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Dreaming my life
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30 juin 2010

(co)locataires XII

Bien sûr, je n'ai pas envie qu'on se montre de manière évidente aux yeux des x mille collègues qui nous entourent. Mais nos collègues proches sont plutôt des copains avec qui on s'entend bien, on s'amuse. Ne pas dévoiler est une chose, dissimuler en est une autre. Je n'étais pas à l'aise avec ça.

Combien de fois devrais-je mentir quand l'un de ces collègues me lancera une blague ou une remarque dans laquelle mon statut de "célibataire" est posé comme postulat de base? Ce qui est un comble d'ailleurs car je ne l'ai jamais été bien longtemps . Ou encore quand nous discutons de différents sujets pendant nos pauses, je suis dans le mensonge quand je raconte au singulier: "J'ai vu telle exposition", "j'ai vu tel film". Chaton est présent dan le groupe, il est en face de moi mais le je ne deviens jamais nous dans les conversations.

La dissimulation est pire vis-à-vis des amis. De mes amis. Je m'en veux de leur cacher à eux qui ont été les confidents de tellement de choses. Mais Chaton a l'air terrifié à l'idée que je divulgue notre "secret". Donc je continue à me taire.

Le seul à qui je me confie est mon ami des Etats-Unis, car il est loin, et il ne connais pas les autres. Qui plus est, notre relation est très intime, je n'ai pas peur de tout lui dire. Je sais qu'il ne me jugera pas et qu'il me réconfortera toujours, même s'il n'approuve pas ma manière d'agir.

Nous ne disons rien, nous ne montrons rien.

Quand nous avons des sorties communes, nous arrivons séparément, nous repartons séparément. Cela génère des effets secondaires qui sont blessants aussi. Comme quand la copine d'une copine racontera devant moi en rigolant qu'elle a fait une tentative d'approche mais n'a pas réussi à éveiller son intérêt. D'autres essaieront et ne réussiront pas mieux.

Un samedi soir, en boîte, je verrai des jeunettes s'approcher de lui. Lui s'en fiche, il se défoule, il dance. Mais je me sens fragile et dans l'insécurité totale par rapport à notre relation. Je sais qu'il n'est pas un dragueur mais je me sens mal.

Plus tard dans la nuit, fatiguée par le lieu, excédée par sa distance, j'irai le prévenir que je m'en vais. Il me répondra "Moi je reste". Il doit être entre quatre et cinq heures du matin quand je rejoins ma voiture. Je me sens bien seule.

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21 juin 2010

Chris Isaak au grand Rex, 19 juin 2010

Samedi soir je n'ai pas eu la joie de l'attente interminable de l'avant concert puisque je suis arrivée en fin de première partie.

Chris Isaak arrive, vêtu de bleu. Je le connais peu, j'ai décidé d'aller à ce concert un peu sur un coup de tête (avec préméditation certes). Je le trouve lumineux, charmant, souriant. Il a une voix belle et puissante. On reconnait bien l'américain quand même, il maîtrise son show. Mais on voit aussi qu'il y prend du plaisir.

Je connais plus de chansons que je pensais, parmi lesquelles
Dancin'
Somebody's Crying
Wicked Game
Baby Did a Bad Bad Thing
Blue Hotel
San Francisco Days
Forever Blue

Il fera des reprises aussi dont le fameux Love me tender qu'il accompagnera d'un bain de foule.

Au total il aura donné plus de deux heures de concert et chanté - si je ne me trompe - vingt-huit titres.

3 avril 2010

Yann Le Breton VI

Un soir, peu de temps après l'épisode du dîner avec mes collègues, Yann m'a appelée. J'étais contente qu'il m'appelle. Seulement, voilà: il commence à parler de lui. N'allez surtout pas croire que je suis égocentrique et que je ne supporte pas que les autres parlent d'eux. Bien au contraire... Mais.... Yann me parle de ses difficultés à trouver du travail, de ses difficultés relationnelles avec untel, et de tas d'autres choses. Je l'écoute attentivement, lui donne mon point de vue, essaye de lui donner des conseils. Je me souviens que c'était un appel très long. Puis tout d'un coup il se ressaisit et me dit:
" J'ai beaucoup parlé de moi."
Il marque un silence, puis poursuit:
"C'est pas grave, tu me parleras de toi la prochaine fois."
Je suis perplexe et je ne sais pas quoi dire. Il me semble que parler de moi ne me manquait pas particulièrement, je ne sais même plus si j'aurais eu des choses à dire. Mais cette manière qu'a Yann de considérer notre relation me laisse sans voix.
On se dit au revoir et on raccroche.
C'était la dernière fois qu'on se parlait et on ne s'est jamais revus.

Cette histoire avec Yann doit être la moins belle que j'ai vécue. C'était bizarre aussi ce décalage entre un début presque féérique et puis une suite vraiment vaseuse. Comme quoi, la première impression qu'on a d'une personne n'est pas forcément la bonne.
Quand je repense à lui, il y a un qualificatif qui ressort parmi tous les autres: égoïste.
Yann est issu d'une "bonne famille" et il a tendance à penser que tout lui est dû. Malgré le fait que nous passons du temps ensemble, partageons des choses et couchons ensemble, j'ai l'impression qu'il me regarde de haut. Et pour la première fois de ma vie, j'ai l'impression de ne pas être "assez blanche" aux yeux de quelqu'un. A plusieurs reprises je constate qu'il a du mal à assumer mon "exotisme". C'est assez désagréable.

Au final, il ne me reste pas de bons souvenirs avec lui, et même les moments qui étaient agréables se sont vus ternis par la suite. La "rupture" n'a pas du tout été douloureuse.

2 avril 2010

Je t'avais prêté Jude l'Obscur de Thomas

Je t'avais prêté Jude l'Obscur de Thomas Hardy.

Quand tu me l'as rendu, je t'ai demandé si tu avais aimé. Non? En répondant, tu as manifesté une colère qui m'a surprise:

"Ce type est un crétin! Il est incapable de dire à sa femme qu'il l'aime. Ça me tape sur les nerfs. Ce bouquin m'énerve."

Cette réponse, c'était tellement toi.

29 mars 2010

Yann Le Breton IV

Le côté grave s'efface et l'euphorie reprend le dessus. Arrivés chez moi, Yann se jette sur mon lit en riant. Il n'a pas de mal à s'approprier mon espace, et moi je me sens nettement plus à l'aise. Je me souviens avoir pensé aussi qu'il était le premier avec qui je partagerai des moments d'intimité dans cet appartement fraîchement acquis.

Yann et moi faisons l'amour dans un état d'esprit un peu ludique. La vérité c'est que je n'en ai pas gardé un souvenir impérissable. J'aime bien son corps, même s'il est d'une beauté un peu lisse. Je me souviens juste d'avoir touché du bout des doigts à ce moment là un aspect un peu déplaisant de sa personnalité. Yann est un peu égoiste, il ne se donne pas. Malgré les apparences, il y a un mur entre nous. Et j'ai l'impression que je ne peux pas me donner non plus, ce qui est pour moi plus gênant encore. Je vois l'amour (ou le sexe) comme un don de soi, même pour une histoire qui ne dure pas. Alors avec Yann, je ressens un léger malaise, mais je ne me souviens plus dans quelle mesure j'avais conscience de tout ça.

Nous passons le reste de la nuit et la journée du dimanche tous les deux, partageons des moments agréables dans l'ensemble.

Vers dix-hut heures, je le ramène chez lui, et je sens que c'est la fin. Il aura pris soin, au détour d'une conversation, de me prévenir: "il ne faudrait pas que tu deviennes trop sentimentale". Samedi soir j'espèrais une histoire d'amour, dimanche soir je n'espère rien. C'est simplement comme ça.

Arrivés dans sa rue, je m'arrête, je me gare. Je me tourne vers lui pour lui dire au revoir. Je n'ai pas l'intention de lui demander quoi que ce soit mais, machinalement je prends mon téléphone portable pour me donner une contenance. Je ne sais pas pourquoi je me sens nerveuse. Yann regarde mon téléphone, puis me regarde moi. Il propose que nous nous échangions nos numéros. Bon. Puis il descend et s'en va.

En repartant, je me dis que les hommes sont vraiment bizarres.

 

 

 

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27 mars 2010

Yann Le Breton III

Le champagne fait son effet aussi.

Je lui demande: "Qui es tu?"
Il rit et me répond simplement:
"Je suis moi... Yann.
- Pourquoi je t'ai suivi?
- ça, c'est à toi qu'il faut le demander"

Moi ne me donne pas de réponse.

C'est bizarre cette proximité soudaine avec ce corps inconnu, d'une personne que je n'ai pas eu le temps de désirer. Qui plus est, je suis refroidie par le lieu. Yann revient de vacances et l'appartement n'est pas chauffé depuis quinze jours. On est tout de même au mois de décembre et l'air est glacial. Et puis, l'endroit n'est pas familier, je ne m'y sens pas à l'aise.

Quoiqu'il en soit, nous nous rapprochons de plus en plus. Mais au moment de passer au choses sérieuses nous nous apercevons d'une erreur dans la logistique, d'un problème de gestion des stocks. Yann n'a plus de préservatifs dans son tiroir. Et moi (erreur de débutante) je n'en avais pas pris non plus.

Je décide de reprendre les choses en main parce que vraiment, tout part de travers et j'ai de plus en plus froid, étant donné que je suis à moitié, non, au deux tiers complètement nue. Je lui propose alors de partir vers chez moi, étant donné que j'ai ce qu'il faut à la maison. Donc on se rhabille et hop! à cette heure où la nuit recommence à s'éclaircir, nous reprenons la route.

 

 

 

 

17 mars 2010

Jusqu'à cette nuit, j'avais essayé de rompre avec

Jusqu'à cette nuit, j'avais essayé de rompre avec toi. Mais, après avoir vu brûler la barque de pêche, je renoncai à la lutte et c'est volontiers que je m'abandonnai à ce qui me paraissait être mon destin. Quand tu m'as dit: "Ne veux tu pas m'empêcher de tromper Midori aussi longtemps que nous vivrons?", je t'ai répondu sans hésiter: "Puisque nous ne pouvons éviter d'être des pécheurs, soyons du moins de grands pécheurs. Et aussi longtemps que nous vivrons, nous tromperons non seulement Midori mais encore tout le monde." Et cette nuit là, pour la première fois depuis que nous avions commencé à nous retrouver à l'insu de tous, je connus un sommeil sans trouble.



Le fusil de chasse - Yasushi Inoué

18 mars 2010

Yann Le Breton II //

Je ne sais pas de quoi nous avons parlé dans la voiture. Il a joué les guides touristiques, je crois, nous nous sommes amusés. Il me dit de nouveau qu’il se trouve en charmante compagnie, et bien sûr, cela me flatte. Nous arrivons chez lui. Il me drague encore, en me disant qu’il me proposerait bien de monter prendre un verre mais que chez lui, c’est le désordre absolu. Je me sens toujours aussi légère et me laisse guider par le désir de ne pas mettre fin à cette rencontre. Je lui promets de fermer les yeux.

Il vit près de la gare Montparnasse, dans le quatorzième arrondissement Son appartement est un studio assez petit. On dirait un logement d’étudiant. Son lit est un canapé dépliant, et il est ouvert. Il occupe pratiquement tout l’espace.

Il m’invite à m’y asseoir. Prétextant de regarder mes bagues, puis mon bracelet brésilien, il noue le contact physique.

Je suis surprise. Je ne pensais pas pouvoir lui plaire "tout de suite". J'avais toujours conçu la séduction comme quelque chose qui s'inscrit dans la durée. Et lui, il vient vers moi sans attendre. Mon esprit est un peu confus à ce moment là. Je me demande où je vais. C'est vrai qu'il n'a plus l'air d'être le jeune homme timide et réservé de la soirée.

Je me sens toujours un peu légère, mais un peu grave en même temps.

 

10 mars 2010

Douceur

Inside your home. Lovely place to be in.
You're sweet. You're beautiful. So beautiful, I (just) don't dare looking at you. I (just) remember you look like my first love, but don't really remember your face. I have been there, sitting next to you. We were playing guitar together. But most of the time you were playing and I was listening to you and singing from time to time.

J'étais un peu fatiguée en fin de soirée alors mon esprit a commencé à s'envoler, mais je t'écoutais toujours et je me sentais enveloppée de bien-être.

3 mars 2010

Les hommes sont vraiment bizarres (2)

Discussion par e-mails interposés.
Il propose que nous nous voyions mercredi soir ou jeudi soir. Je réponds que je préfère jeudi. La réponse tombe hier, tard. "Je me suis engagé cet après-midi pour un autre rendez-vous jeudi soir. On reporte?"

Bizarre de proposer les mêmes plages horaires à plusieurs personnes et d'y caser celui qui répond en premier. Enfin, ce n'est pas dans ma manière de faire. Admettons.

Je constate quand même qu'il devient de plus en plus "difficile" (le terme est un peu excessif peut-être) de communiquer parmi tous ces ingénieurs du monde de l'informatique et des télécommunications. Une prise de rendez-vous peut être réglée en un coup de fil. Sauf que souvent, ce coup de fil, on ne le passe plus. "On" préfère échanger une dizaine d'e-mails pour finir par se mettre d'accord, ce qui peut s'avérer pratique entre plusieurs personnes mais quand l'échange se limite à deux?

Les points d'entrée sont multipliés. Téléphones portables, pocket PCs, Crackberry et autres mais les gens sont de plus en plus inaccessibles. Vous avez mille moyens de me toucher mais vous ne le pouvez que si je le veux bien. Et il se trouve que je ne veux pas. Je garde le contrôle.

Ceci dit, j'ai commencé à fréquenter d'autres milieux cette année et cette tendance ne s'est pas encore propagée partout. En fin de compte c'est un pur bonheur de se trouver avec des gens qui sont encore loin de tout ça et pour qui le meilleur moyen de communication entre deux personnes éloignées est le téléphone. Voire le téléphone fixe. :) Un vrai bonheur de décrocher et d'entendre une voix amie, pour un véritable dialogue. ça me rappelle quand j'étais plus jeune, l'attente du coup de fil de la personne qui nous fait vibrer, et les parents qui crient dans l'escalier: "Téléphone!!! C'est pour toi!!!!"

(...)

26 février 2010

Les hommes sont vraiment bizarres

Ce soir on devait aller prendre un verre à plusieurs anciens collègues. En gros une bonne copine et moi puis quatre ou cinq mecs. Petit à petit, alors que mon métro approchait du point de rendez-vous, les mecs m'appellent pour annuler, sauf Philippe.  Ma copine m'appelle aussi et me dit que son train est en retard et que, comme elle avait prévu de ne pas rester tard ça ne vaut peut-être pas le coup qu'elle vienne. Hum. Je la persuade de tenter de venir quand même, pour ne pas me retrouver seule à seul avec Philippe qui aurait pu croire à un traquenard de ma part ^^. Bon, en réalité c'est juste que je voulais surtout voir ma copine mais ça ne m'aurait pas déplu un rencard avec Philippe dans d'autres circonstances.
Bref, plan foireux, tout le monde me lache et ceux qui viennent sont en retard.
Arrive Philippe
Toujours charmant et élégant. Un bel homme je trouve. On ne se voit pas très souvent (ma copine le connait mieux que moi mais je l'invite régulièrement à nos retrouvailles).
On discute en attendant Copine.
Copine arrive et nous allons dans un pub.
La soirée passe agréablement à discuter et boire. Puis Copine se lève et annonce qu'elle doit s'en aller. Je n'ai pas fini mon verre, mais elle est pressée et s'en va vite fait.
Je me retrouve avec Philippe. Et là, il commence à s'agiter et regarde les horaires des trains. Dès que j'ai fini mon verre, il veut y aller. Je précise qu'il n'était pas tard.
J'ai pas compris cette précipitation.
Il avait peur de se retrouver seul avec moi? Je ne pense pas, je n'ai pas manifesté mon envie de lui sauter dessus, je sais quand même me tenir (enfin, la plupart du temps).
Bizarre.
Il me raccompagne au métro avant d'aller prendre son rer. Le courant passe bien et je me sens légère (c'est l'effet de la bière aussi). Je pense qu'il m'aime bien aussi.
On se fait la bise et on se sépare.

(soupir)

19 novembre 2009

Il y a des moments où je me sens un peu

Il y a des moments où je me sens un peu angoissée, sans raison. Un vague à l'âme, va savoir pourquoi, dès le matin. Pourtant j'ai plein de trucs bien dans ma vie, des amis géniaux, un conseiller sous-traitant du Pole Emploi super sympa. Je voudrais juste attendre que ça passe. Comme dirait miss courgette, adopter la position du bulot mort.

10 février 2008

Vous connaissez Michel Legrand vous ? Moi non.

Vous connaissez Michel Legrand vous ?

Moi non. Jusqu'à ce que mon prof de chant nous dise: "Tiens on va apprendre une chanson de Michel Legrand"
Bon. Voyons à quoi ça ressemble.

Les paroles sont à se défenestrer.
La musique à se tirer une balle.
Et quand c'est ML himself qui chante j'ai tous les poils de ma peau qui se hérissent.

Mon prof et moi ne somme pas sur la même longueur d'onde.
Heureusement jeudi prochain je suis obligée de sécher parce que c'est ma fête avec Neil Young et puis je crois que je vais aussi sécher la fois d'après parce que comme ça il boucleront cette chanson mes camarades et dans 3 semaines on étudiera peut-être un truc plus cool.

Trenet je veux bien. Jonasz admettons. Gainsbourg, c'est cool. Mais Michel Legrand.... Voyons...

1 septembre 2009

Do you remember, chalk hearts melting on a

Do you remember, chalk hearts melting on a playground wall?
Do you remember, dawn escapes from moonwashed college halls?
Do you remember, cherry blossom in the market square?
Do you remember, I thought it was confetti in our hair?
By the way didn't I break your heart?
Please excuse me, I never meant to break your heart
So sorry I never meant to break your heart
But you broke mine

13 août 2009

C'est ce qui finit toujours par manquer en fait.

C'est ce qui finit toujours par manquer en fait. L'adrénaline des débuts. Quand tu regardes ton téléphone en attendant un appel ou un SMS de lui. Quand tu lis et relis un SMS déja cent fois relu. Quand ses traits sont flous dans ta tête car tu le connais si peu mais que tu es sûre qu'il te plait.

Les histoires d'amour ne devraient avoir que des débuts.

7 août 2009

Virée (3)

J'ai quitté la boite dans laquelle j'ai travaillé si longtemps. En y rentrant je ne pensais pas y rester autant. Avant je n'avais eu que deux expériences de six mois chacune en société de prestation. C'était un peu une histoire d'amour avec ma boîte, et elle a mal fini.
La semaine dernière j'ai défait la déco de mon coin d'open-space, les bureaux se sont vidés les uns après les autres. Ceux qui restent vont se sentir (se sentent déja?) bien seuls.
C'est bizarre, hier soir j'étais au cinéma et qelques minutes avant le film je rêvassais. Je me re-voyais assise à mon bureau dans un des bons moments. Cet endroit que je n'occuperai maintenant plus jamais était devenu le mien, bien que ne m'appartenant pas. Il était si familier, mon lieu de vie huit heures par jour. ça fait drôle de se dire que je ne serai plus jamais assise à cette place.

25 juillet 2009

Auto-psy d'une relation dans un état indéfini

Rencontre lors d'une formation commune dans la société où tu travailles. Au début tu ne le trouves pas terrible. Aucun style. Même pas la peine de s'attarder. Tu es froide, distante. Le lien ne se crée pas.
Quelques années plus tard un de ses collègues travaille avec une de tes collègues et amies. Il arrive que vous preniez des pauses café ensemble. Puis vous déjeunez ensemble tous les quatre. Une fois, deux fois... Ils deviennent et (donc il devient) tes camarades de déjeuner régulier. Tu le trouves bizarre. Pas très bavard, pas toujours expressif. Sauf que quand il s'absente le midi pour aller courir tu le regrettes. Le jeudi midi vous avez un cours de guitare ensemble. Quand il est absent tu le regrettes aussi. Puis tu commences à laisser ton oeil trainer dans les couloirs pour voir s'il ne passe pas de temps à autre en allant voir son ami. Parfois il vient te saluer aussi.

Quand son ami et ton amie sont en congés tu n'oses pas aller le chercher pour déjeuner au début. Puis tu oses une fois. L'invitation: "tu viens déjeuner?" qui se veut légère et anodine est dite d'une voix blanche. Peut-être même que tu as rougi. En tête à tête, tu ne sais pas trop quoi dire car tu n'es pas d'un naturel bavard et lui non plus. *Soupir*

 

Plus tard encore, on annonce la liquidation de la boîte. Les cours de guitare se finissent, on dit au revoir au prof qui est licencié. Et puis on se met en grève, on manifeste. On partage des moments ensemble que l'on ne croyait jamais partager. Des journées ensemble. Toi tu le regardes mais il est toujours bizarre. Il n'a pas l'air à l'aise. Avec toi il est distant et il se comporte tellement différemment avec se collègues hommes (proximité physique) que tu finis par te dire qu'il aime les hommes ou que tu lui est complètement indifférente, même d'un point de vue purement amical. Alors tu perds confiance. Tu n'aimes pas inspirer l'indifférence. Surtout qu'à plusieurs reprises tu as voulu te montrer gentille, lui rendre des services dans le travail, lui envoyer des signaux d'amitié. N'étant pas d'un naturel sociable tu as du mal à faire tomber ce masque mais ce n'est pas facile et ce n'est peut-être pas la meilleure solution.

Tu te rends compte qu'en fait il n'est pas mal, même s'il est bizarre et tu voudrais le connaitre davantage car tu penses qu'il se cache quelque chose derrière son masque à lui. Jusqu'où aller? Dans quelques jours tu quittera la société parce que ton poste est supprimé et alors...? Allez vous rester en contact? Va-t'il aussi faire quelques pas vers toi alors que tu as eu l'impression qu'il reculait à chaque fois que tu avançais?

14 juillet 2009

Pathos

Sur copains d'avant, mon amour de lycée s'est inscrit depuis peu.
Il avait une photo sur un bateau au tout début. Juste de quoi voir que l'ensemble est bien conservé. Et raviver des souvenirs.
Il a mis à jour sa photo. ça doit dater de cette semaine. L'objectif s'est rapproché et on voit très bien son visage. Mon dieu, il est toujours aussi beau et j'imagine qu'il n'est pas devenu stupide (bon il ne faut jurer de rien, on ne sait jamais). Il a pris quelques petites rides autour des yeux. J'ai toujours adoré les rides autour des yeux. Il a toujours ce charme fou. J'ai l'impression d'avoir seize ans.
Il ne s'est jamais rien passé entre nous - enfin physiquement rien passé- nous étions restés amis jusqu'à la fac (il étudiait le droit et moi la physique) malgré qu'il m'ait brisé le coeur. Un jour nous nous étions donné rendez-vous le midi à ma fac pour déjeuner ensemble. Il m'a demandé de lui rappeler la veille car il lui arrivait d'oublier des choses. Je ne lui ai pas rappelé la veille, et il n'est pas venu. J'ai attendu... une heure je crois, j'ai essayé de le joindre (chez lui) et pas de réponse. Je n'ai pas laissé de message. Je ne l'ai jamais revu. Je lui en ai voulu très fort. Je lui en veux encore je crois.
Dans sa fiche il ne dit rien. Sauf les chanteurs et les écrivains qu'il aime. Est-il marié, avec quelqu'un? On n'en sait rien. Il ne montre pas d'enfants et n'en indique pas. On voit juste qu'il se prend en photo tout seul.

*Soupir*

24 juin 2009

Power of a cigarette

Il y a un mec dans ma boite que je regarde un peu dernièrement d'un oeil gourmand. Appelons le C.
Pas vraiment beau
Pas vraiment mon style
Pas vraiment causant
On n'a pas trop de goûts communs mais de temps à autre il dit un truc interressant.
Si je lui attribuais une couleur ce serait gris.
Il a quelques années de plus que moi. Peut être le côté "brut" qui m'interpelle.
Tout à l'heure on prend une pause café entre collègues sur la terrasse. Lui (C), moi plus une (S) et un collègue (X).
X est un fumeur, mais pas C.
Conversation bateau, on discute du texte écrit sur le paquet de clopes de X qui est traduit dans une autre langue.
Tout d'un coup: surprise. C demande une cigarette à X. On pense qu'il plaisante. S lui dit "Mais t'es un sportif, tu ne dois pas fumer."
Là C sort une cigarette du paquet de son ami et c'est marrant, il y a quelque chose qui se passe. Je vois la cigarette entre ses doigts. Puis dans sa bouche. Je ne sais pas. C'est le soleil... C'est la nature qui nous entoure... (ma boite est perdue dans la cambrousse).C'est le vent... Je le trouve désirable.
Ce n'est rien qu'un petit bout de cylindre de papier. Il la porte à sa bouche et X me demande:
"Dis moi si je dois lui allumer?"
Je réponds "oui"
En effet il fume pour une fois. Il aspire. Je me rappelle les rares fois où j'ai fumé. J'ai envie de lui demander de m'en donner un peu. De rentrer en contact de ses lèvres par l'intermédiaire de ce bout de cigarette. Mais je n'en fais rien (je ne suis pas fumeuse non plus), je le regarde et j'imagine le goût, en me mettant en fredonner: "Jealous of your cigarette".

26 mai 2021

Blues

Au moins une fois par mois, je me réveille avec cette vague envie de pleurer, sans savoir pourquoi, ou si, en sachant quand meme. Ce doit être un truc hormonal, encore un truc qu'on doit se fader parce qu'on est une gonzesse, en plus des remarques relou dans la rue, des blagues sexistes au boulot et l'écart de salaire. La contraception aussi, mais fuck j'ai arreté depuis longtemps de prendre ces daubes tous les soirs.

En réalité j'ai eu souvent envie de pleurer plus qu'une fois par moi, mais ce truc qui revient tous les mois, c'est une tristesse particulière, ja sais pas expliquer pourquoi.

 

Hier je me disais que j'aurais du m'éteindre cet été 98, après que l'autre m'ait quitté pour l'autre pétasse qui était en cloque. Faut s'avouer un truc, parce que maintenant, tu peux, hein. Il m'a sans doute pas quitté PARCE qu'elle était en cloque, meme si ça  du accélérer les choses. Il aurait fini par me quitter sans doute, vu qu'il m'aimait plus. Se dire qu'il n'avait pas le choix était une idiotie, une manière de se dire "mais en fait, il m'aimait quand même". ça, et aussi que les derniers mots qu'il m'ait écrit étaient "je t'aime".

Je disais donc, j'aurais du m'éteindre cet été 98. Pas qu'il me manque encore. A vrai dire, je me souviens de moins en moins de lui (mais encore beaucoup, il faut l'avouer, enfin, certains trucs). Je ne pense plus trop à lui. Mais tu vois, c'est comme une maison. Tu penses pas au sol sur lequel tu marches à longueur de journée. Pourtant il est bien là, et tu prends appui sur lui. C'est ton histoire quoi.

Je me souviens de moins en moins de lui. Hier, le 25 mai, j'ai vaguement pensé que je croyais que c'était son anniversaire, mais j'étais meme plus sure, tu vois. Et j'ai eu la flemme de vérifier. Dans les anciennes notes de ce blog par exemple.

Non, lui, je m'en fous maintenant, elle aussi, leurs gosses aussi.

Ce qui me fait dire que j'aurais du m'éteindre cet été 98, c'est que ce qui reste pour toujours, c'est cette idée d'abandon, de trahison (oui, je sais, on peut tous, tomber amoureux d'une autre personne, quitter celle avec qui on est, détruire ce qu'on a construit pendant des années pour quelqu'un qu'on connait à peine, je juge pas, je ne suis pas une sainte, mais fuck, j'ai envie d'écrire le mot TRAHISON, parce que c'est ce que j'ai ressenti à ce moment là, en 98 et qui reste comme cette charpente qui tombe pas). Abandon et trahison. Mais surtout abandon, je pense.

Ce qui me fait dire que j'aurais du partir, c'est qu'il reste ce gout, cette idée, que ce qui semblait etre le plus beau du monde ne l'est pas en fait. Que la personne que soit disant tu aimes, au final quand les cui-cuis se seront envolés, tu ne vas pas préserver la beauté. Si elle montre des signes de fatigue, tu vas la laisser dériver, s'épuiser... Tu vas renonncer en te disant que ça existe encore, mais ailleurs. Alors tu accumule les envolées fugaces, plutot que de planer longtemps....

Pour moi,il y a un avant et un après été 98.

L'autre jour, c'était l'anniversaire de l'album OK Computer. Cette bombe. On en parlait et on essayait de se souvenir de l'age de ce disque. 24 ans. On me disait "mais non, cet album n'a pas autant". Si si. Mon ex adorait cet album, me dis-je, avant l'été 98. C'est un truc fondateur pour moi, tu vois. Il y avait le mondial de foot en meme temps. Donc je dis au gens "c'était avant le mondial 98". J'm'en fous du foot. Mais je vais pas dire aux gens "Cet album est sorti avant que mon ex se casse avec la pétasse qui était en cloque." Bykhoze, ça jetterai un froid, non ? Ah ah ah.

Bref, 24 ans après c'est pareil. T'as des cui-cuis dans la tete, ton mec t'emmène dans les endroits les plus jolis, il veut t'impressionner, il est gentil, il se fait beau, il te fait plein de cadeau (c'est juste les intentions, je suis pas matérialiste, d'ailleurs les petits mots me font BEAUCOUP plus plaisir), t'écrit plein de douceurs.... Puis vlan. Le petit oiseau devient grosse autruche, et ok, il t'emmène dans de jolis endroits mais c'est parce que LUI veut aller là, il te demande meme pas si ça te fait plaisir, il t'écrit plus de petits mots, malgré toute l'énegie que tu ventiles pour lui plaire, tous les efforts que tu fais pour qu'il soit heureux.

Hier je lui ai demandé s'il passerait me voir avant son cours de l'après-midi (qui est à 10min de chez moi) pour qu'on déjeune ensemble (max deux heures passées ensemble). On se voit très peu depuis toutes ces conneries de restriction de liberté. Il m'a dit qu'il verrait. Ah ah ah.

 

Bref. Comme dirait Ricky Gervais "Life is painful and then we die" ou un truc comme ça.

La vie elle passe. Je n'existe pas.

La semaine, j'ai quelques heures de cours, quelques heures de préparation. Le soir, je souffre sur ma guitare et j'en tire parfois du plaisir. Je fais du montage vidéo tard la nuit aussi. Et je regarde des concerts de Radiohead. Je me dis qu'il existe des etres divins et que Thom Yorke en fait partie. C'est un pansement sur le coeur. Je vis mais je n'existe pas.

 

PS : il vient de m'envoyer un mot :' "Je peux venir ?"

PS2 : J'aime pas le blues. Vive le rock !

 

 

20 avril 2022

Avant j'étais une aventurière (de pacotille).

Avant j'étais une aventurière (de pacotille).

J'aimais bien dépenser du CO2 pour aller dans des endroits loin et faire genre que c'était cool parce que c'était pas le boulot.

J'aimerais toujours aller dans des endroits loin je pense parce que c'est joli (ben, on choisit pas exprès d'aller dans des endroits moches, en même temps). Mais je le fais plus. Parce que les gens. Parce que l'hôtel. Parce que la vie.

J'aimais bien aller dans des endroits pour voir des animaux qu'on a pas ici. Mais les animaux d'ici sont bien aussi.

Je sais pas si j'ai déjà raconté cette histoire. Tu sais, l'âge, tout ça...

Un jour je suis allée en Indonésie.

J'ai aimé parce que c'est joli.

J'ai aimé parce que c'est le voyage qui m'a permis de manger des trucs super bons et végétairien tout le temps et de réaliser que c'était pas difficile.

J'ai aimé parce que les rizières.

J'ai aimé parce que les geckos. J'adore les geckos, c'est l'animal le plus mignon, avec plein d'autres.

J'ai pas aimé parce que les hommes ne s'adressaient pas à moi dans certains endroits. Ils parlaient au truc velu avec qui je voyageais.

J'ai pas aimé parce qu'un jour je suis entrée dans un hôtel et un mec a parlé mal de moi en me désignant aux autres, parce que je portais un débardeur qui découvrait mes épaules.

Ouais, la religion.

Ouais les hommes.

Les humains quoi. Mais surtout les hommes.

J'ai arrêté de voyager parce que je me suis dit un jour que c'était aussi un truc de frime, un truc de droite, quoi, si tu veux. Bon, je le faisais pas pour la frime, mais souvent tu rencontres d'autres touristes et là, quand tu partages un moment avec eux, t'as l'impression que c'est un concours de bites. "Moi je suis allé là, là et là et toi, tu connais quels pays ?"

Après je n'ai plus voyagé que chez moi, dans mon autre pays, pour me poser dans la maison de mes parents. Un toit, quatre murs. Déco un peu minimaliste, mais le jardin de mon coeur avec quatre manguiers, un avocatier, des bananiers. Un paradis, avec personne pour te chercher et socialiser et faire des concours de bites. Parfois, sortir manger une glace ou un cuñapé.

 

Je disais donc, un jour je suis allée en Indonésie et j'ai visité l'ïle de Komodo. Je voulais voir les dragons. J'adore tellement les reptiles. Je sais pas pourquoi.

Mais le souvenir que j'ai de là bas, c'est une morsure. Tu viens de m'y faire penser.

 

20 juin 2016

Ma vie tient parfois à un fil (X)

And so castles made of sand slips into the sea,eventually

Jimmy Hendrix

 

 

 

 

Je n'ai jamais aimé les relations superficielles. Dans le fond, elle est peut-être là, ma vraie frustration avec Philippe, celle de ne pas le connaître. Je crois que la frustration de ne jamais le toucher (physiquement, je veux dire) serait largement dépassée s'il s'ouvrait vraiment à moi. Or, la rencontre que j'espérais voir se concrétiser pendant les vacances n'a jamais eu lieu.

J'en assume une partie de la responsabilité. D'un naturel sauvage, je me suis mise quelques fois en retrait, m'autorisant ainsi à savourer la quiétude du paysage en silence. Cependant, il n'est jamais venu vers moi, à aucun moment, jamais. Au moins pendant tout le début des vacances, il a préféré la compagnie de Copine, me renvoyant à mon éternel désamour (envers moi-même).

"Ah, pensais-je, elle est plus jolie, plus jeune, plus vive, plus enjouée. Et puis elle n'est pas en mode routard, comme moi, elle reste mignonne et bien fringuée en toutes circonstances..." Les voir tout le temps collés a fini par me taper sur le système. Oui, j'ai été jalouse. Et je perdais aussi l'exclusivité de Copine, avec qui j'avais passé les trois premiers jours dans une complicité totale, le temps où Philippe était parti faire un trekk. Double jalousie donc. Blessée, je n'ai fait que me replier davantage sur moi même, me rouler en boule intérieurement. Pourtant, en surface tout allait bien. Au trois quarts du voyage, je me suis dit que j'étais responsable et j'ai décidé de me ressaisir. Profitant d'un moment où Philippe était seul dans un bus je me suis approchée pour lui demander s'il voulait un peu de compagnie, ou préférait se reposer. Bien sûr j'aurais pu m'imposer, m'asseoir à côté de lui sans lui demander. Mais ça, j'ai jamais su faire. Lui m'a répondu qu'il avait commencé à regarder un concert sur sa tablette et qu'il n'allait pas tarder à se passer la suite. Rateau...

A deux-trois jours de la fin pourtant, les choses ont un peu changé, alors que je n'attendais plus rien. Il s'est mis à marcher à côté de moi, alors que je faisais les choses à mon rythme. Il n'a pas bâclé la promenade avec Copine, qui elle se pressait toujours et encore. Nous avons admiré le paysage, ensemble. Plus tard, nous avons eu l'idée de rajouter un point au planning pourtant bien rodé de Copine. Cela nous a mené dans un village charmant, entouré d'un paysage magnifique. Ayant pris l'habitude d'être seule, sans les deux camarades, j'ai commencé à descendre dans la vallée où se promenait un joli ruisseau. Les couleurs étaient magnifiques, la lumière de fin de journée mêlait nuages sombres et lumière éclatante, le tout sur des nuances de verts, jaunes et bleus d'une richesse divine. Contre toute attente, Philippe m'a suivie puis, Copine aussi (mais en pestant un peu car elle voulait déjà repartir).

Pour moi ce moment était le plus beau de tous pendant le voyage. La vue était un ravissement pour les yeux, pour le coeur et nous étions loin de la densité étouffante d'un Machu Picchu. Seuls au monde malgré les quelques rares touristes, seuls avec cette beauté, avec le silence aussi.

Plus tard, Philippe m'a avoué qu'il avait trouvé la manière de voyager de Copine trop superficielle, car elle ne prenait finalement jamais le temps de se poser, enchaînant les sites les uns après les autres mais que parfois, il se sentait pris entre nous deux, avec nos volontés si différentes.

En rentrant, je n'ai rien dit pendant longtemps sur une question qui me taraudait. Puis, un jour, n'y tenant plus, j'ai interrogé Copine, alors que nous déjeunions ensemble.

"Tu as passé énormément de temps avec Philippe. S'est-il ouvert à toi ? As-tu réussi à le connaître davantage ?"

La réponse m'a laissée songeuse. "Non, m'a-t-elle répondu, tout est resté tout le temps superficiel, souvent le nez dans son guide. Nous n'avons jamais vraiment discuté en fait."

En fin de compte, passer davantage de temps avec lui ne m'aurait probablement rien apporté de plus, à part une frustration plus grande. Que faire pour faire tomber le mur ? Et au fond cela vaut-il la peine de creuser ? Y a-t'il quelque chose à creuser ? En écrivant ces mots, j'ai la vision d'un tas de sable sur une plage, dont les grains sont emportés par le vent...

 

 

 

 

20 septembre 2017

Il est des choses auxquelles il est difficile de

Il est des choses auxquelles il est difficile de renoncer.

On va dire que je cherche du travail. J'ai pas dû bosser dans une "vraie" entreprise depuis cinq ans. En ce moment, je donne des cours particuliers. Ouais, le truc qu'on faisait quand on était étudiants. Maintenant, il parait que plein de monde fait ça. Des enseignants à la retraite, des étudiants, des gens au chômage... Je dois faire une dizaine d'heures par semaine. Evidemment, je ne gagne pas des masses, surtout que je suis soumise à l'inconstance des parents, des cours qui sont annulés du jour au lendemain (non rémunérés, bien entendu). Je passe par des organismes qui se font payer deux fois ce qu'ils me reversent (presque trois, il me semble) ou je suis employée CESU. Bref, c'est pas la gloire. Encore que, avec mes monstres, j'ai parfois l'impression de servir à quelque chose, quand ils veulent bien décoller leurs yeux de leurs smartphones pour essayer d'entendre ce que je leur raconte.

Mais bon. Aujourd'hui ça va, mais je me dis que ce système n'est pas viable. Alors, je regarde les annonces, j'envoie mon CV. J'ai été contactée par une boîte aujourd'hui. La RH, douce et sympa, pas une hystérique shootée comme c'est souvent le cas. Le contact semble bon. Mais au moment où elle me donne le salaire. Ouille ça fait mal. Par rapport à la fourchette que j'ai indiquée déjà, bien revue à la baisse pourtant, par rapport au salaire que je touchais il y a cinq ans. En gros, elle propose la moité (enfin, la boîte quoi). Ouille. Il s'agit d'un poste à plein temps bien sûr. Quoi qu'il en soit, je lui dis que je suis quand même prête à réfléchir, parce que c'est malgré tout trois fois ce que je gagne aujourd'hui (enfin, ça je ne lui dis pas). Mais j'attire son attention sur la mention "travail temporaire". Elle me précise que c'est un CDD de six mois. Qui "peut" être reconduit puis "peut" aboutir à un CDI de chef de projet. Avec des "si"...

Ceci dit, en bossant six mois dans cette boîte, je gagnerais davantage qu'en un an de cours... Je retourne ma calculatrice un peu dans tous les sens. Je réalise que le poste paie à peine plus qu'un smic au final. Ah ah. C'est un boulot de chef de projet...Junior certes mais bon... L'ironie du truc, c'est qu'au final, avoir deux bac+5, parler 3 langues bien, manier du powerpoint au autre, ça ne fait plus trop de diférence en fait.

En fin de compte, ce qui fait définitivement penser (ah ah, le lapsus. Je voulais dire pencher) la balance c'est ça. Je regarde mon emploi du temps d'aujourd'hui, aéré, coloré. Personne ne me dit quoi faire (les parents peuvent être fatigants mais ça reste supportable). Personne ne me dit à quelle heure me lever, à quelle heure aller manger. Je ne dois pas rester coincée huit heures par jour dans un bureau. Je ne suis presque pas un robot. Ou alors autrement. Je suis assez libre. Libre. Il est des choses auxquelles il est vraiment difficile de renoncer. Je ne pourrai pas vivre comme ça toujours. Je sais. Mais aujourd'hui, je peux encore... un petit peu...

6 août 2013

Des blocs de béton

 

Quelques blocs de béton... Tu vois, ici, c'était mon école primaire. C'est bizarre comme tout me semble petit. C'est dans cette cour que je jouais. Enfin jouais, je sais pas, je me souviens surtout de regarder les autres, discuter...Élastiques et autres marelles. Elle est minuscule cette cour. Même petits, comment pouvait-on tenir là-dedans ? Comment pouvaient tenir Yann, Gabriel, Thierry, Joachim, Hernando et tous les autres ?

Des blocs et des blocs... Elle était glauque ma cité et j'ai l'impression que c'est bien pire maintenant. Je reconnais à peine l'immeuble où j'ai habité pendant treize ans.

On est vraiment petits quand on est petits. Les distances quotidiennes qui me semblaient longues, j'ai l'impression que je pourrais maintenant les enjamber en deux-trois pas.

Mon collège aussi est petit. Toi tu t'en fous. Tu sais même pas pourquoi je fixe autant tous ces blocs de béton.

 

 

 

 

27 avril 2020

Bien sur, il y a un peu d'anxiété. La famille les

Bien sur, il y a un peu d'anxiété.

La famille les amis.

L'argent, la bouffe.

Les banques, les entreprises.

La surveillance, la vie privée.

Respirer sans qu'on vous observe, espionne, dénonce...

Jardiner...

La moitié de ma famille est de l'autre côté de l'océan (mais quand reverrai-je ?).

Ma jolie chatte noire et blanche n'était pas revenue la dernière fois que mes parents y sont allés. Ils semble "qu'on" ait éliminé des chats dans le quartier. Cela me rend tellement triste. Elle était belle, douce et caline avec moi.

Ce qui était grave hier l'est beaucoup moins aujourd'hui.

Ce qui est grave aujourd'hui pourrait l'etre beaucoup moins demain. C'est juste une possibilité.

 

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