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Dreaming my life

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5 juillet 2021

G.

J'ai un collègue d'histoire géo qui est très beau, enfin, j'en sais rien, c'est subjectif. Disons qu'il me plaît. Voilà trois ans qu'on travaille au même endroit sans même trop s'adresser la parole. Parfois quand il envoie des messages à tout l'établissement je lui réponds sur les sujets qu'il évoque, mais en privé. Il ne sourit pas beaucoup, mais je l'aime bien, parce qu'il est du genre à soulever les sujets qui fâchent, même s'ils ne font pas plaisir à la "hiérarchie". Et puis il propose souvent des projets sympas pour les élèves.

L'autre jour il a proposé un nouveau truc, et j'ai dit que je voulais participer. On a pris donc un verre avec trois collègues pour travailler sur le sujet. Je suis restée une heure, le temps qu'on finisse le "travail", puis je suis partie, parce que d'autres collègues se sont joint et à plus de 5-6 personnes, les gens commencent à être débiles et puis, c'est pas mon kiff.

Ce collègue a un prénom très breton et de très jolis yeux très bleus.

Tout à l'heure on s'est croisés. Il m'a fait un très joli sourire et nous avons échangé deux mots. Ce sourire, c'était un soleil. Il m'a fait un bien fou, dans le coeur, dans le corps. Et puis ? Rien. Il a déjeuné à quelques tables de la mienne, mais je ne l'ai pas cherché du regard comme j'aurais pu le faire à une autre époque. Je me suis contentée de ce sourire et ces paroles et cette beauté.

Et maintenant que je suis rentrée, j'ai toujours ce sourire et ces yeux bleus en tête, et ce visage. Et puis ? Rien. Juste rien. Un rêve, une vapeur, un fantasme, une image. Un truc transparent que la main traverse. Et ce sourire me fait sourire aussi. Encore. Alors qu'il date de cinq heures, soit trois cent minutes ou dix-huit milles secondes. Et peut-être que cette nuit, en dormant, je sourirai encore.

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4 juillet 2021

J'aime les plantes. J'aime mon neveu-bébé. Avant,

J'aime les plantes.

J'aime mon neveu-bébé.

Avant, il allait vers les plantes d'extérieur ou d'intérieur, il voulait enlever la terre, déchirer les feuilles.

Je lui ai appris que les plantes sont belles, que les fleurs sont belles : "tu peux les toucher, les caresser, les regarder, comme elles sont belles..."

Maintenant, il caresse - un peu brusquement - les feuilles, puis il se tourne vers moi et il rit.

Je sais, je lui ai lavé le cerveau...

28 juin 2021

J'ai emprunté un clavier à la médiathèque de ma

J'ai emprunté un clavier à la médiathèque de ma ville. Je ne sais rien en faire, je vais expérimenter. Mes maigres connaissances en guitare me serviront peu. Et toutes les partitions que j'ai sont orientées "guitare" aussi, enfin, je suppose. Les accords, c'est marrant, c'est beaucoup plus "visuel", je crois que j'ai commencé à comprendre des trucs qui m'échappaient à cause de la manière dont la guitare fonctionne. Et puis tu peux faire des accords avec une seule main, ça change.

Je voudrais essayer plein de trucs. Mais par où commencer ?

27 juin 2021

Badaboum

J'aimerais bien que ce soit toujours bien rangé chez moi, mais je suis bordélique. C'est pas que j'ai pas le temps, bien que ça pourrait m'appeler, comme excuse. Je pose un truc et me dis que je le remettrai à sa place "plus tard", dans pas longtemps.

Je dois me sentir plus en sécurité quand les choses s'empilent que quand rien ne dépasse. Les piles, c'est mon truc. Tiens, je vais lire ce bouquin, et puis celui-ci, et puis celui-là. Ce qui fait un tas, même pas bien vertical, les gros sur les poche en travers, à l'envers, à l'endroit. C'est un joyeux mélange entre une tour de Pise et un escalier en colimaçon. Le désordre, c'est la vie.

Pour mes partitions, c'est pareil. Je veux jouer ci, et puis jouer ça, oh et ce morceau, il faut que je le déchiffre, et vla, et vla, une pile de feuilles, sur la table, une autre sur le pupitre. Un coup de vent, et elle s'envolent, finissent par terre. Livres, partitions, médiators, un jour ça va faire badaboum ! mais là, c'est juste mon joyeux désordre. Parfois je range, très rarement. Et rien ne reste en ordre bien longtemps.

Ma prof de CM2, Mme Dellot, avait dit un jour à ma mère :"Elle est gentille, elle est bonne élève... Mais qu'est ce qu'elle est désordonnée ! Quand on ouvre son pupitre, tous les livres se cassent la figure." Et maintenant, tu vois, le désordre de mon pupitre, c'est la même chose à l'échelle de mon chez moi. Quand on ouvre les placards, les fringues se cassent presque la figure. Non mais l'ordre, ça sert à quoi ?

 

Sinon j'ai plein de plantes, des petites, des grandes. Je fais pousser des orangers, des grenadiers, des nèfliers, des tomates, des poivrons, des bégonias, des papyrus... Tout ce qui me tombe sous la main, je sème, je bouture... Ma maison, c'est l'Amazonie. :)

17 juin 2021

Je n'ai plus que deux classes jusquà la fin de

Je n'ai plus que deux classes jusquà la fin de l'année, soit 6 à 8h. Les cours se finissent le 4 juillet. Désolée, j'ai rien d'intéressant à dire.

Hier déjà tout le monde a tombé les masques dehors, ou l'avaient-ils déjà fait. Revoir les visages. Respirer. Je ne te remercie pas de nous autoriser à faire ce dont tu nous avais privé.

Mes étudiants passent leurs épreuves pour les examens. Hier j'ai passé deux heures à discuter avec eux dans la cour du campus, un peu comme des camarades. Une fois leur diplome obtenu, je ne verrai plus la plupart d'entre eux. Ils proposent une sortie pour feter la fin de l'année. J'ai pas l'impression d'avoir presque vingt-cinq ans de plus qu'eux. La vieillesse, parfois on la sent et parfois moins.

 

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15 juin 2021

L'année se termine, mes étudiants de deuxième

L'année se termine, mes étudiants de deuxième année passent leurs examens. Après ils sortiront de ma vie et je n'en saurai presque plus rien.

C'est étrange, de créer des liens qui se défont si simplement.

J'ai déjà oublié la plupart de mes élèves d'il y a deux ans, mais je ne m'étais pas attachée comme à ceux-là, les plus grands.

En fin d'année, on attend notre "service" de l'année prochaine, le nombre d'heures qu'on nous demande de faire, les matières, les classes qu'on aura. "C'est pas nous qu'on décide".

Je ne veux pas d'un temps plein. Je veux du temps pour moi.

-Tiens, ça braille dehors. Qu'est-ce que c'est idiot ces match de foots. Ou plutôt ce que ça provoque-

L'année touche à sa fin. Pas d'audition, pas de concert. C'est bête, j'avais bossé presque plus que d'habitude.

 

 

14 juin 2021

Liberté, quand va-t-on se retrouver ? Pas que je

Liberté, quand va-t-on se retrouver ?

Pas que je me sente tellement privée,

Mais c'est l'idée.

L'idée de respirer, de vivre de trainer.

Le jour, la nuit.

Vivre sans etre cernée de caméras, d'hélicoptères, de drones.

La liberté, ce n'est pas le virus qui nous en a privés.

Tu ne peux pas vivre sans travailler.

Définis travailler.

Tu ne peux pas retirer tout ton fric de ton compte en banque ou de ton livret.

Tu ne peux pas payer en espèces plus de mille euros.

Tu ne peux pas (veux pas) aller à un gros concert.

Tu ne peux pas (presque pas) partir en voyage, dans l'autre pays qui est le tien, juste pour être dans le jardin de la maison presque 24h/24 sans jamais voir personne, à part les chats qui traversent, les oiseaux, les petits singes et les lézards.

Tes voisins veulent te dire comment agir, quoi penser.

Un bon ami que tu retrouves après un an sans l'avoir vu te demande aussi sec "Alors, t'es vaccinée ?". Comme si on n'avait pas mille choses à se dire, plus agréables, plus sympathiques, je sais pas moi...

J'ai passé le week-end dans le jardin de mes parents, à jardiner, tailler, cueillir, semer, lézarder, à jouer avec le petit neveu aussi. C'est fatigant mais c'est pas du travail. Il parait. Je monte à l'arbre cueillir des cerises. Je n'ai plus 20 ans, je suis moins intrépide.

Ma mère qui commence à avoir sérieusement mal au dos, me dit "c'est dur la vieillesse. Quand on était jeune, on ne savait pas que c'était dur comme ça, la vieillesse". Oh, si je savais. Je n'ai jamais souhaité vivre vieille. Mon père tourne au ralenti. Et le bébé, mon neveu, c'est la vie qui revient, c'est l'éternel (ou pas) recommencement.

Liberté (ou presque) tu reviendras, mais quand ? De mon vivant ? Qu'aurons-nous subi, d'ici là ? Quel mariole aura le droit de nous dire l'année prochaine, si on a le droit de sortir ou pas, de voir les gens qu'on aime ou pas, d'aller à la mer ou pas, d'acheter des culottes ou des chaussures ? (men fous, j'achète presque jamais de chaussures, le shopping c'est un minimum, vivons tous à poil, avec les températures on va tous rotir en enfer de toutes manières)

Tu peux encore écouter des concerts chez toi jusqu'à quatre heures du matin. Certains te diront que c'est pas si pire. Ne les écoute pas. Ou écoute les, qui suis-je pour te dire que penser ?

Cheers.

 

 

 

 

 

 

 

3 juin 2021

Qu'espère-t-elle ? Qu'attend-elle ? J'écoute

Qu'espère-t-elle ? Qu'attend-elle ?

 

J'écoute Lotus Flower.

J'écoute toujours les mêmes trucs.

Je dis toujours les mêmes trucs. Je radote.

En ce moment je prends mon gros bouquin avec les accords de toutes les chansons. Quand je vois une séquence qui me semble abordable, je tente un truc à la guitare en chantant les phrases. J'adore ces textes.

Parfois, les accords sont durs alors, je lis juste les mots et je me dis que j'y reviendrai plus tard.

J'ai juste du plaisir à dire ces textes.

26 mai 2021

Blues

Au moins une fois par mois, je me réveille avec cette vague envie de pleurer, sans savoir pourquoi, ou si, en sachant quand meme. Ce doit être un truc hormonal, encore un truc qu'on doit se fader parce qu'on est une gonzesse, en plus des remarques relou dans la rue, des blagues sexistes au boulot et l'écart de salaire. La contraception aussi, mais fuck j'ai arreté depuis longtemps de prendre ces daubes tous les soirs.

En réalité j'ai eu souvent envie de pleurer plus qu'une fois par moi, mais ce truc qui revient tous les mois, c'est une tristesse particulière, ja sais pas expliquer pourquoi.

 

Hier je me disais que j'aurais du m'éteindre cet été 98, après que l'autre m'ait quitté pour l'autre pétasse qui était en cloque. Faut s'avouer un truc, parce que maintenant, tu peux, hein. Il m'a sans doute pas quitté PARCE qu'elle était en cloque, meme si ça  du accélérer les choses. Il aurait fini par me quitter sans doute, vu qu'il m'aimait plus. Se dire qu'il n'avait pas le choix était une idiotie, une manière de se dire "mais en fait, il m'aimait quand même". ça, et aussi que les derniers mots qu'il m'ait écrit étaient "je t'aime".

Je disais donc, j'aurais du m'éteindre cet été 98. Pas qu'il me manque encore. A vrai dire, je me souviens de moins en moins de lui (mais encore beaucoup, il faut l'avouer, enfin, certains trucs). Je ne pense plus trop à lui. Mais tu vois, c'est comme une maison. Tu penses pas au sol sur lequel tu marches à longueur de journée. Pourtant il est bien là, et tu prends appui sur lui. C'est ton histoire quoi.

Je me souviens de moins en moins de lui. Hier, le 25 mai, j'ai vaguement pensé que je croyais que c'était son anniversaire, mais j'étais meme plus sure, tu vois. Et j'ai eu la flemme de vérifier. Dans les anciennes notes de ce blog par exemple.

Non, lui, je m'en fous maintenant, elle aussi, leurs gosses aussi.

Ce qui me fait dire que j'aurais du m'éteindre cet été 98, c'est que ce qui reste pour toujours, c'est cette idée d'abandon, de trahison (oui, je sais, on peut tous, tomber amoureux d'une autre personne, quitter celle avec qui on est, détruire ce qu'on a construit pendant des années pour quelqu'un qu'on connait à peine, je juge pas, je ne suis pas une sainte, mais fuck, j'ai envie d'écrire le mot TRAHISON, parce que c'est ce que j'ai ressenti à ce moment là, en 98 et qui reste comme cette charpente qui tombe pas). Abandon et trahison. Mais surtout abandon, je pense.

Ce qui me fait dire que j'aurais du partir, c'est qu'il reste ce gout, cette idée, que ce qui semblait etre le plus beau du monde ne l'est pas en fait. Que la personne que soit disant tu aimes, au final quand les cui-cuis se seront envolés, tu ne vas pas préserver la beauté. Si elle montre des signes de fatigue, tu vas la laisser dériver, s'épuiser... Tu vas renonncer en te disant que ça existe encore, mais ailleurs. Alors tu accumule les envolées fugaces, plutot que de planer longtemps....

Pour moi,il y a un avant et un après été 98.

L'autre jour, c'était l'anniversaire de l'album OK Computer. Cette bombe. On en parlait et on essayait de se souvenir de l'age de ce disque. 24 ans. On me disait "mais non, cet album n'a pas autant". Si si. Mon ex adorait cet album, me dis-je, avant l'été 98. C'est un truc fondateur pour moi, tu vois. Il y avait le mondial de foot en meme temps. Donc je dis au gens "c'était avant le mondial 98". J'm'en fous du foot. Mais je vais pas dire aux gens "Cet album est sorti avant que mon ex se casse avec la pétasse qui était en cloque." Bykhoze, ça jetterai un froid, non ? Ah ah ah.

Bref, 24 ans après c'est pareil. T'as des cui-cuis dans la tete, ton mec t'emmène dans les endroits les plus jolis, il veut t'impressionner, il est gentil, il se fait beau, il te fait plein de cadeau (c'est juste les intentions, je suis pas matérialiste, d'ailleurs les petits mots me font BEAUCOUP plus plaisir), t'écrit plein de douceurs.... Puis vlan. Le petit oiseau devient grosse autruche, et ok, il t'emmène dans de jolis endroits mais c'est parce que LUI veut aller là, il te demande meme pas si ça te fait plaisir, il t'écrit plus de petits mots, malgré toute l'énegie que tu ventiles pour lui plaire, tous les efforts que tu fais pour qu'il soit heureux.

Hier je lui ai demandé s'il passerait me voir avant son cours de l'après-midi (qui est à 10min de chez moi) pour qu'on déjeune ensemble (max deux heures passées ensemble). On se voit très peu depuis toutes ces conneries de restriction de liberté. Il m'a dit qu'il verrait. Ah ah ah.

 

Bref. Comme dirait Ricky Gervais "Life is painful and then we die" ou un truc comme ça.

La vie elle passe. Je n'existe pas.

La semaine, j'ai quelques heures de cours, quelques heures de préparation. Le soir, je souffre sur ma guitare et j'en tire parfois du plaisir. Je fais du montage vidéo tard la nuit aussi. Et je regarde des concerts de Radiohead. Je me dis qu'il existe des etres divins et que Thom Yorke en fait partie. C'est un pansement sur le coeur. Je vis mais je n'existe pas.

 

PS : il vient de m'envoyer un mot :' "Je peux venir ?"

PS2 : J'aime pas le blues. Vive le rock !

 

 

19 mai 2021

Parfois j'ai peur, de plus en plus peur dans le

Parfois j'ai peur, de plus en plus peur dans le monde dans lequel on vit.

Parfois je suis triste, de plus en plus triste des humains avec lesquels on vit.

Et puis je pense que tout ce monde est fini.

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