire mouiller si la chorégraphie reprenait. Au début, nous regardions sagement les autres se faire mouiller. Puis J'ai pris Philippe et Copine par la main et les ai entrainés dans cette douce folie. Nous avons ri, avons été aspergés et c'était chouette. En sortant nous avons pris des photos. Nous avons demandé à Copine de nous prendre tous les deux. Philippe en a fait faire trois ou quatre avec son smartphone (puis-je espérer que s'il en a demandé autant c'est qu'il en voulait une où il était bien, avec moi ?). Je lui en ai demandé deux avec mon appareil photo. Je n'ai pas encore vu celles de Philippe, mais sur mon appareil, cela donne deux photos, bien trop sombres, où nous avons des sourires éclatants et les yeux qui brillent. Sur l'une d'elle j'ai les yeux grands écarquillés car je ne voulais pas avoir les yeux encore fermés comme sur 99% des photos de moi. J'ai un peu l'air d'un clown mais je suis heureuse. Philippe a le bras autour de mes épaules et le mien est passé autour de sa taille. Derrière nous, les jets d'eau sont joyeux. Si jamais l'éternité avait un visage, j'aimerais que ce soit celui là.

Je regarde ces photos tous les soirs depuis mon retour.

 

 

 

 

30 mai 2016

Ma vie tient parfois à un fil

 

Pendant les vacances, un matin (ou un soir ? Je ne sais plus trop) dans la chambre d'hôtel, Philippe m'a vu écrire dans mon petit carnet. Il m'a demandé si c'était un carnet de voyage. "En quelque sorte", ai-je répondu, pensant que cela s'arrêterait là.

"Peux-tu m'en lire un bout ?" a-t'il poursuivi.

Je l'ai regardé, surprise. Je ne m'attendais pas à cette requête, ne pensant pas que le contenu de ce carnet pouvait l'intéresser. Il n'y a pas encore grand chose dedans, il est relativement neuf. Heureusement, je n'y ai rien écrit sur lui. :)

Je sais ce que je peux lui lire, les premières pages qui contiennent ce texte : Look up here, I'm in heaven

"Oui", lui dis-je. Et je commence la lecture. Mais entendre ce texte, avec ma voix, sonne bizarre à mes oreilles. Dès la troisième ligne, je commence à trouver ce déballage profondémment impudique. J'ai beau vouloir être vraie, je ne veux pas lui dévoiler mes tripes de cette manière. "Tiens, lui dis-je en lui tendant le carnet, lis-le plutôt toi-même, c'est vraiment trop bizarre d'entendre ce texte avec ma voix. Tu peux le lire, mais seulement celui-là". Il a acquiescé.

Pendant qu'il lisait, j'ai pris mon tour dans la salle de bain, Copine étant remontée.

Lorsque je suis revenue à mon tour, il m'a rendu mon carnet. "Alors ?", ai-je été obligée de demander, ce qui, en soi, me semblait un mauvais signe.

"Et  bien on voit que ce sont les écrits d'une femme, une vraie" a-t'il répondu. J'ai scruté son visage, perplexe... Cette réponse ne voulait rien dire... Je crois que ça m'a toujours agacée, cette formule "une femme, une vraie". Bref, j'ai fini par être complètement dépitée quand il a conclu par "Sinon, sur le contenu, je n'ai pas de commentaires à faire" . Voilà, je lui dévoile un truc super personnel et qui me coûte, car je ressens une forme d'amour pour lui, j'ai envie de mettre mon âme à ses pieds, mais il n'a pas de commentaires à faire... Je me suis sentie blessée et j'ai rangé mon carnet. La conversation s'est arrêtée là.

Vraiment, la perfection ne suffit pas.

 

11 mai 2016

Indentikit

 

Depuis hier soir, je me passe celle-ci. Je trouve le dernier album brillant. Dans cette chanson j'aime bien cette sensation de déchirement à l'écouter. Ils la jouent depuis 2012 alors je suis allée revoir les setlist de mes deux dates à Bercy et elle n'y était pas. Je pense qu'elle ne m'aurait pas échappé sinon.

 

 

 

 

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 > >>
Publicité
Dreaming my life
Visiteurs
Depuis la création 44 157
Publicité
Derniers commentaires
Archives
Publicité